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dimanche 28 septembre 2014

IDEO 5 : Appel à contribution (nouvelle date)


Appel à contribution

Boire et manger dans les littératures d'Asie 



"Dis-moi ce que tu manges : je te dirai ce que tu es" écrivait Jean Antelme Brillat-Savarin (1755-1826) dans sa Physiologie du goût, ou Méditations de gastronomie transcendante (Paris, A. Sautelet, 1826, t. 1, p. viii) ; il ajoutait : "Le Plaisir de la Table est de tous les âges, de toutes les conditions, de tous les pays et de tous les jours ; il peut s'associer à tous les autres plaisirs, et reste le dernier, pour nous consoler de leur perte." (ib., p. ix).

Les habitudes et les pratiques culinaires sont, en effet, autant les marqueurs d'une société et de son état de développement, que ceux de sa culture, des interdits qu'elle s'impose, des rites et des coutumes qui sont les siens. 

Pour son cinquième numéro, Impressions d'Extrême-Orient veut offrir à ses lecteurs des éclairages sur la façon dont on affronte dans les différentes aires culturelles qui composent l'Extrême-Orient élargi au continent indien, la contrainte universelle que Brillat-Savarin résumait sous l'imparable formule : "Tout ce qui vit se nourrit" (ib., p. vii).

Le thème de la nourriture - il s'agira là de nourriture terrestre essentiellement -, pourra être envisagé sous tous les angles par lesquels la littérature l'a abordé : aussi bien à travers des descriptions émaillant les romans, que les contes populaires ou les récits savants, la poésie, la chanson, les traités de gastronomie, etc., et pourquoi pas, dès lors qu'elles font preuve d'une élaboration littéraire avérée, des recettes de cuisine.

Ainsi seront réunies des illustrations littéraires montrant les multiples liens que l'homo asiaticus a entretenus, entretient, voire entretiendra, avec ce dont il se nourrit : l'art culinaire savant ou du quotidien, ce qu'il mitonne pour ses divinités, les savantes préparations de ses chamans ou de ses médecins ; accessoirement, on pourra se pencher sur le cannibalisme et ses différentes variantes ; les lieux des festins hors norme et les rendez-vous quotidiens qui rythment la vie sociale pourront être illustrés, de même que les régimes et les diététiques ou les comportements ascétiques, la famine ou la malbouffe.

Nous ne mettons aucune restriction à la curiosité qui nous anime lorsque nous nous penchons sur ce sujet si vaste et si central. Nous accueillerons avec gourmandise toutes les propositions dès lors qu'elles éveilleront notre appétit littéraire et nous feront découvrir des textes inédits présentant un lien avec ce thème.

Nous attendons des textes littéraires traduits, précédés d’une courte présentation donnant des informations sur l'œuvre, son auteur et les raisons qui ont conduit à le retenir.

Dans l’idéal, le texte sera inédit en traduction ; si ce n’est pas le cas, le traducteur devra justifier de la nécessité d’une nouvelle traduction. Pour les textes contemporains, le traducteur s'assurera au préalable de détenir l'autorisation de l'auteur pour la publication en ligne d'une traduction de son œuvre.

Le texte retenu sera soit un texte intégral (courte nouvelle, conte, récit, poésie), soit un extrait d’une œuvre plus ample (un chapitre de roman, par exemple). La traduction n'excédera pas 20 feuillets de 1500 signes.  Le traducteur fournira sa traduction sur un support informatique (Word [.doc] avec une copie en format .pdf) portant le minimum d’enrichissement stylistique ; avec les notes de bas de page, ainsi que le texte original en format .pdf (voir les recommandations aux auteurs : http://ideo.revues.org/203 ) ; celui-ci sera communiqué aux experts chargés d’évaluer la traduction et également mis à disposition des lecteurs de la revue.

Le traducteur est libre dans le choix de l’appareil critique qui accompagnera son travail.

Il peut également proposer des documents annexes dont il détiendra, le cas échéant, les droits de reproductions (les fournir au format .jpeg)

Date limite de réception des propositions : 31 décembre 2014
Mise en ligne du numéro : juin 2015

Contacts :

Louise Pichard-Bertaux : louise.bertaux-pichard@univ-amu.fr
Elizabeth Naudou : elisabeth.naudou@univ-amu.fr
Kim-De Crescenzo Hye-Gyeong : hye-gyeong.decrescenzo@univ-amu.fr
Philippe Che : philippe.che@univ-amu.fr
Pierre Kaser  : pierre.kaser@univ-amu.fr

samedi 30 août 2014

IDEO 4 : l'hommage à Jacques Dars est en ligne



Avec un peu d'avance sur la date annoncée, mais un impardonnable retard tout de même,
voici enfin le quatrième numéro de notre revue en ligne Impressions d'Extrême-Orient qui est un hommage au grand traducteur de littérature chinoise ancienne Jacques Dars.


Je vous rappelle notre appel pour le numéro suivant dont le thème est "Boire et manger dans les littératures d'Asie" (NB. nous acceptons encore les propositions) : http://ideo.revues.org/319

dimanche 5 janvier 2014

Impressions d'Extrême-Orient 3, en ligne

IDEO 3 > http://ideo.revues.org/237

Le troisième numéro d’Impressions d’Extrême-Orient vient enfin d'être mis en ligne. Il propose 21 articles qui permettent de retracer les activités des différentes configurations de l’axe de recherche Littératures d’Extrême-Orient, textes et traduction entre 2006 et 2010.

En plus de la réédition des communications données lors du colloque « Traduire l’amour, la passion, le sexe, dans les littératures d’Asie » (15-16 décembre 2006) qui avaient déjà été publiées en ligne sur le site de l’Université de Provence, on trouvera deux des onze interventions données, le 26 octobre 2007, lors d’une journée d’études sur « La traduction des langues et des littératures asiatiques », ainsi que cinq de la vingtaine des communications du colloque international « Le roman en Asie et ses traductions » (15-16 octobre 2009) ; les six autres articles proviennent du colloque « Traduire l’humour des langues et des littératures asiatiques » (26-27 novembre 2010).

vendredi 3 février 2012

IDEO 4 - Hommage à Jacques Dars



Jacques Dars fut non seulement un être exceptionnel et un spécialiste de la littérature chinoise ancienne d’une grande curiosité, ce fut aussi un traducteur dont la disparition le 28 décembre 2010 laisse un vide incommensurable dans notre champ d’étude, et inconsolables ses lecteurs fidèles.

Notre équipe de  recherche Leo2t (UMR 7306 - IrAsia) ressent le besoin de lui rendre hommage par la publication d’un numéro spécial de sa revue en ligne Impressions d’Extrême-Orient.

Nous lançons donc un appel à contribution en direction de tous les traducteurs pour qui l’œuvre de Jacques Dars fut une source d’inspiration, ou qui ont eu la chance de travailler avec lui notamment dans le cadre de la collection Connaissance de l’Orient (Editions Gallimard) qu’il a dirigée pendant 20 ans.

Nous désirons donner la priorité à des traductions inédites de textes courts issus des littératures d’Asie que notre équipe a inscrites dans son champ d’exploration, principalement les littératures chinoise, japonaise, indienne, vietnamienne, coréenne, thaïe, birmane.

Les textes seront accompagnés d’un appareil critique (présentation et notes) adapté et de sa version originale qui sera fournie aux lecteurs selon le modèle retenu pour le premier numéro de notre revue sur le thème du voyage [voir http://ideo.revues.org/59]

Les textes doivent être libres de droits. Pour les œuvres contemporaines, le traducteur devra disposer au préalable de l’accord de l’auteur pour la publication en ligne de la traduction.

Les propositions seront évaluées par un collège d’experts comprenant au moins un spécialiste la langue et de la culture du texte. Le rendu final ne pourra excéder 20 feuillets de 1500 signes espaces compris.

Le calendrier à respecter est le suivant :
•   les propositions seront reçues jusqu’au 30 avril 2012
• les propositions seront évaluées pendant les trois mois suivants et ceux qui les ont envoyées seront fixés sur leur acceptation ou non début septembre.
•  le travail éditorial occupera les mois suivants pour une mise en ligne sur le portail revues.org à l’adresse ideo.revues.org début 2013.

Contact et envoi des contributions :
pierre.kaser@univ-amu.fr

samedi 24 décembre 2011

Impressions d'Extrême-Orient, numéro 2

A la veille de Noël, je suis heureux de vous annoncer la mise en ligne du deuxième numéro de notre revue Impressions d’Extrême-Orient.

Il propose, en texte intégral, 13 des 19 communications données lors du colloque organisé par la jeune équipe de recherche « Littératures d’Extrême-Orient, textes et traduction », les 13 et 14 mars  2009 (Université de Provence, Aix-en-Provence). 

Ce colloque intitulé « Littératures d’Asie : traduction et réception » avait permis d’explorer ces deux thématiques dans plusieurs espaces culturels asiatiques dont rend pleinement compte ce choix, savoir la Chine ancienne avec Solange Cruveillé et Philippe Postel, la Chine moderne avec Chou Tan-Ying et Paolo Magagnin, la Chine contemporaine avec Nicoletta Pesaro, Noël Dutrait et Patrick Doan, l’Inde de la Bhagavad-gītā avec Elizabeth Naudou, le Tibet d’aujourd’hui avec Françoise Robin, la Corée actuelle avec Hye-Gyeong Kim-De Crescenzo, Le Min Sook, Han Yumi et Hervé Péjaudier, et enfin le Vietnam du Kim Vân Kiêu avec Nguyen Phuong Ngoc.

En voici la table des matières :
  • Noël Dutrait, 
« IDEO, numéro 2 »
Avant-propos
  • Solange Cruveillé, 
« Études et traductions occidentales sur le Taiping Guangji 太平广记 (Vaste recueil de l'ère de la Grande Paix) »
  • Philippe Postel
, « Les traductions françaises du Haoqiu zhuan »
  • Chou Tan-Ying, 
« L’éventail aux fleurs de pêcher comme métaphore de la vie : Réflexions sur la traduction des références intertextuelles dans Rose rouge et rose blanche d’Eileen Chang »
  • Paolo Magagnin
, « La traduction et la lettre, ou le ryokan du lointain : vers une pratique de la différence dans la traduction des langues orientales »
  • Nicoletta Pesaro, 
« Feishiyi de ci 非诗意的词, la parole peu poétique : réflexions sur la traduction de Mu Dan (1918-1977) »
  • Noël Dutrait
, « Les traductions du théâtre de Gao Xingjian par lui-même »
  • Patrick Doan, 
« De la difficulté de traduire les feuilletons télévisés chinois »
  • Elizabeth Naudou, 
« Traduire la poésie sanskrite : l’exemple de la Bhagavad-gītā»
  • Françoise Robin
, « Ceci n’est pas un navire. Interprétations et lectures du poème de Jangbu (Ljang bu) Ce navire peut-il nous mener sur l’autre rive ? (Gru gzings chen po ’dis nga tsho pha rol tu sgrol thub bam, 2000) »
  • Le Min Sook, 
« La traduction des titres de romans de Kim Dong-ri (1913-1995) »
  • Hye-Gyeong Kim-De Crescenzo, 
« Traduire la nuance dans le texte littéraire coréen »
  • Han Yumi,  Hervé Péjaudier, 
« L’« autre » texte : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre »
  • Nguyễn Phương Ngọc, 
« Dragons et phénix, ou comment traduire les expressions exotiques du vietnamien »
Je vous souhaite, non seulement une bonne lecture de ces travaux savants, mais aussi d’agréables fêtes de fin d’année et vous donne rendez-vous à la rentrée pour vous faire part des projets de notre petit groupe de recherche au moment de sa fusion avec l’IRSEA et au début d’une nouvelle existence au sein de l’IrAsia...

samedi 23 octobre 2010

Hommage d’un traducteur à une traductrice


Le 4 octobre 2010, Liliane Dutrait nous a quittés. Elle luttait contre son cancer depuis des mois et des mois. Elle a gardé espoir jusqu’au dernier jour pour elle bien sûr, mais je crois surtout pour les autres, pour ses enfants, ses amis, pour moi. Membre associée de notre équipe, elle voulait se faire la plus discrète possible, refusant souvent de venir à des réunions où elle estimait ne pas avoir de légitimité pour siéger. Et pourtant, diplômée en histoire de l’art et archéologie de l’Université de Provence, diplômée en chinois de l’Université de Bordeaux III, elle avait toute légitimité à faire partie de notre équipe, même si elle n’avait pas de poste à l’université. Elle a possédé la carte de journaliste pendant de nombreuses années, journaliste à Archeologia, Impressions du Sud, La revue de la céramique et du verre, et bien d’autres encore. Elle a écrit des milliers d’articles, soit de vulgarisation, soit d’un haut niveau scientifique. Les champs qu’elle couvrait m’impressionnaient beaucoup : histoire, archéologie, littérature, céramique, céramique chinoise ancienne ou contemporaine, sciences (je me souviens des articles de vulgarisation qu’elle a écrit dans la revue Ça m’intéresse). Récemment, elle avait décidé de se débarrasser des archives qu’elle avait accumulées et qui, à ses yeux, commençaient à encombrer notre maison. Elle estimait que tout pouvait être consulté sur Internet et qu’il n’était plus besoin de garder ces vieux papiers… Ce qui me frappait toujours, c’était sa manière de ne rien négliger quand elle préparait un article. Une recherche minutieuse, des prises de contact nombreuses et un soin extrême dans la rédaction…

Sa deuxième carrière a été celle de correctrice et rédactrice. Elle a travaillé pour de nombreux éditeurs français et étrangers. Certains mentionnaient son nom, mais c’est une pratique assez rare. Elle était très sollicitée en raison de ses larges compétences. Tel ouvrage concernant la Chine lui était envoyé parce qu’elle était imbattable dans la transcription du chinois en pinyin… Tel autre en raison de sa connaissance profonde de la céramique et de sa fabrication.
Elle a même fait du rewriting, dans l’ombre des auteurs, et n’a pas toujours reçu de remerciements, pourtant mérités, pour telle ou telle œuvre primée. Quand je lui faisais part de mon mécontentement à ce sujet, elle se contentait d’arborer le grand sourire que ses amis et sa famille lui connaissaient bien.

Quand je me suis lancé dans la traduction, tout naturellement, ma première lectrice, c’était elle. Mon manuscrit, ou plutôt « tapuscrit » revenait sur mon bureau couvert de corrections notées en rouge (il fallait toujours un feutre rouge à pointe très fine). Après avoir publié plusieurs traductions avec la mention « traduit par Noël Dutrait », mais avec en page de garde un remerciement à Liliane Dutrait, nous nous sommes dit qu’en fait nous faisions bien une traduction « à quatre mains » et c’est avec La Montagne de l’Ame de Gao Xingjian, publié en 1995, que son nom est apparu en bonne place à côté du mien sur les couvertures. Un collègue m’avait fait remarquer que la courtoisie eût voulu que l’on inscrivît « traduit par Liliane et Noël Dutrait » (Ladies first). En réalité, ce choix avait été discuté entre nous. Comme c’est moi qui faisais le passage du chinois au français (le premier jet), et qu’elle intervenait lors de la relecture et des corrections, nous étions tombés d’accord pour mentionner « traduit du chinois par Noël et Liliane Dutrait ».

Traduire avec Liliane, c’était prendre son temps, relire autant de fois que nécessaire, ne jamais se contenter d’un à peu près, vérifier systématiquement du début à la fin du roman que tout était cohérent : les noms de personnages, les sites géographiques, la traduction des expressions figées, proverbes, comptines… Combien de fois m’a-t-elle faire remarqué que dans mon « premier jet » j’avais traduit un proverbe d’une manière à telle page et d’une autre manière à telle autre ? Il est vrai que parfois, pressé par le temps, je le faisais consciemment, en me disant que nous pourrions ultérieurement faire le meilleur choix entre les différentes propositions. Combien de fois aussi m’a-t-elle fait remarqué que telle phrase ne paraissait pas logique par rapport au contexte, que tel personnage ne pouvait pas apparaître à cet endroit, que la maison de tel ou tel personnage était parfois à l’est, parfois à l’ouest du village ? Aucune erreur, aucun faux-sens, aucun contre-sens n’échappait à sa vigilance (ou si c’est le cas, la faute n’en incombe qu’à moi-même). Elle n’hésitait pas à retourner au texte chinois pour vérifier si elle-même ne s’éloignait pas trop du texte original.
Naturellement, traduire à quatre mains peut engendrer de vives discussions, des oppositions, des disputes même, mais dans ces cas-là, elle savait toujours proposer une pause, une promenade, un tour dans le jardin…
La dernière lecture se faisait toujours à haute voix. C’est moi qui lisais sur l’écran de l’ordinateur et elle écoutait, souvent les yeux fermés. Elle m’arrêtait chaque fois qu’une aspérité du texte incongrue apparaissait. Et la discussion reprenait, souvent accompagnée par une lecture de la phrase ou de la page entière en chinois pour entendre « la musique de la langue ».
En général, nous faisions ces traductions en plus de notre travail personnel. Mais il nous est arrivé aussi de décider de passer dix jours ou plus de nos vacances à traduire intensément, pour être sûrs de rendre à temps notre traduction : ce fut le cas pour Beaux seins belles fesses de Mo Yan et aussi pour Quarante et un coups de canon de Mo Yan également. Nous nous étions isolés dans une maison à la campagne et nous traduisions depuis tôt le matin jusqu’au milieu d’après-midi, et nous promenions l’après-midi, puis le soir était consacré aux lectures, écoutes de musique ou sorties (jamais de travail le soir)… Et dans les bois, dans les prés, au cours de nos sorties, nous continuions à chercher (et souvent à trouver) la traduction la plus juste de telle ou telle phrase, telle ou telle expression.

Liliane était aussi une grande lectrice : romans, romans policiers, français et étrangers. Parfois elle me lisait une phrase traduite du japonais, de l’islandais, du finnois… et me la donnait en exemple par rapport à tel ou tel passage que nous étions en train de traduire.
Quelques jours avant sa disparition, j’ai pu lui montrer la dernière édition de notre œuvre commune, que nous avions dédicacée à nos enfants, Vincent et Isabelle. Il s’agissait de La Chine et les Chinois paru dans la collection Les Encyclopes chez Milan Jeunesse. C’était elle qui avait reporté il y a quelques mois les corrections nécessaires pour la réédition de cet ouvrage de vulgarisation paru la première fois en 2005. Notez que les auteurs de cet ouvrage sont bien Liliane et Noël Dutrait, (et non l’inverse comme pour les traductions) car c’est bien elle qui en a rédigé la majeure partie.
Et enfin, le dernier travail qu’elle a effectué a été la relecture de nombreux textes qui constitueront le numéro 2 de notre revue IDEO, Impressions d’Extrême-Orient.

23 octobre 2010. Noël Dutrait

dimanche 25 avril 2010

Retour sur un baptême

Cette capture d'écran renvoie, si vous cliquez dessus, à une séquence muette consultable sur notre page Dailymotion. Il s'agit du support visuel que j'ai utilisé pour présenter à un public relativement fourni notre revue en ligne Impressions d'Extrême-Orient, dont le premier volume a été lancé, vous vous en rappelez, voici plus de deux mois, c'était le 3 février 2010, sur le portail d'édition Revues.org.

Cette présentation qui s'est déroulée le 23 avril, faisait suite aux quatre exposés prévus pour cet après-midi de préparation à notre colloque « Traduire l’humour des langues et littératures asiatiques » (26-27 novembre 2010) :
  • la première à intervenir, Muriel Finetin nous a régalé de ses fines observations sur les ressorts linguistiques de l'humour chinois avec une attention particulière portée aux jeux de mots basés sur l'homophonie, réalisant, au passage, le tour de force de nous faire rire à distance puisqu'elle intervenait en visioconférence depuis son lointain Poitou. Ses conclusions ont alimenté nos réflexions sur la traduction de l'humour chinois et mis en exergue le devoir de respect du traducteur vis-à-vis des intentions de l'auteur. Les exemples tirés de la traduction française du Feidu 廢都 de Jia Pingwa 賈平凹 ont montré que cet idéal n'est pas toujours réalisé.
  • J'ai repris le flambeau avec une brouillonne présentation des contraintes sociales et culturelles attachées à la pratique de l'humour dans la Chine ancienne suivie d'une introduction à la lecture d'une collection de blagues de la fin des Ming - le Xiaofu 笑府 de Feng Menglong 馮夢龍 (1574-1646) - qui comme d'autres collections d'histoires pour rire (xiaohua ji 笑話集) connut un grand succès hors des frontières de l'Empire, notamment au Japon grâce à l'homme de lettres et inventeur, Hiraga Gennai 平賀 源内 (1728-1780). Une page de son édition abrégée disponible sur internet nous a permis de lire trois de la collection de blagues qui firent rire les Japonais de l'ère Edo. Il nous apparut que si ces traits d'humour de plus de quatre siècles d'âge conservent bien leur pouvoir hilarant en chinois, elles perdent une bonne part de leur efficacité en français. Cela doit sans doute beaucoup à Huang Chunli qui en a lu, pour ne pas dire interprété, les versions originales globalement jugées plus efficaces que les traductions réalisées, ces dernières semaines, avec les étudiants de master 1 (Monde chinois) dont l'ingéniosité ne fut pas suffisamment payée de retour.
  • Philippe Che nous a, quant à lui, proposé sa lecture de deux passages humoristiques du Zhuangzi 莊子 en comparant de manière piquante et pesée des traductions reçues par ces textes par Liou Kia-hway (1969), Jean Lévi (2006) et Burton Watson (1968). La confrontation a mis, une fois de plus, en valeur la qualité encore inégalée de la version anglaise sur les autres. Un regard sur le fameux passage rendu par Simon Leys/Pierre Ryckmans dans « Le bonheur des petits poissons » (repris dans le livre du même nom paru chez Lattès, 2008, pp. 11-15) nous a aussi montré sous un jour inédit un Zhuangzi plein de ressources spirituelles. Promesse fut donnée par son alter ego contemporain que la réflexion sur ces compositions magnifiques sera encore approfondie pour notre plus grand plaisir... il faudra donc attendre novembre pour savoir ce qui fait rire les poissons.
  • Pour conclure cette première partie, Noël Dutrait s'est amusé, et nous a amusé, en portant un regard rétrospectif sur une nouvelle de Mo Yan 莫言 traduite par lui en tandem avec les étudiants de maîtrise des promotions 2002-2003 et 2003-2004. La discussion s'est organisée autour du terme yōumò 幽默 qui intervient dans le titre : Shīfù yuèlái yuè yōumò 师父越来越幽默 rendu par Le maître a de plus en plus d’humour (Seuil, 2005), terme que les Chinois, comme nous (au milieu du XVIIIe siècle) du reste, ont emprunté à l'anglais humor et ceci grâce à Lin Yutang 林語堂(1895-1976) au printemps de l'année 1924.
Une discussion s'est ensuite engagée sur les différents mots utilisés en Thaïlande et en Corée pour parler de l'humour. Nos guides furent respectivement Louise Pichard-Bertaux et Hye-Gyeong KIM. Nous avons appris par la même occasion que la première étudiera la manière dont les jurons du Capitaine Haddock sont traduits en thaï, et que la seconde se penchera sur la traduction de l'humour dans un pansori, Histoire de Byon Gangsoé récemment traduit sous ce titre aux Editions Zulma par Choi Mikyung et Jean Noël Juttet : un beau programme en perspective qui sera complété par bien d'autres irrésistibles surprises : on peut donc déjà prédire que nous ne nous ennuierons pas les 26 et 27 novembre. (P.K.)

lundi 19 avril 2010

Pré-colloque en vue


Tout a déjà été écrit, et ici-même sur ce blog - Prolégomènes hilarants -, le 29 mars dernier, mais je suis heureux de vous rappeler que notre équipe vous attend nombreux le vendredi 23 avril à partir de 14 h. pour son séminaire de préparation à son colloque international « Traduire l’humour des langues et littératures asiatiques » (26-27 novembre 2010).

Cette rencontre conviviale permettra de débattre autour du mot « humour » dans les différents espaces qui nous tiennent à cœur après avoir écouté quatre exposés sur l'humour chinois d'hier et d'aujourd'hui et sa traduction.

Elle nous donnera également l'occasion de présenter à ceux qui ne la connaitraient pas encore, notre revue en ligne Impressions d’Extrême-Orient (IDEO) accessible sur le portail Revues.org depuis plus de deux mois.

Un apéritif apportera une note finale à ce rendez-vous qui se tiendra, non pas dans la salle des Professeurs de l'Université de Provence (Centre des Lettres et Sciences humaines, 29, avenue Robert-Schuman, 13621 Aix-en-Provence, Cedex 01), comme indiqué précédemment, mais non plus en B207, mais finalement en salle B 250. A très bientôt donc. (Billet modifié le 23/04/10, à 11h11).

lundi 29 mars 2010

Prolégomènes hilarants

La jeune équipe
« Littératures d’Extrême-Orient, textes et traduction »
(LEO2T) est heureuse de vous inviter à assister à son
séminaire de préparation du colloque international
qu’elle tiendra les 26 et 27 novembre 2010, sur le thème
« Traduire l’humour des langues et littératures asiatiques »
et à la présentation de sa revue en ligne
Impressions d’Extrême-Orient (IDEO) qui suivra, le
Vendredi 23 avril 2010, entre 14 h et 17 h,
salle des Professeurs, Université de Provence,
Centre des Lettres et Sciences humaines,
29, avenue Robert-Schuman, 13621 Aix-en-Provence, Cedex 01.

14 h - 16 h :
  • Muriel Finetin (doctorante) : « La société littéraire des cordonniers, au sujet des jeux de mots basés sur l’homophonie » (en visioconférence)
  • Pierre Kaser : « Les collections d'histoires pour rire chinoises et leur accueil au Vietnam, en Corée et au Japon ».
  • Philippe Che : « L'humour chez Zhuangzi (IVe siècle av. J.-C.) et sa traduction ».
  • Noël Dutrait : « L’humour chez Mo Yan (XXIe siècle ap. J.-C.) et sa traduction ».
16 h - 17 h : Table ronde sur le mot « humour » en chinois, japonais, coréen, vietnamien, thaï, hindi…

17 h : Présentation de la revue IDEO en présence des membres du Centre pour l’Edition Ouverte (CLEO) et de Revues.org qui ont permis la sortie de la revue.

18 h : Apéritif

jeudi 11 mars 2010

Les rendez-vous de Leo2t en 2010

Notre équipe s’est réunie le 9 mars pour mettre au point le calendrier de ses activités pour l’année 2010. Ce billet aura donc pour mission d’en fournir les dates définitives, comme d’offrir le texte des appels qui, nous le souhaitons, seront entendus.

Notre grand rendez-vous de l’année sera un colloque international, qui se tiendra à la fin du mois de novembre ; il sera préparé par une rencontre au mois d’avril ; à l’issue de ces deux moments forts, un choix de contributions sera présenté en complément d’un ensemble de traductions inédites dans la quatrième livraison de notre revue en ligne Impressions d’Extrême-Orient. Le thème commun à ces activités est la traduction de l’humour.

Appel à communication pour le

Colloque international « Traduire l’humour des langues et littératures asiatiques »

Université de Provence, 26-27 novembre 2010

Depuis plus de six ans, l’équipe LEO2T a organisé plusieurs rencontres, journées d’études et colloques au sujet des littératures d’Asie, leur réception et leur traduction. Après avoir étudié la manière de traduire les onomatopées des langues asiatiques, l’expression de la passion, de l’amour et du sexe ainsi que les questions de réception des œuvres romanesques de l’Extrême-Orient, elle organise deux jours de colloque sur le thème « Traduire l'humour » » qui permettront de définir des stratégies de traduction en abordant tous les problèmes qui peuvent surgir dès lors que l'on tente de faire passer d'une des langues de notre zone géographique de prédilection (le hindi, le chinois, le thaï, le coréen, le vietnamien et le japonais), dans une autre (et particulièrement la nôtre), des traits d'humour d'une autre culture. Les propositions d’intervention sur une langue asiatique différente de celles citées plus haut sont aussi les bienvenues. Nous ne mettons aucune limite ni restriction aux angles d'approche qui pourraient être retenus, ni même à la nature des textes soumis à examen. Néanmoins, nos expériences récentes nous invitent à demander aux intervenants d’envisager une intervention la plus brève possible (20 minutes) afin de laisser le plus de place à la discussion et aux échanges avec le public et les autres intervenants. Les interventions retenues pourront être publiées dans la revue en ligne de l’équipe IDEO. La date limite d’envoi des propositions de communication est fixée au 15 septembre 2010.

Après-midi de préparation au colloque « Traduire l’humour des langues et littératures asiatiques »

Le rendez-vous du 23 avril 2010 - date initialement retenue pour une journée d’étude -, est conservé pour l’organisation d’une manifestation studieuse et festive qui se déroulera ainsi :

• de 14 h à 17 h : préparation du colloque « Traduire l’humour » du mois de novembre. Chaque membre de l’équipe préparera une courte contribution sur la thématique de l’humour, avec, par exemple, une réflexion sur le terme « humour » dans sa langue de prédilection.

• 17 h : présentation de la revue Impressions d’Extrême-Orient à la presse et aux collègues de l’université, suivie d’un pôt.

Appel à contribution pour le numéro 4 d’Impressions d’Extrême-Orient.

Le premier numéro de notre revue en ligne avait pour fil directeur, le voyage. Le quatrième volume que nous souhaitons pouvoir mettre en ligne au tout début de l’année 2011 sera, quant à lui, organisé autour du thème de l’humour. Il proposera outre un choix de communications données pendant le colloque « Traduire l’humour des langues et littératures asiatiques » des 26 et 27 novembre 2010, des traductions inédites de textes en rapport avec ce thème.

Cet appel est ouvert aux participants au colloque, mais il ne leur est pas réservé. Nous accueillons donc toutes les propositions de traductions de textes humoristiques, ou jugés comme tel par ceux qui les proposent, inédits dans notre langue, libres de droits ou bien bénéficiant d'un accord de publication clairement établi par son auteur. Tout traducteur d’une langue d’Extrême-Orient couvert par notre équipe ayant le désir de collaborer peut donc nous faire parvenir d’ici le 15 septembre une traduction accompagnée d’une courte présentation de l’œuvre en question et de son auteur. Afin de faciliter son examen, puis s’il est retenu, le traitement de son travail, nous invitons les traducteurs à consulter les recommandations aux auteurs sur le site de la revue : http://ideo.revues.org/203

Contact colloque : Noël Dutrait, noel.dutrait@univ-provence.fr

Contact revue : Pierre Kaser, pierre.kaser@univ-provence.fr

lundi 8 février 2010

Mise à flot d’IDEO (suite)


L’annonce de la mise en ligne de notre revue Impressions d’Extrême-Orient a été entendue – le billet qui la diffusait a enregistré un record de visites : c’est dire l’intérêt que vous portez à nos travaux et l’intensité de l’attente provoquée par la sortie longtemps différée de notre nouvelle excroissance. Je remercie donc au nom de l’équipe tous ceux qui ont lu son premier numéro consacré au thème du voyage, et tout particulièrement ceux qui ont pris la peine de déposer, soit dans les commentaires du billet précédent, soit dans ma boîte e-mail personnelle, ou encore sur Twitter, des messages de satisfaction et d’encouragements à continuer (l’image ci-dessous en propose une synthèse).

Ces témoignages amicaux nous invitent à redoubler d’efforts pour donner à IDEO un rythme de publication soutenu et un contenu encore plus riche. L’adresse restera la même : http://ideo.revues.org/ ; ne manquez pas de l’inscrire dans vos favoris. (P.K.)

mercredi 3 février 2010

Invitation au voyage…


Annoncée depuis des lustres (la première fois, c’était le 28 septembre 2007) sur ce blog, la sortie, toujours imminente et à chaque fois différée, de notre revue en ligne est enfin arrivée.

Depuis aujourd’hui, 3 février 2010 à 10h08, Impressions d’Extrême-Orient, la revue de l’équipe de recherche « Littératures d’Extrême-Orient, textes et traduction » est accessible à l’adresse http://ideo.revues.org/

Entre le moment où s’est manifestée pour la première fois notre volonté d’éditer une revue entièrement dédiée aux littératures des aires culturelles que nous couvrons et la concrétisation de ce vœu avec la mise en ligne sur le portail d’édition Revues.org, ce sont donc plus de deux années qui se sont écoulées.

Pour ne pas revenir sur toutes les étapes de cette longue gestation, je vais me contenter de remercier chaleureusement ceux qui ont, à un moment ou à un autre, contribué à faire avancer le projet : Laure Denoix, Christine Challulau, Liliane Dutrait, l’ensemble des membres de l’équipe au premier chef desquels Louise Pichard-Bertaux avec qui j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une formation à Lodel sous la houlette de la dynamique et sympathique équipe du Centre de l’Edition Electronique Ouverte (Cléo) et de Revues.org qui nous a fait l’honneur de nous accueillir et nous a patiemment guidé. Mes plus vifs remerciements vont bien naturellement à Lisa George qui a conçu la maquette et a assuré le suivi éditorial d’IDEO : sa patience et sa réactivité ont été d’un grand secours.

Malgré l’attention et l’investissement mis en œuvre surtout pendant ces dernières semaines, la revue que je vous propose de découvrir reste sans aucun doute perfectible. Nous continuerons d’y travailler avec le même enthousiasme et la même volonté de toucher le plus grand nombre.


Alors que le numéro 1 d'Impressions d’Extrême-Orient vient tout juste de voir le jour, notre équipe est déjà en train de travailler aux deux prochains numéros qui proposeront, non pas des traductions comme dans ce numéro inaugural, mais des articles.

C’est ainsi que vous pourrez bientôt lire dans le n° 2 certaines des communications données lors du colloque « Littératures d’Asie : traduction et réception » organisé par l’équipe « Littératures d’Extrême-Orient, textes et traductions » les 13 et 14 mars 2009 : sa mise en ligne devrait intervenir au printemps de cette année.

Le n° 3 sera, quant à lui, consacré au colloque « Le roman en Asie et ses traductions » qui s’est tenu les 15 et 16 octobre 2009. Nous collectons encore les communications. Sa mise en ligne est prévue pour l’automne.

Nous pensons aussi au n° 4 qui sera organisé autour du thème de l’humour et devrait proposer des traductions, ainsi qu’un choix de communications données lors du colloque sur le thème « Traduire l’humour » qui se tiendra les 23 et 24 avril 2010.

Mais trêve de propos oiseux, il est grand temps pour vous de partir explorer les contrées attirantes et surprenantes de la littérature d’Extrême-Orient avec ce numéro d'Impressions d’Extrême-Orient consacré au voyage, premier numéro d’une série que je souhaite longue. (P.K.)

mardi 5 mai 2009

Traduire l'humour sans plus attendre

IDEO 1 auquel nous travaillons depuis tant de mois est prêt. En fait, il est prêt depuis un bon moment, mais il n'a toujours pas, pour des raisons d'ordre technique, trouvé sa place sur la toile. Ce premier numéro de notre revue électronique Impressions d'Extrême-Orient proposera huit traductions de textes inédits autour du thème du voyage envisagé avec une grand latitude de traitement et couvrant un vaste espace tant géographique que temporel, puisqu'il s'étend de la Chine du XVIIe siècle à celle d'aujourd'hui, de la Thaïlande à la Corée, en faisant un crochet par l'Inde et le Vietnam. Ce beau vaisseau à la voilure flambant neuve va donc finir par sortir de la tourmente et par accoster sur vos écrans – on entend déjà sa sirène. Le corps de ce numéro inaugural dont la mise en ligne vous sera annoncée, je le souhaite, très prochainement, sera complété, entre autres, par des communications données à l'occasion de notre journée sur la traduction du 26 octobre 2007.

Bien que le volume 1 ne soit pas encore disponible, nous pensons qu'il est déjà temps de lancer le second volume de traductions qui constituera un jour un numéro 4 – les numéros 2 et 3 seront en effet entièrement consacrés aux communications données pendant les deux manifestations programmées par notre équipe en 2009, savoir le colloque « Littératures d’Asie : traduction et réception » des 13 et 14 mars qui s'est admirablement bien déroulé et celui des 11 et 12 décembre 2009 sur le roman asiatique - « Le roman en Asie et ses traductions ». Mais pas d'impatience, et chaque chose en son temps, revenons donc à ce futur n° 4 d'IDEO et à son thème.


Le thème retenu pour ce second volume de traduction s'est rapidement imposé aux membres de l'équipe. Serait-ce la morosité ambiante, la lourdeur du climat qui entoure nos activités et les menaces qui pèsent sur leur avenir, qui nous y ont conduits ? Je ne saurais l'affirmer. Toujours est-il qu'il a fait l'unanimité et s'est imposé largement devant d'autres thèmes sur lesquels il sera toujours temps de revenir un jour prochain. Puisqu'il s'agit, non pas de délimiter une problématique, nous le proposons ici dans sa formulation la plus simple, celle qui permettra à chacun de se sentir libre de faire des propositions que nous souhaitons nombreuses, variées et originales :

⊰ Traduire l'humour ⊱

Pour ceux qui ne pourraient se satisfaire de « simplement » traduire et aimeraient gloser sur ce thème potentiellement très riche, nous envisageons déjà de mettre sur pied un colloque qui pourrait être l'occasion de parler de l'expérience de la traduction en langue française de textes humoristiques en provenance d'Extrême-Orient. Un appel à communication sera envoyé à cet effet dès que notre calendrier d'activité pour 2010 sera arrêté.

Pour l'heure, vous voici face à un nouveau défi. Il est double : 1. identifier dans le corpus littéraire qu'offre votre champ d'investigation culturel et linguistique privilégié, un ou des textes susceptibles d'illustrer de manière originale et novatrice le thème de l'humour et 2. le ou les traduire en français.

Je vous rappelle le modus operandi : chaque contributeur est appelé à proposer un texte littéraire traduit, précédé d’une présentation synthétique avant le 1 mars 2010.
  • Dans l’idéal, le texte sera inédit en traduction ; si ce n’est pas le cas, le traducteur devra justifier de la nécessité d’une nouvelle traduction. Pour les textes contemporains le traducteur s'assurera au préalable de détenir l'autorisation de l'auteur.
  • La traduction ne devra pas excéder 20 feuillets de 1500 signes.
  • Le texte retenu sera soit un texte intégral (nouvelle, conte, poésie), soit un extrait d’une œuvre plus ample (un chapitre de roman, par exemple).
  • Le traducteur devra fournir sa traduction sur un support informatique (Word ou OpenOffice) portant le minimum d’enrichissement stylistique) ainsi que le texte original en format pdf ; celui-ci sera communiqué aux experts chargés d’évaluer la traduction et également mis à disposition des lecteurs de la revue.
  • Le traducteur est libre dans le choix de l’appareil critique qui accompagnera son travail (notes de bas de pages plus ou moins développées).
  • Pour toutes les questions relatives à cet appel, prière de contacter Pierre.Kaser@univ-provence.fr
Mais, comme il n'est jamais trop tôt pour bien faire, voici en guise d'apéritif et pour satisfaire les moins patients d'entre vous, une blague chinoise qui (dans sa forme initiale au moins) fait rire depuis au moins quatre siècles. Elle n'est pas sans rapport avec le sentiment de ceux qui aimeraient pouvoir enfanter, non pas des héritiers, mais des numéros d'IDEO :

« A peine est-il devant le marchand de nouilles que l'impatient s'écrie : « Alors, elles arrivent ces nouilles ! ». Le patron arrive, les verse sur la table et lâche un : « Avale ça, faut que j'lave le bol ! » L'impatient au comble de la colère rentre chez lui. « Je vais en crever de rage ! », lance-t-il à sa femme. Celle-ci sans perdre un moment fait son paquetage : « Si tu meurs, je cours me remarier ». Le lendemain des noces, le second mari désire la répudier. Quand elle lui en demande la raison, il répond : « Mais c'est que tu ne m'as toujours pas donné d'héritier ! »
性急人過麵店。即亂嚷曰。為何不拿麵來。主人持麵至。傾之桌上曰。你快吃。我要凈碗。其人怒甚。歸謂妻曰。我氣死了。妻忙打包袱曰。你死。我去嫁人。及嫁過一宿。後夫欲出之歸。問故。曰。怪你不養兒子。
Cette blague tirée du Jingxuan yaxiao 精選雅笑 (Choix élégant de blagues raffinées) datant des Ming (1368-1644) a déjà fait l'objet d'une traduction par André Lévy dans un article pionnier intitulé « Notes bibliographiques pour une histoire des « histoires pour rire » en Chine » (Etudes sur le conte et le roman chinois. Paris : Ecole Française d'Extrême-Orient, 1971, pp. 67-95). Il ouvrait une voie qui n'a pas été suivie depuis. IDEO 4 sera pour moi l'occasion de payer une part de ma dette de reconnaissance vis-à-vis de mon maître en sinologie. Mais, comme on le dit souvent, plus on est de fous plus on rit – certains ajoutent même que plus on est, moins il y a de riz -, aussi, quelle que soit la raison qui vous y pousse, n'hésitez plus et envoyez vos propositions de participation, et .... ne traînez pas ! (P.K.)