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lundi 23 avril 2012

Message du blogmaster


Voici un billet à l’attention de ceux qui s’inquiètent de la survie de ce blog, rédigé (à la va-vite) par celui qui le tient si lâchement depuis déjà de longs mois.
 Qu'ils se rassurent ; son sort n'est pas encore scellé.... deux miscellanées, proposées par Thomas Pogu, attendent (depuis un bon moment déjà, j'en conviens) une éclaircie dans un agenda un peu chargé — les « vacances » qui commencent pourraient bien l’offrir, encore que rien ne permette d’être plus affirmatif.

En effet, le blogmaster se trouve pris entre plusieurs feux nourris :
  • l’un provient d'un flot de copies mais aussi des étudiants qui ont eu la témérité de le prendre pour directeur et qui attendent patiemment qu’il leur accorde un peu d’attention, pour lire et corriger leurs travaux (traductions, mémoires, bouts de thèses, etc.). Qu’ils se rassurent, leur attente sera de courte durée — ce sont eux qui viennent en premier dans ses préoccupations, et se placent en tête de liste à l’heure de faire une planning serré ;
  • un autre feu, bien plus intense et dévastateur, vient de l’implication du même dans les multiples activités de l’axe [ou programme] de recherche auquel il contribue : il n’a pas oublié que la publication avant la fin de l’année 2012 d’un troisième numéro de la revue Impressions d’Extrême-Orient repose lourdement sur ses épaules : les textes de ce volume qui apportera son point d’orgue à une étape des activités de feue la JE (« jeune équipe ») Leo2t, par la diffusion des communications données lors d’anciens colloques, sont déjà réunis ; il ne reste plus qu’à faire passer la vingtaine de contributions savantes au moule de Lodel, comprendre les préparer et les installer dans le format de Revues.org — ce qui n’est pas toujours (pour ne pas dire jamais), source de plaisir. Il sait aussi que le numéro suivant de la revue en ligne lui demandera pas mon d'énergie : ce volume d’hommage à Jacques Dars, il y tient et se réjouit qu’il commence à prendre forme, grâce à l’aide de ceux qui, ici et là, nourrissent, comme lui, une admiration sans borne pour l’inspirateur de ce mélange dont la deadline est repoussée au 30 juin ;
  • il espère aussi avoir, et le temps, et l’énergie, d’alimenter un nouveau espace virtuel né en grand secret : un nouveau blog, ou plutôt un « carnet de recherches » qui, sur la prestigieuse plateforme hypothèses.org, devrait remplacer, avantageusement, ses fenêtres personnelles sur le web : et là, il y a urgence — l’hébergeur d’un site encore en travaux va fermer boutique dans quelques semaines.
Mais ceci n’est rien à côté des brasiers qu’il va falloir nourrir sans discontinuer jusqu’à épuisement de la réserve de bois. Les voici dans l’ordre (encore mouvant) des priorités :
  • une traduction à achever et à présenter. C’est celle du Yangzhou shiriji 揚州十日記, « Les Dix jours de Yangzhou ». Certes le texte ne présente pas de difficultés majeures et est plutôt bref, mais ce récit par un de ses survivants du massacre de la population de Yangzhou à la fin des Ming, du 20 au 29 mai 1645, mérite la même attention que n’importe quelle œuvre majeure — sa langue frustre et son récit parfois décousu touchent plus que bien des œuvres plus élégantes à la langue fleurie et bourrée d’allusion des lettrés d’antan. La publication de ce récit à la première personne du milieu du XVIIe s. devrait voir le jour à l’automne, ou peu après ; peu importe la date puisque une traduction française datant de 1905 en est facilement accessible en ligne ici grâce à l'infatigable, et toujours bien inspiré, Pierre Palpant.
  • Quand ce premier ensemble sera bouclé — en juin — , c’est une vingtaine de poèmes de Li Yu 李漁 (1611-1680), joliment illustrés par deux peintres japonais fameux — Yosa Buson 与謝 蕪村 (1716-1783) et Ike no Taiga  池大雅 (1723-1776) — qui devrait apporter un peu de fraîcheur au traducteur après les horreurs du massacre.
  • Ceci fait, je pourrai, enfin !, revenir à ce qui m’a, depuis quelques semaines, détourné de tout, hormis la poursuite de notre projet d’inventaire [ITLEO] dont c'est une excroissance : il s’agit d’une anthologie sur trois siècles de textes critiques — introductions, préfaces, etc. —, qui accompagnent les traductions françaises de romans et de pièces de théâtre chinois d'avant 1911. Le travail a avancé plus vite qu’escompté, et ce sont déjà 60 textes écrits entre 1715 et 1912 qui sont quasiment saisis et prêts à être analysés : leur lecture offre déjà d’intéressantes perspectives sur les traduction réalisées aux XVIIIe et XIXe siècles d’une cinquantaine d’œuvres chinoises anciennes. La poursuite de la collecte avec une traversée du XXe s. siècle et le début du nôtre devrait apporter de nouveaux éléments de réflexion. Evidemment, cela sent clairement la HDR qu’il faudra bien inscrire dans ce catalogue d’épreuves à surmonter dans un proche avenir. 
  • Mais, j’allai oublier que je devais aussi préparer pour le 1er septembre (!) mon intervention à l’« International Conference on Chinese Classics in Global Context » [中國古代文化經典在海外的傳播及影響研究 — 以二十世紀為中心] organisé par le National Research Centre of Overseas Sinology [Beijing Foreign Studies University [北京外國語大學中國海外漢學研究中心]) qui se tiendra à Beijing, les 7, 8 et 9 décembre prochains. J’y présenterai notre projet ITLEO et ce qu’il peut apporter à la connaissance de la diffusion des œuvres classiques chinoises dans notre pays.
Je crois n’avoir rien oublié d’essentiel, sinon d’implorer l’indulgence de ceux qui attendent de voir ce blog reprendre un rythme de publication plus soutenu et plus régulier, et aussi plus diversifié. Toutes les suggestions et contributions seront accueillies avec enthousiasme. Il n'en reste pas moins que le suivi de l'actualité des littératures d'Extrême-Orient reste assuré quotidiennement sur notre fil Twitter, @JELEO2T qui compte plus de 80 abonnés. (P.K.)

vendredi 18 novembre 2011

Anniversaire


L’anniversaire que je tiens à fêter avec vous aujourd’hui est celui de notre blog qui vient, en ce 18 novembre 2011, d’avoir 5 ans.  Ce billet est le 452ème ; vous avez été - et je vous en remercie chaleureusement - plus de 100 000 à nous visiter volontairement ou seulement conduit ici selon le bon vouloir des moteurs de recherche. Je souhaite que l’aventure continue et remercie ceux qui, au fil des mois, ont contribué à l’enrichir et ceux qui le feront à l’avenir. Si vous êtes un habitué vous avez découvert voici quelques jours une nouvelle interface qui corrige une partie des désagréments rencontrés par certains d’entre vous avec la précédente (NB : préférer les dernières versions de Firefox qui la restituent sans dommage).

Cette année a été, et de loin, moins généreuse que les précédentes, faisant tomber la moyenne annuelle de publication à moins de 100 billets. C’est que 2011 est pour notre équipe une année de transition au terme de laquelle « Littérature d’Extrême-Orient, textes et traduction » deviendra un axe de recherche de l’Institut de Recherche sur l’Asie, - baptisé IrAsia -- la fusion de Leo2t et de l’IRSEA, va naître le 1 janvier 2012.

Les projets anciens et en cours seront naturellement poursuivis. En plus des Etudes Gao Xingjian et de l’élaboration d’un Inventaire des traductions françaises des littératures d’Extrême-Orient (ITLEO), nous nous attacherons à faire vivre notre revue en ligne Impressions d’Extrême-Orient dont le deuxième numéro est en cours de publication sur le portail d’édition Revues.org. Voici un avant-goût de son contenu qui proposera 13 des 19 communications données lors du Colloque « Littératures d’Asie : traduction et réception » que nous avions tenu à Aix-en-Provence, les 13 et 14 mars 2009 :
Solange Cruveillé, « La traduction et les études sur le Taiping guangji (Vaste recueil de l'ère de la Grande Paix, Xe siècle) en Occident ».
Philippe Postel, « A propos des traductions de Haoqiu zhuan »
Chou Tan-Ying, « L'éventail aux fleurs de pêcher comme métaphore de la vie : réflexions sur la traduction des références intertextuelles dans Rose rouge et rose blanche d'Eileen Chang ».
Paolo Magagnin, « La traduction et la lettre, ou le ryokan du lointain : vers une pratique de la différence dans la traduction des langues orientales ? »
Nicoletta Pesaro, « Feishiyi de ci 非诗意的词, la parole « peu poétique » : réflexions sur la traduction de Mu Dan, 1918-1977 »
Noël Dutrait, « Les traductions du théâtre de Gao Xingjian par lui-même »
Patrick Doan, « Les difficultés de la traduction des séries télévisées chinoises »
Elizabeth Naudou, « Traduire la poésie sanskrite : le cas de la Bhagavad-gītā »
Françoise Robin, « Ceci n'est pas un paquebot. Interprétations et lectures du poème de Jangbu, Ce paquebot peut-il nous mener sur l'autre rive ? »
Julie Kim-de Crescenzo, « Traduire la nuance dans le texte littéraire coréen ».
Le Min Sook, « La traduction des titres de romans coréens : le cas de Kim Dong-ri (1913-1995) ».
Han Yumi, Hervé Péjaudier, « L’ « autre » texte : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre »

Nguyễn Phương Ngọc,  « Dragons et phénix, ou comment traduire les expressions exotiques du  vietnamien »
Bientôt sera lancé un appel à contribution pour le numéro 3 ; ce sera un hommage à Jacques Dars que nous tenons à honorer par un choix de traductions inédites.
Pour ce qui est du suivi quotidien des activités en rapport avec les littératures d’Asie et la traduction, je vous renvoie non seulement vers notre univers Netvibes où s’inscrivent toutes nos publications virtuelles, mais aussi vers notre compte Twitter - JELEO2T ; je vous encourage à en créer un personnel qui vous permettra non seulement de prendre connaissance de nos publications sur ce support très dynamique, mais aussi de celles, nombreuses et variées, des passionnés et spécialistes de l’Extrême-Orient que nous suivons. 
L’annonce du cinquième anniversaire de ce blog constituera le 1000ème twitt de notre histoire. A très bientôt, donc, ici ou ailleurs sur la toile. 

jeudi 29 septembre 2011

Bug automnal


Si vous visitez notre blog avec Internet Explorer, vous devez rencontrer des difficultés pour visionner l’ensemble des rubriques de cette page. La cause de ce désagrément (que je souhaite momentané) m’est inconnue. Pour y remédier, je vous invite à utiliser un autre navigateur avec lequel vous pourrez profiter à plein des informations, liens et billets que nous avons réunis pour vous : Firefox, Safari, Chrome ...

Vous pouvez également découvrir notre compte Twitter qui s’attache à répercuter aussi rapidement que fidèlement les informations sur les sujets de prédilection de notre équipe de recherche : http://twitter.com/#!/JELEO2T. Pour en profiter à plein, je vous invite à créer votre propre compte et à vous abonner au nôtre ; vous êtes 57 à l’avoir déjà fait.

N’oubliez pas non plus notre univers Netvibes - http://www.netvibes.com/leo2t - qui est une plateforme en perpétuelle évolution et qui vous conduira vers des sites en rapport avec les littératures d’Extrême-Orient. Son premier onglet [LEO2T] offre un accès direct à toutes nos fenêtres sur l’internet, notamment celle de notre revue en ligne - Impressions d’Extrême-Orient - dont le numéro 2 est dans les tuyaux ; il proposera 12 des communications données lors de notre colloque des 13 et 14 mars 2009, « Littératures d’Asie : traduction et réception ». Vous serez les premiers avertis de sa publication en ligne sur la plateforme Revues.org.

Bonne navigation à tous et méfiez-vous des petits chong 蟲 automnaux.

samedi 9 avril 2011

10 fois 10 000

100 000, c’est le nombre de visites reçues par ce blog depuis sa création le 18 novembre 2006 à 2 h. 18.

100 000 visites, soit un peu plus d’une soixantaine de visites quotidiennes pendant un peu plus de 1600 jours jusqu’à ce 9 avril 2011, vers 9 h. 08. C’est ce qu’a indiqué le compteur fixé depuis maintenant plus de quatre ans en bas de la colonne de gauche de cette page.

Je ne suis pas en mesure de dire qui fut le 100 000ème visiteur, mais, peut-être, n’est-il pas Français -- pourtant l’écrasante majorité des visites se fait depuis la France, loin devant les Etats-Unis, la Belgique et le Canada ; le Japon n’arrive qu’en 7ème position derrière l’Allemagne, puis la Suisse, mais juste devant la Chine ! : serait-ce un citoyen britannique, ou du Maroc ? Ce pourrait aussi bien être un habitant de Hong-Kong, ou de Taiwan, où nous sommes également lus.

Dans tous les cas, merci à toutes et à tous pour votre curiosité et votre intérêt pour les littératures d’Extrême-Orient, et, ..... pour un plus petit nombre d’entre vous, merci pour votre fidélité et votre amicale attention, et .... pour un nombre encore plus restreint, vos chaleureux encouragements à continuer à tenir la barre de ce frêle esquif.

Merci encore à ceux qui, membres de l’équipe, professeurs et étudiants, m’ont aidé à publier les 425 billets qui ont précédé celui-ci, et à ceux qui ont osé les commenter.

Un amical bonjour, enfin, à vous tous lecteurs, contradicteurs, curieux et passionnés.... que l’illustration de ce billet soit une invitation à la rêverie et à revenir bientôt lire de plus consistants développements sur les littératures d’Extrême-Orient et ceux, auteurs et traducteurs, éditeurs et lecteurs, qui les font vivre.

jeudi 9 juillet 2009

Keul Madang

L'été : saison des cerises, saison des sites surprises : la série entamée par l'apparition sur la toile de Cerise Press se poursuit avec l'arrivée d'un site sans équivalent connu de moi entièrement consacré dans notre langue à la Corée, sa culture et surtout sa riche littérature. Tout à la fois, site web, blog, revue en ligne, Keul Madang, Littératures et cultures de Corée « se propose de montrer les multiples facettes de la culture coréenne, culture entendue ici au sens large : arts, modes de vies, croyances, mythes, religions, relations sociales... »

Keul Madang est le fruit d'un travail collectif conduit par nos collègues de la section coréenne du Département d'Etudes Asiatiques de notre université, Jean-Claude de Crescenzo et Hye-Gyeong Kim, par ailleurs membres de notre équipe, qui jusqu'à présent nous avaient fait partager leur passion sur ce blog. Ils ont réuni autour d'eux une poignée de spécialistes - enseignants, traducteurs - et d'étudiantes aussi passionnées que leurs mentors, pour créer ce nouvel espace d'information, de réflexion et d'analyse qui arrive à un moment crucial dans la découverte par nos compatriotes de la Corée. Nous ne doutons pas qu'il saura tenir le rôle de guide dont nous avons tous besoin pour prendre toute la mesure de ce que ce pays attirant peut nous apporter dans notre connaissance de l'Extrême-Orient. Pour l'heure, on peut lire, ou relire, quelques critiques d'œuvres traduites dans notre langue, se familiariser avec quelques uns de ses plus fameux créateurs, écrivains et réalisateurs... Mais je n'en dis pas plus, allez vite voir par vous même, vous ne serez pas déçu.

Ah ! Oui, j'oubliais : « Keul (글) veut dire écrit/texte et Madang (마당), la cour de la maison (traditionnelle) ». M'est avis que nous ne nous priverons pas de visiter souvent cette bâtisse sortie du néant dans la chaleur d'un été torride. (P.K.)

lundi 29 juin 2009

50 000 visites, et moi, et moi

Au cours d'une année universitaire dont le second semestre fut, pour le moins, aussi éprouvant que perturbé, notre blog a tenté de vous faire partager les moments forts de la vie de notre équipe et, chemin faisant, s'est penché sur la riche actualité qui entoure les sujets qui nous passionnent.

Mais malgré la volonté qui m'a animé pendant ces douze derniers mois
, c'est une centaine de billets à peine qui a été mise en ligne ---- alors qu'il en aurait fallu le double ou le triple pour rendre compte de la vitalité des littératures d'Extrême-Orient sur leur terre d'origine et dans l'espace francophone ! Quoi qu'il en soit, cette piètre performance reste, vues les circonstances, assez honorable et je suis heureux de vous signaler qu'un moment symbolique dans la vie de ce blog vient, tout juste, d'être franchi. Cela s'est passé le dimanche 28 juin, vers 17 h. : le compteur de visites qui l'accompagne depuis presque sa naissance vient de dépasser le chiffre des 50 000 visites !

Je tiens donc à remercier tous ceux qui sont venus à un moment ou un autre, ou plus régulièrement, flâner sur ce blog pour y lire, ou simplement parcourir, les quelque 300 billets publiés depuis son ouverture le 18 novembre 2006. Un grand merci aussi à tous ceux, encore trop peu nombreux, qui ont laissé une trace de leur passage en composant un commentaire ; merci, enfin, à ceux qui, membres de l'équipe ou collaborateurs occasionnels, ont apporté leur contribution à l'enrichissement de cette tribune sur les littératures d'Extrême-Orient.

Ce présent billet ne sera pas le dernier de l'été, mais, le rythme de publication sera, cette année comme la précédente, inversement proportionnel à l'augmentation des températures. Mais, rassurez-vous, s'il montre des signes d'assoupissement, ce n'est que pour mieux repartir en septembre avec une nouvelle année studieuse qui débutera par un colloque international (« Le roman en Asie et ses traductions », 15 et 16 octobre) organisé par notre équipe pendant la Fête du Livre d'Aix-en-Provence (15-18 octobre).

❖

Mais, en attendant ce grand rendez-vous, les prescriptions de lectures estivales traditionnelles, et, qui sait, quelques critiques de livres promises de longue date, voici un texte que signa en 1880, Camille Imbault-Huart (1857-1897), pionnier de la traduction de Pu Songling 蒲松齡 (1640-1715) en français et découvreur, entre autres, de l'œuvre de Yuan Mei 袁枚 (1716-1798), pour introduire une série baptisées « Miscellanées chinois » :

Nous avons le dessein de publier, sous le titre de Miscellanées chinois, toute une série de morceaux variés, extraits des auteurs chinois et traduits pour la première fois en français, ou, disons mieux, en une langue européenne. Nous puiserons tour à tour dans la haute littérature comme dans la littérature populaire, dans l'histoire, la morale, la philosophie, la biographie, la bibliographie, les contes, les nouvelles, les pièces de théâtre, la poésie, les journaux : bref, nous passerons à chaque instant du grave au plaisant, de l'utile à l'agréable. Ce sera, pour ainsi dire, que l'on nous pardonne l'expression, la littérature chinois débitée en détail. Mais nous ne nous arrêterons pas là : notre hôtellerie étant ouverte à tous les voyageurs, quels qu'ils soient, y trouveront bon accueil et bon gîte. A ces traductions, nous joindrons des articles sur toutes sortes de sujets, variés au possible, sur les mœurs et les usages, sur l'histoire contemporaine ou ancienne, sur le gouvernement, sur l'état actuel ou passé de l'empire chinois ; en un mot, des articles écrits en Chine mêle currente calamo, sans prétention littéraire aucune ni partialité, uniquement pour faire connaître mieux, et sous des aspects nouveaux, cet immense colosse asiatique et la population étrange qui l'habite. Heureux si, au moins en partie, nous pouvons y réussir. [Journal Asiatique. Août-septembre 1880, p. 270]

Voilà qui s'apparente par bien des aspects à ce que nous tentons de faire ici et dans les publications que nous mettrons finalement en ligne à la rentrée. Bonnes vacances à toutes et tous. (P.K.)

vendredi 10 avril 2009

De blog en blog (05)

Vous le savez déjà depuis le 11 février dernier, grâce à un billet intitulé « Les habits neufs de Leo2T », le site de notre équipe a revêtu ses nouveaux atours. Depuis peu, ils sont visibles dès la page d'accueil de notre université, savoir dans le bandeau défilant appelé « Fenêtres sur l'UP » qui permet de prendre la mesure de la richesse des sites et des blogs des diverses formations et équipes de recherche de l'Université de Provence, et, par la même occasion, d'accéder d'un seul clic de souris à ces nombreuses dépendances. Nous y apparaissons de la manière reproduite ci-dessus, en tête de liste, à la sixième position.

Pour nous le changement avait été motivé par la mise en conformité de notre image avec la nouvelle physionomie et le nouveau nom de notre équipe anciennement « Littérature chinoise et traduction » (les nostalgiques peuvent encore se rafraîchir la mémoire avec une vue de notre ancien bandeau). Malheureusement, ces modifications n'ont pas encore produit d'effets notables sur le contenu de notre site : nous allons devoir y travailler d'arrache-pied.


Pour ce qui est du site du Service Commun de la Documentation – Bibliothèques de l'Université, les modifications apportées ne sont pas que de façade. Si elle affirme d'emblée l'appartenance de ce site à la famille des sites de l'Université de Provence, la nouvelle interface facilite grandement l'utilisation à distance de cet outil indispensable autant à l'étudiant, qu'à l'enseignant et au chercheur. La qualité du travail réalisé par les équipes qui ont œuvré sur cette refonte est particulièrement remarquable, vous en rendrez compte très rapidement. De plus, un accès direct au catalogue figure sur la page d'accueil ; un lien permet aussi de s'abonner à une lettre d'information dont les numéros déjà parus sont tous téléchargeables : je vous recommande le bulletin n° 5 dans lequel Jean-Luc Bidaux propose un « Retour sur … Gao Xingjian à la BU d'Aix (2 et 3 avril 2008) ». Autre nouveauté notable, une fenêtre de la colonne de gauche fait défiler les dernières actualités.

L'une d'entre elles mérite toute notre attention car elle concerne la création d'un blog, Blog'UP, dont la vocation est affirmé dans son premier billet publié daté du 3 avril 2009 :
« Ce blog, nous l’espérons, vous permettra d’être plus au courant de ce qui se passe dans nos bibliothèques. Nous voulons construire avec vous un outil réactif, convivial et participatif (puisque nous vous invitons à nous laisser des commentaires !), un outil qui mette en valeur le travail que nous faisons et qui, surtout, vous aide à gagner un temps précieux dans vos recherches. »
Souhaitons le meilleur à cette excellente initiative dont on sait quelle est coûteuse en temps et en énergie. Merci donc à ceux qui sacrifient de leur temps pour nous en faire gagner.


« Faire gagner du temps » à autrui n'est déjà pas une opération très simple, « rattraper le temps perdu » en est une encore plus périlleuse. C'est pourtant ce fol espoir qui m'a poussé à créer les deux blogs dont il va être question maintenant.

Les circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous nous trouvons depuis une dizaine de semaines s'avèrent, in fine, un excellent stimulant pour concrétiser un projet en gestation : je tiens, de ce point de vue, à remercier les services du Pôle TICE et notamment Mlle Lucie Fayolle pour leur implication, leur disponibilité et leur savoir faire. Or donc, voici deux blogs qui vont remplacer, un peu dans l'urgence, mon ancien site internet que je ne suis plus en mesure d'entretenir pour des raisons techniques ; ils vont également me permettre de mieux séparer les deux pans de mon activité, celle de chercheur d'une part, avec un site personnel qui devra s'adapter d'ici le début du mois de juillet à de nouvelles données techniques, et d'autre part, celle d'enseignant du Département d'Etudes Asiatiques d'UP.

C'est ainsi que le premier blog, « Pik UP Licence » (y accéder en cliquant sur le bandeau ci-dessus), s'adresse principalement aux étudiants de niveau licence ainsi qu'à ceux, de plus en plus nombreux, qui s'inscrivent au Diplôme universitaire de chinois, et traitera en priorité des cours de culture chinoise ancienne (histoire, littérature ancienne, système des examens) de première et deuxième années, alors que le second blog, « Pik UP Master » (y accéder en cliquant sur le bandeau ci-dessous), est entièrement dédié aux étudiants de niveau Master : ce versant sera sans doute encore plus propice que le précédent à accueillir des contributions autres que les miennes. Je compte, en effet, sur l'implication de ces apprentis chercheurs qui pourront y présenter les résumés des mémoires qu'ils préparent dans le cadre de ce diplôme, voire plus, s'ils en ont la volonté.

Inévitablement, les billets qu'on y trouvera intègreront des renvois vers mes contributions au blog de l'équipe qui, vous l'avez sans doute noté, s'est considérablement étoffé ces derniers temps avec pas moins de 20 billets pour le seul mois de mars - un grand merci à ceux qui ont ainsi permis de dépasser de deux billets le précédent record des 18 billets du mois de novembre 2007 -, ce qui porte à 275 le nombre de billets publiés depuis son ouverture en novembre 2006, et à quelque 44000 le nombre de visites reçues, la plupart de France ou de pays francophones, mais aussi, dans une proportion de plus en plus grande, des lointaines contrées (Chine, Taiwan, Japon, Vietnam, Corée, Thaïlande, Inde) de cet Asie qui nous réunit.


Avant conclure cette revue des nouveautés printanières, je voudrais vous signaler deux adresses à ne pas négliger tant elles remplissent bien la fonction principale qu'on attend d'un blog de cette nature. Il s'agit d'Electrodoc et des Actualités scientifiques du CECMC.

L'année dernière, je vous avais déjà signalé l'existence d'Electrodoc, blog de l'EHESS tenu par Jacqueline Nivard. Toujours aussi prompt à rendre compte de l'activité de la recherche sinologique, ce blog vient de changer de présentation et a fait évoluer la deuxième partie de son intitulé en « Chine-Occident : veille documentaire ». On le retrouve avec un grand plaisir sous le bandeau ci-dessous.

Un menu copieux vous y attend. Voyez plutôt à titre d'exemple : l'annonce du 24 mars 2009 d'une conférence de Viviane Alleton, directrice d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, sur « L'apparition des idéogrammes », conférence donnée à la Cité de Sciences, le 28 janvier 2009 ; le 3 mars 2009, était annoncé la mise en ligne de plusieurs articles de chercheurs du CECMC sur le site de l’AFEC (Association française d’études chinoises) ; le 24 mars, on apprenait que « La revue Études Mongoles fondée en 1970 par Roberte Hamayon, [était] maintenant disponible sur la base de données Revues.org. » ; le 21 février, on lisait que « Dans le but d’élargir son audience, l’Association of Asian Studies propose le téléchargement gratuit de certains articles de sa revue Journal of Asian Studies sur le site de Cambridge Journals » ; le 29 décembre 2008, on était averti que « Le Centre pour l’édition électronique ouverte va accompagner la mise en ligne de vingt-deux nouvelles revues acceptées par le comité de rédaction depuis la rentrée. Parmi les nouvelles revues, il y a Extrême-Orient Extrême-Occident. Perpectives chinoises et sa version en anglais China perspectives étaient déjà présentes sur le portail. », ... Est-il besoin d'en rajouter pour vous prouver qu'on ne peut se passer d'Electrodoc et qu'il est impératif de s'abonner sans tarder à ses fils RSS.

Le même jugement pourrait être porté sur l'autre blog tenu par Jacqueline Nivard - Actualités scientifiques du CECMC - mais cette fois, je vous laisse tout loisir de le parcourir vous-même après vous avoir dit que CECMC veut dire Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine. Le CECMC a aussi sa page d'actualités et, bien entendu, son site, site dont la responsable n'est autre que Jacqueline Nivard !

Je suis d'autant plus heureux d'insister sur ce point qui n'est pas un détail, que j'ai pour cette webmistress infatigable une très grande reconnaissance pour m'avoir prodigué des encouragements pour ce blog qui, de plus, se trouve en bonne place dans les liens permanents d'Electrodoc, mais aussi une indéfectible admiration pour une des premières à s'être intéressée à l'internet en Chine, et avoir senti l'importance que cet outil prendrait pour la recherche sinologique. Il n'est que de relire son « Chine et internet. Comment constituer une bibliographie ? » paru dans la Revue bibliographique de sinologie en 2002 (pp. 21-42) qui avait été précédé dans le volume de l'année 1997 de la même défunte revue dont l'absence se fait, me semble-t-il terriblement sentir, d'un non moins pertinent « Chine sur Internet. L'apport de l'Internet Guide for China Studies » (pp. 29-33).

On peut aussi relire aujourd'hui avec attention et admiration l'article que Danielle Elisseeff donna au même RBS 2002, « La sinologie et le web. Outils d'aujourd'hui, outils de demain » (pp. 3-20). En voici le dernier paragraphe : « Cependant, sur un plan technique, tout est possible, ou presque ; c'est à l'expert du champ d'étude concerné qu'il appartient de marquer des limites, de définir des projets. En un mot, il faut que chacun garde son métier : sinologues, exprimez vos souhaits ; aujourd'hui ou demain, les mathématiciens-informaticiens les réaliseront pour vous offrir les outils dont vous rêvez, mais qui a jamais prétendu que rêver était simple ? ». Rêvons donc les yeux grands ouverts. (P.K.)

mercredi 8 avril 2009

Le Tao du web

C'est sous ce titre que Rebecca MacKinnon a récemment présenté une conférence au Berkman Center for Internet & Society (Harvard University). Pour être plus précis, le titre de son intervention était « The Tao of the Web: China and the Future of the Internet ».

Si vous êtes intéressé par les développements de l'internet en Chine, je vous conseille vivement de regarder les 53 mm du document vidéo accessible à partir de cette dépendance de l'Université de Harvard. Voici ce dont il y était question ce 3 mars 2009 :
« Most English-language discussions about « the future of the Internet » approach the subject from an Anglo-American and European perspective. But what if you take China - now with the world's largest number of Internet users, fast-growing technology sector, and a strong voice in global Internet governance debates - as your starting point for thinking about where the global Internet is headed? What are the implications for global free expression? Rebecca MacKinnon explores these questions and others in this lunch series. »
L'exposé de Rebecca MacKinnon, abondamment et pertinemment illustré, réactualise avantageusement certaines données et ouvrira de nouvelles perspectives aux plus blasés des surfeurs sinophiles. Il faut dire que nul autre ne semble mieux placer qu'elle pour aborder aussi clairement ce sujet et présenter aussi finement ses implications actuelles et futures. Pour l'heure assistant professor au Journalism and Media Studies Centre de l'University of Hong Kong, Miss MacKinnon, qui a eu jusqu'à présent une vie professionnelle et académique brillante, est également la co-fondatrice avec Ethan Zuckerman du site internet Global Voices.

Depuis 2005, Global Voices a pour vocation d'aider « individuals and media professionals around the world [to] gain access to the diverse voices coming from citizen media. [Global Voices ] base [its] coverage on the words, images, and videos of ordinary people across the globe who use the internet to communicate and broadcast their thoughts, analysis, and observations. » C'est devenu un passage obligé pour qui s'intéresse à ce qui se passe en Asie ou dans le reste du monde online. On peut lire ce qu'y propose une communauté de bénévoles en 17 langues dont le français. On peut même apporter son soutien à cette entreprise devenue indispensable.

Jugez-en par vous-même en consultant le dernier billet en anglais publié sur la Chine. On le doit à Owan Lam : « Psychiatry with Chinese characteristics ». Pour le français, c'est « Le communiqué franco-chinois au G20, une glorieuse défaite ? » qui est la traduction française par Suzanne Lehn (5/04/09), du billet anglais « China-France communiqué and G20, a glorious defeat ? » de Bob Chen (3/04/09). De lui, je vous recommande également un billet très différent publié le 9 mars : « Most wanted fugitive now blogging ? » (9/03/09). Incredible. (P.K.)


samedi 4 avril 2009

Objet de collection

« The IIAS Newsletter celebrates its 50th issue » ! Pour fêter l'événement, une cérémonie se déroulera le 8 avril prochain, cérémonie pendant laquelle « the first copy of the 50th issue will be presented to Prof. Mr. P. F. van der Heijden, Rector Magnificus, Leiden University » !

Vous le savez sans doute déjà, l'International Institute for Asian Studies publie sa lettre d'informations depuis 1993 à raison de trois ou quatre numéros par an. Elle est reçue par quelque 26000 chercheurs et institutions basés en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et à travers toute l'Asie. Elle permet à la communauté des spécialistes de l'Asie et des diverses ères culturelles qui la composent de faire connaître les recherches qu'ils entreprennent, les projets qu'ils conduisent seuls ou ou en équipes, et aussi d'annoncer les différents colloques, conférences qui rythment l'année, comme de diffuser largement des appels à contribution et à communication et d'informer sur les publications savantes. Elle n'existe plus seulement sous sa forme papier qui s'apparente à un quotidien d'une quarantaine de pages en moyenne dans un format relativement maniable de 303 x 420 mm, mais aussi sous forme numérique accessible sur le site de l'IIAS. On peut la recevoir gracieusement directement à domicile, mais aussi via e-mail pour la version numérique. Rien de plus simple, il suffit de remplir le formulaire en ligne.

Si les 49 précédents numéros sont également disponibles en ligne, il vous faudra encore attendre encore un peu pour découvrir le tout dernier volume.

Curieusement, la version papier de ce numéro 50 est déjà parvenue dans ma boîte aux lettres ! Je peux donc vous en dévoiler la couverture (voir ci-contre) et le contenu. Pas tout le contenu, car comme toutes les précédentes, cette livraison est copieuse, mélangeant travaux de chercheurs confirmés et de jeunes chercheurs. Elle propose 48 pages réparties en plusieurs rubriques. Après les pages 3 et 4 qui se penchent sur le renouveau et le passé de cette publication, on découvre la partie intitulée « The Study » (pp. 5-17), dont une part est consacrée au thème du « retour » ( « Return », pp. 5-9) avec cinq contributions qui l'envisagent dans sa dimension historique et aussi en rapport avec l'actualité brûlante, comme dans « Forced return : the deportation of former Cambodian refugees from the US » (S. R. Cowan, p. 9). Suit « The Focus » (pp. 18-29), partie sur laquelle nous allons revenir brièvement, qui précède « The Review » (pp. 30-39) faisant état de publications récentes et « The Network » (pp. 40-47) fournissant des informations pratiques et le calendrier des colloques à venir. « The Portrait » (p. 48) est consacré à une exposition qui se tient en ce moment au Kunstal de Rotterdam (28 mars au 21 juin) : « Silk Stories : Taishô Kimono 1900-1940 », avec une courte présentation illustrée des kimonos du début du XXe siècle dont ceux de l'ère Taishô 大正 (1912-1926).

Mais c'est surtout le dossier qui donne son titre au numéro, « CyberAsia », qui retient l'attention, avec notamment une couverture et un bandeau très accrocheurs : « Guest Editor Chris Goto-Jones guides us through CyberAsia, a brave new world offering new technologies, new knowledge and new ways of thinking about Asia. »

Le dossier est donc placé sous un emblème qui parlera d'abord aux plus jeunes, puisqu'il s'agit de Naruto ナルト , le héros du shōnen manga 少年漫画 (manga pour adolescent) et ses diverses déclinaisons dont le film animé qui est « sans nul doute l'un des plus importants succès commerciaux de ces dix dernières années » et que l'on doit à Kishimoto Masashi 岸本 斉史 (1974-).

Son maître d'œuvre est Chris Goto-Jones (Professor of Modern Japan Studies, Department of Japanese and Korean Studies, Leiden University), directeur par ailleurs du projet Asiascape, basé à l'Université de Leiden depuis sa création en septembre 2007 :
« Asiascape.net is the home of the Contemporary East Asian Media Centre (CEAMC). It is an attempt to build a new international research coalition in the rapidly emerging fields of cyberculture (New Media, Convergence Culture, Video Games and other related media, such as fan-culture) and animanga (Anime and Manga), especially as they relate to (or originate from) East Asia. It is well known that a large proportion of this type of media emerges from the East Asian region (Japan, China and Korea), and Asiascape seeks to sponsor and organize research into the importance of these media as a series of transformative, cutting edge, transnational global commodities, and/or as a series of cultural products that reveal much about East Asia itself. There is a scattered (and growing) group of international researchers working in this field and, in addition to conducting its own original research, Asiascape aims to provide a hub for the organization and direction of this rapidly emerging field. With an international advisory board of leading scholars, Asiascape will sponsor a series of ‘state of the field’ conferences and disseminate research using new and old media, including via this website and its associated news-blog, vistas. »
On retrouve parmi les signataires des contributions du dossier « CyberAsia » , un membre de son équipe : Thomas Lamarre (University McGill, Canada) : « What is Techno-region ? » (p. 19). Les autres viennent de lieux et d'horizons intellectuels très divers :
  • Fabian Schäfer (East Asian Institute, Leipzig University) : « Animalisation, subjectivity and the Internet » (pp. 20-21)
  • Cobus van Staden (South African Broadcasting Corporation) : « Heidi in Japan: what do anime dreams of Europe mean for non-Europeans ? » (p. 24)
  • Jeroen de Kloet (University of Amsterdam) : « Bloggers, hackers and the King Kong syndrome » (p. 25)
  • Bart Barendregt (Dept. Of Cultural Anthropology and Development Sociology, Leiden University) : « In the year 2020: Muslim futurities in Southeast Asia » (pp. 26-27)
  • Jens Damm (Jens Damm, Freie Universität, Berlin) : « Chinascape: moving beyond the People's Republic » (pp. 28-29).
Chris Goto-Jones intervient à deux reprises : « Alien autopsy: the science fictional frontier of Asian Studies » (pp. 22-23) et « CyberAsia » (p. 18) qui introduit ce dossier aussi riche et stimulant que la matière qu'il ausculte : « This special issue of The Newsletter offers a variety of lenses on the question of cyberAsia. Ths expansive neologism contains : allegations of Asia's technological superiority ; imaginations of Asias's utopian relationship with digital technology; and finally analyses of the concrete ways in wich high technolgies have transformed social and cultural practices inthe region (and permitted the region to ripple around the world). Hence, the term cyberAsia is confounded one, generating myriad possible meanings and implications, both empirically and theoretically. »

J'ai plus particulièrement apprécié l'article de Jeroen de Kloet qui évoque les célèbres bloggeurs chinois que sont Michael Anti 安替 (Zhao Jing 趙静, 1975-), Zuola [Zhou Shuguang 周曙光, 1981-] et Wang Xiaofeng 王小峰 (1960-) que j'ai déjà évoqué sur ce blog. En conclusion, ne manquez pas ce numéro dont Henk Schulte Nordholt (Chair of the IIAS Board) dit « Don't throw this issue away, it will become a collections item » (p. 2), et, bien entendu, tous les suivants, en regrettant, malgré tout, l'absence des caractères propres à chaque langue asiatique ainsi que la taille très réduite de la police utilisée. (P.K.)

jeudi 20 novembre 2008

Deliciouseument vôtre

ou De la mise à disposition d'un fonds évolutif de marque-pages (ou bookmarks, favoris, signets, liens internet privilégiés ... ) en rapport avec la littérature chinoise ancienne, afin d'amorcer un mouvement d’ensemble, pour qu'à terme le visiteur de ce blog soit mieux armé pour aborder les littératures d'Extrême-Orient.

Les plus attentifs d'entre vous avaient sûrement noté la présence dans nos liens internet privilégiés [colonne de gauche de ce blog, rubrique « Bibliothèques/Ressources »], d'un lien hypertexte baptisé « Favoris de P[ierre]. K[aser] ». Celui-ci est toujours présent, mais il a été déplacé dans une nouvelle rubrique appelée « Les Favoris des membres de l'équipe ».

De quoi s'agit-il ? Rien de moins qu'une extension de ce blog, qui depuis deux ans déjà a pour double vocation d'être un organe maniable d'informations sur les activités de notre équipe, et de devenir un outil convivial et réactif pour une meilleure connaissance et appréciation des littératures d'Extrême-Orient.

Cette extension, qui je le souhaite trouvera auprès des membres de l'équipe un écho favorable et un accueil pas moins chaleureux de la part de ceux qui comme vous visitent ce blog à raison d'une moyenne de 100 visites par jour - plus 33500 déjà comptabilisées - , s'imposait. En effet, le nombre de liens méritants d'être signalés à votre attention est déjà très important et ne cesse de grandir.

L'internet est devenu, il faut bien le reconnaître, un outil indispensable pour l'étude des littératures d'Extrême-Orient, surtout si l'on est basé, comme nous, à plusieurs dizaines de milliers de lis des lieux de diffusion et de conservation des matériaux de la recherche. C'est aussi un formidable outil pour les étudiants suivant nos cours et travaillant sous notre direction (Master, Thèse), dont la curiosité et l'acuité ne peuvent se satisfaire des fonds mis à leur disposition à proximité.

Qu'ils n'oublient pas, néanmoins, que la bibliothèque universitaire et son personnel mettent toute leur énergie en œuvre pour leur faciliter l'accès à l'information, directement en alimentant les rayonnages ou via le prêt entre bibliothèques ; des séances de formation et d'information leur sont régulièrement proposées -- un grand merci, au passage, à Jean-Luc Bidaux et ses collègues, pour leur implication auprès des étudiants du Département d'Etudes Asiatiques et, également à Solange Cruveillé pour avoir récemment travaillé avec la diligence et le sérieux dont elle est coutumière sur le fonds chinois. Il y a aussi l'ensemble des ressources informatiques mises en place par la Bibliothèque Universitaire à partir de son site et celles que l’Université offre par l'intermédiaire de l'Environnement Numérique de Travail (ENT). Malgré tous ces efforts, une part des matériaux reste encore hors de portée ou engoncés dans la forêt touffue de l'internet savant.

Plutôt que d'allonger avec l'inconfort que cela représente pour celui qui doit s’y atteler des listes de liens vouées à l'inertie [PiKaWeb n'a pas bougé depuis le 2 juillet 2007] -, j'ai choisi pour accomplir cette noble mission, d'utiliser l'outil le mieux adapté et le plus facile à prendre en main qui est, sans conteste possible, celui proposé par Delicious.com site de « Social bookmarking » (marque-page social) lequel vient justement de faire peau neuve.

Un blog dispensera aux plus hésitants informations et astuces - voir notamment le film du billet « Oh happy day — the new Delicious is here » -, mais c'est à partir du site que l'on peut s'inscrire et sans aucune difficulté se mettre à l'œuvre : en deux ou trois opérations très simples, vous allez vous retrouver à la tête d'une armée de liens en bon ordre de bataille prêt à l'usage et au partage - vous pouvez, en effet, charger vos marque-pages personnels directement depuis votre navigateur et même, si vous le souhaitez, choisir de gérer à plusieurs cet espace ; en plus, vous l'aurez noté, « It's free ! » : que demander de plus ?

Je fais le vœu que rapidement la liste des listes de favoris s'allonge et qu'à côté des « Favoris de Pierre Kaser », on puisse trouver les favoris des autres membres de l'équipe -- lesquels listes pourraient même un jour prochain fusionner. Ne serait-ce pas merveilleux d'avoir ces fenêtres ouvertes sur la littérature chinoise de ce siècle et du précédent grâce à Noël Dutrait, sur les arcanes du taoïsme grâce à Philippe Che, tout sur les renardes subtiles et terrifiantes qu’affectionne Solange Cruveillé, le meilleur de la littérature Coréenne grâce à Julie Kim et Jean-Claude de Crescenzo, etc.... ?

Je vous sens déjà impatient de créer votre espace aussi vais-je être bref. Un dernier mot, néanmoins, sur ma liste de favoris : elle trahit mon intérêt quasi exclusif pour la littérature chinoise ancienne et les matériaux que son étude conduit à explorer et à exploiter ; dans sa physionomie actuelle (un ensemble de 72 liens) elle est, en définitif, plus orientée vers des sujets en rapport avec la littérature narrative chinoise produite entre le Xe siècle et le début du XXe, avec un prédilection pour le roman en langue vulgaire des XVIIe et XVIIIe s.. Les étudiants de Master qui suivent mes cours sur ces sujets y trouveront notamment des pistes pour approfondir les thèmes qu'on envisage trop rapidement pendant l'année. Je m'engage à la perfectionner notamment en unifiant les mots clef en trois langues (français, anglais, chinois) - ce qui aura pour conséquence de modifier considérablement le nuage de mots clefs (« tags cloud ») ci-dessus - et, surtout, à l'alimenter régulièrement. A vous, après, d'en prendre possession : en jouant notamment sur les options de présentation, ou en découvrant, par exemple, les listes de liens de personnes qui partagent les mêmes centres d'intérêt que vous ....

C'est ainsi qu'en cliquant sur le « 7 » figurant à droite du nom de notre blog, j'ai pu découvrir que six autres personnes avait inscrit son adresse dans leur registre. Ainsi, quand vous aurez créé votre compte et commencé à organiser vos liens en fonction de vos exigences et de votre curiosité, n'oubliez pas, s'il vous plait, d'y ajouter notre blog. Merci d'avance. (P.K.)

samedi 25 octobre 2008

De blog en blog (004)

Pour ce nouveau « De blog en blog » - le précédent remonte au 1er mars 2008 -, j'ai joué le jeu (ou presque) de la dérive ludique d’un lien internet à un autre en suivant la curiosité du moment. Mon point de départ était naturellement votre blog et un de ses liens fétiches, celui du Visage vert lequel offre dans son dernier billet du 22/10/08 une bien réjouissante « Gigue ». De là, j'ai rapidement glissé tout continuant à me dandiner gracieusement vers la page actualité des éditions Zulma (« La grande maison »), pour voir quel nouveau prix le futur Goncourt (?) Jean-Marie Blas de Roblès avait reçu depuis ma précédente visite : et toc ! un de plus. Cette fois c'est le prix Giono qui couronne Là où les tigres sont chez eux ! Vu que ce prix « distingue un ouvrage de langue française - roman, récit ou recueil de nouvelles - faisant une large place à l’imagination dans l’esprit de Jean Giono et révélant un vrai talent de raconteur d’histoires », une visite à la page consacrée par l'éditeur à son protégé s'imposait ; une manière de se familiariser avec l'œuvre en question avant d'aller l'acheter ; il y est question, abondamment (784 pages !), d'Athanasius Kircher (1601-1680) dont le China Monumentis (1667) (accessible sur Gallica, BNF) fournit la première illustration de ce billet (voir ci-dessus). A partir de la même page, on peut se rendre sur le site de l'auteur , et aussi télécharger une biographie de Kircher par lui (colonne de droite) -- on peut également faire un détour par ObsVideo.com pour écouter J.-M. B. de R. et son éditeur, Serge Safran répondre aux questions de Grégoire Leménager : durée 14 mn 35 s.

Après cette escapade érudite, je suis repassé par le Visage vert toujours en quête de nouveauté et après une nouvelle gigue sautillante - on ne s'en lasse pas -, j'ai actionné un autre des signets amoureusement répertoriés par Anne-Sylvie Homassel, non pas dans les « Bermudes » où séjourne LEO2T, mais juste un peu plus bas, savoir une de ses « Maisons dans la prairie » .


Bonne pioche (mais pouvait-il en être autrement) ! J'ai découvert avec bonheur le blog de Blandine Longre, traductrice (anglais) & critique littéraire, qui, cela dit en passant et en la remerciant pour cette délicate attention, nous a casé dans une rubrique « Traduction ». Passé la surprise, je suis parti à la découverte de ce blog foisonnant qui, en tout juste douze (?) mois d'existence, a livré une foule de pistes de lectures dont de toutes fraîches explorations japonaises dans une déjà riche rubrique « Littérature étrangère » dont j'extrais les quatre billets suivants :
  • 12/10/2008 : La Magicienne 妖婆 d’Akutagawa Ryûnosuke 芥川龍之介 (1892-1927), nouvelles traduites du Japonais par Elizabeth Suetsugu (Ed. Picquier)
  • 16/10/2008 : Natural woman ナチュラル・ウーマン (1988) de Matsuura Rieko 松浦理英子 (1958-), traduit du Japonais par Karine Chesneau (Ed. Picquier)
  • 21/10/08 : Futon 蒲団, de Tayama Katai 田山花袋 (1871-1930), récits traduits du Japonais par Amina Okada, Le Serpent à plumes.
  • 24/10/08 : Les jours de Yokô d'Arishima Takeo 有島武郎 (1878-1923), roman traduit du Japonais par M. Yoshitomi et Albert Maybon (Ed. Picquier)
Un bel exemple dont pourraient s'inspirer les membres de notre équipe ! Bon, passons et reprenons notre périple pour explorer un des liens choisis par Blandine Longre : « Bingo ! encore gagné ! », car j'ai atterri sur la page d'accueil de La Revue Littéraire de Shanghai.

Basée à Shanghai, son « ambition [est] d’ouvrir un espace propice à la réinvention d’une vie littéraire mettant en résonance la langue française et une réalité chinoise mithridatisée par le creuset Shanghaien. .../... La Revue Littéraire de Shanghai veut, sous la forme d’une publication électronique, qu’une version papier pourrait aussi relayer, permettre à ces voix d’encre et de papier de trouver un relais, de l’intimité créatrice vers un premier cercle de lecteurs. La Revue souhaite aussi faciliter l’échange, entre passionnés de littérature chinois ou francophones, au sein d’un courant où chacun puisse enrichir sa démarche d’écriture à celle de l’autre. » (Voir ici)
Le « coordinateur éditorial » de la Revue est Tang Yi-Long / Tang Loaëc, auteur et critique littéraire qu'on peut lire notamment sur Bibliobs et sur les revues en ligne Ecrits-Vains et La Vénus Littéraire.

On trouve déjà en place des notes de lectures et des critiques de livres qui affichent les goûts de l'équipe pour les écrits d'Eileen Chang / Zhang Ailing (Un amour dévastateur, Rose rouge et rose blanche, Lust Caution), Chi Li (Pour qui te prends-tu ?; Tu es une rivière ; Trouée dans les nuages), mais aussi Liu Liu (A romance of house), Weihui (Shanghai Baby) ; Liu Zhenyun (Peaux d'ail et plumes de poulet) ; Liu Yichang (Tête-bêche) et Yan Lianke (Servir le peuple). Elles sont signées Tang Loaëc, Fabienne Trunyo et Blandine Longre.

Ma déambulation s'arrête ici, car la rubrique « Liens » de ce site, dont on suivra l'évolution avec beaucoup d'intérêt, n'est pas encore alimentée : je vais donc pouvoir souffler ! (P.K.)