lundi 6 octobre 2008

Un art de la contrainte

L'« Equipe sur les Cultures et
Humanités Anciennes et Nouvelles Germaniques et Slaves »
(EA 4236) et notre équipe ont conjugué leurs forces pour présenter les

17 & 18 octobre 2008,
salle des professeurs (2ème étage) de l'Université de Provence
29, av. Robert Schuman 13621 Aix-en-Provence cédex 1
un colloque international sur le thème :

Traduire : langues et réalités.
Un art de la contrainte

Chaque langue impose une image, une conceptualisation particulière du réel, dit-on, si bien que l'expression linguistique du réel n'est plus le réel. La complexité des rapports entre langue(s) et réel(s) ainsi que les diverses manières de percevoir et de rendre compte du réel se manifestent particulièrement dans les descriptions de lieux ou d'objets. En passant d'une langue à l'autre, on rend compte d'un réel déjà « formaté», notamment en ce qui concerne la traduction littéraire. Les caractéristiques de la langue-cible peuvent également influencer le style du texte, obliger le traducteur à faire des choix auxquels l'auteur n'a pas été confronté, non seulement au niveau lexical, mais aussi grammatical.

Vendredi 17 octobre

9 h 00 - Inauguration par Jean-Paul CAVERNI,
Président de l’Université de Provence

Questions théoriques

9 h 20 - Olga SAPOJNIKOVA, Nijni Novgorod (Russie), « L’identité culturelle sous l’angle de la critique en traduction littéraire. »
9 h 40 -
Marie-Christine HAZAËL-MASSIEUX, Université de Provence, « Traduction et diglossie. Comment traduire et que traduire en créole ? »
10 h 00 -
Marie VRINAT, INALCO, « La traduction littéraire : quand la contrainte devient prétexte à création. »
10 h 20 - Discussion - 10 h 40 - Pause
11 h 00 -
Elena PORCHNEVA, Université Linguistique de Nijni Novogorod, « Formation de la compétence interculturelle chez les futurs interprètes. »
11 h 20
- Malina STANKOVA, Université de Sofia, « La traduction et la signification. Quelques observations. »
11 h 40
- Gilles BARDY, Université de Provence, « Sur quelques problèmes de traduction du roumain en français. »
12 h 00 - Pause - 12 h 20 - Déjeuner

Questions de réalité

14 h 20
- Agnieszka GRUDZISKA, Paris IV-Sorbonne, « Pas de texte sans contexte. La traduction des archives du ghetto de Varsovie. »
14 h 40
- Miroslava SEVCÍKOVÁ, Brno, « Traduire les étranges réalité d’Antoine Volodine. »
15 h 00
- Noël DUTRAIT, Université de Provence, « La traduction de la réalité et du réalisme magique chez Mo Yan. »
15 h 20 - Discussion - 15 h 40 - Pause
16 h 00 -
Pierre KASER, Université de Provence, « Le théâtre dans le roman : Les Amants de la scène de Li Yu (1611-1680). »
16 h 20 -
Inês OSEKI-DEPRE, Université de Provence, « Traduction réaliste ou traduction relevante ? (A propos de la traduction française de João Guimaroes). »
16 h 40
- Anastasia VINOGRADOVA, Université de Provence, « “Des violettes au creuset” ou la pratique de la traduction en Russie à l'époque symboliste. »
17 h 00 - Discussion - 19 h 00 - Dîner


Samedi 18 octobre

Questions de poésie

9 h 00
- Perle ABBRUGIATI, Université de Provence, « Traduire une chanson. Quelques exemples autour de Brassens en italien. »
9 h 20 -
Françoise DOUAY, Université de Provence, « Un poème de Beaudelaire au prisme des langues : une constellation de points intraduisibles. »
9 h 40 -
Agnieszka ZUK, Nancy 2, « La construction de la réalité dans Dukla d’Andrzej Stasiuk. Les problèmes de la traduction du sensible. »
10 h 00 - Discussion - 10 h 20 - Pause
11 h 00
- Philippe CHE, Université de Provence, « Repérer et traduire le langage allusif chez Ge Hong, auteur taoïste du IVe siècle ? »
11 h 20 -
Pierre LARCHER, Université de Provence, « Traduire la poésie arabe pré-islamique : pourquoi ? comment ? »
11 h 40 -
Milena FUCIKOVÁ, Université de Provence, « C’est la fête de la langue ! Traduire l’univers créole de Patrick Chamoiseau en tchèque. »
12 h 00 - Discussion - 12 h 20 - Déjeuner

Questions de linguistique

14 h 30
- Charles ZAREMBA, Université de Provence, « Quand les faits de langue sont aussi des faits de récit. »
14 h 50 -
Kira KACHLAVIK, Université Linguistique de Nijni Novgorod, « Traductions russes de la prose philosophique de Pascal. »
15 h 10
- Kira PESHKOVA, Université de Provence, « Modélisation conceptuelle dans un domaine spécialisé et traduction “droits de l’homme” en russe et en français.
15 h 30 - Discussion - table ronde et clôture

Comité d'organisation Université de Provence
Noël DUTRAIT • Charles ZAREMBA
Contact : Absa d'Agaro, absa&up.univ-aix.fr

dimanche 5 octobre 2008

Réponse à la devinette (016)

Han Yu 韓愈(768-824)

D'abord
cette devinette qui, grâce à l'érudition de Thomas Pogu, n'a pas tenu longtemps. Même sans Google-assistance, il n'était pas bien sorcier de reconnaître ce volume de l'Histoire de la littérature chinoise que Georges Margouliès (né en 1902) consacra à la prose classique - c'est aujourd'hui encore la seule monographie de cette taille (336 pages) sur le sujet -, et son propos liminaire qui amène à se poser la question : « Où en sommes-nous soixante ans plus tard ? »

Celui que son éditeur (Payot) présentait comme « Docteur ès-lettres, ancien chargé de mission en Chine » et dont on peut lire une notice biographique à la page 294 de Deux siècles d'histoire de l'Ecole des langues orientales (Pierre Labrousse (ed.), Paris, Hervas, 1995), celui qu'Etiemble brocardait dans son Hygiène des lettres (1952) et dont l'Anthologie raisonnée de la littérature chinoise (1948) permit à Borgès de découvrir Han Yu 韓愈(768-824) le grand prosateur des Tang (618-907), livrait page 309 de cet ouvrage complété en 1951 par un volet consacré à la poésie, une réflexion dont on fera grand cas dans notre appréciation des traductions de littérature chinoise ancienne :
« Cependant, à côté de ces événements politiques, les rapports officiels avec l'étranger occidental, la représentation de la Chine en Europe [...], les voyages de nombreux Chinois en occident, tout amena la Chine de la fin du XIXe s. à commencer à connaître les lettres européennes.
Il ne faut pas croire qu'il puisse s'agir aussitôt d'influences ; ce ne furent que quelques traductions d'information et, si elles rendaient le sujet de l'ouvrage, la forme stylistique et souvent même l'adaptation de l'idée demeuraient essentiellement chinoises et conformes aux échantillons classiques, un peu comme le sont encore à présent dans le sens inverse les nombreuses imitations ou transpositions d'œuvres chinoises qu'on publie en Europe. »
Que de progrès parcourus depuis !


Pour finir, laissez-moi vous prévenir qu’avant de vous livrer une autre occasion de manifester l'étendue de votre savoir sinologique ou votre agilité à manier les moteurs de recherche online, je vous parlerai bientôt (?) dans ce blog de plusieurs ouvrages que je viens de recevoir, et surtout du très recommandable Zhu Xi (朱熹), Mémoire sur la situation de l'empire (Wu-shen fengshi 戊申封事) 1188. Traduit du chinois, présenté et annoté par Roger Darrobers (Paris : Editions You Feng, 2008, 192 p.), puis du problématique Liu Dalin 刘达临, L'empire du désir. Une histoire de la sexualité chinoise (Traduction adaptée du chinois par Jean-Claude Pastor. Paris : Robert Laffont, 2008, 202 pages), et de bien d’autres choses encore : je n'ai pas oublié que je dois poursuivre mon survol des traductions de romans érotiques chinois, vous parler du sublime Oreiller magique de Tang Xianzu 湯顯祖 (1550-1635) (Handan ji 邯鄲記, traduit par André Lévy, MF, « Frictions », 2007), et tenir deux ou trois autres promesses laissées en suspens. Il sera aussi question de l'incursion prochaine de Yuan Mei 袁枚 (1716-1798) dans les colonnes du Visage Vert, dont le blog a fort gentillemment salué notre récente métamorphose. Mais comment faire pour tout faire, vite et, si possible, pas trop mal ? (P.K.)

samedi 4 octobre 2008

Un nouveau départ

Depuis septembre 2008, la jeune Equipe « Littérature chinoise et traduction » s’est élargie vers d’autres littératures d’Asie et a pris un nouveau nom :

« Littératures d’Extrême-Orient,
textes et traduction
»

ce blog l’indique déjà fièrement sur son bandeau,
le site de l’équipe sera bientôt revu en conséquence.

Les principaux axes de recherche de notre équipe dont l’acronyme est dorénavant LEO2T, restent essentiellement les mêmes, mais envisagés sur un espace culturel qui dépasse le monde chinois :
  • les problèmes liés à la traduction des littératures d’Asie, à savoir de Chine, du Japon, d’Inde, de Thaïlande, du Vietnam et de Corée.
  • l’œuvre de Gao Xingjian, Prix Nobel de littérature 2000, Docteur Honoris Causa de l'université de Provence en liaison avec le Service commun de la documentation de l’Université de Provence dans lequel se trouve l’Espace de recherche et de documentation Gao Xingjian.
L’équipe dirigée par Noël Dutrait réunit maintenant plus d’une douzaine de spécialistes sur six aires culturelles asiatiques [présentation réactualisée bientôt sur notre site]. L’équipe va continuer à développer des activités de recherches qui déboucheront sur des publications, mais aussi des manifestations publiques de plusieurs ordres.

La dernière réunion de l’équipe (30/09/08) a permis de définir le calendrier des activités des mois à venir. En voici, dans l’attente d’informations plus détaillées, les grandes lignes :

  • le 13 février 2009, l’équipe organisera une journée sur la traduction des littératures d’Asie baptisée « Littératures d’Asie : traduction et réception ». Les membres de l’équipe sont d’ores et déjà invités à proposer un titre de communication et à suggérer le nom de spécialistes qui pourraient être invités. Des propositions de communication peuvent nous être envoyées avant le 15 janvier 2009.
  • les 11 et 12 décembre 2009, l’équipe envisage de tenir un colloque international sur le thème suivant : « Le roman en Asie et ses traductions ». Toute proposition de communication est la bienvenue.
Notre collaboration avec la bibliothèque universitaire, déjà importante avec l’ERD Gao Xingjian, sera renforcée, notamment autour du projet d’établissement d’un inventaire des traductions françaises des littératures asiatiques. Le fonds d’ouvrages de notre modeste bibliothèque sera accueilli dans les locaux de la BU très prochainement et le catalogage du fonds chinois diligenté par Jean-Luc Bidaux, sera assuré pour partie par Solange Cruveillé. Nous lui souhaitons bon courage.

L’hiver qui vient devrait voir la concrétisation de notre désir de publier le premier numéro de notre revue en ligne, Impressions d’Asie, qui a pris pour diverses raisons dont certaines indépendantes de notre volonté, un considérable retard.

Bien avant, soit l’après-midi du 21 octobre 2008 à partir de 15 h. jusqu'à 17 h. (salle C232), les étudiants de Master de notre formation auront la possibilité – pour ne pas dire l’obligation – de rencontrer les membres de notre équipe. Ce sera l’occasion pour nous de présenter nos domaines de recherches et les travaux menés dans le cadre de l’équipe.

D’autre part, ce blog s’efforcera de vous tenir au courant des activités de notre équipe, comme de rester en alerte sur l’actualité des littératures asiatiques et d’en rendre compte avec le plus de célérité possible. Ce billet est le 200ème paru depuis sa création le 18 novembre 2006 --- c’est ce qui m’a amené à l’illustrer d’un montage proposant deux cents poisson, qui augurent d’un bonheur doublé pour un avenir radieux, ce qui n’est pas rien en ces temps de crise.