vendredi 21 mars 2008

De P'ou à Pu

Pu Songling 蒲松齡 (1640-1715)

En matière de traduction, le pire est sans aucun doute l’absence de traduction ; après, tout est question de degré et de nuance dans leur appréciation. Mais que faire, sinon s’en attrister, quand on apprend que quelqu’un s'est enthousiasmé pour une œuvre littéraire chinoise qu’on apprécie particulièrement à partir d'une traduction que l’on considère personnellement médiocre, voire mauvaise, ou simplement fautive ? Doit-on, quitte à passer pour un rabat-joie de la dernière espèce, ruiner son plaisir en lui démontrant qu’il s’est fourvoyé et le plonger dans une vaine attente en lui faisant miroiter un plaisir qu’il n’aura, sauf s’il s’attelle à l’apprentissage de la langue traduite, jamais la chance de goûter ?

Voilà un cas de conscience qui ne se pose plus lorsqu’il existe du texte en question une « bonne traduction » et que l’erreur de départ ne tient, en fait, qu’à une erreur d’aiguillage dont la responsabilité repose sur de mauvais conseils ou les limitations de la librairie ou de la bibliothèque croisées. Dans ce cas, il faut, c’est un devoir !, informer le malheureux de sa bévue et lui offrir par des orientations mesurées une voie de rédemption.

Ce préambule oiseux et les développements qui vont suivre m’ont été inspirés par la lecture d’un billet que Nicolas X. a publié le 2 janvier dernier sur Vovan, « site dédié à la littérature asiatique », proposant de « découvrir la littérature par pays : Thaïlande, Japon, Viêtnam... Mais aussi par genre : contes, nouvelles, biographies... » dont l’ambition est de devenir, non pas « une encyclopédie de la littérature asiatique, mais plutôt un espace d'exploration et de découverte que les lecteurs peuvent enrichir par leurs réactions. » Cela dit en passant, il nous a fait l'amitié de mettre un lien fixe vers notre blog et d’y faire référence quand l’occasion se présente, comme avec un billet sur Bi Feiyu : qu’il en soit remercié.


Amateur de contes chinois anciens, Nicolas nous confie son enthousiasme pour Contes extraordinaires du pavillon du loisir qui, écrit-il, « est un recueil de 26 nouvelles écrites par P'ou Song Ling (1640-1715) durant la deuxième moitié du 17e siècle. « Bachelier à dix-huit ans mais indéfiniment refusé à la licence », P'ou Song Ling à travers les Contes extraordinaires du pavillon du loisir nous montre toute l'étendue de son talent. D'où lui venait son inspiration ? On dit qu'il s'installait chaque matin sur une natte et écoutait les histoires que les passants lui racontaient. Le soir venu, les histoires qui avaient retenu son attention, étaient arrangées puis consignées à la lueur d'une bougie. », et il reproduit le tout début d'une nouvelle intitulée « Le taoïste de la secte du Lotus Blanc » que voici :
Il y avait au Chansi un taoïste de la Secte du Lotus Blanc ; son nom est tombé dans l'oubli : sans doute était-ce un disciple de Siu Hong-jou. Il abusait les gens par ses maléfices mais de ceux qui admiraient son art, beaucoup s'étaient mis à son école. Un jour, sur le point de partir en voyage, il installa dans sa grande salle une cuvette qu'il recouvrit par une autre. Puis il recommanda à un de ses disciples d'en assurer la garde sans rien soulever pour regarder. Cependant, après son départ, le disciple souleva la cuvette du dessus et vit que celle dessous était remplie d'un eau claire sur laquelle flottait une petite barque de paille tressée avec sa voile et son mât. Plein de curiosité, il s'amusa à la toucher avec le doigt mais sa main la renversa. Alors il se hâta de la relever et de recouvrir la cuvette. Soudain le maître revint et, fort irrité, reprocha au disciple de lui avoir désobéi et lorsque celui-ci se dressa pour se défendre, il s'écria : «Il n'y a qu'un instant, mon bateau a chaviré en pleine mer. Comment penses-tu pouvoir me tromper ? »
Le passage figure page 65 de l'édition originale de P'ou Song-ling, Contes extraordinaires du pavillon du loisir, traduit du chinois, introduction de M. Yves Hervouet, Paris : Editions Gallimard, parue en 1969 dans la collection « Connaissance de l'Orient » alors dirigée par Etiemble (1909-2002) ; il en constitue le 31e volume venant renforcer une « série chinoise » qui jusqu'alors avait accueilli des œuvres de Guo Moruo 郭沫若 (1892-1978) (Kouo Moejo, K'iu Yuan 屈原, n° 4, traduit par Liang Pai-Tchin), Luxun 魯迅 (1881-1936) (Lou Siun, Contes anciens à notre manière) et une anthologie de pièces de théâtre des Yuan (respectivement les n° 8 et n° 18 traduits par Li Tche-houa), le Liezi 列子 (n° 14, trad. Benedykt Grynpas), Liu E 劉鶚 (1857-1909) (Lieou Ngo, L'odyssée de Lao Ts'an, n° 19, trad. Cheng Tcheng), Shen Fu 沈復 (1763-1810 ?) (Chen Fou, Récits d'une vie fugitive, n° 25, trad. Jacques Reclus), le Laozi 老子 et le Zhuangzi 莊子 (respectivement n° 23 et n° 28 traduits par Liou Kia-hway). Le volume est comme la plupart des titres de la collection estampillé « Collection UNESCO d'œuvres représentatives » ; pour sa réalisation Yves Hervouet (1921-1999) s'était fait assisté d'un bel aréopage de sinologues de talent qui ont chacun laissé des contributions ou des collaborations ayant marqué les études chinoises et la connaissance de la littérature chinoise dans notre langue : Jacques Guillermaz (1911-1998) et Patricia Guillermaz, Max et Odile Kaltenmark, Li Tche-houa, Robert Ruhlman et Tchang Fou-jouei.

Pour beaucoup, dont moi, ce volume fut le premier contact avec l'œuvre de Pu Songling selon la transcription courante actuelle et avec l'homme dont Yves Hervouet retraçait le parcours avec les moyens du bord et en s'appuyant semble-t-il sur les précieux travaux de Jaroslav Prusek (1906-2006) réunis en 1970 (Prague), non sans avoir établi les éléments nécessaires pour situer l'œuvre dans le champ littéraire chinois et en apprécier certaines particularités. Il rappelait rapidement l'existence des précédentes traductions dont la plus fameuse fut sans équivoque l'anglaise d'Herbert Giles (1845-1935), Strange Stories from a Chinese Studio (1880), qui offrait pas moins de 164 histoires. Parlant des traductions françaises, Yves Hervouet rappelait fort justement que « la plus importante des huit à dix traductions partielles parues de 1889 à 1938 ne comporte pas plus de vingt-cinq histoires. Toutes sont évidemment épuisées et se rencontrent rarement, même dans les bonnes bibliothèques. »


On se rappelle qu'Anatole France avait attiré l'attention de ses contemporains sur la tentative de Tcheng-Ki-Tong [Chen Jitong 陳季同(1852-1907)] (Contes chinois, Paris, Calmann Lévy, 1889) de transmettre le génie du fameux conteur du Shandong ---- on y reviendra une fois prochaine. D'autres relèveront le même défi, comme J. Halphen avec ses Contes chinois (1923), Louis Laloy (1874-1944) avec ses Contes magiques (1925) et P. Daudin avec Cinquante contes chinois (1938) -- des trois, seule l'anthologie de Louis Laloy revit le jour – Contes étranges du cabinet Leao aux Editions Philippe Picquier (1987). Il fallut attendre 58 ans pour lire une véritable nouvelle traduction car les Contes fantastiques (1986) de Li Fengbai et de Denise Ly-Lebreton, bien que « plus précis et complets » (dixit André Lévy) sont aussi anecdotiques que les précédentes car il s'agit à nouveau d'un choix limité, tout comme Histoires et légendes de la Chine mystérieuse (Chou, 1969, réédité plusieurs fois sous différents titres) traduits par Hélène Chatelain sous la houlette d'un Claude Roy (1915-1997) inspiré, évoquant dans sa préface (« Pou, le lettré merveilleux ») les « longues conversations » qu'il eut, à Pékin, en 1952 « avec le grand acteur et lettré Mei Lanfang 梅蘭芳 (1894-1961) et les écrivains pékinois, sur la nocivité ou la beauté de ces histoires dont les conteurs populaires avaient transmis le dépôt aux écrivains, qui l'avaient transmis aux dramaturges. »


C'est, en effet, en 1996 que les Editions Philippe Picquier corrigeaient leur bévue en publiant un fort beau volume de contes traduits du chinois et présentés par André Lévy : Pu Songling, Chroniques de l'étrange qui devait être le premier d'une série rendant enfin accessible le demi millier de récits de l'œuvre originale, chef-d'œuvre incontesté de la narration en langue classique. En fait, il fallut encore attendre 2005 pour voir se concrétiser ce magnifique projet, sous le même titre et chez le même éditeur, avec la sortie de deux gros volumes sous coffret totalisant quelque 2000 pages.

Chroniques de l'étrange, le titre, retenu sans aucun doute de longue date puisque qu'André Lévy l'utilisait déjà dans la notice qu'il consacrait à Pu Songling 蒲松齡 (1640-1715) dans le Dictionnaire universel des littératures (Béatrice Didier (ed.), PUF, 1994, voir aussi le Dictionnaire de littérature chinoise, PUF, « Quadrige », 2000, p. 244-247), évite les approximations jusqu'alors utilisées pour rendre Liaozhai zhiyi 聊齋誌異 auxquelles il proposait pourtant dans le même ouvrage une alternative, Chroniques étranges d'une retraite oisive : « Toutefois, si Liao implique bien loisirs ou oisiveté propice à des activités plus gratifiantes mais non rentables, zhai évoque retraite au sens religieux du terme (...). Par ailleurs, Liaozhai était employé par Pu Songling pour se désigner soi-même, suivant un usage courant. Zhiyi signifie littéralement « noter l'étrange ». (...) Bref, le titre signifie simplement Chroniques de l'étrange de Pu Songling. »

Déjà avec la première livraison (445 pages) qui comprenait les 82 premiers récits, André Lévy avait rendu plus que ce qu'on connaissait alors en français, savoir les deux premiers rouleaux de l'ouvrage qui en compte douze dans sa configuration idéale. Il les avait entourés d'un appareil critique solide sans être écrasant : une préface à la fois courte et brillante, un savant avertissement portant d'utiles indications bibliographiques, une biographie de l'auteur et la traduction de la préface originale ; le texte était pourvu des illustrations tirées d'une belle édition lithographique datant de 1886 ; les notes apparaissaient à la fin de chaque récit, juste après les commentaires d'origine dûment traduits. Le volume trouva sans doute son public puisque l'éditeur lui donna, en 1999, un tirage en format de poche (« Picquier Poche », n° 125, 563). C’était un beau travail, qui fit trépigner d'impatience tout ceux qui avaient, grâce à la magie de la traduction, redécouvert un magnifique conteur, fin observateur de son temps, bref un grand écrivain.

La publication de la traduction complète conserve outre le titre et la même exigence de qualité et de sérieux, la même attention éditoriale avec quelque perfectionnements supplémentaires apportés par Jacques Cotin, responsable de cette édition livrée dans un beau coffret réunissant deux volumes qu'on se gardera d'acheter séparément puisque les notes sont réunies dans un répertoire (pp. 1891-1976). Celui-ci évite les redites et les renvois inévitables tant l’œuvre est dense, savoir 503 contes dont 9 apocryphes. Avec les commentaires de l'auteur, les illustrations anciennes, ce bel ensemble est précédé de la biographie de Pu et d'une nouvelle introduction et suivi, outre du répertoire déjà signalé, d'une bibliographie et d'une table alphabétique des titres. Qui dit mieux ?


Pour vous convaincre de l'exactitude de cette nouvelle traduction, je vous propose de jeter un œil à un extrait du « Sectateur du Lotus blanc » [« Bailian jiao » 白蓮教], 154e récit (Tome 1, page 608), qui correspond au 117 caractères de l'édition chinoise de référence choisie par André Lévy [Zhang Youhe 張友鶴 (ed), Liaozhai zhiyi huijiao huizhu huiping ben 聊齋誌異會校會注會評本. Shanghai : Shanghai guji (1962, 1978) 1986 où le récit occupe les pages 548-549], et au passage déjà cité plus haut :
« Un sectateur du Lotus blanc originaire du Shanxi, dont j'ai oublié le nom, probablement disciple de Xu Hongru, égarait les foules par la Voie taoïste de gauche. Beaucoup de ceux qui admiraient son art de magicien le tenaient pour leur maître. Un jour qu'il devait partir en voyage, il plaça au milieu de la salle un grand bol couvert d'un autre de même dimension. Il recommanda à son disciple de rester assis à le surveiller en se gardant de soulever celui qui servait de couvercle pour regarder ce qu'il y avait dedans. Après le départ du maître, celui-ci ne résista pas à la curiosité. Le bol était rempli d'eau claire sur laquelle flottait un bateau de paille, voiles et mâts au complet. Intrigué, il le poussa du bout du doigt, si maladroitement qu'il le renversa. Il le redressa aussitôt et remit l'autre bol dessus. Un moment plus tard, le maître, de retour, lui fit de vifs reproches : « Pourquoi m'as-tu désobéi ? » Comme le disciple cherchait à nier, le maître se récria : « Mon bateau vient de chavirer en pleine mer. Crois-tu pouvoir me donner le change ? »
Le texte de « Connaissance de l’Orient » ne portait pas de note ; ici, le répertoire permettra d’en savoir plus sur Xu Hongru 徐鴻儒 [voir la page 1969 qui indique les quatre occurrences du nom, savoir dans les contes n° 109, 154, 221, 331] et sur la Secte du Lotus blanc [voir p. 1933, et les contes n° 013, 109, 154, 331].

Illustration pour « Bailian jiao » 白蓮教
dans l'édition Xiangzhu Liaozhai zhiyi tu yong 詳注聊齋誌異圖咏
(1886)
(Beijing : Zhongguo shudian, 1981)

Ce récit n’ayant pas reçu de commentaire de la part du Chroniqueur de l'étrange, Yishishi 異史氏 (l’auteur ?), il s’achève donc sur la phrase « Tendant le cou, il le déglutit avant de s'en aller d'un air satisfait. » (p. 610) qui donne un son de cloche bien différent et plus en harmonie avec le texte de Pu que l'expéditif et erroné « Puis il disparut sans se presser. » de 1969.

L'énergie, le temps et l’envie me manquent pour poursuivre la comparaison qu’on pourrait naturellement élargir et approfondir comme l’a si bien fait Li Jinjia 李金佳, qui, lors d'un récent colloque organisé par notre équipe, a disserté, exemples à l'appui, sur « La réécriture de l’amour charnel dans les premières traductions françaises du Liaozhai zhiyi » (Article mis en ligne sur notre site).

Mais abrégeons, et convenons qu’à partir de maintenant le Liaozhai zhiyi de Pu Songling doit se lire, pas forcément uniquement, mais d’abord et pour longtemps encore, dans la version magistrale qu'en a donnée André Lévy. On voit clairement le profit que pourra en tirer le comparatiste qui a dorénavant à sa disposition tout un arsenal de textes de haute tenue – ajoutons aux 503 récits de Pu, les 297 de Ji Yun 紀昀 (1724-1805) traduits par Jacques Dars dans son Passe-temps d’un été à Luanyang [Paris : Gallimard, « Connaissance de l’Orient », n° 99, 1998] -, pour étudier le surnaturel chinois.

Souhaitons que l'éditeur qui, est-il besoin de le noter, a réalisé là sa plus belle contribution à la connaissance de la littérature chinoise ancienne depuis sa création, assure la survie de ce tour de force qui n'aurait pas déparé la « Bibliothèque de la Pléiade » --- bien au contraire ; qui se serait plaint de lui voir arborer un joyaux chinois supplémentaire ? Et qu'importe, s'il faut se priver pour se l'offrir : dans ce domaine, au moins, il ne faut pas regarder à la dépense somme toute conséquente : 59 €. Le plaisir de partager un moment d'éternité avec Pu Songling de frissonner, de sourire, ou de réfléchir avec ce Chinois modeste et discret, vaut bien le prix d'une demie douzaine d'entrées dans un cinéma, surtout si c'est pour y voir s'étaler sur grand écran des pâles dérivés d'un surnaturel de pacotille qui lui doit tant.

Un dernier point pour finir, ou plutôt deux interrogations : comment se fait-il que ce travail n'ait pas été mieux accueilli au moment de sa sortie, et que, depuis, on le trouve si rarement en librairie - le prix ? carences de la distribution ? des libraires ? -, et que, par exemple, une anthologie de la littérature chinoise classique parue en 2004 pourtant chez le même éditeur n'y puise pas les deux récits du Liaozhai zhiyi qu'elle retient et renvoie à la traduction d’Hélène Chatelain comme étant « la meilleure » des différentes traductions existantes ? --- il est à noter que les autres traductions d’André Lévy, Fleur en Fiole d’Or et La Périgination vers l’Ouest, toutes deux à la « Bibliothèque de la Pléiade », y subissent le même ostracisme ! J’en tire la conclusion que lorsque nous (enseignant, sinologue, critique, et pourquoi pas blogueur) nous retrouvons en position de prescripteur de lectures nous devrions nous imposer comme règle de faire ressortir de l'inventaire le plus vaste possible la (ou les) meilleure(s) traduction(s), en faisant, autant que possible, abstraction des inimitiés, des habitudes, voire même des goûts personnels. Qu’en pensez-vous ? (P.K.)

4 commentaires:

Cléanthys a dit…

Quel bel article que voilà ! Quelle richesse, quel foisonnement !Au terme du quel on tombe sur ce magnifique fragment "Le plaisir de partager un moment d'éternité avec Pu Songling" qui à lui seul justifie la lecture du texte...
En ce qui me concerne, j'en pense que oui, j'ai bien envie de souscrire à vos prescriptions de lecture, et de frissonner un instant avec cette littérature lointaine.

Sylviane

Tietie007 a dit…

Quel art difficile que la traduction !

Anonyme a dit…

Je suis bien d'accord avec Sylviane. Cet article est magnifique. Et c'est vrai qu'on attend des éditeurs qu'ils soient logiques dans leurs publications et tiennent compte des traductions existantes, surtout lorsqu'elles sont aussi magistrales que le Pu Songling traduit par André Lévy. Et si l'on n'est pas d'accord avec la manière de traduire le titre d'une oeuvre ou tel ou tel passage, pourquoi ne pas le signaler et engager un vrai débat ? L'existence des blogs ne pourra que faciliter ce genre de débats...
N.D

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je viens de découvrir votre article. J´aimerais acheter les ouvrages Songling Pu traduits par Lévy mais sur amazon (j´habite à l´étranger), je ne trouve qu´un seul tome publié l´année dernière. S´ait-il des 2 tomes réunis?

Merci pour votre article.