jeudi 9 août 2007

Miscellanées (003)

Illustration : Lee Chi Ching 李志清.

I. La vie des blogs

Dans « De blog en blog » (29/11/06), un des premiers billets de ce blog, je signalais l’existence du blog du Portail de traduction littéraire, et lui souhaitais longue vie. Depuis cette date seuls deux billets y ont été publiés :
  • le premier en date du 22/06/07 !, annonçait la mise en ligne sur le site du Portail d'une page Blogmarks (« outil de gestion de liens basé sur l'attribution et le partage ») qui collecte des liens utiles pour la traduction. Je vous encourage à vous y rendre sans tarder.
  • le second en date du 30/06/07, signalait un changement d'adresse suite à la fusion de ce blog avec la Tribune libre. Ce nouveau blog mérite toute notre attention puisque son dernier billet (29 juillet 2007) propose le premier volet d'un didacticiel intitulé « La boîte à outils de l'artisan-traducteur » (Eric Moreau). On suivra donc avec attention la publication des prochains volets.
À lire aussi le billet du 10 juillet – « Des traducteurs et des hommes » (David Perez) - qui s'adresse « à tous ceux qui pensent que la profession de traducteur, en particulier de traducteur littéraire, est en danger (…) car menacée par des traducteurs automatiques ou traducteurs en ligne que l'on trouve à foison sur Internet ». Je vous laisse lire la suite >> ici


II. L' éditeur parle.

Si en visitant la page d'accueil du site des Editions Philippe Picquier vous arrivez à décoller vos yeux de la couverture aguichante de sa dernière publication chinoise, savoir Amour dans une petite ville de Wang Anyi qui sortira le 27 août selon Livres Hebdo695 [l'article de J.-M. M. est en téléchargement à partir d’ici], vous remarquerez que dans la marge de gauche la rubrique « Evénements » pointe vers un « Entretien » que Philippe Picquier a donné à Lyon en juin dernier et dont on peut lire une transcription sur le site d'Asiexpo (Voir ici)

Ceux qui ont eu l'occasion de l'entendre s'exprimer sur son travail d'éditeur y retrouveront l’exposé des éléments qui font la spécificité et expliquent la réussite de la maison basée au Mas de Vert. Ils seront heureux d'apprendre dans quelle direction elle va prospérer dans les mois et les années à venir :
« J’aimerais développer les collections Jeunesse, et la littérature française. Demander à des écrivains d’écrire sur l’Asie. L’Asie est un support de rêve énorme, bref quelque chose que l’on a tous plus ou moins en commun, et pourquoi pas ouvrir un département autour de cette idée de l’Asie en nous. Développer aussi un peu plus les livres de reportage et essayer de poursuivre la BD. »
Il est également question de la présentation des ouvrages :
« La couverture doit être en résonance avec le contenu du livre. Il faut qu’il y ait concordance entre l’intérieur et l’extérieur. Valoriser l’objet avec une image. On attache de plus en plus d’importance à l’objet. Nous avions déjà cette façon de faire à nos débuts »,
et aussi du phénomène manga et la manière dont les Editions Picquier s'y sont attachées :
« Le manga pour ados ne m’intéresse pas vraiment, je ne suis pas de cette culture, de ce fait, je n’aurais pas su faire. Au cours d’un voyage au Japon, j’ai compris que c’était la forêt qui cachait l’arbre. J’ai trouvé des manga de qualité, très graphiques, peut-être un peu intello ou marginaux, et j’ai eu envie d’essayer. Sachant que 90% de la production manga c’est le mainstream, restait 10 %. Nous sommes positionnés sur le manga pour adultes, soit 5% du marché, voire 2% pour certains. On les vend mal. (...) Nous allons continuer à petits pas, il y a un marché et des livres intéressants, mais j’avoue mon ignorance de ce marché très différent du monde du livre, plus proche du monde de l’image et qui touche un autre lectorat.»
Vous avez dit « manga » ?


III. Manga 漫画 vs Manhua 漫畫

Dans son édition en ligne du 4/7/07, LivresHebdo.fr rapportait de manière piquante (et quelque peu brouillonne) l'obtention du Premier prix international de Manga par le dessinateur de Hong Kong, Lee Chi Ching (Li Zhiqing 李志清, 1963-). Jugez plutôt (je cite) :
Le Prix Nobel du Manga à un… Chinois !

En couronnant l'adaptation manga de « L'Art de la guerre » par le hongkongais Lu Zhiqing, le premier prix international du Manga a distingué en fait un manhua. Ironie de l’histoire, c’est un auteur hong kongais (et donc chinois) qui a reçu le premier « Prix Nobel du Manga », The International Manga Award. L’Art de la guerre, manhua (manga chinois) en sept volumes, récompense ainsi Li Zhiqing. Publié en France aux Editions du temps (collection Toki), depuis janvier dernier (le prochain tome, le n°4, sera dans les rayons le 5 juillet), la série illustre le célèbre livre de Sun Tzu détaillant des stratégies guerrières encore employées. La BD est scénarisée par Li Weimin et traduit du chinois par Thomas Dupont.
Sur cet événement - The 1st International Manga Award, 第 1 回 - 国際漫画賞 - survenu le 29/06/07 voir la page qui lui est consacré sur le site du Ministère des Affaires étrangères du Japon (comme quoi la chose est fort sérieuse) : en anglais et/ou en japonais . Voir aussi ici et pourquoi pas cette page du sympathique blog ParisBeijing.

C'est donc un nouvel avatar d'une des œuvres majeures de la culture chinoise - Sunzi bingfa 孫子兵法 - qui rencontre son public. Souhaitons seulement que ceux qui la découvriront sous cette forme auront la curiosité et le courage de remonter jusqu'au texte original ou à ses traductions [A ce sujet, voir ici ]. Pour ma part, je m'engage à faire le chemin inverse dès que l'éditeur français, sans doute pris de court par l’obtention de cette distinction aussi prestigieuse qu'inattendue, aura rempli les bacs des débits de manga. On en reparlera donc un de ces prochains jours. (P.K.)

2 commentaires:

Jie a dit…

Bonjour!
Je suis surprise de voir mon humble petit blog sité sur ces pages... woouaah!! 0__o
Juste un mot pour signaler que le tome 5(sur 10 dans la version originale...)de l'Art de la Guerre est sorti aux édition Toki .

Bonne fin de semaine!
Chen Jie

L.C.T. a dit…

Merci pour cette information, votre amical commentaire et surtout vos billets sur toutes ces BD chinoises récemment publiées en France, comme ce nouvel avatar du "Pavillon de l'Ouest" (Xixiangji) qui vient de sortir chez Xiao Pan. (P.K.)