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dimanche 9 novembre 2014

Gao Xingjian, Le Deuil de la beauté



Mercredi 26 novembre 2014, rencontre avec

GAO XINGJIAN
Prix Nobel de littérature 2000

Maison de la recherche Schuman, Pôle multimédia, rez-de-chaussée, salle T2 

Programme de la rencontre

• 16 h : Projection du film de Gao Xingjian, Le Deuil de la beauté
• 18 h : Débat avec Gao Xingjian, animé par Noël Dutrait
• 19 h 30 : Cocktail dinatoire

Manifestation organisée par La Maison de la Recherche Schuman, l’Ecole doctorale 354, l’Institut de recherches asiatiques IrAsia  (http://www.irasia-recherche.com/)

mardi 13 novembre 2012

Gao Xingjian : deux sinon rien


A peine un mois après la sortie du Veau suivi du Coureur de fond (traduit par François Sastourné)  du tout récent Prix Nobel de Littérature 2012, l'écrivain Mo Yan 莫言, les Editions du Seuil viennent de publier deux volumes consacrés à Gao Xingjian 高行健, Nobel de littérature 2000.

Il s'agit d'un volumineux volume (1024 pages) comprenant La Montagne de l'Ame, Une canne à pêche pour mon grand-père, Le Livre d'un homme seul, ainsi que deux nouvelles inédites :  L'Ami et Vingt-cinq ans après. 
« Les deux nouvelles inédites, écrites au début des années 1980, évoquent les retrouvailles de proches séparés par la Révolution culturelle. L’Ami réunit Chuichui, autrefois accusé d’espionnage et victime de tortures, et son ami d’enfance, après treize ans de séparation. Vingt-cinq ans après, c’est le temps qu’il aura fallu à Zhang pour retrouver son amour de jeunesse. La fidélité des sentiments l’emporte sur la dictature et, si douloureuse qu'ait pu être la séparation, chacun n’aura eu de cesse, et à raison, d’espérer, de rêver, et d'écrire ces retrouvailles. » [Extrait du dossier de presse]
L'ensemble est traduit par Noël et Liliane Dutrait et sort dans la collection « Opus ».
Les amateurs seront également ravis de découvrir une autre œuvre inédite en traduction. Elle est traduite par Noël Dutrait et Philippe Che sous le titre de Chronique du Classique des mers et des monts. Tragicomédie divine en trois actes. Il s'agit de la pièce de théâtre Shanhai jing zhuan 山海經傳 élaborée par Gao Xingjian à partir du Shanhai jing 山海經 et donnée à Hong Kong en février dernier.
« "LE RÉCITANT, frappant sur son tambour qui rend un son mat.
Mesdames, Messieurs, regardez notre ancêtre à tous, Nüwa, au milieu de ce chaos. C’est une déesse, naturellement, et non pas une femme ordinaire. Elle est d’une grande beauté malgré sa grande saleté, elle n’a aucune honte et garde sa dignité. On ne sait ce qu’elle dit, on ne sait ce qu’elle chante. Les dieux ont leur propre langage, comment vous et moi, hommes et femmes ordinaires, pourrions-nous les comprendre ? "
La mythologie chinoise dans laquelle nous entraine le prix Nobel GAO Xingjian est peuplée de monstres fantastiques - buffle unijambiste, serpent à tête humaine, corbeaux d'or et oiseaux aux couleurs chatoyantes -, de dieux et déesses tour à tour capricieux, jaloux, colériques et touchants. En proie aux vices humains, ces personnages qui forgent notre monde actuel rappellent étrangement les dieux antiques grecs ou romains et les humains de tout temps et tous lieux. » [Extrait du dossier de presse]

mercredi 12 septembre 2012

Gao Xingjian: FFP, le documentaire

Gao Xingjian (à droite) avec Mickael Lackner, directeur du IKGF

Du 24 au 27 octobre 2011, s'était tenue à Erlangen une conférence internationale organisée par l'International Consortium for Research in the Humanities qui avait pour objet Gao Xingjian: Freedom, Fate, and Prognostication. Le documentaire réalisé pendant cette manifestation, signalée à l'époque sur ce blog, est dorénavant accessible en ligne : en grand format > ici ; en petit format >  là ; et également à partir du site de l'ERD Gao Xingjian, rubrique 'Ressources audiovisuelles' > ici.

jeudi 23 février 2012

Les études sur Gao Xingjian à Aix - Séminaire Leo2t 2012 (2/2)


Lundi 20 février s'est tenu la première séance du séminaire organisé par Leo2t autour de ses axes de recherche propres [Voir le C.R. sur notre espace netvibes]. 
La seconde séance se déroulera, toujours à Aix-en-Provence, mais cette fois dans les murs de la Bibliothèque universitaire du Centre des Lettres [salle de formation, rez-de-chaussée]. Elle aura lieu le 12 mars de 14 h. à 16 h. 30, et permettra à ceux qui ne le connaissent pas encore de découvrir l'Espace de Recherche et de Documentation Gao Xingjian (ERD Gao) qui sera présenté par Jean-Luc Bidaux son responsable.

Cette visite sera suivie de deux exposés :
  • Guo Yingzhou (doctorante) : « Etat des lieux des études sur Gao Xingjian et son œuvre »
  • Noël Dutrait : « Gao Xingjian, un penseur libre »
Nous vous attendons nombreux. Voir l'affiche >> ici. 


lundi 26 septembre 2011

Freedom, Fate, and Prognostication

Pour tout savoir sur la conférence internationale
qui va se tenir à Nuremberg
du 24 au 27 octobre et qui aura pour objet
Gao Xingjian: Freedom, Fate, and Prognostication,
veuillez vous rendre sur la page suivante >> ici ou
télécharger à partir du lien suivant (ici) le pdf du programme.

Noël Dutrait y interviendra le 25/10
avec une communication en chinois intitulée :
« 高行健小說《一個人的聖經》中的 “性, 自由, 逃亡”»
[« ‘Sex,’ ‘Freedom,’ and ‘Escape’ in
Gao Xingjian‘s Novel One Man Bible »]

jeudi 24 mars 2011

La Montagne de l'Ame au Vieux-Port

Après avoir visionné, comme vous y invitait un précédent billet, la rencontre qui s’est la tenue à la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou (Paris) le 17 janvier 2011 entre Gao Xingjian et son traducteur, vous serez sans aucun doute heureux de venir écouter Noël Dutrait parler de l’œuvre majeure du Prix Nobel de Littérature 2000.

Cela se déroulera au café littéraire de la Brasserie Massilia sis au 33 rue Reine Elisabeth dans le 1er arrondissement de la capitale phocéenne, ce dimanche 27 mars. A partir de 10 h du matin, il y sera essentiellement question de La Montagne de l’Ame. L’entrée est libre.

Le site de référence de cette manifestation est http://www.direlire.com où l’on peut tout apprendre sur Direlire, café philo né en 1998 dans un bistrot sur le Vieux-Port.

dimanche 6 février 2011

Un chemin vers soi-même

Un précédent billet vous avait averti de la tenue à la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou (Paris) d'une rencontre entre Gao Xingjian et son traducteur, Noël Dutrait ; celui-ci n'a pour but que de vous avertir que cet entretien d'1 h. 40 minutes est dorénavant consultable à partir du site de l'institution qui avait invité le Prix Nobel de Littérature 2000 dans le cadre d'un cycle intitulé « La création à l'œuvre ».

Je vous invite donc à suivre en ligne ou à télécharger ce document [à partir d'ici] dans lequel Gao Xingjian évoque tous les aspects d'une création qui « est pour lui un chemin vers soi-même, une façon de prendre conscience de sa propre existence dans le monde. »

dimanche 23 janvier 2011

Au sujet de « Quand l’écriture se dérobe » (Le Monde, 21/01/2011)

Gao Xingjian/Noël Dutrait. BPI de Beaubourg, 17/01/11.

Nous avons signalé sur notre compte Twitter, l’article que Alain Beuve-Méry et Florence Noiville ont publié dans Le Monde du 21 janvier 2011, intitulé « Quand l’écriture se dérobe » et sous-titré : « Le fameux vertige de la page blanche n’épargne pas les écrivains confirmés. Tous élaborent des stratagèmes pour l’affronter ».

En introduction, les auteurs parlent de la page blanche comme si c’était « une maladie honteuse de l’écrivain : la panne, le blocage, le spectre hideux… ». Puis ils prennent le cas de Gao Xingjian, prix Nobel de littérature 2000, comme exemple d’un grand écrivain victime de cette « maladie ». Tout en reconnaissant que ses encres de Chine présentées à la Galerie Claude Bernard sont « magnifiques », ils affirment que Gao Xingjian n’est plus dans l’actualité pour ses écrits. « Comme si, écrivent-ils, après la magistrale Montagne de l’Ame (écrit en 1990, et paru à l’Aube en 2002 (sic), le prix Nobel qui lui a été décerné juste après le Livre d’un homme seul (L’Aube 2000), avait asséché sa créativité littéraire ».

Outre le fait que La Montagne de l’Ame n’est pas sortie en France en 2002, mais en 1995, il est inexact d’affirmer que Gao Xingjian se trouve devant une sorte de syndrome de la page blanche. En réalité, Gao Xingjian, comme il l’a dit lors de la discussion que j’ai animée à la BPI de Beaubourg le 17 janvier, a commencé à peindre très tôt et la peinture est pour lui une forme d’expression aussi importante que l’écriture littéraire, le cinéma ou l’écriture théâtrale. C’est bien mal connaître Gao Xingjian que de penser qu’il puisse « être en panne ». Hormis une courte période qui a suivi l’obtention du prix Nobel au cours de laquelle il est tombé gravement malade, il n’a jamais cessé de créer ou d’écrire, par exemple des textes théoriques au sujet de la création et du théâtre (deux volumes parus à Hong Kong et Taiwan, en cours de traduction aux éditions du Seuil). Que l’on pense au bel objet d’art qu’il a publié aux éditions du Seuil en 2002 intitulé L’Errance de l’oiseau ou au livret pour un spectacle de danse intitulé Ballade Nocturne (Paris, Sylph Editions, traduit en anglais par Claire Conceison), la pièce de théâtre Le Quêteur de la mort (Le Seuil, 2004), Gao Xingjian est loin d’être silencieux.

Loin des modes et des chapelles, il crée comme bon lui semble ; si la forme romanesque ne correspond pas à ce qu’il veut exprimer, il se consacre entièrement à la peinture, puis, lorsqu’il a achevé ses tableaux pour une exposition à Singapour, Hong Kong ou Paris, il écrit des poèmes ou des textes dans lesquels il élabore une théorie très personnelle sur l’art du comédien ou sur le rôle de la littérature. Après avoir écrit et mis en scène un magnifique opéra la Neige en août en 2003 et 2005 à Taiwan puis à Marseille, sur une musique de Xu Shuya (la musique est sans doute le seul art qu’il ne pratique pas), il se lance dans la réalisation de films totalement atypiques.

Enfin, l’article de Alain Beuve-Méry et Florence Noiville laisse entendre que Gao Xingjian souffrirait d’une situation de blocage. Je ne pense pas que le nombreux public qui est venu l’écouter à la BPI de Beaubourg ait eu cette impression. Bien au contraire, il m’a paru totalement épanoui, presque serein, lorsqu’il a expliqué comment la pratique des différentes formes artistiques lui permettait de mieux s’exprimer. Il s’agit pour lui seulement d’une question de période dans sa vie créatrice. Actuellement, c’est la période de création cinématographique, peut-être bientôt de création poétique… Gao Xingjian est à la fois écrivain, peintre, théoricien, cinéaste, metteur en scène, théoricien de la création littéraire, artistique et théâtrale… Le phénomène est sans doute trop rare pour que les critiques parviennent à l’appréhender dans sa totalité.

Noël Dutrait (23 janvier 2011)

jeudi 6 janvier 2011

Les montagnes de l’Ame de M. Gao


A quelques jours d'une rencontre parisienne annoncée avant les vacances (16/12/10), je répercute l'invitation de l'équipe de Télé Campus Provence (TCP) à découvrir le film mis en ligne sur la chaîne 1, « Vie de l'université », sur le site de l'Université de Provence. Réalisé par Chrystophe Pasquet, il a pour titre

A VOUS DE LIRE !
Pérégrination autour du roman, La montagne de l'âme,
de Gao Xingjian, prix Nobel de littérature 2000.

En présence de Gao Xingjian, lecture d'un passage de La Montagne de l'Âme, en français, chinois, allemand, arabe, anglais, italien, coréen, japonais, turc... Un comédien sourd propose la version en langue des signes en collaboration avec l'association Arts-Terres.
En contrepoint de la lecture, deux danseurs du groupe Bernard Menaut ...

Vous aviez déjà eu un bref aperçu de cette manifestation qui s'était tenue le jeudi 27 mai, à la Bibliothèques des lettres et sciences humaines de l’Université de Provence. Ce document qui dure 11 minutes est de loin supérieur à celui qui est toujours consultable sur la page Dailymotion de notre équipe. Le mélange des langues y rend mieux justice à la polyphonie romanesque de l'original. (P.K.)

jeudi 16 décembre 2010

Rencontre parisienne avec Gao Xingjian


Dans un mois exactement, soit le lundi 17 janvier 2011, à 19 h, Gao Xingjian sera l'hôte de la Bibliothèque du Centre Pompidou (Paris) pour un entretien avec Noël Dutrait qui sera suivi de la projection du film de Gao Xingjian, Après le déluge (2008).

Ne manquez pas de consulter la page de cette manifestation (ici) car elle porte deux liens intéressants : le premier conduit vers l'Espace de recherche et documentation Gao Xingjian qu'abrite notre université ; l'autre, vers la Galerie Claude Bernard (7-9, rue des Beaux Arts, Paris 6e arr.) qui consacre une page à l'artiste qu'elle va à nouveau exposer très prochainement (13 janvier-17 février 2011).

samedi 23 octobre 2010

Hommage d’un traducteur à une traductrice


Le 4 octobre 2010, Liliane Dutrait nous a quittés. Elle luttait contre son cancer depuis des mois et des mois. Elle a gardé espoir jusqu’au dernier jour pour elle bien sûr, mais je crois surtout pour les autres, pour ses enfants, ses amis, pour moi. Membre associée de notre équipe, elle voulait se faire la plus discrète possible, refusant souvent de venir à des réunions où elle estimait ne pas avoir de légitimité pour siéger. Et pourtant, diplômée en histoire de l’art et archéologie de l’Université de Provence, diplômée en chinois de l’Université de Bordeaux III, elle avait toute légitimité à faire partie de notre équipe, même si elle n’avait pas de poste à l’université. Elle a possédé la carte de journaliste pendant de nombreuses années, journaliste à Archeologia, Impressions du Sud, La revue de la céramique et du verre, et bien d’autres encore. Elle a écrit des milliers d’articles, soit de vulgarisation, soit d’un haut niveau scientifique. Les champs qu’elle couvrait m’impressionnaient beaucoup : histoire, archéologie, littérature, céramique, céramique chinoise ancienne ou contemporaine, sciences (je me souviens des articles de vulgarisation qu’elle a écrit dans la revue Ça m’intéresse). Récemment, elle avait décidé de se débarrasser des archives qu’elle avait accumulées et qui, à ses yeux, commençaient à encombrer notre maison. Elle estimait que tout pouvait être consulté sur Internet et qu’il n’était plus besoin de garder ces vieux papiers… Ce qui me frappait toujours, c’était sa manière de ne rien négliger quand elle préparait un article. Une recherche minutieuse, des prises de contact nombreuses et un soin extrême dans la rédaction…

Sa deuxième carrière a été celle de correctrice et rédactrice. Elle a travaillé pour de nombreux éditeurs français et étrangers. Certains mentionnaient son nom, mais c’est une pratique assez rare. Elle était très sollicitée en raison de ses larges compétences. Tel ouvrage concernant la Chine lui était envoyé parce qu’elle était imbattable dans la transcription du chinois en pinyin… Tel autre en raison de sa connaissance profonde de la céramique et de sa fabrication.
Elle a même fait du rewriting, dans l’ombre des auteurs, et n’a pas toujours reçu de remerciements, pourtant mérités, pour telle ou telle œuvre primée. Quand je lui faisais part de mon mécontentement à ce sujet, elle se contentait d’arborer le grand sourire que ses amis et sa famille lui connaissaient bien.

Quand je me suis lancé dans la traduction, tout naturellement, ma première lectrice, c’était elle. Mon manuscrit, ou plutôt « tapuscrit » revenait sur mon bureau couvert de corrections notées en rouge (il fallait toujours un feutre rouge à pointe très fine). Après avoir publié plusieurs traductions avec la mention « traduit par Noël Dutrait », mais avec en page de garde un remerciement à Liliane Dutrait, nous nous sommes dit qu’en fait nous faisions bien une traduction « à quatre mains » et c’est avec La Montagne de l’Ame de Gao Xingjian, publié en 1995, que son nom est apparu en bonne place à côté du mien sur les couvertures. Un collègue m’avait fait remarquer que la courtoisie eût voulu que l’on inscrivît « traduit par Liliane et Noël Dutrait » (Ladies first). En réalité, ce choix avait été discuté entre nous. Comme c’est moi qui faisais le passage du chinois au français (le premier jet), et qu’elle intervenait lors de la relecture et des corrections, nous étions tombés d’accord pour mentionner « traduit du chinois par Noël et Liliane Dutrait ».

Traduire avec Liliane, c’était prendre son temps, relire autant de fois que nécessaire, ne jamais se contenter d’un à peu près, vérifier systématiquement du début à la fin du roman que tout était cohérent : les noms de personnages, les sites géographiques, la traduction des expressions figées, proverbes, comptines… Combien de fois m’a-t-elle faire remarqué que dans mon « premier jet » j’avais traduit un proverbe d’une manière à telle page et d’une autre manière à telle autre ? Il est vrai que parfois, pressé par le temps, je le faisais consciemment, en me disant que nous pourrions ultérieurement faire le meilleur choix entre les différentes propositions. Combien de fois aussi m’a-t-elle fait remarqué que telle phrase ne paraissait pas logique par rapport au contexte, que tel personnage ne pouvait pas apparaître à cet endroit, que la maison de tel ou tel personnage était parfois à l’est, parfois à l’ouest du village ? Aucune erreur, aucun faux-sens, aucun contre-sens n’échappait à sa vigilance (ou si c’est le cas, la faute n’en incombe qu’à moi-même). Elle n’hésitait pas à retourner au texte chinois pour vérifier si elle-même ne s’éloignait pas trop du texte original.
Naturellement, traduire à quatre mains peut engendrer de vives discussions, des oppositions, des disputes même, mais dans ces cas-là, elle savait toujours proposer une pause, une promenade, un tour dans le jardin…
La dernière lecture se faisait toujours à haute voix. C’est moi qui lisais sur l’écran de l’ordinateur et elle écoutait, souvent les yeux fermés. Elle m’arrêtait chaque fois qu’une aspérité du texte incongrue apparaissait. Et la discussion reprenait, souvent accompagnée par une lecture de la phrase ou de la page entière en chinois pour entendre « la musique de la langue ».
En général, nous faisions ces traductions en plus de notre travail personnel. Mais il nous est arrivé aussi de décider de passer dix jours ou plus de nos vacances à traduire intensément, pour être sûrs de rendre à temps notre traduction : ce fut le cas pour Beaux seins belles fesses de Mo Yan et aussi pour Quarante et un coups de canon de Mo Yan également. Nous nous étions isolés dans une maison à la campagne et nous traduisions depuis tôt le matin jusqu’au milieu d’après-midi, et nous promenions l’après-midi, puis le soir était consacré aux lectures, écoutes de musique ou sorties (jamais de travail le soir)… Et dans les bois, dans les prés, au cours de nos sorties, nous continuions à chercher (et souvent à trouver) la traduction la plus juste de telle ou telle phrase, telle ou telle expression.

Liliane était aussi une grande lectrice : romans, romans policiers, français et étrangers. Parfois elle me lisait une phrase traduite du japonais, de l’islandais, du finnois… et me la donnait en exemple par rapport à tel ou tel passage que nous étions en train de traduire.
Quelques jours avant sa disparition, j’ai pu lui montrer la dernière édition de notre œuvre commune, que nous avions dédicacée à nos enfants, Vincent et Isabelle. Il s’agissait de La Chine et les Chinois paru dans la collection Les Encyclopes chez Milan Jeunesse. C’était elle qui avait reporté il y a quelques mois les corrections nécessaires pour la réédition de cet ouvrage de vulgarisation paru la première fois en 2005. Notez que les auteurs de cet ouvrage sont bien Liliane et Noël Dutrait, (et non l’inverse comme pour les traductions) car c’est bien elle qui en a rédigé la majeure partie.
Et enfin, le dernier travail qu’elle a effectué a été la relecture de nombreux textes qui constitueront le numéro 2 de notre revue IDEO, Impressions d’Extrême-Orient.

23 octobre 2010. Noël Dutrait

dimanche 3 octobre 2010

Gao à Tokyo


Sans prendre même le temps de la visionner, je vous communique aussitôt le lien qui nous a été envoyé par Sebastian Veg qui a participé à l'événement, vers la vidéo (1h45) de la conférence de presse donnée à Tôkyô par Gao Xingjian au Japan National Press club après sa prestation au 76th International PEN Congress 2010 organisé par le Japan P.E.N. Club il y a quelques jours. Etaient également présents des amis de Gao bien connus des habitués de nos rencontres et de notre blog : Yang Lian, Ma Jian, Chen Maiping...

J'en profite pour vous signaler la sortie du numéro 2 de l'année 2010 de Perspectives chinoises dont le dossier, établi par Sebastian Veg, pose la question : Quel rôle pour la littérature chinoise aujourd'hui ? L'exemple de Gao Xingjian et dans lequel on peut lire les articles suivants :
  • Sebastian Veg, « Editorial »
  • Noël Dutrait, « "Ne pas avoir de -isme" , un -isme pour un homme seul »
  • Quah Sy Ren, « Réalité historique, récit fictionnel. La Chine dans le cadre du théâtre de Gao Xingjian »
  • Zhang Yinde, « Gao Xingjian : fiction et mémoire interdite »
  • Sebastian Veg, « Sur les marges de la modernité. Une étude comparée de Gao Xingjian et Ōe Kenzaburō »
Tous ces articles sont en accès gratuit sur le site de la revue sur le portail Revues.org.

mardi 29 juin 2010

Gao, en haut, Mo, en bas

Encore une annonce, en attendant des billets au contenu plus riche, pour vous signaler deux rendez-vous : le premier en Normandie, le second en Aveyron.

Dans le cadre du Festival International de Cinéma de Vernon, « La Normandie et le Monde » qui se déroulera cette année du 1er au 4 juillet, sera projeté, Après le déluge de Gao Xingjian.

Cette projection aura lieu le vendredi 2 juillet, à 18h, au musée A.G.-Poulain de Vernon. Ce film, projeté dans le cadre de la thématique « L'Art et les artistes », sera accompagné d'un documentaire franco-polonais, Anton dans l'ombre de Julia Kowalski.

•

C’est le vendredi 20 août, à 10h45 précises que Noël Dutrait interviendra dans le cadre des Quinzièmes rencontres d'Aubrac, au cours d’une matinée consacrée au « Sentiment d’imposture » qui aura commencé 45 minutes plus tôt avec un échange entre Belinda Cannone, romancière, essayiste et Pierre Jourde, écrivain. Le thème abordé par le co-traducteur avec Liliane Dutrait des œuvres de Mo Yan est « Mo Yan, celui qui « ne parle pas »». Qu'on se le dise.

jeudi 3 juin 2010

Gao et sa Montagne au SCD

A la veille de la venue à Aix-en-Provence de quatre écrivains coréens, annoncée ici et sur Blog'Up, je vous invite à regarder un bref reportage sur la « Rencontre/lecture » qui s'est tenue le jeudi 27 mai, à partir de 17h45, à la Bibliothèques des lettres et sciences humaines de l’Université de Provence.

Il s'agissait d'une rencontre avec le Prix Nobel de littérature 2000, Gao Xingjian, auteur notamment de La Montagne de l’Ame dont des extraits furent lus en plusieurs langues ainsi qu'interprétés magistralement dans la langue des signes. Il faut pour cela se rendre sur notre page sur Dailymotion.

Les plus attentifs d'entre vous auront déjà remarqué la présence en haut de la colonne de gauche de ce blog d'un diaporama réalisé à la même occasion. Les photos peuvent être également visionnées à partir d'ici.

Malgré leur piètre qualité artistique, ces différents documents réalisés avec des moyens modestes montrent la chaleur de l'accueil réservé à un habitué d'Aix-en-Provence et de notre Bibliothèque, où se trouve l'Espace de recherche et de documentation Gao Xingjian. On voit, notamment sur la vidéo, Gao Xingjian faire présent de deux œuvres picturales à Mme Martine Mollet, la directrice du Service Commun de la documentation, et Jean-Luc Bidaux lui présenter deux curiosités éditoriales venues récemment enrichir le fonds, et, last but not least, Noël Dutrait conduire la discussion finale avec un public curieux et attentif. (P.K.)

vendredi 28 mai 2010

Les imaginaires de l'exil en colloque

Veuillez noter qu'un colloque international intitulé

Imaginaires de l'exil
dans les littératures de l'Asie :

Chine et Japon, questions contemporaines

se tiendra les 18 et 19 juin 2010, à Paris

Il est organisé par Chantal Chen-Andro, Cécile Sakai, Xu Shuang, le Centre de Recherches sur les Civilisations de l’Asie Orientale (CRCAO/UMR 8155, CNRS/EPHE/Collège de France/Université Paris Diderot – Paris 7) avec le soutien de la Bibliothèque nationale de France et de l’Université Paris Diderot-Paris 7 :
Dans l’histoire du monde, exil et littérature ont vu leurs sorts liés depuis les temps classiques. Qu’en est-il aujourd’hui, après les épreuves récentes traversées au siècle précédent ? Ce colloque interroge la dimension contemporaine de l’exil en Asie en Chine et au Japon pour explorer la portée d’une notion aux paradigmes multiples. L’exil est fuite mais aussi désir, il peut être intérieur : c’est souvent seul, en marge du monde, face à sa langue maternelle que l’écrivain « habite » son exil. Alors que les frontières entre les cultures paraissent transparentes, certains auteurs optent pour une voie dépassant leur territoire linguistique : ils construisent ainsi une écriture de la défamiliarisation, une poétique de la différence, qui sera au coeur des recherches croisées présentées ici.

Ce colloque, qui accueille en grands témoins les écrivains Gao Xingjian et Tawada Yôko, réunit une vingtaine de chercheurs et traducteurs, spécialistes reconnus des littératures chinoise et japonaise modernes en France.

Vendredi 18 juin, 9h00-18h00 : BNF - petit auditorium

09:00 Accueil ♦ 09:30, Allocution de bienvenue par CHENG Pei (BnF, Responsable des littératures orientales au Département de littérature et des arts) ♦ 09:45, Conférence d’ouverture : TAWADA Yôko (écrivain) : Langue en exil, exil de la langue (avec traduction) ♦ Rêves d’exil : prose et poésie au Japon [Président de séance : Claude MOUCHARD (Université Paris 8) ] ♦ 10:15, Emmanuel LOZERAND (Inalco), En étrange pays dans mon pays lui-même. Mori Ôgai, Masaoka Shiki, Natsume Sôseki ♦ 10:45, Tomomi OTA (Paris Diderot – Paris 7, Université de Strabourg), Images hybrides de l’autre et de soi : à travers l’exil artistique de Nagai Kafû (1879-1959) ♦ 11:30, Yves-Marie ALLIOUX (Université de Toulouse-le-Mirail), Exil et patrie : Ishikawa Takuboku, un poète au tournant du 20e siècle ♦ 12:00, Makiko UEDA-ANDRO (Inalco), La poésie, « portée sur le dos d’un arbre de nulle part » : Gôzô Yoshimasu ♦ Littérature chinoise et exils multiples [Président de séance : Grégory Lee (Université de Lyon 3)] ♦ 14:30, Chantal CHEN-ANDRO (Université Paris Diderot -Paris 7), Yang Lian ou l’aliénation du sujet par l’écriture ♦ 15:00, Marie LAUREILLARD (Université de Lyon 2), Exil géographique et esthétique dans la poésie de Luo Fu ♦ 15:30, ZHANG Yinde (Université Paris 3 – Sorbonne nouvelle), Exil et dis-location chez Nie Hualing ♦ 16:00, Isabelle RABUT (Inalco) et Angel PINO (Université de Bordeaux 3), Venir du continent, écrire à Taiwan ♦ 17:00, GAO Xingjian (écrivain) et Noël DUTRAIT (Université de Provence), dialogue, suivi d’un échange avec le public : Dépasser l’exil ♦ 18:00, Séance de signatures des écrivains Gao Xingjian et Tawada Yôko.


Samedi 19 juin, 9h00-18h00 : Université Paris Diderot-Paris 7 - amphi Buffon

09:00, Accueil ♦ 09:15, Allocution de bienvenue par Bernadette BRICOUT, Vice-Présidente à la Culture et à l’Université dans la Ville de l’Université Paris Diderot – Paris 7 ♦ Littérature chinoise : imaginer l’exil au travers de la langue [Président de séance : Bernadette BRICOUT] ♦ 09:30, Frédéric WANG (Inalco), Le nomadisme chez Bai Xianyong et Su Tong ♦ 10:00, XU Shuang (Paris Diderot – Paris 7), Exil fabulé et quête du sublime : Zhang Chengzhi et son Histoire de l’âme ♦ 10:30, Ariadna DE OLIVEIRA (Paris Diderot – Paris 7), ‘‘L’exil hors du langage’’ – figures de l’aphasie dans la littérature chinoise contemporaine ♦ 11:30, JIN Siyan (Université d’Arras), Can Xue : violence du « je » et exil ♦ 12:00, Annie BERGERET CURIEN (CNRS), L’exil ou l’appréhension du temps chez Ying Chen ♦ Ecrire en japonais, au-delà des frontières [Président de séance : Bernard BANOUN (Université de Tours)] ♦ 14:30, YOSHIDA Aki (Inalco), Exil forcé, exil choisi : oeuvres en langue japonaise des auteurs coréens ♦ 15:00 , TARUMI Chie (Université nationale de Yokohama), Politique de la langue et colonisation : la littérature japonaise des auteurs chinois–le cas de Taiwan (avec traduction) ♦ 15:30, Anne BAYARD–SAKAI (Inalco), Quand Murakami Haruki part en voyage ♦ 16:30, Cécile SAKAI (Université Paris Diderot – Paris 7), Exil vs mondialisation, la littérature en langue japonaise ou le jeu de la marelle ♦ 17:00, Philippe FOREST (Université de Nantes), Le silence, l’exil et la ruse - à propos d’Oe et de Gao ♦ 17:30, Débat avec le public, conclusion ♦ (entrée libre dans la limite des places disponibles).

Contact : imaginairesdelexil@univ-paris-diderot.fr

dimanche 23 mai 2010

La Montagne à la bibliothèque

Je vous rappelle, comme l’a fait Blog’Up le 18 mai, que :
« Gao Xingjian [sera] à la bibliothèque des Lettres & Sciences humaines d’Aix le jeudi 27 mai 2010 à 17h45.
Le SCD est partenaire de la première édition de la manifestation nationale « A vous de lire ! », organisée du 25 au 29 mai 2010.
La déclinaison aixoise de cette manifestation met à l’honneur l’écrivain Gao Xingjian et s’intitule : « Pérégrination autour du roman La Montagne de l’Ame de Gao Xingjian, prix Nobel de littérature 2000 ».
Cette pérégrination de 5 jours fera étape à la bibliothèque des Lettres et Sciences humaines d’Aix : Jeudi 27 mai 2010 à 17h45.
Au programme, au cœur de la bibliothèque, en présence de Gao Xingjian : un spectacle dansé, des lectures d’un extrait de la Montagne de l’Ame en français et en langues étrangères ainsi qu’en langues des signes, et, bien sûr, une rencontre et un échange avec Gao Xingjian. Entrée libre et gratuite.
J’en profite pour vous signaler qu’à l’autre bout de la France, à Saint-Malo, se tient, depuis hier 22 jusqu’à demain 24 mai, la 21e édition du festival Etonnants Voyageurs avec pour invité d’honneur la Russie. Vous trouverez le détail des nombreuses manifestations de ce festival prestigieux sur Rue89, partenaire de l’événement, mais aussi sur un site riche en informations sur cette édition et les précédentes.

On y trouve notamment une impressionnante collection de biographies d’auteurs qui s’y sont rendus et, je tiens à le noter car c’est caractéristique du peu de cas que l’on fait trop souvent des traducteurs, des bibliographies qui ne mentionnent pas ceux qui font passer les littératures d’Extrême-Orient de leur langue d’origine dans la nôtre. On ne peut dès lors plus distinguer ce qui dans l’œuvre d’un auteur comme Gao Xingjian a été écrit en français de ce qui l’a d’abord été en chinois. N'est-ce pas un peu dommage ? (P.K.)

lundi 10 mai 2010

Rendez-vous de printemps

Voici en deux mots les deux prochains rendez-vous à ne pas manquer :

Le 4 juin 2010, Les Ecritures croisées et La Cité du Livre d’Aix-en-Provence vous invitent à rencontrer quatre écrivains coréens :
  • Shin Kyung-Sook
  • Hwang Sok-Yong
  • Lee Seung-U
  • Kim Young-Ha.
Ces rencontres animées par Jean-Claude de Crescenzo se dérouleront à 18h00 dans la Cour carrée de la Cité du Livre.

Pour en savoir plus sur cet événement sur lequel nous reviendrons prochainement, et télécharger la plaquette d’informations (format pdf),
veuillez cliquer ici ou sur le cliché ci-dessus.


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L’autre rendez-vous est une série d’événements qui vont se dérouler entre le 25 et le 29 mai et qui tournent tous autour de l’œuvre et de la personnalité de Gao Xingjian.

Cette « Pérégrination autour du roman La Montagne de l’âme » s’inscrit dans le cadre de la manifestation « A vous de lire » et offrira outre des rencontres de type traditionnel (Mercredi 26 mai, 18 h, Cité du livre), des projections d’œuvres cinématographiques de Gao, des spectacles de danse, et le samedi 29 mai, entre 10 h et 17 h, une « déambulation » en 12 stations dans Aix-en-Provence, pendant laquelle la lecture de La Montagne de l’âme, entamée la veille sera poursuivie. La clôture de cette événement se tiendra à la Bibliothèque Méjanes (Cour carrée) et donnera lieu à une «Lecture performance/Lecture dansée ».

Le jeudi 27 mai, c’est, à partir de 17h45, vers la Bibliothèques des lettres et sciences humaines de l’Université de Provence, Espace de recherche et de documentation Gao Xingjian, que les regards se tourneront puisqu’y seront donnés Paysage en duo et Ecritures de bord, deux « événements dansés » par le groupe Bernard Menaut, puis une « Rencontre/lecture» en présence de Gao Xingjian. Il s’agira de la lecture d’un passage de La Montagne de l’Ame en français, chinois, allemand, arabe, anglais, italien, coréen, japonais, turc ... et en langue des signes.

Pour l’intégralité du programme très fourni de cette manifestation sur laquelle nous aurons l’occasion de revenir, veuillez cliquer ici ou sur la bulle ci-dessus
(document pdf de 5 pages).

vendredi 12 mars 2010

Ballade Nocturne, la nouvelle pièce d’un artiste « total »


La dernière création théâtrale de Gao Xingjian vient d’être présentée au Théâtre de l’Epée de Bois à la Cartoucherie de Vincennes à Paris et sera jouée jusqu’au 26 mars en alternance avec une pièce de 1991, elle aussi écrite en Français Au bord de la vie.

Une petite salle où les panneaux de bois créent une ambiance chaleureuse et une bonne acoustique, une mise en scène de Marcos Malavia, deux comédiennes, Muriel Roland et Alicia Quesnel et deux musiciennes (piano et bandonéon).

Ballade nocturne est un spectacle musical qui allie danse, chant, musique et, invention magnifique, deux grandes marionnettes. On est parfois assez loin des indications scéniques de l’auteur mais l’ensemble allie rythme et fluidité. La musique, superbe, joue comme dans les films de Gao Xingjian un rôle essentiel. La pièce avait été lue à l’Université de Londres lors d’un colloque marquant les 70 ans de l’auteur, dans la traduction en anglais de Claire Conceison, professeur d’études théâtrales à Duke University aux Etats Unis. Une lecture ne peut faire vivre un spectacle qui se veut total mais la qualité du texte et l’intérêt des thèmes retenaient l’attention.

C’est un hommage à la femme ; Gao dit qu’il se place dans une perspective féminine et qu’il a été ravi que des spectateurs aient demandé pour Au bord de la vie si l’auteur était une femme. C’est à bon droit que les deux pièces sont jouées en alternance.

Les textes français et anglais de Ballade Nocturne, avec une introduction de la traductrice, sont publiés en association avec l’Université Américaine de Paris (AUP) (Sylph Editions). Le texte en vers libres veut nous faire sentir l’isolement, la passion, la sainteté, la nonchalance et la rage, caractéristiques d’un même personnage partagé entre deux actrices et les marionnettes.

Le livre sera présenté le 16 Mars prochain à 18 heures 30 par l’AUP lors d’ un débat avec Gao Xingjian, 31 Avenue Bosquet à Paris
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Bertrand Mialaret

mercredi 3 mars 2010

Les traits chinois et les lignes francophones

Les 19 et 20 février 2010, l'université Queen's de Belfast a organisé un colloque international sur les artistes et écrivains francophones d'origine chinoise. Inspiré par le travail pluridisciplinaire de Gao Xingjian, ce séminaire, intitulé « Les traits chinois et les lignes francophones », a examiné les dimensions variées de la créativité sino-française tout au long du XXe siècle.

Cet événement a drainé de nombreux spécialistes, tant européens, qu’américains, ainsi que des membres des centres de recherche comme l’Espace de Recherche et de Documentation Gao Xingjian de l’université de Provence, ou l’Institut des Etudes Transtextuelles et Transculturelles de l’université Jean Moulin de Lyon.


Dans la première séance « Entre deux culturels », le dynamisme de la littérature transculturelle franco-chinoise est amplement étudié chez des auteurs d’origine chinoise comme François Cheng, Gao Xingjian, Dai Sijie, Shan Sa. La « transidentité » de leur création est analysée dans une perspective sociologique et sociolinguistique. Grâce à une intégration institutionnelle rapide, cette littérature émergente offre un nouveau champ d’investigations. Le dernier exposé de cette séance a abordé la francophonie chinoise dans divers contextes géographiques chinois, français, africains.

La deuxième séance était centrée sur l’aspect pluridisciplinaire. A travers une diversité de pratiques comme la peinture de Gao Xingjian, le cinéma de Dai Sijie et celui du cinéaste taïwanais Hou Xiaoxian, une cartographie de l’art contemporain francophone d’origine chinoise est élaborée, ainsi que les réflexions, théories et recherches qui leur sont attachées. La notion du récit de voyage est abordée en comparaison avec son écho dans le monde anglophone.

Les deux séances suivantes étaient consacrées aux écrivaines. D’abord, c’est l’écrivaine sino-québécoise Ying Chen qui a attiré particulièrement l’attention. C’est sur la problématique de la création littéraire dans un autre pays, une autre culture et une autre langue que cette romancière d'origine chinoise nous invite à réfléchir en filigrane de ses récits. Son œuvre originale, avec une écriture intériorisée, constitue un des meilleurs exemples d’écriture postmoderne au Québec.

Ensuite l’écriture féminine chinoise est évoquée avec Su Xuelin et Tan Xuemei. Par la médiation du roman, cette écriture porte une réflexion de recherche d’identité du soi marquée par l'expérience de l'exil, intérieur et extérieur, face à une double culture. Les intervenants étaient exclusivement des conférencières.

Le colloque a été honoré de la participation de Gao Xingjian, prix Nobel de littérature 2000, de Zhang Yinde, professeur de littérature comparée à la Sorbonne Nouvelle et de Gibert F. Fong, professeur de l’école de commerce Hang Seng à Hong Kong.

La présence de Gao a favorisé la constitution d’un pôle de contributions autour de son œuvre. L’intervention pertinente du professeur Fong sur le théâtre de Gao témoigne de la création singulière d’un artiste total au-delà de la dichotomie Chine/Occident. L’extrait du film inclassable La Silhouette sinon l’ombre a été suivi d’un dialogue entre Gao Xingjian et le public très réactif sur le processus de la création artistique. La lecture à haute voix du roman La Montagne de l’Âme par les étudiants de l’université de Queen’s en six langues différentes, a fait vivre aux participants une expérience exceptionnelle.

Enfin un bilan de la francophonie chinoise est esquissé par Zhang Yinde, dans un espace linguistique et culturel mondialisé, selon un axe chronologique et générique. Cette production se développe dans la diversification et dans la recherche identitaire avec un profond respect de la langue française. Zhang a souligné que des publications récentes ont en effet tendance à chercher leur voie propre, à la faveur de l’émergence de nouvelles thématiques.

Deux journées de travail interdisciplinaire, une véritable rencontre de la francophonie chinoise, ont permis aux participants de partager des points de vue et d’apporter un éclairage sur l’émergence d’effets de la francophonie chinoise à ce jour encore peu étudiée.

Guo Yingzhou

mercredi 27 janvier 2010

Gao au Musée Würth


Cela se passera le mardi 2 février à 20 h : « le Musée Würth France Erstein accueille l’artiste peintre, écrivain, cinéaste Gao Xingjian et son ami Noël Dutrait, universitaire, spécialiste de littérature chinoise et traducteur français de ses romans pour une soirée de rencontre autour de l'œuvre littéraire de l’artiste ». Une séance de dédicaces se tiendra à l'issue de la rencontre.


« Le Musée Würth France Erstein a ouvert ses portes en janvier 2008 à côté du siège social de l’entreprise Würth France, dans la zone industrielle ouest à Erstein en Alsace. Il est destiné à la diffusion en France de la collection Würth, l’une des plus importantes collections d’entreprise d’art moderne et contemporain en Europe » .