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jeudi 17 mars 2011

Trois sœurs et son auteur à l'honneur

Au terme d'une longue et large sélection, qui avait abouti à l'établissement d'une liste de cinq noms, savoir Bi Feiyu pour Three Sisters, Manu Joseph pour Serious Men, Tabish Khair pour The Thing About Thugs, Kenzaburo Oe pour The Changeling et Yoko Ogawa pour Hotel Iris. Ticket includes drinks, c’est à Bi Feiyu 畢飛宇 qu’est revenu le 2010 Man Asian Literary Prize.

Ce prix qui salue à la fois un auteur et une de ses œuvres disponibles en anglais et, le cas échéant, son traducteur vient d'être décerné à Hong Kong à l'occasion du Literary Festival qui s'achève demain.

Three Sisters est la traduction par Howard Goldblatt et Sylvia Li-chun Lin d'un roman disponible depuis 2005 en français aux Editions Philippe Picquier dans une traduction de Claude Payen sous le titre Trois sœurs. Ce roman constitue également le n° 294 de la collection de poche de l'éditeur qui propose trois autres titres de cet auteur né en 1964 au Jiangsu dont il a été question plusieurs fois sur ce blog.

Notons pour finir ce billet d'information sans prétention critique, que deux éditions précédentes de ce prix ont été remportées par des écrivains chinois : l'édition 2007, par Jiang Rong 姜戎 ; l'édition 2009, par Su Tong 苏童.
Ajout du 19/03/11 : Comme Bruce Humes [Ethnic ChinaLit], le fait justement remarquer dans un commentaire attaché à ce billet : « Il vaut bien signaler que Wolf Totem (Jiang Rong), The Boat to Redemption (Su Tong) et Three Sisters ont tous été traduits par Howard Goldblatt et Sylvia Li-chun Lin. »
Comme les amateurs de littérature chinoise contemporaine ont sans aucun doute lu depuis longtemps le roman qui vient d’être honoré, je les invite à découvrir Tabish Khair grâce aux dynamiques Editions du Sonneur qui ont récemment publié Apaiser la poussière (traduit de l'anglais (Inde) par Blandine Longre).

lundi 17 août 2009

Loup de poche

Le Totem du Loup (Lang tuteng 狼图腾) de Jiang Rong 姜戎 , dont on a parlé sur ce blog avant et après sa sortie en France, est depuis cinq mois déjà accessible en format de poche (LGF, 634 p.). Ce passage dans ce format économique (8 €) lui offre une nouvelle vie. Il lui a notamment permis d’être tout récemment retenu dans la sélection du mois d’août du Prix des Lecteurs du Livre de Poche. Pour en savoir plus sur ce prix littéraire estival, voir ici et là. Sur le site de l’éditeur, on peut lire des avis de lecteurs (ici), mais ne manquez pas le compte rendu que Noël Dutrait a publié dans la deuxième livraison de l’année du magazine Perspectives chinoises. Il y est notamment question des réserves émises par le plus farouche détracteur de Jiang Rong et de son œuvre, le sinologue Wolgang Kubin dont on peut découvrir les critiques ici [en chinois].

Ironie du sort, les liens commerciaux d’un site de vente en ligne tendraient à montrer que les lecteurs de ce livre apprécient les animaux puisque ils auraient acheté deux romans de Katherine Pancol intitulés : Les Yeux jaunes des crocodiles et La Valse lente des tortues. Une bien curieuse ménagerie en définitive.

PS. : Merci de nourrir les poissons que nous hébergeons pendant les vacances dans la colonne de gauche de ce blog en cliquant le plus souvent possible dans leur bocal virtuel. Ils vous en seront reconnaissants. (P.K.)

jeudi 28 août 2008

Lu, entendu, vu cet été

Détail de la couverture de David Pearson pour Récit de Lune de Guo Songfen (Zulma)

Cet été, de nouvelles traductions de littérature taiwanaise contemporaine sont apparues chez les libraires. Un très joli livre de Guo Songfen 郭松芬 (1938-2005), Récit de lune 月吟 traduit par Marie Laureillard, chez Zulma. C’est l’histoire triste de Tiemin, atteint de tuberculose, soigné par sa jeune épouse Wenhui qui n’obtiendra guère de reconnaissance de la part de son mari pour son dévouement. Pris par l’action politique dans laquelle il se lance à corps perdu malgré sa maladie, Tiemin la délaisse peu à peu. L’histoire se passe juste au moment de la rétrocession de Taiwan à la Chine, après la défaite japonaise de 1945. Le texte, très bien traduit, est rempli de mélancolie et de force poétique. La discrète sensualité qui se dégage de l’évocation des pensées de la jeune épouse frustrée est remarquable. Un court roman qui apporte aussi une description de l’atmosphère qui régnait dans l’île au cours de ces années d’après-guerre. Une présentation agréable, une traduction et des notes soignées, la découverte d’un auteur inconnu, que demander de plus ?

Un autre roman taiwanais, de Ping Lu 平路, est sorti au Mercure de France, Le Dernier Amour de Sun Yat-sen, en chinois 行道天涯, traduit par Emmanuelle Péchenart. Là aussi, un livre très bien présenté, bien traduit, qui met en parallèle les derniers mois de la vie de Sun Yat-sen avec les dernières années de la vie de sa jeune épouse, Song Qingling. Ce roman montre deux êtres, célébrissimes dans le monde chinois, dans toute la vérité de leur déchéance progressive, en raison de la maladie pour lui, de la vieillesse pour elle. Ils deviennent des êtres humains ordinaires sous la plume de l’auteur. Un roman historique qui met en scène des personnages que l’on découvre sous un jour nouveau. J’ai pensé en lisant ce livre à l’excellent roman de Jean Echenoz, Ravel, qui évoque les dernières années de la vie du grand compositeur français dans leur quotidienneté.


Dans les choses « entendues » cet été, j’ai été étonné par le commentaire d’un certain M. Wang, ancien diplomate chinois en poste à Paris, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin retransmise à la télévision [France 2], expliquant la signification du drapeau rouge à cinq étoiles de la république populaire de Chine. Il a affirmé que la grande étoile jaune représentait l’ethnie han, tandis que les quatre autres représentaient les principales ethnies minoritaires de Chine. Hum, hum, est-ce donc que les Han seraient plus grands que les autres ? Et y aurait-il des ethnies plus importantes que d’autres… Je me souvenais très bien que mon collègue et ami Roland Breton, géographe distingué et également « vexicologue » (spécialiste des drapeaux), m’avait appris que la grand étoile représentait le Parti communiste chinois entouré des quatre classes sociales ayant soutenu le programme commun du Parti communiste chinois en 1949 : les paysans, les ouvriers, les classes moyennes et les capitalistes nationaux (et non les capitalistes « compradores » qui ont vendu leur pays aux étrangers). Naturellement, pendant la Révolution culturelle, cette explication n’a plus été de mise et l’on ne parle plus que de la grande étoile symbolisant le parti communiste et des quatre autres étoiles symbolisant « l’union du peuple tout entier ». Un peu plus tard, le même M. Wang affirmait que les enfants habillés en costumes des différentes minorités ethniques (la presse occidentale a ensuite affirmé que ces enfants étaient des Han portant les costumes des ethnies minoritaires) étaient en train de chanter l’hymne national… que je n’arrivais pas à reconnaître, et pour cause, car ce n’était pas du tout celui-ci. En fait, il a bien été chanté lors de cette cérémonie, mais un peu plus tard, et par une autre chorale.

Parmi les choses « vues », j’ai été surpris et heureux de trouver sur le lieu de mes vacances une place dédiée à Marcel Granet, sinologue, qui est né dans cette charmante petite ville… Si quelqu’un veut savoir où j’ai passé mes vacances, il lui suffit de se référer à une biographie du grand sinologue français !

Cliché ND.

Pour revenir à des choses « lues », j’ai beaucoup apprécié cet été les suppléments du Monde au sujet des Jeux olympiques avec des papiers de différents journalistes, souvent très intéressants et savoureux. On a même pu lire des interviews d’écrivains non officiels comme Liu Xiaobo 刘晓波 ou Ma Jian 马建 dont vient de paraître en France un roman qu’il a mis dix ans à écrire, Beijing coma, traduit de l’anglais par Constance de Saint-Mont aux éditions Flammarion.

Évidemment, je n’ai pas pu être d’accord avec un éditeur pékinois anonyme qui affirme, cité par Sylvie Kauffmann, que « la littérature chinoise contemporaine n’est pas au mieux de sa forme, dans un régime où la création est strictement encadrée, et où on lit de moins en moins de livres ». Je continue à penser que la littérature contemporaine en langue chinoise dans son ensemble, et en Chine continentale en particulier, est l’une des plus riches du monde. Le fait qu’on lise de moins en moins de livres n’empêche pas de très nombreux lecteurs chinois de dévorer des romans sur Internet et d’acheter des livres qui deviennent des best-sellers comme Brothers, 兄弟 de Yu Hua 余华, Le Totem du loup 狼图腾 de Jiang Rong 姜戎 et bien d’autres.

Dans Le Monde encore cet été, est paru en feuilleton Cité de la Poussière rouge de Qiu Xiaolong traduit de l’anglais par Fanchita Gonzalez Battle. Ce sont de courts textes, véritables tranches de vie quotidienne dans la Chine contemporaine depuis la Révolution culturelle jusqu’à 2005. Qiu Xiaolong nous avait habitués à ses romans policiers toujours bien ficelés, là, il évoque la réalité quotidienne avec le même talent. L’ensemble des textes sortira prochainement aux éditions Liana Levi.

Le Figaro, quant à lui, avait choisi de publier tout au long du mois d’août des textes écrits par de grands écrivains étrangers commençant tous par la même phrase de l’Odyssée d’Homère : « Ulysse prit le sentier rocailleux qui monte à travers bois, du port vers la falaise. Il allait vers l’endroit qu’avait dit Athéna… » Et c’est Mo Yan 莫言 qui a clos la série le 18 août avec un texte plein d’humour intitulé Le Vieil Homme et le Château bleu 蓝色城堡 traduit par votre serviteur et Liliane Dutrait, accessible sur Internet.

Voilà, si vous avez trouvé où j’ai passé mes vacances, vous aurez compris que je ne suis pas allé en Chine… en tous cas pas physiquement ! J’y ai pourtant passé de nombreuses heures, grâce à ces lectures, et aussi parce que, avec Liliane Dutrait, nous avons enfin achevé la traduction des Quarante et un coups de canon 四十一炮, de Mo Yan, ce qui nous a permis encore de passer de fabuleux moments avec le grand écrivain, en le traduisant, en relisant la traduction, et en découvrant ses réponses toujours rapides et complètes à nos courriers électroniques lorsque nous avions besoin d’en savoir plus sur telle ou telle expression ou particularité locale. (À paraître aux éditions du Seuil à l’automne.)

Profitons-en pour signaler que Mo Yan vient de remporter le prix du roman Le Rêve du pavillon rouge de la Hong Kong Baptist University 香港浸会大学 pour son roman Shengsi pilao 生死疲劳, dont la traduction en français doit sortir l’année prochaine aux éditions du Seuil, dans une traduction de Chantal Chen-Andro. Ce prix, le plus richement doté de tous les prix littéraires de littérature contemporaine en chinois, récompense le meilleur long roman (长篇小说) écrit en langue chinoise. On peut lire à ce sujet l’intéressant reportage du Yazhou zhoukan 亚洲周刊 du 17 août 2008.

Et vous, dans quelle littérature d’Asie vous êtes-vous plongés ? Quels livres nous recommandez-vous ? Les traductions ne manquent pas actuellement dans le domaine des littératures coréenne, japonaise, indienne, chinoise ou vietnamienne… Des conseils de lecture pour l’automne et l’hiver seront les bienvenus. Noël Dutrait, 28 août 2008.

dimanche 29 juin 2008

Derniers paragraphes (005)



• La Croix
a consacré le jeudi 29 mai 2008 ( « Livres & idées », pp. 14-15), sous la plume de Geneviève Welcomme, deux pages à la « Mystérieuse littérature venue de Chine ». Il y est principalement question du Totem du loup de Jiang Rong 姜戎, envisagé comme « Un brûlot anti-confucéen », et de Brothers, « Vision de la Chine en écorché » de Yu Hua 余华, qui, à une des quatre questions qui lui sont posées, répond : « Tout ce que j'écris repose sur la vérité. J'ai depuis reçu des témoignages de gens qui ont connu bien pire que ce que mon roman raconte ».

Dans son article, Geneviève Welcomme rappelle que « la formidable créativité littéraire - 220 000 titres par an - qui accompagne la transformation de la Chine reste confrontée à l'archaïsme de la censure », et donne la parole à Noël Dutrait qui revient sur l'originalité de la production chinoise :
« Les romans chinois les plus appréciés des Français, je pense à ceux de François Cheng ou de Dai Sijie (Balzac et la petite tailleuse chinoise) sont faits pour les Occidentaux. En mettant l'accent sur la Chine traditionnelle et ses valeurs, ces auteurs ne déroutent pas le lecteur cultivé qui a une idée toute tracée de la Chine et de l'Asie. En revanche, les auteurs chinois « de l'intérieur » sembleront plus déstabilisants car la matière de leurs récits est faite des chamboulements vécus par la société depuis la mort de Mao. Le nouveau pouvoir disait que tout est possible, donc tout eu lieu. C'est de cela que parlent les grands romanciers chinois d'aujourd'hui. D'où la brutalité, la crudité de certains récits. Mais la littérature n'a-t-elle pas aussi pour fonction de s'emparer des grands sujets qui ont traumatisé une société ? Et il se trouve que parmi les grands écrivains d'aujourd'hui, certains ont beaucoup vu ... »

• Si vous ne les avez pas lu, précipitez-vous sur les articles que Bertrand Mialaret a récemment consacré sur Rue89.com aux auteurs chinois de romans policiers (voir ici), comme He Jiahong 何家弘 (« He Jiahong, l'état de droit en Chine passe par le roman policier », 30/05/08) et Qiu Xiaolong 裘小龍. « Quand l'inspecteur Chen enquête sur la vie privée du président Mao » (07/06/08) est un utile complément à « Qiu Xiaolong, flic et poète à Shanghaï » publié le 02/10/07. Ces trois intéressantes contributions qui donnent la parole à ces auteurs qu'on prendra plaisir à découvrir et à distinguer, pourraient bien vous donner envie de laisser de côté les Hercule Poirot de saison pour une nourriture plus riche en sauce soja.


• Ne manquez pas non plus, sur The New Yorker, la longue recension de Pankaj Mishra sur le Beijing Coma de Ma Jian 马建. Intitulé Tiananmen’s Wake. A novel of hope and cynicism ». Elle s'achève ainsi : « Like many a work produced in exile, Beijing Coma upholds spiritual self-sufficiency against the sentimental illusions of mass politics. It also suggests that by turning away from China’s complex struggles Ma Jian will deny himself the moral passion that is the truest wellspring of his art. »

Cet ouvrage a été retenu avec 99 autres par The Sunday Times guide to summer reading dans la liste des « 100 best holiday reads ». On peut toujours lire, sur le Times Online, la critique de Tom Deveson de ce roman dont la version française sortira à la toute fin du mois d'août aux Editions Flammarion. Vous ne le lirez donc pas sur la plage, à moins que ....


• Et pourquoi ne pas profiter des vacances et des installations Wifi de plus en plus nombreuses, notamment à Pékin qui s'équipe et montre la voie à suivre (voir « Free wireless Internet in downtown Beijing ») pour explorer les billets de la rubrique « Books » du site Danwei.org ? Le dernier en date (13/06/08) donne une courte critique des 20 Fragments of a Ravenous Youth de Guo Xiaolu par Ian Wallace, mais ne manquez surtout pas l'intéressante et originale contribution sur Zhang Ziping 张资平 (1893-1959), « Willow Fluff and trashy romance novels », que Joel Martisen conclut ainsi :
« Of course, the parallels with authors today aren't exactly one-to-one: after the founding of the People's Republic, Zhang worked as translator for the Commercial Press until 1955, when he was arrested as a counter-revolutionary. He was sent to a labor farm in 1958 and died there the following year. Still, when the publishing industry is murmuring about setting up a rating system for books to protect children from literature's slide into the gutter, or when people wring their hands over recalcitrant plagiarists like Guo Jingming, Zhang's novels of the 1920s and 30s remind us that mainstream culture was nothing sacred even in the legendary days of the May 4 movement. »
On retrouve encore Qiu Xiaolong, mais par la vidéo cette fois ; l'auteur de polars intervient en effet dans la piquante série de reportages Sexy Beijing 性感北京 : « Dreaming of Inspector Chen » qu'on peut aussi visionner sur Youtube, sur Tudou ou sur le site Sexy Beijing Tv à partir duquel on découvrira un blog pas moins surprenant et une liste de liens pleine de surprises -- ne pas manquer les six de la rubrique « Video Sharing ». La Chine n'a jamais été aussi proche ! (P.K.)

mardi 13 mai 2008

Derniers paragraphes (001-bis)

Le 9 mai dernier, je signalais que le Sunday Book Review du New York Times avait consacré une bonne place de son dernier numéro mis en ligne le 4 mai 2008 (accès gratuit) à la littérature chinoise actuelle et à quatre de ses auteurs les plus marquants. Dans mon empressement, j'étais passé à côté du portrait consacré à un des auteurs les plus en vogue de RPC, le jeune - il est né en 1983, le 6 juin, au Sichuan -, Guo Jingming 郭敬明. Ce portrait au titre bien trouvé - « China’s Pop Fiction »- est signé Aventurina King, tout aussi jeune - elle est née pour sa part en 1986 et en France -, collaboratrice de Wired.com, du South China Morning Post et du supplément littéraire du New York Times. C'est sans doute elle, qui, cela dit en passant, entretient un élégant site internet et un intéressant blog, la mieux placée pour présenter cette nouvelle idole de la jeunesse chinoise :
The most successful writer in China today isn’t Gao Xingjian, the winner of the 2000 Nobel Prize, or even Jiang Rong, the author of the best-selling novel Wolf Totem, just released in the United States. It’s 24-year-old Guo Jingming, a pop idol whose cross-dressing, image-obsessed persona has made him a sensation in a country where the Communist dictatorship advocates prudery and heterosexuality. Thousands of teenagers — his readers are rarely over 20 — flock to Guo’s signing sessions. Some post frenzied declarations of love on his blog: Little Four, I will always be with you! (Guo’s nickname comes from « fourth dimension war », a random quotation he found in a magazine.) Alongside adoring letters addressed to « Big Brother Guo », the author posts pictures of himself half-naked in the shower, in his underwear or swathed in Dolce & Gabbana accessories and Louis XIV-style shirts.
Fidèle à la règle que je me suis fixée pour cette rubrique, je me contente donc des dernières lignes empruntées à ces deux pages fort bien documentées :
Guo may have survived charges of plagiarism and bad writing, but today he faces what may be a more dangerous threat: even younger writers. The past few years have seen the rise of a group of teenage authors, sometimes called the « post-’90s » generation. Four years ago, 9-year-old Yang Yang received $150,000 for his novel The Magic Violin, about a young boy who is befriended by enchanted objects after his father disappears. It sold 100,000 copies. He has since published three more books and last year signed a contract for a 10-book series. Last month, Yang Daqing’s Story of the Ming Expedition, a novel about the Japanese invasion of Korea in 1592, supposedly written when the author was 13, hit bookstores. And 14-year-old Tang Chao’s second novel, Give My Dream Back, about unrequited love and suicide, was recently published with a first run of 50,000 copies. Over the phone, Guo spoke dismissively of these potential rivals. « I don’t really know much about them », he said. And they certainly don’t seem to be interfering with his plans. Guo’s next novel, When We Were Young, about four university students, arrives in stores in October. And next year, he plans to hold a national competition for young writers and to design his own line of stationery.
Pour poursuivre votre découverte de cette face cachée (en France) de la vie littéraire (?) chinoise, pourquoi ne pas visiter le blog de Guo, voire sa notice sur Wikipedia [en chinois et en anglais] et lire un autre article d'Aventurina King, toujours en ligne sur Wired.com, sur « The Chinese Novel Finds New life Online » (17/08/07)


En illustration de ce billet, j'ai reproduit la première page du texte et deux des 22 pages de photos qui ouvrent Never Flowers in Never Dreams, Meng li hua luo zhi duoshao 梦里花落知多少 (2004) pour lequel Guo avait été reconnu coupable de plagiat à l'encontre de la jeune romancière pékinoise Zhuang Yu 庄羽. Notons qu'il est publié aux Editions Chunfeng wenyi 春风文艺, maison d'édition de Shenyang qui s'était, voici bien longtemps déjà – c'était au début des années 1980 - signalée en publiant les caizi jiaren xiaoshuo 才子佳人小说 - ces bien intéressantes romances dites du « puits de sciences et de la beauté » de la fin des Ming (1368-1644) et du début des Qing (1644-1911) -, sorties du riche fonds de la Bibliothèque municipale de Dalian (Liaoning) --- doit-on y voir un lien et imaginer une communauté d'inspiration entre les deux productions ? (P.K.)

dimanche 11 mai 2008

Qui veut la peau du loup ?

L'appel lancé par Noël Dutrait n'a pas encore reçu de réponse ; personne n'a encore donné son avis sur le Totem du Loup de Jiang Rong ! Je vais donc ouvrir le bal, non pas en vous disant ce que j'en pense - je ne l'ai pas lu et ne programme pas de le lire -, mais en répercutant des avis tranchés trouvés sur la toile. Or donc, qui veut la peau du loup ?

Certainement pas Jonathan Mirsky qui signe pour la Literary Review (mai 2008) un compte-rendu élogieux intitulé « Decade in the Grasslands », dans lequel il n'hésite pas à écrire que « Wolf Totem is the best Chinese book I've read for many years and the only really good novel. It is enlightening, poignant, mysterious - and a miracle. » [lire la suite], ni même Alan Cheuse pour la NPR (National Public Radio) qui confiait le 26 mars 2008 son enthousiasme en 2 mn 20 s., dans une chronique – « Wolf Totem' Eulogizes Mongolian Culture » - ainsi résumée : « A captivating English translation of Jiang Rong's award-winning novel chronicles a Beijing student's immersion with nomadic farmers of the Mongolian grasslands just before China's Cultural Revolution of the 1960s and '70s. The story becomes a passionate eulogy to a ferocious and far-flung way life, and to the wolf, the foremost predator of the grasslands. »

C'est plutôt, Linda Jaivin qui n’a pas aimé le roman. Elle le fait savoir dans une recension parue dans l'Australian Literary Review (le 7 mai 2008) que Danwei.org a la bonne idée de signaler et de publier dans un billet intitulé « Lupine lactose intolerant » avec une introduction de Geremie R. Barmé, « Milking Wolves’ Totem —reading Linda Jaivin on Jiang Rong’s lupine love story ».

L'ensemble devrait intéresser les lecteurs français de Jiang Rong - s'il y en a ! - sinon les spécialistes de littérature chinoise contemporaine, voire les curieux de la Chine d’aujourd’hui. Quant à moi, je vais sagement me garder de hurler avec les loups. (P.K.)

samedi 10 mai 2008

Quelques lectures, un voyage et un colloque

Depuis quelques semaines, je partage mes lectures entre un roman fort plaisant Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants de Xiaolu Guo, paru chez Buchet Chastel et Le Totem du loup de Jiang Rong, paru chez Bourdin éditeur. Rien à voir entre les deux œuvres, si ce n’est qu’elles ont été écrites par des auteurs chinois !


Xiaolu Guo dont on avait pu lire La Ville de Pierre, traduit par Claude Payen, publié par les éditions Philippe Picquier, nous livre un nouveau roman écrit sous la forme d’un dictionnaire qui est traduit de l’anglais par Karine Laléchère. Notons que de la même manière que les éditeurs indiquent parfois « traduit de l’espagnol (Cuba) », l’éditeur indique ici traduit de l’anglais (Chine). Nous apprenons donc avec grand intérêt que l’anglais est manifestement l’une des langues en usage en Chine !

Ceci dit, ce roman en forme de dictionnaire est particulièrement amusant à lire et l’on peut saluer le tour de force de la traductrice qui a reproduit dans sa traduction la maladresse de l’anglais de débutant de l’auteur, une jeune fille chinoise fraichement débarquée de Chine à Londres sans savoir un seul mot de la langue de Shakespeare. Tout ce qu’elle possède, c’est un dictionnaire chinois-anglais qui parfois, comme tous les dictionnaires, n’explique pas tout…

Au fil des pages, l’anglais (traduit en français) de l’héroïne s’améliore. Depuis un paragraphe tel que celui-ci : « Les nourritures ici sont très confondantes. Les Anglais mangent et boivent des choses étranges. Même Confucius trouve l’anglais confondant s’il vient ici, je pense », en passant par l’évocation des « œufs brouillons » on arrive à une description du pays de Galles fort bien menée au chapitre intitulé « Phare ». Et au cours de ces pages, depuis l’entrée « Prologue » à l’entrée « Epilogue » en passant par « « Bisexuel », « Anarchisme », « Fatalité » « Humour » ou « Berlin », on mesure la distance culturelle entre la jeune chinoise un peu perdue et l’artiste anglais déprimé avec lequel elle se met en ménage, ainsi que l’ensemble des questions que se pose l’héroïne au sujet de sa nouvelle vie et des situations et villes nouvelles qu’elle découvre.


Le Totem du loup, c’est une autre affaire… L’éditeur indique sur la quatrième de couverture: « Vendu en Chine à plus de vingt millions d’exemplaires, Le Totem du Loup est un fascinant roman d’aventures. Mais c’est aussi le récit d’une initiation, celle de Chen Zhen, jeune étudiant chinois qui doit apprendre, au contact des tribus mongoles, comment survivre… Les hordes de loup règnent encore sur la steppe. Les cavaliers nomades, héritiers de Gengis Khan, craignent et vénèrent cet animal qu’ils ont choisi pour emblème. La rencontre avec cette culture va bouleverser le jeune Chinois. Il sera d’autant plus ébranlé que cet univers qui le séduit tant est sur le point de disparaître… »

En fait, ce roman est davantage le récit d’une longue interrogation d’un « jeune instruit » chinois, envoyé en Mongolie intérieure, au sujet de la supériorité ethnique des Mongols (qui ont dominé le monde à une époque donnée) par rapport à la faiblesse des Han (incapables de résister aux invasions étrangères à travers les siècles. Il élabore une théorie qui voudrait que les Mongols, peuple de nomades, se soient inspirés de l’organisation clanique des loups tandis que les Han, peuple de pasteurs, se soient comportés comme les moutons… que les loups dévorent. Le jeune instruit, Chen Zhen, va même jusqu’à élever un louveteau pour mieux étudier son comportement…

La campagne orchestrée pat l’éditeur français a porté ses fruits. Les grands quotidiens et les grands hebdomadaires français ont consacré une ou deux pages à ce roman, sans vraiment dire nettement s’ils appréciaient ce livre pour ses qualités littéraires ou pour les informations qu’ils nous apportaient sur ce mystérieux totem du loup. On y insiste surtout sur le fait que ce livre serait considéré dans certains milieux économiques chinois « comme une sorte de Bible dans laquelle ils voient une apologie de l’esprit de compétition, une arme dans la guerre économique contre l’Occident » (Voir « L’année du loup », par Pascale Nivelle, Libération du 7 février 2008.)

Je reviendrai sur ce roman prochainement, mais aujourd’hui j’aimerais savoir si parmi les lecteurs de notre blog, certains l’ont lu et ce qu’ils en pensent…

Au passage, signalons aussi l’article sur le roman de Yu Hua, Brothers (un titre en anglais pour un roman chinois, décidément l’anglais semble bien être l’une des langues de la Chine…) paru dans Le Monde des livres du 9 mai 2008.

Enfin, le colloque auquel j’ai participé à Louvain-la-Neuve était, comme on pouvait s’y attendre, passionnant. La traduction entre Orient et Occident : modalités, difficultés et enjeux, voilà le genre de problématique qui préoccupe beaucoup la jeune équipe dont vous lisez le blog qui, soit dit au passage, va très prochainement changer de nom, passant de « Littérature chinoise et traduction » à « Littératures d’Extrême-Orient, textes et traduction ».

Après que le professeur Paul Servais eut présenté la problématique de la journée, Marc de Launay, Chargé de recherches au CNRS et à l’Ecole Normale supérieure de Paris ouvrait les travaux avec une très stimulante communication intitulée « Le sens et le temps ». Il indiquait en introduction : « Une longue tradition européenne, souvent mal contrôlée, à peine discutée, situe la pratique de la traduction dans un réseau de connotations où dominent, du côté des récepteurs, le soupçon qu’elle serait une tâche peccamineuse, et, du côté des traducteurs, la culpabilité de n’avoir pas fait assez droit à l’original. Cette atmosphère explique le recours à des termes impropres comme ceux de « fidélité » ou de « trahison » qui n’ont, en fait, rien à voir avec la pratique traductive ; mais elle explique une certaine pusillanimité, chez nombre de traducteurs, qui les entraîne à tout à la fois sous-estimer leur fonction en lui refusant une dignité philosophique, par exemple, et à en surestimer le caractère personnel, néanmoins bien présent, en oubliant que toute traduction est vouée à la reprise. »

Ensuite, les différents participants ont disserté sur le choix des traductions, la manière de les présenter, la réception des œuvres traduites, les difficultés de communication d’une langue à l’autre et/ou d’une civilisation à l’autre. La question des concepts philosophiques occidentaux traduits en chinois en passant par le japonais, la traduction des textes canoniques du Bouddhisme, la traduction de la littérature occidentale vers le chinois et de la littérature chinoise vers l’Occident, autant de sujets qui ont été approchés et discutés au cours de cette journée. La publication des actes de ce colloque apportera certainement une petite lumière de plus pour éclairer ce long chemin qui permet la communication entre les cultures.

Noël Dutrait

vendredi 9 mai 2008

Derniers paragraphes (001)

Voici une nouvelle rubrique pour signaler rapidement des articles disponibles - plus ou moins longtemps et pas toujours gratuitement - sur internet ou sous forme plus traditionnelle, par la mention de leur référence et, sans autre forme de procès, leur dernier paragraphe. La première livraison (001) concerne la littérature chinoise contemporaine et des auteurs et des ouvrages déjà signalés sur ce blog.

Portrait de Yu Hua pris sur son blog.
Yu Hua 余华

Le Monde des livres (08/05/08) propose grâce à Nils C. Ahl
  • un entretien avec Yu Hua à l'occasion de la sortie française de son dernier livre traduit, Brothers (Actes Sud, 2008), « Yu Hua : « J'ai servi la Chine toute crue » : « Brothers est un livre important par son ambition et sa radicalité, Yu Hua le sait. Au moins pour lui. Les livres réinventent parfois les écrivains. « Ce roman-là a fait naître un nouveau Yu Hua. Il y a dix ans, je n'aurais pas osé être aussi libre et aussi sincère. Il m'a fallu beaucoup d'audace pour écrire ce livre. J'ai arrêté d'avoir peur de la manière dont on me lirait. Je n'ai plus cherché à plaire ni à savoir comment bien écrire. Je n'osais pas choquer avant ce livre. Je le faisais malgré moi, parfois. Avec Brothers, on peut croire que j'ai fait exprès de choquer. En vérité, j'ai seulement trouvé un peu de courage pour écrire sans me poser de questions. »
  • et une critique, « Une vie dans le bouillon de l’histoire », qui finit par : « On se souvient de Yu Hua auteur de romans habités et incisifs comme Vivre ! (Le Livre de Poche, 1994) ou Le Vendeur de sang (Actes Sud, 1997). On le découvre aussi habile à décrire le dilemme enfantin entre des bonbons et un amour fraternel qu'à jeter ses personnages dans la gueule de l'histoire. Ecrivain de l'ambition et de la déception sociale, des amours contredites et indirectes, il y a de l'Hemingway chez Yu Hua, certainement, mais aussi du Stendhal. »
Sur Liberation.fr (24 avril 2008), on peut encore lire en ligne l'interview de Yu Hua par Claire Devarrieux - « La Chine est plus riche et la vie plus exagérée que je l’imaginais. Rencontre. Yu Hua évoque «Brothers» et sa vision de la Révolution culturelle » - et la note critique, « Hip hip hip Yu Hua », qui se conclut ainsi : « Brothers est sans doute le plus insolent des livres de Yu Hua. Les slogans maoïstes y sont continuellement détournés (une des prouesses des traducteurs est de l’avoir rendu perceptible en français). L’expérience la plus crue, ou la plus cruelle, est filtrée par le regard d’un garnement généreux. Il y a souvent des enfants dans les histoires de Yu Hua, comme s’il n’avait jamais oublié celui qu’il a été. Tous ses romans racontent que la vie est susceptible de basculer du jour au lendemain, et que c’est arrivé à tous les Chinois de sa connaissance. »


Le Sunday Book Review du New York Times consacre une bonne place de son dernier numéro mis en ligne le 4 mai 2008 (accès gratuit) à la littérature chinoise actuelle et à quatre de ses auteurs les plus marquants :

Wang Anyi 王安忆

A la fin d'un court article intitulé « Miss Shanghai » qui signale de la sortie de The Song of Everlasting Sorrow. A Novel of Shanghai de Wang Anyi récemment traduit par Michael Berry et Susan Chang Egan aux Presses de l'Université Columbia (Columbia University Press, 440 pp.), Francine Prose écrit : « As The Song of Everlasting Sorrow moves toward its violent, melodramatic and distressingly appropriate ending, readers may feel a Proustian nostalgia for the novel’s lost time, a sadness that mirrors the melancholy that haunts Wang Qiyao and pervades the fascinating, mostly vanished longtang of Shanghai. » Chez nous, le roman a été traduit par Y. André et S. Lévêque : Le Chant des regrets éternels (Picquier, 2006). Le site américain propose également le premier chapitre de ce roman dans sa traduction anglaise.


Yan Lianke 閻連科

« Kissing the Cook » est le titre de l'article dans lequel Liesl Schillinger - qu'on peut entendre dans le podcast du 5 mai 2008 - parle du Serve the People ! de Yan Lianke que vient de traduire Julia Lovell (Black Cat/Grove/Atlantic, 217 p.) et dont on peut aussi lire le premier chapitre : « Lucky for Yan Lianke — who, after all, must make his life in a country of contradictions, possibilities and thin skins — we can’t be sure. Two years ago, responding to a blogger who asked him to explain the deeper story behind his banned book The Dream of Ding Village, he said : « I am a person who is almost 50 years old. At this age, I don’t want to argue with anybody anymore. The only thing that I want to do is to write better novels. » He added, « From now on, I will be silent. » As for the deeper meaning of Serve the People!, perhaps Fielding said it best, in the opening words of Joseph Andrews : « Examples work more forcibly on the mind than precepts. »


Jiang Rong 姜戎

C'est avec une référence à Jack London (1876-1916) et à son fameux roman, The Call of the Wild (1903), connu en français sous le titre de L'appel de la forêt (sans doute à revoir) que Pankaj Mishra offre une recension du Wolf Totem de Jiang Rong dont la traduction par Howard Goldblatt vient de sortir chez Penguin Press (527 p.). Son « Call of the Wild » se conclut ainsi : « It seems strange that the Chinese censors missed this indictment of Han imperialism. It’s even more remarkable that a novel so relentlessly gloomy and ponderously didactic has become a huge best seller, second in circulation only to Mao’s little red book. This success may be due, at least in part, to its exhortations to the Chinese to imitate the go-getting spirit of the West. However, Wolf Totem also captures a widespread Chinese anxiety about their country’s growing physical and moral squalor as millions abandon the countryside in search of a middle-class lifestyle that cannot be environmentally sustained. The novel’s literary claims are shaky; and Jiang Rong’s apparent wish to transform China’s national character through a benign conservationism is compromised by his boy-scoutish arguments for toughness. Yet few books about today’s China can match Wolf Totem as a guide to the troubled self-images of so many of its people as they stumble, grappling with some inconvenient truths of their own, into modernity. »


Mo Yan 莫言

Pour Mo Yan, c'est le grand sinologue Jonathan Spence (1936-) [voir sa biographie sur le site de l'American Historical Association par le regretté Frederic E. Wakeman Jr. (1938-2006)], professeur d'histoire moderne de la Chine à l'université de Yale et auteur de tant d’admirables livres dont le dernier en date est Return to Dragon Mountain: Memories of a Late Ming man (Viking Books, 2007, 352 p.) consacré à Zhang Dai 張岱 (1597-1689) qui intervient. On apprend du reste que « Spence remarked in a recent telephone conversation, he feels « at home with Mo Yan’s literary rendering of complex political and social shifts. » The appearance of “novels of this quality, » he added, « suggests that freedoms are being claimed in fiction that are still taboo in political writing. »

L'ouvrage sur lequel il se penche est la traduction que Howard Goldblatt (encore lui !) vient de publier chez Arcade sous le titre : Life and Death are wearing me out (540 p.). Le dernier paragraphe constitue une excellente conclusion à cette revue de presse. Le voici : « The kind of critique that we find in this book has many echoes within China today. In his new novel, Wolf Totem, Jiang Rong includes a ferocious account of the battle between a starving wolf pack and a herd of wild horses that seems tightly geared to showing the value of older ways of living in the steppe, in contrast with the ultimately disastrous values insisted on by the Party. Mo Yan has his own version of such a battle in his account of the donkeys’ struggle against the wolves near the collective farm. Yan Lianke’s Serve the People! gives a common soldier and his mistress, the wife of the division commander, a summer of passionate lovemaking, culminating in a wild and randy spree in which they smash all the once-treasured artifacts and memorabilia of Mao Zedong and his outmoded, pointless policies. Such antipolitical passion also surfaces in many of the sexual entanglements Mo Yan describes in Life and Death Are Wearing Me Out. It seems that novels in China are coming into their own, that new freedoms of expression are being claimed by their authors. Mao has become a handy villain. One wonders how much longer his successors will be immune from similar treatment. »

Pour achever cette revue de presse, je vous rappelle que la revue Impur dont le numéro 2 est annoncé pour septembre sera consacrée à la Chine et attend toujours des propositions. (P.K.)

vendredi 11 janvier 2008

Totem et tambours

Le loup est l’un de ces animaux dont l’appétit pour la chair est le plus véhement ; et quoiqu’avec ce goût il ait reçû de la Nature les moyens de le satisfaire, qu’elle lui ait donné des armes, de la ruse, de l’agilité, de la force, tout ce qui est nécessaire en un mot pour trouver, attaquer, vaincre, saisir et dévorer sa proie, cependant il meurt souvent de faim, parce que l’homme lui ayant déclaré la guerre, l’ayant même proférit en mettant sa tête à prix, le force à fuir, à demeurer dans les bois, où il ne trouve que quelques animaux sauvages qui lui échappent par la vîtesse de leur course, et qu’il ne peut surprendre que par hasard ou par patience, en les attendant long-temps, et souvent en vain, dans les endroits où ils doivent passer. Il est naturellement grossier et poltron, mais il devient ingénieux par besoin, et hardi par nécessité ; pressé par la famine, il brave le danger, vient attaquer les animaux qui sont sous la garde de l’homme, ceux sur-tout qu’il peut emporter aisément, comme les agneaux, les petits chiens, les chevreaux ; et lorsque cette maraude lui réussit, il revient souvent à la charge, jusqu’à ce qu’ayant été blessé ou chassé et maltraité par les hommes et les chiens, il se recèle pendant le jour dans son fort, n’en sort que la nuit, parcourt la campagne, rode autour des habitations, ravit les animaux abandonnés, vient attaquer les bergeries, gratte et creuse la terre sous les portes, entre furieux, met tout à mort avant de choisir et d’emporter sa proie. Lorsque ces courses ne lui produisent rien, il retourne au fond des bois, se met en quête, cherche, suit à la piste, chasse, poursuit les animaux sauvages, dans l’espérance qu’un autre loup pourra les arrêter, les saisir dans leur fuite, et qu’ils en partageront la dépouille. Enfin, lorsque le besoin est extrême, il s’expose à tout, attaque les femmes et les enfans, se jette même quelquefois sur les hommes, devient furieux par ces excès, qui finissent ordinairement par la rage et la mort. Le loup, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, ressemble si fort au chien, qu’il paroit être modelé sur la même forme ; cependant il n’offre tout au plus que le revers de l’empreinte, et ne présente les mêmes caractères que sous une face entièrement opposée : si la forme est semblable, ce qui en résulte est bien contraire ; le naturel est si différent, que non seulement ils sont incompatibles, mais antipathiques par nature, ennemis par instinct.
On pourra lire la suite de cette magistrale leçon sur le loup dans l'Histoire naturelle, générale et particulière sur un site remarquablement établi dédié à son auteur et accessible à partir d'ici ou dans une édition de 1758 sur Gallica [le début se trouve page 44 qui correspond à la page 39 de l'édition numérique précédente] et sans doute aussi - mais je n'ai pas encore pu vérifier - dans le beau volume de la « Bibliothèque de La Pléiade » sorti l'année dernière pour fêter comme il se doit le tricentenaire de la naissance de Georges-Louis Leclerc, Comte de Buffon (1707-1788), l'architecte de cette monumentale œuvre publiée en 36 volumes entre 1749 et 1788 [voir Œuvres. Textes choisis, présentés et annotés par Stéphane Schmitt, Gallimard, 2007]. Je ne sais si Buffon a raison en tout concernant cet animal, mais il écrit si plaisamment qu'on ne s'étonnera pas de lire que Balzac le plaçait à la hauteur de Newton, Descartes, Spinoza, Raphaël, Titien, Shakespeare (voir à ce propos la Préface de Michel Delon).

Mais venons-en à nos moutons, c'est-à-dire à la sortie imminente, chez Bourin Editeur, de la traduction française de l'ouvrage de Jiang Rong 姜戎 dont il a été question a plusieurs reprises sur ce blog, Lang tuteng 狼圖騰 (voir ici). Celle-ci est annoncée avec un ressort médiatique dont jamais traduction du chinois n'a, me semble-t-il, bénéficié jusqu'à présent, savoir rien de moins qu'un site internet entièrement dédié à sa promotion : http://www.letotemduloup.fr/ et un slogan qui fera, selon l'humeur, s'esclaffer ou bien grincer les dents : « Premier best-seller chinois depuis la mort de Mao » !

Le totem du loup, c'est donc le titre retenu, ne devrait être dans les librairies qu'à la fin du mois de janvier - le 31 pour être précis. Ses 561 pages ont été traduites du chinois par Yan Hansheng et Lisa Carducci, et l'édition française a été « établie » (sic !) par Boris Martin. Outre des informations relatives à sa diffusion, le site propose en plus d'un portrait de Jiang Rong, une interview exclusive de l'auteur réalisée par J.-J. A. qui doit être Jean-Jacques Augier dont Alain Beuve-Méry nous apprend dans Le Monde des Livres (10/10/08, en ligne ici) qu'il est l'« ancien PDG des éditions Balland devenu investisseur en Chine ». Cet article bien documenté et judicieusement intitulé « L'offensive mondiale du Totem du loup » signale dans la foulée que « c'est François Bourin qui a acheté les droits du Totem du loup, pour 50 000 euros ». Mais revenons au site qui propose un extrait du livre, qui - c'est mon humble avis - pourrait bien ne pas produire l'effet d'attraction désiré ; une autre page rappelle le récent succès au Man Asian Literary Prize 2007 ; l’espace pour présenter les renvois aux articles de presse que cette publication devrait susciter est également prêt ; on peut même écouter le hurlement du loup !

Que demander de plus, sinon de disposer rapidement du livre dont on - avis aux amateurs - proposera le moment venu un compte-rendu détaillé sur ce blog. Ceci nous laisse le temps de déguster un délicieux roman dont la sortie - vers le 20 janvier - est signalée dans le même numéro du Monde des livres, savoir Le mystérieux Docteur Fu Manchu de Sax Rohmer (1883-1959), dans la nouvelle traduction de l'anglais d'Anne-Sylvie Homassel (Zulma, 320 p.). Car comme l’écrit Gérard Meudal, « les aventures de Fu Manchu sont bien datées [The Mystery of Dr. Fu Manchu, premier volet d'une longue série, vit le jour en 1913] ; c’est ce qui en fait le charme ». (P.K.)

samedi 10 novembre 2007

Gare au Loup

Le suspens a été intense. De deux douzaines de titres est sortie une poignée de cinq ouvrages de laquelle devait n'être retenus qu'un titre et naturellement son auteur. Le moment tant attendu de connaître la réponse du jury du 2007 Man Asian Literary Prize est enfin arrivée. Elle est apparue aujourd'hui sur le site du concours. La voici dans sa version originale :
Hong Kong, 10 November 2007 – A panel of three internationally acclaimed authors and experienced literary judges named Jiang Rong [姜戎] winner of the inaugural Man Asian Literary Prize for the novel Wolf Totem. Adrienne Clarkson, Chair of the judges for the inaugural prize praised Wolf Totem: « A panoramic novel of life on the Mongolian grasslands during the Cultural Revolution, this masterly work is also a passionate argument about the complex interrelationship between nomads and settlers, animals and human beings, nature and culture. The slowly developing narrative is rendered in vivid detail and has a powerful cumulative effect. A book like no other. Memorable. » The prize winner was announced at a celebratory dinner at Cipriani Hong Kong. Jiang Rong was awarded USD 10,000 and the book’s translator, Howard Goldblatt, was awarded USD 3,000.
Jiang Rong est donc le seul des 4 auteurs de langue chinoise dont Mo Yan, à avoir passé avec succès les différents niveaux de cette compétition. Sa réaction a été délivrée par son éditeur chinois, M. Li Bo, Changjiang Publishing. La voici :
« Asia is home to ancient and important cultural traditions. In historical terms, the world is home to four great cultural empires; three had their origins in Asia. The region is a cradle of culture that is unrivalled around the world. As society entered the latter half of the 20th century, Asian nations reemerged, rich and prosperous, walking the various roads towards freedom and democracy, with culture not developing so quickly. Now, with the establishment of the Man Asian Literary Prize, this benevolent organization is able to draw upon richly creative resources, playing a crucial role in supporting cultural exchange around the world. This is a key contribution to future world peace. My story of Mongolia’s wolves is the product of an ongoing study of the Inner Mongolian environment, and interpretation of the meanings behind the natural behavior of animals. Through this story, I also reflect upon the nature of Chinese people. That such a Chinese story can come to the attention of the Man Asian Literary Prize is a great thing. »
Le dossier de presse fournit, outre une photo de Jiang Rong (voir ici), la courte biographie suivante :
Chinese author Jiang Rong was born in Jiangsu in 1946, and graduated from the middle school attached to China Art College in 1966. In 1967, Jiang joined the first wave of intellectuals who moved to the countryside as volunteers, living with nomadic communities on the Chinese border of Inner and Outer Mongolia for 11 years. Following his return to Beijing in 1978, Jiang embarked on postgraduate studies in political science at the renowned Chinese Academy of Social Sciences, and assumed an academic position at a Beijing university. Now retired, he lives in Beijing, with his wife. Wolf Totem is a fictional account of life in the 1970s that draws on Jiang’s personal experience of the grasslands of China’s border region. Translated by Howard Goldblatt, Wolf Totem will be released worldwide by Penguin in March 2008.
Ainsi qu’un synopsis de son roman :
It is the final 1960s heyday for the people of the Inner Mongolian grasslands—a time when an age-old balance based on culture and tradition was maintained between the nomads, their livestock, and the wild wolves who roamed the plains. Beijing intellectual Chen Zhen volunteers to live in a remote nomadic settlement on the border of Inner and Outer Mongolia. There, he discovers life of apparent idyllic simplicity based on an eternal struggle between the wolves and the humans in their fight to survive. Chen learns about the rich spiritual relationship, and respect that only equals can feel, that exists between these adversaries. After many years of solitude, his peace of mind is shattered with the arrival of his kinfolk sent from the cities to bring modernity and productivity to the remote grasslands. Once the careful balance between the wolves and humans is disrupted, however, culture and tradition is damaged, and the environment suffers.
On devrait donc reparler de cet auteur et de ce roman dont une traduction française va voir le jour prochainement. Chacun pourra alors se faire une idée de Lang tuteng 狼图腾 et de la pertinence des jugements du jury du Man Asian Literary Prize qu'on retrouvera l'année prochaine pour sa deuxième édition. (P.K.)

jeudi 25 octobre 2007

Miscellanées (005)


• Journée sur la traduction à l'Université de Provence

Je vous rappelle que c'est demain, 26 octobre 2007, que va se tenir la Journée sur la traduction des langues et des littératures asiatiques, journée organisée par notre équipe et qui se déroulera à partir de 9 heures dans la Salle des Professeurs (2e étage) de l’Université de Provence, Centre d’Aix-en-Provence. Vous êtes, bien entendu, les bienvenus.
Pour le programme, voir ici (site de l'équipe) ou là (blog de l'équipe)


• 2007 Man Asian Literary Prize, suite

Le suspens continue, mais nous sommes un peu mieux fixés sur les chances pour un auteur de langue chinoise de décrocher ce prix. En effet, la 'shortlist' de cinq candidats vient d'être divulguée sur le blog du 2007 Man Asian Literary Prize.


Cette liste, qui comprend 3 femmes et 2 hommes, est la suivante :
  • Jose Dalisay Jr. (1954-) pour Soledad’s Sister (Philippines)
  • Reeti Gadekar, pour Families at Home (Inde)
  • Nu Nu Yi Inwa (1957-), pour Smile As They Bow (Birmanie)
  • Jiang Rong (1946-), pour Wolf Totem (RPC)
  • Xu Xi, pour Habit of a Foreign Sky (Hong Kong)
Exit donc Guo Xiaolu, Egoyan Zheng, et également Mo Yan - qui se consolera avec le Nobel l'année prochaine, ou la suivante -, et poursuite du suspens jusqu'au 10 novembre pour connaître le lauréat de se prix qui pourrait couronner un auteur chinois en la personne de Jiang Rong.

Le blog du MALP publie également un appel à contribution pour le n° 6 de l'Asia Literary Review. ALR (je cite) « is an exciting new literary review launched from Hong Kong. The Review hopes to provide you with short stories, essays, poetry and columns from Asia’s most established writers while giving Asia’s new talent a space to exhibit their literary ideas.»

Le n° 5 vient de paraître [voir illustration ci-dessous], son sommaire est consultable sur le site de la revue, comme ceux des quatre précédents numéros. L'ALR, n'est actuellement disponible qu'à Hong Kong, alors si vous passez par là....



• Blog bloqué

L'excellent blog Danwei.org , qui a fêté son quatrième anniversaire le 24/10/07, continue de nous tenir régulièrement au courant de la politique suivie en matière de liberté d'expression des Chinois sur internet et nous avertit des campagnes visant à réguler cet espace. Récemment, ce sont 18401 sites jugés pornographiques ou illégaux qui ont été fermés, ce qu'indique également Lydia Chen dans un article paru dans le ShanghaiDaily.com, « China disconnects 18,400 illegal Websites » :
CHINA blocked access to 18,401 illegal Websites during a nationwide campaign against online pornography that started in April, an industry newspaper reported today. A total of 9,593 unregistered Websites were shut down while 8,808 Websites were closed for disseminating pornographic, illicit or fraudulent pictures and information on the Internet, said Miao Wei, deputy general manager of China Telecom, the country's biggest telecommunication carrier, which was involved in the campaign..../... On August 30, the Ministry of Information Industry also ordered main search engines, including Baidu, Google, Yahoo, Zhongsou, Sina and Sogou, to remove "illegal and unhealthy information" from their search results.
Danwei évoque aussi les difficultés rencontrées par les Chinois pour tenir un blog (voir ici). YouTube a aussi été visé (voir ici, ici). Sur son blog, Marc van der Chijs fournit une explication :
I suspect the real reason might be that YouTube just launched a Chinese version, which would make the site much more accessible for Chinese users. Not a very smart idea to do that in the middle of the National Congress, and I am surprised nobody at mother company Google's China offices rang an alarm bell about this before the launch. A typical example of the mistakes foreign companies make while trying to do business in China.
Plus grave pour nous, Blogspot, site qui héberge notre blog, fait aussi les frais de la même politique restrictive. On lira à ce propos le billet de Jeremy Goldkorn publié, par Danwei, le 23 octobre 2007 dans la rubrique Net Nanny Follies sous le titre « Party Congress ends, Blogspot blocked again » :
Popular Google-owned blog host Blogspot was suddenly accessible in China on October 15 or 16 this year, after a period of being blocked. The 17th Party Congress started on October 15. The 17th Party Congress ended yesterday. Today, Blogspot is once again not accessible in China. Has someone at China's Net Nanny headquarters figured out that a lot of foreign journalists like to blog and get annoyed when they visit China and cannot access Blogspot? And that therefore things would be most harmonious if Blogspot worked when there are big events in China that attract the international media? [Sur le même sujet voir aussi ici].
Rien ne permet de vérifier la validité de l'expertise, mais d'après Greatfirewallofchina.org consulté ce jour, notre blog est effectivement bloqué par la Chine. [voir notre illustration ci-dessous]

Il n'empêche que certains internautes chinois et/ou non chinois mais basés en Chine, ont pu nous consulter ces derniers temps : depuis Shanghai, le 22/10 et ceci pendant 15 minutes & 15 secondes ; depuis Beijing, le 13 septembre, de nouveau le 1 octobre et aussi le 30 septembre depuis la province de Guizhou. Affaire à suivre, donc.

Grâce à vous, où que vous soyez, notre compteur vient de dépasser les 8000 visites : vous êtes entre 35 et 60 à venir quotidiennement, principalement de France, mais aussi d'un peu partout dans le monde, et même d'Iran ! Je souhaite, pour ma part, que chacun trouve ici son compte et un moyen agréable de mieux connaître les littératures asiatiques, et devienne, ainsi, plus familier du travail, parfois ingrat de ceux, qui leur consacrent toute leur énergie.



• My Tailor is Chinese

Alors que Blogspot est bloqué en RPC, l'AFP nous apprend que « L'anglais risque d'être détrôné sur la Toile » (Le Monde, 13/10/07) et que
« Les langues asiatiques sont en passe d'être plus utilisées que l'anglais sur Internet. Selon le site Internetworldstats.com, sur les 1,2 milliard de personnes qui utilisent Internet dans le monde, 31 % ont l'anglais comme première langue. Mais le chinois augmente sans cesse : 15,7 % des internautes sont sinophones, nombre qui a quintuplé en sept ans. L'Asie compte le plus grand nombre d'internautes (437 millions) avec un taux de pénétration de seulement 12 % de la population. Les 322 millions d'internautes européens et les 233 millions de Nord-Américains représentent respectivement des taux de pénétration de 40 % et 70 %. Par ailleurs, l'Internet Corporation for Assigned Names et Numbers (Icann), qui gère les adresses Internet mondiales, a annoncé, lundi 8 octobre, que les noms des sites Internet pourront désormais être rédigés dans onze alphabets non occidentaux. Ces adresses pourront être testées sur le site de l'Icann pour vérifier qu'elles fonctionnent. Sept ans auront été nécessaires à cet organisme pour appliquer sa propre décision de rendre les noms de domaines internationaux. »
D'autre part, on apprend que la Chine comptait plus de 172 millions d’utilisateurs d’internet en septembre 2007. Pour plus de détail, on pourra consulter les données du China Internet Network Information Center 中国互联网络信息中心 (ici en anglais ou en chinois).

Il ne faut pas être grand devin pour imaginer que cette inflation ne manquera pas d'avoir une influence sur la création littéraire chinoise. Du reste, ce phénomène est en gestation comme le note déjà Danwei (ici). J'ai déjà eu l'occasion de signaler que nous sommes attentifs à la part que va prendre l'internet dans le monde des lettres chinoises et dans l'espace créatif des auteurs chinois. Nombre d'entre eux possèdent et entretiennent régulièrement des blogs ; ceux-ci diffusent souvent des parties non négligeables de leur création, et les billets qu'ils livrent sont souvent riches en informations sur la genèse de leurs œuvres. On ne peut donc pas passer à côté de ce phénomène, alors préparez-vous à être sollicité pour collaborer à la mise en place d'un observatoire de la création littéraire chinoise sur internet, observatoire qui aura sa fenêtre sur le site de l'équipe. A vos souris. (P.K.)