Affichage des articles dont le libellé est Atlas. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Atlas. Afficher tous les articles

jeudi 10 juin 2010

Traduire la nuit

ATLAS (Assises de la Traduction Littéraire en Arles) organise chaque année au mois de novembre à Arles, les Assises de la traduction littéraire ; au mois de juin, l’association qui travaille à « promouvoir la littérature traduite comme activité créatrice et à défendre le statut du traducteur littéraire » convie les passionnés à se retrouver pour sa Journée de Printemps à Paris autour d'un thème spécifique. La session 2010 se déroulera le 12 juin et porte le titre : « Traduire la nuit ».

L'Institut Charles V (10, rue Charles V, Pars IVe. Métro Saint Paul ou Sully Morland) accueillera donc cette journée qui débutera par une conférence de Jean-Paul Manganaro qui sera suivie de l'ouverture de plusieurs ateliers de langues ; celui consacré au japonais sera tenu par Corinne Atlan et sera consacré à l’ « Ambiance nocturne chez Haruki Murakami 村上春樹 » dont elle a traduit le Kafka sur le rivage (Belfond, 2002).

Pour le programme complet de cette journée, veuillez télécharger le beau dépliant dont la page de garde est reproduite ci-dessus, à partir du site d'Atlas. (P.K.)

vendredi 14 mai 2010

La Fabrique des Traducteurs


Il y a peu nous vous avons signalé l'existence du blog du CITL. Voici, aujourd'hui, un message urgent en provenance de ce Collège international des traducteurs littéraires basé à Arles. Je vous le livre, tel quel, en insistant seulement sur l'intérêt qu'il peut présenter pour de jeunes traducteurs. Je vous remercie de lui assurer une publicité sans réserve.

❊

Selon toute vraisemblance, le Collège international des traducteurs littéraires (CITL), à Arles, accueillera à partir du 30 août prochain « La Fabrique des traducteurs ». Ce programme a pour objectif de donner à de jeunes traducteurs en début de carrière l’occasion de travailler avec d’autres traducteurs expérimentés et de mieux connaître le paysage de la traduction et de l’édition dans les deux pays.

Les enjeux

Face au recul de l’enseignement du français dans le monde, face au vieillissement du vivier des traducteurs et aux difficultés qu’ils ont à exercer leur métier, l’émergence d’une nouvelle génération qualifiée, familiarisée avec les réalités des métiers du livre et apte à jouer un rôle de passeur entre le français et la langue d’origine est une nécessité. La Fabrique des traducteurs vise à renouveler les générations de traducteurs étrangers traduisant du français vers leur langue), en s’appuyant sur un travail en tandem. Les jeunes traducteurs traduisant vers le français y trouveront un précieux dispositif de perfectionnement : une situation de bilinguisme idéal où chacun bénéficie de l’apport d’un locuteur naturel.

L’objectif est aussi de développer le réseau des traducteurs professionnels, en constituant un noyau de traducteurs d’une même génération, qui formeront à moyen terme un réseau international d’entraide et de compétences. Pour chaque session linguistique, trois jeunes traducteurs traduisant du français vers leur langue travailleront avec trois jeunes traducteurs traduisant dans l’autre sens.

A plus long terme, la visée est enfin de favoriser le repérage ou l’émergence de structures qui apportent un soutien au travail des traducteurs dans leur pays, et de nouer de nouveaux partenariats.

Principes de fonctionnement :

La Fabrique des traducteurs repose sur un triple tutorat :
  • Un axe « vertical », grâce à la présence conjointe de deux traducteurs expérimentés traduisant respectivement du français et vers le français. Ces tuteurs guideront le travail.
  • Un axe « horizontal », les jeunes traducteurs se choisissant mutuellement pour traduire en tandem.
Chaque traducteur bénéficie ainsi pour son travail en cours de la compétence d’un locuteur naturel, ce qui apporte un enrichissement mutuel décisif.
  • L’inscription dans un réseau : Dix semaines du travail sur projets, où le travail en tandem alterne avec des séances plénières.
  • Des rencontres avec des professionnels du livre (éditeurs, directeurs de collection, responsable de droits étrangers, association de traducteurs, responsables) de revues ou opérateurs institutionnels ...
Public concerné :

Les langues concernées pour 2010 seront successivement le russe (du 30 août au 7 novembre 2010), le chinois (du 4 novembre 2010 au 12 janvier 2011). Suivront en 2011 l’arabe, l’italien, l’espagnol et le portugais. Le programme s’adresse à de jeunes traducteurs en début de carrière. Les candidats à ce programme seront porteurs d’un projet personnel de traduction. C’est sur ce projet et sur des critères d’excellence qu’ils seront choisis.

Conditions d’éligibilité :
  • être âgé de 35 ans maximum
  • être entièrement disponible du 30 août au 7 novembre 2010 pour la session "russe" et du 4 novembre 2010 au 12 janvier 2011 pour la session "chinoise"
  • justifier d’un projet de traduction autour du domaine linguistique défini
  • justifier d’une traduction publiée de la même langue : 1 ouvrage ou 2 textes en revue ;
  • ne pas avoir bénéficié d’une aide du CNL depuis au moins 2 ans.
Date limite de dépôt des dossiers :
  • 31 mai (langues : RUSSE et CHINOIS)
Déroulement du séjour :
  • Chaque session prévoit la venue de deux traducteurs expérimentés différents dans chaque sens, chacun venant 3 à 4 semaines. Le temps restant sera mis à profit pour le programme de rencontres professionnelles et la préparation de la présentation publique.
  • L’atelier se déroulera au Collège international des traducteurs littéraires (Arles). Le lieu offre à ses résidents la possibilité d’utiliser une bibliothèque spécialisée de 17 000 ouvrages. L’hébergement se fait soit sur place en studios individuels équipés d’une salle d’eau et d’un bureau, soit en appartement au centre ville d’Arles. Le Collège dispose enfin d’un équipement collectif permettant de prendre ses repas sur place (cuisine équipée, salon, salle à manger, terrasse).
  • Les textes traduits au cours des sessions feront l’objet d’une présentation publique de clôture. Cette présentation sera précédée d’un travail de mise en voix, encadré par un professionnel de la scène qui sera bilingue.
  • La publication d’une brochure diffusée à 300 exemplaires auprès des professionnels du livre et présentant les travaux réalisés donnera une visibilité au programme et à ses participants.
  • Les participants pourront assister aux événements littéraires organisés par le CITL (cycle de découverte la littérature française contemporaine, ...) et, pour les sessions russe et chinoise, participer au Assises de la traduction littéraire en Arles du 5 au 7 novembre 2010 (rencontres professionnelles ouvertes qui réunissent environ 250 participants et qui proposent des ateliers de traduction, lectures, conférences et tables rondes).
Renseignements et inscription :
  • Les dossiers de candidature sont à retirer auprès du Centre National du Livre (Hôtel d’Avejan. 53, rue de Verneuil. 75343 Paris cedex 07 Tél. : 01 49 54 68 68 / Fax : 01 45 49 10 21)
  • Les candidats retenus seront boursiers du CNL. Ils percevront un crédit de résidence d’un montant de 5 000 € pour un séjour de deux mois et demi
  • Le formulaire d’inscription sera téléchargeable sur le site http://www.centrenationaldulivre.fr
  • Les dossiers sont à retourner par fax ou par mail au Centre national du livre, à l’attention de : Valérie ICHOU. Bureau des Auteurs. 53 rue de Verneuil. 75343 PARIS CEDEX 07. Tél. 01 49 54 68 12. Mél. valerie.ichou@culture.fr
Financement
coproduction ATLAS-CITL - Culturesfrance - Centre National du Livre (CNL) -
Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) -
Région Provence Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA)
Le Collège international des traducteurs littéraires (CITL)
est géré par l’association ATLAS,
qui organise les Assises de la Traduction Littéraire en ArleS.
CITL - Espace Van Gogh, 13200 Arles - Tél. 04 90 52 05 50 Fax 04 90 93 43 21
www.atlas-citl.org

samedi 8 mai 2010

Le Blog du CITL

Installé sur Blogger depuis peu, le Blog du Collège International des Traducteurs Littéraires à publier le premier de ses 10 billets le 18/03/10. Depuis cette date inaugurale, il nous tient au courant des activités du CITL dont « la mission première est d'accueillir en résidence des traducteurs professionnels venus du monde entier. Le CITL développe aussi des relations "binationales" avec certains pays sous forme de séminaires de formation continue entre jeunes traducteurs et traducteurs chevronnés. Le Collège est également l'initiateur, dans la ville d'Arles et dans sa région, de nombreuses animations culturelles, colloques ou tables rondes ».


Le billet du 21 avril retiendra également toute votre attention. Il revient sur l’attribution du Prix Amédée Pichot de la Ville d’Arles qui « décerné chaque année depuis 1996 au moment des Assises de la Traduction Littéraire (...) récompense la traduction en français d'un ouvrage contemporain de fiction étranger ». En 2009, ce prix a été attribué à Brigitte Guilbaud pour sa traduction d’un livre de Yan Lianke paru aux Editions Philippe Picquier (Arles) sous le titre Les jours, les mois, les années (2009, 128 p.).

Il se peut que les liens fournis dans la colonne de droite augmentent en nombre : s’y trouvent déjà ceux qui conduisent au site de l’Association des Traducteurs Littéraires de France et bien sûr à celui du CITL.

Ces liens et celui vers ce blog à qui nous souhaitons longue et vie et beaucoup de lecteurs, se trouvent déjà inscrits dans la rubrique « Traduction » de notre espace Netvibes. Vous ne pouvez donc plus perdre le contact avec ceux qui travaillent à la valorisation de la traduction dans notre pays. (P.K.)

lundi 9 novembre 2009

Li Yu en Arles

Lors de la troisième et dernière journée des 26e Assises de la traduction littéraire en Arles dont le thème était « Traduire Eros » (6-8 novembre 2009), une quinzaine de participantes et ... deux participants avaient choisi mon atelier plutôt que celui de l’anglais, de l’espagnol, de l’hébreu, de l’italien et du latin. C’est, j’en suis conscient, plus le chinois que ma personne qui a valu à cet atelier matinal (9h-10h30) de retenir une assistance aussi remarquablement fournie -- du reste, au regard des questions posées, c’est plus la langue que la littérature qu’elle a produit, qui fascine et interroge.

Le texte mis sous les projecteurs de cette réunion de virtuoses du passage d’une langue à l’autre et de cette confrérie éphémère de curieux de la transmutation en français de ce qui s’est écrit en chinois, était le court passage [voir ci-dessous] du Rouputuan 肉蒲團 (Chair, tapis de prière) de Li Yu 李漁 (1611-1680) que je signalais à la fin d'un précédent billet ; un texte volontairement court, mais encore trop long pour être envisagé dans sa totalité dans ce cadre d’interrogation plurielle, surtout par des non-sinisants. Le peu de temps disponible restant une fois passé les prolégomènes indispensables à l’installation progressive des stagiaires n’a finalement permis que d’aborder un nombre réduit des problèmes que pose au traducteur cette prose vernaculaire du XVIIe siècle finement tissée par un maître de la narration qui n’oublie pas la théâtralité des situations imaginées, problèmes pas tous liés, il est vrai, au cas particulier qu’offre le caractère clairement érotique de l'œuvre en question : j’y reviendrai ici-même en détail dans une version allongée de ce qui constituera un jour un compte-rendu pour paraître en 2010 dans le volume des Actes des vingt-sixième assises de la traduction littéraires (Arles, 2009), chez Actes-Sud. Mais pour en dire deux mots, il fut question de l’inévitable problème que posent les noms propres que l’on peut, ou pas, envisager de traduire, les termes propres à une œuvre érotique dans la description du commerce des sexes (avec ici un benqian 本錢 (capital) qui a disparu des deux traductions existantes), le traitement à réserver à une allusion littéraire (ici, une formule de Maître Kong et de ses Entretiens [Lunyu 論語, XI.15] plaisamment détournée de son contexte d'origine, dont on ne trouve pas plus trace chez Klossowski et que chez Corniot), la traduction littérale ou pas des images (comme celle du bateau échoué qu’une vague printanière soulève et transporte pour l’arrivée salutaire des fluides ouvrant à l’amant des espaces qui lui étaient encore impénétrables un moment plus tôt), le rendu des dialogues sous une forme très directe impliquant qu'on « se mette à la place des personnages » tout comme le préconise l'auteur : il fut naturellement question, mais sans doute pas assez, de la tournure très « théâtrale » de la l'écriture romanesque de Li Yu pour cette « comédie silencieuse » aussi sensuelle que pédagogique. A chaque fois nous avons ouvert des pistes, sans - et je le regrette, mais était-ce possible en si peu de temps ? - apporter de solution.... Mais n’a-t-on pas déjà fait un grand pas dans la bonne direction en identifiant les différentes difficultés que pose au traducteur ce texte ?

Une double constatation s’est néanmoins imposée (à moi au moins) à l’issue de ce rapide survol : 1. Rouputuan est un texte qui mérite la plus grande attention et un chef-d’œuvre qui attend toujours une équitable traduction dans notre langue ; 2. Li Yu est un auteur qu'il faut (et là je m'enhardis à paraphraser Victor Hugo*) « traduire réellement, le traduire avec confiance, le traduire en s’abandonnant à lui, le traduire avec la simplicité honnête et fière de l’enthousiasme, ne rien éluder, ne rien omettre, ne rien amortir, ne rien cacher, ne pas lui mettre de voile là où il est nu, ne pas lui mentir dessous, le traduire sans recourir à la périphrase, cette restriction mentale, le traduire sans complaisance puriste pour la France ou puritaine pour la Chine, dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, le traduire comme on témoigne, ne point le trahir, l’introduire à Paris de plain-pied, ne pas prendre de précautions insolentes pour ce génie, proposer à la moyenne des intelligences, qui à la prétention de s’appeler goût, l’acceptation de ce géant, le voilà ! En voulez-vous ? Ne pas crier gare, ne pas être honteux du grand homme, l’avouer, l’afficher, le proclamer, le promulguer, être sa chair et ses os, prendre son empreinte, mouler sa forme, penser sa pensée, parler sa parole, répercuter Li Yu du chinois en français, quelle entreprise ! »


Pour ceux qui n’auraient jamais croisé ce passage inspiré que le grand Victor avait donné en préface à une traduction réalisée par son fils François-Victor en mai 1864, et qui voudrait le rétablir dans sa formulation initiale, il faut remplacer Li Yu par « Shakespeare », Chine par « Angleterre », chinois par « anglais ».

Je ne sais si Li Yu est « à la hauteur » de celui dont Hugo écrivait qu’il est « un des poètes qui se défendent le plus contre le traducteur », mais la fugace fréquentation de traducteurs en Arles aura au moins eu, sur moi, l'effet bénéfique de réactiver mon envie de me frotter avec sa si stimulante production romanesque. Qui sait ce qu'il adviendra de ce nouvel engouement pour la traduction en veilleuse depuis 2005 ? (P.K.)

* J’ai trouvé ce passage pages 41-42 du n° 31 de la revue semestrielle éditée par ATLAS TransLittérature (été 2006) qui s’ouvre sur un entretien de la série « Traducteurs au travail » avec André Lévy (pp. 3-11). J’en profite pour remercier Nathalie Campodonico pour me l'avoir offert et surtout pour la chaleur de son accueil en Arles et Hélène Henry-Safier d'avoir insisté pour que j'accepte de participer à cette session d'Atlas qui a rempli, je n'en doute pas, une part non négligeable des attentes qu'elle avait suscitées.