jeudi 17 avril 2008

Devinette (014)

« Séance d'un tribunal chinois », source Tales of Old China
A storehouse of material on Old China [1840-1950]
presented by China Economic Review Publishing,
rubrique <French images>

Je n'ai pas besoin de dire quelles ont dû être mes stupéfactions au fur et à mesure que je m'introduisais plus avant dans les mœurs de l'Occident. Non seulement les questions qui m'ont été posées révélaient la plus grande ignorance, mais les livres mêmes qui avaient la prétention de revenir de Chine racontaient les choses les plus extravagantes. Si l'on se contentait de dire que nous sommes des mangeurs de chiens et que nous servons à nos hôtes des œufs de serpent et des rôtis de lézard, passe encore ! Je ne verrais pas non plus un grand inconvénient à ce qu'on prétendit que nous sommes des polygames, - il y en a tant d'autres, - et que nous donnons nos enfants, - nos chers petits enfants ! - en nourriture à des animaux... dont le nom m'échappe en français : il a des excentricités d'une telle nature qu'il est inutile de s'en alarmer ; il suffit de rétablir la vérité. En toutes choses il y a le vraisemblable et l’invraisemblable ; et, il faut savoir distinguer entre les enfantillages et les choses sérieuses, entre l'erreur et le parti pris. Je n'ai pas tardé à reconnaître que c'était le parti pris qui entraînait l'erreur, et je me suis promis, lorsque j'en serais un peu capable, de donner mes impressions personnelles sur la Chine, croyant que ma qualité de Chinois serait au moins aussi avantageuse que celle de voyageur pour atteindre ce but.
Qui est donc ce Chinois qui envisage de « représenter la Chine telle qu'elle est ; de décrire les mœurs chinoises avec la connaissance qu'[il en a], mais avec l'esprit et le goût des européens », tout en cherchant « à instruire et à plaire » ? Cette question tiendra lieu de quatorzième devinette, une stupide superstition m'interdisant l'emploi du nombre intermédiaire entre celui-ci et celui de la précédente devinette --- la quasi-devinette onze-bis tiendra lieu de chaînon manquant ; je vous rappelle qu’elle n'a, à ce jour, reçu aucune proposition ! (P.K.)

12 commentaires:

Cléanthys a dit…

Je ne sais pas à quelle époque cet texte a été écrit, mais sa syntaxe et son vocabulaire semblent assez contemporains, si je puis dire. A moins que ce ne soit un parti pris du traducteur, afin d'en rendre la compréhension plus aisée.

Sylviane

Anonyme a dit…

dur dur!!!! j'ai repris la onze bis mais le fil rouge est-il l'époque de WILLIAM SOMERSET MAUGHAN? ou trouve t-on la solution dans PARAVENT CHINOIS. je vais réfléchir. à bientôt. françoise P.

Pierre Kaser a dit…

- Pour Sylviane et la devinette 14, il faut chercher un Chinois capable d'écrire en français, car il ne s'agit pas d'une traduction d'un ouvrage préalablement rédigé en chinois.

- Pour Françoise : le reste du "Paravent chinois" n'est, me semble-t-il, d'aucun recours et les documents sur l'histoire de la sinologie consultés à ce jour n'offrent pas de solution. Je continue à chercher aussi. Mais, comme on dit : l'union fait la force.

Bon courage à toutes les deux. (P.K.)

Mathieu a dit…

Bonjour, je crois que l'auteur n'est d'autre que le diplomate Chen Litong 陳李同 (1852-1907), un des premiers chinois a utilisé le français pour ses écrits. Je ne suis pas sûr du titre de l'ouvrage, je pense qu'il s'agit de "Les Chinois peints par eux-mêmes" (1885).
Bien à vous. Mathieu

L.C.T. a dit…

Bien joué Mathieu !

Vous avez juste à un caractère près. Ce n'est pas Chen Litong 陳李同 (1852-1907), mais Tcheng-Ki-Tong ou Chen Jitong 陳季同.
On reparlera de lui et de ses écrits un de ces prochains jours, mais, dors et déjà, acceptez toutes mes félicitations pour ce tour de force. Comment avez-vous fait ? (P.K.)

Cléanthys a dit…

Mathieu a trouvé parce que je lui avais mis la puce à l'oreille avec cette histoire de traduction ou pas ! Et c'est vous Pierre Kaser qui lui avez au final soufflé la réponse en disant que c'était un chinois qui s'était directement exprimé en français !

Sylviane

Pierre Kaser a dit…

Attendons la réponse de Mathieu pour savoir comment il a fait. Je ne crois pas en avoir dit trop. Il est juste très savant ou très chanceux. (P.K.)

Anonyme a dit…

très contente d'avoir un débat sur les devinettes , plus on serra de fous mieux ce serra!!!! l'essentiel est de participer!!! celui qui a dit ça a du pain sur la planche en ce moment. à bientôt et bravo à Mathieu et à une autre fois pour Sylviane, FrançoiseP.

Cléanthys a dit…

Loin de moi l'idée de sous estimer le génie de Mathieu ! (dont je salue l'esthétique du blog, au passage)

Sylviane

L.C.T. a dit…

Vous avez raison de conseiller d'aller jeter un coup d'œil au beau blog de Mathieu : http://mathieu-tainan.blogspot.com
(P.K.)

Mathieu a dit…

Bonjour à tous,

Comme tout le monde s'en souvient, en décembre 2006 le département avait organisé un colloc sur la passion dans les littératures d'Orient. Un des invités, M. Li Jinjia avait fait un exposé sur le Liaozhai zhiyi de Pu Songling, qui m'avait intéréssé. Je m'étais alors un peu renseigné sur son premier traducteur en langue française, à savoir le général Tcheng Ki Tong. Voilà, beaucoup de chance et un peu de curiosité en somme.
Bien à vous

L.C.T. a dit…

Merci, cher Mathieu, pour ces précisions.

L'excellente communication donnée par Li Jinjia à l'occasion du colloque 'Traduire l'amour, la passion, le sexe dans les littératures d'Asie' (Aix-en-Provence, 15-16/12/2006) organisé par notre équipe Littérature chinoise et traduction, est toujours accessible en ligne à partir de ce blog (colonne de gauche), ou d'ici :
http://publications.univ-provence.fr/lct2006/
choisir : "La réécriture de l’amour charnel dans les premières traductions françaises du Liaozhai zhiyi".

On reparlera bientôt des autres qualités de Tcheng-Ki-Tong, c'est promis. (P.K.)