Affichage des articles dont le libellé est Yu Jian. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Yu Jian. Afficher tous les articles

jeudi 20 janvier 2011

Un vol poétique à la BNF

J’ai le plaisir de vous annoncer que le «Rendez-vous du samedi» qui se tiendra le 29 janvier 2011 de 17 h. à 18 h. à la Bibliothèque nationale de France (BnF, Paris, Hall Ouest, Espace pédagogique) permettra à ceux qui pourront s’y rendre de rencontrer Li Jinjia et Claude Mouchard autour du poème Un Vol de Yu Jian dont la traduction par Li Jinjia et Sébastian Veg vient d’être publiée aux Editions Gallimard, dans la collection « Bleu de Chine» (2010, 72 p.)

« Né en 1954 à Kunming dans la province du Yunnan, Yu Jian 于坚 est l'un des poètes les plus influents de la Chine actuelle. Outre le français, ses œuvres ont été traduites en plusieurs langues : anglais, allemand, néerlandais, japonais. Li Jinjia, maître de conférences à l'Inalco et traducteur du poète, évoquera l'œuvre de Yu Jian, son approche esthétique, ses recherches en matière de rénovation linguistique, ainsi que la problématique de la traduction poétique. Un enregistrement sonore permettra d'entendre le poète lire un extrait de son poème, en chinois. Puis Claude Mouchard, professeur émérite à l'université Paris 8 et directeur de la revue Poésie en proposera une lecture, en traduction française. La rencontre sera animée par Jie Formoso, chargée de collections en langue et littérature chinoises, département Littérature et art. »

Je profite de cette invitation à la poésie pour vous signaler la parution de la cinquième livraison de Cerise Press, la belle revue en ligne consacrée à la poésie, la création littéraire et à la traduction, et réitérer ma promesse d’une recension de l’ouvrage que Li Jinjia a consacré aux traductions françaises de Pu Songling (Le Liaozhai zhiyi en français (1880-2004). Etude historique et critique des traductions. Paris : You Feng, 2009, 398 p.), travail qui viendra en son temps soutenir les efforts de l’équipe pour établir l’inventaire critique des traductions françaises des littératures d’Extrême-Orient, colossale projet qui fera l’objet d'un prochain billet. (P.K.)

vendredi 24 septembre 2010

dimanche 19 septembre 2010

Yu Jian à Aix

Photo de Yu Jian sur son blog


Les rencontres avec le poète chinois Yu Jian
(annoncées ci-dessous)
sont malheureusement annulées.


L'équipe de recherche
« Littératures d'Extrême-Orient, Textes et traduction »
vous invite à rencontrer à deux reprises le poète chinois

YU Jian 于坚
  • le Lundi 27 septembre 2010 à 17 h, salle A 458 (Université de Provence, Centre des Lettres, Aix-en-Provence) pour la présentation de son film documentaire Bise chezhan 碧色车站 (La gare bleue), au sujet d’une gare construite par les Français au Yunnan au début du XXe siècle. (Le film est en anglais) et
  • le Mardi 28 septembre 2010 à 17 h, salle D 239 pour une discussion avec le public et une lecture en chinois de son poème Un Vol (traduit chez Bleu de Chine/Gallimard par Sebastian Veg et Li Jinjia) (en chinois, traduction assurée)
Pour vous y préparer, vous pouvez non seulement lire Un Vol évoquée ici et Dossier O (Paris : Bleu de Chine, 2005, 69 pages) également traduit par Sebastian Veg et Li Jinjia.

lundi 30 août 2010

Une nouvelle traduction de Cris de Lu Xun par Sebastian Veg


Notre équipe « Littératures d’Extrême-Orient, textes et traductions » compte parmi ses membres associés Sebastian Veg, jusqu’à tout récemment, chercheur détaché auprès du Centre d’Etudes français sur la Chine contemporaine (CEFC) à Hong Kong. Familier de nos colloques, journées d’études et rencontres, au cours desquels il a fréquemment pris la parole toujours avec la plus grande pertinence, il a déjà publié une traduction de Lu Xun 魯迅 intitulée Errances (Rue d’Ulm, 2004) et compte plusieurs autres traductions de Liu Zhenyun 刘震云 et Yu Jian 于坚.


Errances avait été recensé à sa sortie par moi-même dans Le Monde du 19 mars 2004. Je concluais mon article ainsi : « Il existe deux bonnes raisons de lire le recueil Errances : la traduction soigneuse rend remarquablement le charme, l’ironie et la mélancolie des nouvelles de Lu Xun ; les notices du traducteur qui accompagnent chaque nouvelle jettent un éclairage sur la société chinoise de la première moitié du XXe siècle dans son extraordinaire foisonnement d’idées, et montre à quel point la Chine était loin de l’immobilisme et de l’obscurantisme dont on se plait souvent à l’affubler. À la lecture de ce recueil, on ressent à quel point une édition complète des œuvres de Lu Xun est d’une urgente nécessité, tant il paraît évident que cet écrivain est bel et bien le père de la littérature chinoise contemporaine », tandis qu’Isabelle Rabut, traductrice elle-même de nombreuses œuvres de littérature chinoise contemporaine, exprimait quelques critiques sur la traduction de Sebastian Veg dans sa recension publiée dans Perspectives chinoises (n° 90, juillet-août 2005, p. 57-59). Elle écrivait : « Sebastian Veg s’est expliqué dans sa préface sur ses principes de traduction : ‘ Nous avons cherché à donner de Lu Xun une autre lecture, qui n’occulte pas les aspérités d’une syntaxe du chinois littéraire moderne en pleine élaboration’ (p. 7). Cependant, il n’est pas sûr que ce parti-pris de littéralité (qui se réclame des conceptions de Lu Xun traducteur) serve le texte ; la ‘fidélité’ que revendique la traduction relève en effet en grande partie d’une illusion : certaines habitudes d’expression propres au chinois semblent avoir été prises pour des particularités de la langue de Lu Xun (ou de la langue de l’époque). Les répétitions, par exemple, sont un trait de la langue chinoise qui n’est pas plus saillant chez Lu Xun que chez n’importe quel auteur moderne, et qu’il faut se garder, sauf exception, de conserver en l’état. Bon nombre des lourdeurs ou des bizarreries qu’on relève au fil des pages ne sont pas imputables à Lu Xun, mais à une inadéquation dans le rendu de certaines tournures courantes. En un mot, toutes les rugosités qu’on peut trouver au style de Lu Xun ne justifient pas qu’on fasse de lui un auteur qui écrit mal. Les exemples abondent de ces maladresses surajoutées au texte original ».


Dans sa traduction de Cris, Sebastian Veg répond à Isabelle Rabut : « Toute traduction est naturellement critiquable, dans la mesure où elle relève toujours de choix opérés par le traducteur ; ce n’est donc pas tant la teneur d’un tel propos qui pose problème que le jugement de valeur sous-jacent qui suggère que l’on pourrait départager « lourdeurs et bizarreries » de ce qui serait le « beau style ». Lu Xun, en réalité, n’est pas un écrivain qui recourt souvent aux répétitions lexicales – lorsqu’il en apparaît, elles sont soigneusement pesées. » Puis il poursuit : « Sur le détail de la traduction, nous espérons bien que le présent ouvrage puisse inciter de nouveau à la discussion. »


Et effectivement, Sebastian Veg livre à la discussion quelques choix de traduction comme par exemple la traduction du titre de la nouvelle A Q zhengzhuan 阿Q正传。On peut recenser les traductions suivantes de ce titre : « La véritable histoire de Ah Q » (Editions des langues étrangères de Pékin, 1973), « Histoire d’A Q : véridique biographie » (Le Livre de Poche, 1989, repris dans le recueil Cris, Albin Michel, 1995). Ici, Sebastian Veg choisit de traduire ce titre « L’édifiante histoire d’a-Q ». Dans le commentaire qu’il fournit pour chaque nouvelle, Sebastian Veg justifie son choix de traduction avec brio, montrant comment le sens de « édifiant » pour zheng 正 (qui signifie « authentique ou officiel » (Dictionnaire Ricci) s’est imposé à lui. L’utilisation du nom du personnage principal a-Q est à mes yeux un peu plus contestable dans la mesure où un public de lecteurs cultivés avait pu s’habituer à la transcription en A Q ou Ah Q. D’autant plus que les différentes traductions du titre en anglais s’accordent sur la transcription en Ah Q.


Avec cette réponse de Sebastian Veg à Isabelle Rabut, le débat sur la traduction est donc lancé, un débat comme on les aime sur ce blog !


Pour en revenir au recueil dans son ensemble, il faut se féliciter de la qualité de la traduction, de la pertinence des notes qui l’accompagnent et en plus, du commentaire toujours très pertinent de Sebastian Veg sur chaque texte proposé. Il n’y a qu’ainsi, à mon avis, que Lu Xun peut être lu par le grand public actuel qui n’est pas au fait de la situation extrêmement complexe de la Chine de cette époque. Le fait que chaque nouvelle soit restituée dans son contexte et commentée permet d’en saisir toute la saveur et souvent le sens caché. Enfin, une bibliographie très complète, un index et un article brillant de Sebastian Veg intitulé « Sortir du règne de la critique » fournissent des outils très utiles au lecteur qui voudrait en savoir plus sur Lu Xun et la littérature chinoise de son époque.


Notons enfin la parution d’un long poème de Yu Jian 于坚, Un vol 飞行, traduit aussi par Sebastian Veg et Li Jinjia aux éditions Bleu de Chine/Gallimard. Traduire la poésie est à coup sûr plus difficile que de traduire la prose, mais les deux traducteurs s’en sortent avec brio. J’ai beaucoup apprécié ce long poème qui est à la fois une sorte de journal de voyage et une méditation sur la poésie, la vie et l’histoire. Christophe Donner en a fait une recension enthousiaste dans Le Monde magazine du 15 mai 2010. Nous en reparlerons puisqu’il n’est pas impossible que Yu Jian passe à Aix-en-Provence dans un avenir proche…


Noël Dutrait


jeudi 25 mars 2010

La collection bleue

Le Salon du livre de Paris ouvre ses portes au public demain 26 mars et ce jusqu'au 31 mars. Le trentième anniversaire d'une manifestation dont la tenue est source d'interrogations et de pesants sacrifices pour les petites maisons d'édition va permettre de rencontrer quelque 90 auteurs dont certains viennent de fort loin comme l'indien Tarun J Tejpal et le chinois Yan Lianke 阎连科. Ce dernier est, notez-le bien, attendu pour plusieurs rendez-vous les 26, 28 et 29 mars : vous aurez donc plusieurs fois la possibilité de lui demander ce qu'il pense du choix du titre retenu par son éditeur français pour sa dernière œuvre traduite chez nous.

Ce grand moment de la vie éditoriale française est l'occasion saisie par nombre d'éditeurs pour lancer sur le marché quelques appétissantes nouveautés. On ne s’étonnera donc pas particulièrement de l’apparition aux Editions Gallimard d’une nouvelle collection qui redonne vie, après un rachat salutaire, aux éditions Bleu de Chine dont la direction reste assurée par sa fondatrice Geneviève Imbot-Bichet. Trois titres font partie de cette fournée initiale qui marque tout à la fois une rupture (esthétique) et une continuité (éditoriale) ; il s'agit, respectivement, de :
  • Un Vol, un long poème narratif « qui épouse le déroulement d’un vol, évoque un voyage à la fois réel et symbolique » de Yu Jian 于坚 (1954-) traduit par Li Jinjia et Sébastian Veg (72 pages) ;
  • ce qui nous est présenté comme « une fable sur l'argent sale, la réussite et l'échec dans la Chine d'aujourd'hui [...] sous l'apparence d'un polar bon enfant », de la chinoise Bei Bei 北北, alias Lin Lan 林 岚 (1961-), traduit sous le titre Mon petit coin de monastère et prestement présenté (trois courtes pages) par Françoise Naour (104 p.) ;
  • un titre dont la sortie avait été annoncée de longue date, Lèvres pêche de Cui Zi'en 崔子恩 (1958-) traduit par Sylvie Gentil ; je vous livre la totalité de l'appareil critique accompagnant les 304 pages de ce roman qui fit scandale au moment de sa parution en 1997 : « Pour avoir châtré au bistouri son fils, violoniste homosexuel, un médecin croupit dans un cachot. Jeu de monologues centré autour de cette figure paternelle, sombre et tourmenté, hanté par le vertige de la vacuité, Lèvres pêche révèle le mal de vivre des homosexuels en Chine. Premier roman sur le sujet jamais publié en Chine populaire, il y fut rapidement mis à l’index. » On peut regretter la brièveté de cette contextualisation et se désoler de la non moins brève présentation de l'auteur que voici : « Né en 1958, Cui Zi’en est cinéaste, féru des réalisateurs italiens (Visconti, Pasolini, Fellini…). Professeur à l’Institut du cinéma de Pékin, il a été démis de ses fonctions pour avoir publiquement admis son homosexualité. Il est aussi écrivain, critique et théoricien. » Elle mérite pour le moins une actualisation que nous vous proposerons un jour prochain. Il y a, en effet, beaucoup à dire sur ce personnage aussi controversé que médiatique lequel livrait avec Taose zuichun 桃色嘴唇 le premier jalon d'une œuvre, pas seulement littéraire, déjà abondante et qui a fini par se faire une place sur le continent. Pleine de surprises, elle offre même une intéressante étude sur l’œuvre romanesque de Li Yu 李渔 (1611-1680) (Li Yu xiaoshuo lungao 李渔小说论稿. Beijing : Zhongguo shehui kexue, 1987. 160 p.).
Bien d'autres titres font aussi l'actualité des littératures d'Extrême-Orient, mais retenu loin du centre des opérations, j'en suis réduit à ne vous livrer que de bien grossières approximations : il me faudra attendre l'arrivée de ces perles printanières dans les rayons de plus en plus fournis de notre bibliothèque universitaire pour être plus loquace ; ne perdez pas patience. (P.K.)