mardi 6 avril 2010

D'ici à 2013

J'ai quelque scrupules à vous signaler des publications à venir alors même que je n'arrive pas à rendre compte d'un nombre déjà important de livres récents ou moins récents qui sont venus ces derniers mois enrichir notre connaissance de la Chine ancienne --- je ne parle pas de ces digest vulgaires ou pseudo-savants qui ont fleuri sur les étals des libraires et qui profitent de la soudaine curiosité de nos compatriotes pour le confucianisme et le taoïsme, mais de nourritures bien plus roboratives. Quoi qu'il en soit voici quelque bonnes raisons de faire des économies en prévision de l'achat, lorsqu'elles seront disponibles, de quelque nouveautés, il est vrai, pas toujours entièrement inédites.

D'abord, et avant tout, car sa sortie est imminente (vers le 15 avril), le Grand Ricci numérique :
« Neuf ans après la parution du Grand dictionnaire Ricci de la langue chinoise [Desclée de Brouwer/Institut Ricci, 2001, 7 volumes, aujourd'hui indisponible], l’Association Ricci a complété la réalisation de sa version numérique avec ses 13 392 entrées de caractères singuliers et 280 000 entrées d’expressions ou mots chinois, tous commodément et rapidement accessibles à travers une interface conviviale d’interrogation.avec en « bonus » 28 importantes monographies sur des sujets variés de la culture chinoise allant de l’Administration chinoise au Yijing, en passant par la Calligraphie et le Calendrier, les noms d’étoiles ou les noms de famille. »
Pour un avenir plus lointain et selon un rythme de trois ou quatre volumes par an, voici tel qu'il figure dans une petite brochure de présentation diffusée par son éditeur, Les Belles Lettres, le programme de publication de la nouvelle collection « Bibliothèque chinoise » dont les deux premiers volumes ont été lancés récemment :
  • Dix-neuf poèmes anciens, traduction par Jean-Pierre Diény (savoir l'historique traduction des Gushi shijiu shou 古詩十九百, dont notre bibliothèque possède les deux éditions anciennes : PUF, 1963 [XG 1099-6], Paris 7, 1974 [895.1.a.DIX])
  • Wang Chong, Les Traités sur la divination, la providence et le destin dans la « Balance des discours » (Lunheng) [époque Han], traduction par Marc Kalinowski.
  • Su Shi, Les Commémorations [époque Song], traduction par Stéphane Feuillas.
  • Anonyme, Écrits de maître Wen (Wenzi) [époque Han], traduction par Jean Levi.
  • Anonyme, Les Quatre Traités sur « l’Art de l’esprit » recueillis dans les « Écrits de Maître Guan (Guanzi) [fin des Royaumes combattants ou époque Han], traduction par Romain Graziani.
  • Anonyme, Le Compendium des cinq agents (Wuxing dayi) [dynastie Sui], traduction révisée avec une introduction nouvelle par Marc Kalinowski.
  • Anonyme, Le Livre de la grande paix (Taiping jing) [époque Han - Six dynasties], traduction partielle par Grégoire Espesset.
  • Anonyme, Le « Traité des figures célestes » dans les « Écrits du Prince de Huainan » (Huainanzi) [époque Han], traduction par Marc Kalinowski.
  • Correspondance entre Zhu Xi et Lu Xiangshan [dynastie Song], traduction par Roger Darrobers et Guillaume Dutournier.
  • Liu Zhiji, Traité de l’historien parfait (Shitong) [dynastie Tang], traduction par Damien Chaussende.
  • Yi I, nom de plume de Yulgok (1536-1584), Les Classiques du néo-confucianisme. Corée XVIe siècle. Principes essentiels pour éduquer les jeunes gens, traduction par Isabelle Sancho.
  • Anonyme, Écrits de maître Lie (Liezi) [époque Han], traduction par Jean Levi.
Voilà qui devrait nous conduire jusqu'en 2013... nous aurons donc largement le temps d'en reparler et ... pour moi, d'éponger mon retard. (P.K.)

jeudi 1 avril 2010

Devinette (022)

Je ne vous ai pas proposé de devinette depuis le 31 mai 2009 ! Fort de cette constatation, j’ai décidé qu’il était grand temps de renouer avec une tradition qui avait ses adeptes.

Cette devinette, qui invite à identifier un auteur, un ouvrage, ou au moins à formuler des hypothèses sur la date de rédaction de cet avant-propos et à trouver la nationalité de son rédacteur, est la 22ème d’une série initiée le 19 mars 2007. Bonne chance :
Le roman chinois n'est connu en France que par quelques ouvrages de second plan, traduits en français au XIXe siècle. Tel est le cas pour « Les deux Cousines » (Yu-kiao-li), « Les deux Jeunes Filles lettrées » (P’ing-chan-leng-yen), « La Femme accomplie » (Hao-ts’ieou-tchouan), certaines nouvelles du Kin-kou-k’i-kouan, etc. Quant aux grands romans célèbres, tels les « Quatre livres extraordinaires » (Sseu-ta-k’i-chou), ils n’ont jamais été traduits en français, si ce n’est partiellement. Ces traductions, déjà anciennes, avaient été tirées à peu d’exemplaires et sont pour la plupart épuisées ; aussi, en dehors de ceux qui s’intéressent spécialement aux choses de Chine, le public ignore le roman chinois.
Cependant, si ces traductions peuvent être trouvées dans presque toutes les grandes bibliothèques de Paris, il n’existe pas d’étude des romans chinois en général.
Depuis que nous avons commencé le présent travail, certains de nos compatriotes à Paris ou à Lyon ont fait des travaux sur le roman ; mais pour deux ou trois œuvres étudiées, combien sont laissées dans l’ombre ! Aussi croyons-nous avoir fait œuvre utile en étudiant une vingtaine de romans chinois parmi les plus célèbres, et si le présent travail pouvait inspirer le désir de faire des traductions modernes de romans chinois, nous nous estimerions très satisfaits.
Les réponses viendront en leur temps et accompagneront la présentation d’une étude dont la publication fut soutenue par deux figures marquantes de la sinologie française. (P.K.)