lundi 8 février 2010

Mise à flot d’IDEO (suite)


L’annonce de la mise en ligne de notre revue Impressions d’Extrême-Orient a été entendue – le billet qui la diffusait a enregistré un record de visites : c’est dire l’intérêt que vous portez à nos travaux et l’intensité de l’attente provoquée par la sortie longtemps différée de notre nouvelle excroissance. Je remercie donc au nom de l’équipe tous ceux qui ont lu son premier numéro consacré au thème du voyage, et tout particulièrement ceux qui ont pris la peine de déposer, soit dans les commentaires du billet précédent, soit dans ma boîte e-mail personnelle, ou encore sur Twitter, des messages de satisfaction et d’encouragements à continuer (l’image ci-dessous en propose une synthèse).

Ces témoignages amicaux nous invitent à redoubler d’efforts pour donner à IDEO un rythme de publication soutenu et un contenu encore plus riche. L’adresse restera la même : http://ideo.revues.org/ ; ne manquez pas de l’inscrire dans vos favoris. (P.K.)

mercredi 3 février 2010

Invitation au voyage…


Annoncée depuis des lustres (la première fois, c’était le 28 septembre 2007) sur ce blog, la sortie, toujours imminente et à chaque fois différée, de notre revue en ligne est enfin arrivée.

Depuis aujourd’hui, 3 février 2010 à 10h08, Impressions d’Extrême-Orient, la revue de l’équipe de recherche « Littératures d’Extrême-Orient, textes et traduction » est accessible à l’adresse http://ideo.revues.org/

Entre le moment où s’est manifestée pour la première fois notre volonté d’éditer une revue entièrement dédiée aux littératures des aires culturelles que nous couvrons et la concrétisation de ce vœu avec la mise en ligne sur le portail d’édition Revues.org, ce sont donc plus de deux années qui se sont écoulées.

Pour ne pas revenir sur toutes les étapes de cette longue gestation, je vais me contenter de remercier chaleureusement ceux qui ont, à un moment ou à un autre, contribué à faire avancer le projet : Laure Denoix, Christine Challulau, Liliane Dutrait, l’ensemble des membres de l’équipe au premier chef desquels Louise Pichard-Bertaux avec qui j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une formation à Lodel sous la houlette de la dynamique et sympathique équipe du Centre de l’Edition Electronique Ouverte (Cléo) et de Revues.org qui nous a fait l’honneur de nous accueillir et nous a patiemment guidé. Mes plus vifs remerciements vont bien naturellement à Lisa George qui a conçu la maquette et a assuré le suivi éditorial d’IDEO : sa patience et sa réactivité ont été d’un grand secours.

Malgré l’attention et l’investissement mis en œuvre surtout pendant ces dernières semaines, la revue que je vous propose de découvrir reste sans aucun doute perfectible. Nous continuerons d’y travailler avec le même enthousiasme et la même volonté de toucher le plus grand nombre.


Alors que le numéro 1 d'Impressions d’Extrême-Orient vient tout juste de voir le jour, notre équipe est déjà en train de travailler aux deux prochains numéros qui proposeront, non pas des traductions comme dans ce numéro inaugural, mais des articles.

C’est ainsi que vous pourrez bientôt lire dans le n° 2 certaines des communications données lors du colloque « Littératures d’Asie : traduction et réception » organisé par l’équipe « Littératures d’Extrême-Orient, textes et traductions » les 13 et 14 mars 2009 : sa mise en ligne devrait intervenir au printemps de cette année.

Le n° 3 sera, quant à lui, consacré au colloque « Le roman en Asie et ses traductions » qui s’est tenu les 15 et 16 octobre 2009. Nous collectons encore les communications. Sa mise en ligne est prévue pour l’automne.

Nous pensons aussi au n° 4 qui sera organisé autour du thème de l’humour et devrait proposer des traductions, ainsi qu’un choix de communications données lors du colloque sur le thème « Traduire l’humour » qui se tiendra les 23 et 24 avril 2010.

Mais trêve de propos oiseux, il est grand temps pour vous de partir explorer les contrées attirantes et surprenantes de la littérature d’Extrême-Orient avec ce numéro d'Impressions d’Extrême-Orient consacré au voyage, premier numéro d’une série que je souhaite longue. (P.K.)

jeudi 28 janvier 2010

L'arbre à palabres version chinoise...

Il a plus de deux ans, dans un précédent billet, nous annoncions la sortie du cinquième tome de l'Inventaire analytique et critique du conte chinois en langue vulgaire, publié en 2006 par le Collège de France et l'Institut des Hautes Etudes Chinoises (ici). Ce tome analysait pas moins de 85 contes tirés de cinq recueils différents, au rang desquels figurait le Doupeng xianhua 豆棚閒話, ou Propos oisifs sous la tonnelle aux haricots (1681 ?).


Attribué à un certain Aina Jushi 艾衲居士, l'ouvrage contient douze histoires plus ou moins extraordinaires qui traitent des thèmes de l'honnêteté, de la reconnaissance, des courants de pensée bouddiste et confucianiste, ou encore des légendes antiques. Seul le premier récit, intitulé « Le Gué de la femme jalouse », était alors disponible en traduction ( par Yenna Wu dans le n° 44 de la revue Renditions sous le titre « Jie Zhitui Traps His Jealous Wife In An Inferno »).


Nous sommes heureux d'annoncer aujourd'hui la publication dans la Collection « Connaissance de l'Orient » (chez Gallimard) de la traduction française intégrale du recueil par Claire Lebeaupin. La préface même de Aina Jushi invite aux conversations faussement oisives et très sûrement rafraîchissantes (trad. p. 36) :

Oisif et libre au couchant, dans une chaumière...

Mais où trouver la fraîcheur, sous un ciel brûlant ?

Quand vient le sixième mois, mon étang s'assèche

Et mes arbres de trois ans ne sont pas bien grands.

J'ai planté des haricots pour me faire une ombre

Qui vaut tous les pavillons... Et comme elle sent !

Dans le vent du soir, un vieux riverain du Sud

Répond aux cigales : ils parlent du jour finissant.

Libre en effet au lecteur d'appréhender les histoires à sa guise, soit en les considérant comme des pièces divertissantes dans la pure tradition des conteurs traditionnels des siècles passés, soit en les interprétant de différentes manières pour voir derrière la simple narration des motivations plus profondes :

Un été près de Hangzhou... Un homme seul, cloîtré dans sa retraite campagnarde, assis à sa fenêtre nord, se livre à une activité rafraîchissante : il écrit. Pas un traité philosophique, non ; pas de la poésie ; pas davantage un Mémoire pour servir la chronique du règne achevé en cataclysme un quart de siècle plus tôt : il y risquerait sa tête, dans ces années 1660 où la censure de la nouvelle dynastie mandchoue veille de près à l'ordre moral et scripturaire. II travaille donc à détourner la forme si populaire, si peu considérée, du recueil de contes pour s'en faire une parfaite couverture.

Il invente une tonnelle où grimpent des haricots et sous laquelle les villageois viennent se retrouver l'après-midi au frais, après leur journée de travail. Jeunes et vieux s'y installent sur une natte posée à même le sol ou sur de petits bancs, l'éventail à la main, pour écouter, raconter, donner leur avis à tour de rôle. Le cercle des causeurs met les ressources de chacun à contribution : les récits font assaut d'originalité, les points de vue s'affrontent. Les cadavres de la mémoire collective se faufilent hors du placard pour entamer dans l'ombre verte de la tonnelle une danse carnavalesque tour à tour féroce, légère et poignante. Les clichés marchent sur la tête, les icônes bien-pensantes sont retournées comme des gants. La circulation des idées fait lever un vent qui court d'un bout à l'autre du texte et passe en bruissant à travers le tressage des mots pour parvenir jusqu'à nous. Dans l'espace poétique qu'il s'invente, lieu rêvé d'une liberté précaire qui est d'abord une liberté de parole, ce petit livre met en scène des interrogations sur le sens de l'Histoire, sur la fonction des idéologies, sur l'impossible et nécessaire transmission des valeurs auxquelles il ne semble pas que nous ayons, depuis ou ailleurs, trouvé de réponses. Le « Dodécaméron chinois » comme l'a surnommé André Lévy, est un livre hanté. Et un bien curieux trésor, qui n'a pas fini de surprendre. (quatrième de couverture)

Que le lecteur se laisse donc « surprendre » par ces propos oisifs, en souhaitant que paraissent par la suite en français d'autres recueils de contes chinois en langue vulgaire, qui raviront tous les amateurs du genre, et qui viendront grossir les rangs des traductions déjà disponibles. Il reste encore beaucoup à faire, mais après tout : « C'est haricot par haricot que se remplit le sac ! » (S.C.)

mercredi 27 janvier 2010

Gao au Musée Würth


Cela se passera le mardi 2 février à 20 h : « le Musée Würth France Erstein accueille l’artiste peintre, écrivain, cinéaste Gao Xingjian et son ami Noël Dutrait, universitaire, spécialiste de littérature chinoise et traducteur français de ses romans pour une soirée de rencontre autour de l'œuvre littéraire de l’artiste ». Une séance de dédicaces se tiendra à l'issue de la rencontre.


« Le Musée Würth France Erstein a ouvert ses portes en janvier 2008 à côté du siège social de l’entreprise Würth France, dans la zone industrielle ouest à Erstein en Alsace. Il est destiné à la diffusion en France de la collection Würth, l’une des plus importantes collections d’entreprise d’art moderne et contemporain en Europe » .

vendredi 22 janvier 2010

La voix d'une génération silencieuse

Il y a deux ans, c'était le 10 janvier 2008, Xinran était déjà l'hôte de la Librairie le Phénix (72 boulevard de Sébastopol, Paris 3e). Elle y était invitée à l'occasion de la sortie aux Editions Philippe Picquier de la traduction française de Miss Chopsticks sous le titre Baguettes chinoises.


Cette fois, soit le vendredi 29 janvier à 18h, la journaliste-écrivain [Xue ] Xinran 欣然 (1958-), retrouvera la même tribune pour présenter son dernier ouvrage publié chez le même éditeur : Mémoire de Chine (Traduit du chinois par Prune Cornet, 656 p.). L'ouvrage, qui existe déjà en anglais sous le titre de China Witness. Voices from a Silent Generation a été chaleureusement salué par la critique anglo-saxonne (voir notamment l'article du New York Times de Joshua Hammer, « Mobilized by Mao » (5/03/09).




Permettez-moi de me contenter de reproduire, après correction, la présentation de l'éditeur, d'un livre que je n'ai pas eu l'occasion de feuilleter au delà de la 19ème page grâce à un document pdf délivré gracieusement à partir du catalogue en ligne de l'éditeur -- pourrais-je faire autrement, surtout sans avoir pu confronter ce début au texte original ? :

« A l'issue de vingt ans d'interviews et d'enquêtes en tant que journaliste, j'ai peur que la vérité sur l'histoire moderne de la Chine - ainsi que notre quête de dignité nationale - ne disparaisse avec la génération de mes parents ».

Mémoire de Chine est la confession d'une génération dont l'histoire n'a jamais été racontée. Grands-parents et arrière-grands-parents décrivent avec leurs propres mots - pour la première et peut-être la dernière fois - les transformations qui ont définitivement changé la Chine au cours du siècle passé. Ce livre, à travers la quinzaine d'entretiens qu'il rassemble, est à la fois un voyage à travers le temps et l'espace, et un mémorial dressé à ceux qui ont vécu guerres, insurrections, persécution, invasions, révolutions, famines, modernisation, occidentalisation, et qui ont survécu pour entrer dans le XXIe siècle.

Xinran a parcouru toute la Chine, des métropoles aux provinces les plus reculées. Elle a rencontré une génération chez qui l'idée de culpabilité collective est très profondément ancrée, et pour qui la liberté d'expression est un étrange et dangereux concept. Ils ont parlé de leurs vies, leurs espoirs, leurs peurs et leurs luttes, de ce qu'ils ont vu et ressenti à propos de tous les événements auxquels ils ont assisté. En donnant voix à une génération oubliée, ce livre révèle l'histoire de la Chine et de son peuple. Comme le dit Xinran, il a pour but « d'aider notre futur à comprendre notre passé ».

Une dernière chose avant de vous rendre à la Librairie Le Phénix pour la troisième fois depuis le début de l’année ! : n'hésitez pas à consulter le blog et le site en anglais de celle qui fait entendre la voix d'une génération silencieuse. (P.K.)


Le 23/01/10, 11:00 : on trouvera une critique en chinois du livre de Xinran dont le titre original est Jianzheng Zhongguo 見證中國 sur le site chinois de la BBC : 見證中國:歷史是什麼?.

mercredi 20 janvier 2010

De l'informatisation de langues d'Asie

Je suis heureux de vous informer que la spécialité Technologies du Langage du Master Sciences du Langage de l'Université de Provence vous invite à la communication que donnera Vincent Berment, ingénieur chez Communication et Systèmes et chargé de cours à Langues d'O, le mardi 26 janvier, à partir de 13h30 (Centre Schuman, Salle des Professeurs, A220) sur le sujet : « Quelques expériences d'informatisation de langues d'Asie : lao, bengali, birman, khmer, thaï et tham » :

« Dans les siècles précédents, affirmer ou défendre une langue passait par le recueil des traditions orales, par la fixation d'une orthographe ou encore par la construction de dictionnaires. Aujourd'hui, le développement des ordinateurs personnels et celui des réseaux font de l'informatique un instrument pour écrire et communiquer. Traitements de texte et courriers électroniques sont devenus des outils de langue largement répandus. L'informatisation occupe ainsi une place essentielle dans cette vaste mobilisation culturelle et linguistique. Cependant, les langues ne sont pas égales devant les processus d'informatisation.

Dans cette communication, Vincent BERMENT viendra présenter son expérience dans le domaine de l'informatisation de langues peu dotées informatiquement. Concrètement, il parlera des difficultés et des méthodes mises en place pour le développement d'outils destinés au grand public : pour le lao (www.laosoftware.com), pour d'autres langues et systèmes d'écriture (www.gmsware.org), pour la traduction automatique français – langues d'Asie du Sud-Est. »

Ceux qui s'intéressent à l'Extrême-Orient, ses langues et ses littératures, ne sauraient manquer ce rendez-vous. Pour s'y préparer, on pourra télécharger la thèse de Vincent Berment, « Méthodes pour informatiser des langues et des groupes de langues 'peu dotées' » , dont on peut lire un résumé sur une page du site du Réseau-Asie. En voici, en guise de teasing, le début : « En 2004, moins de 1 % des 6809 langues du monde bénéficie d'un niveau d'informatisation élevé, incluant un éventail large de services allant du traitement de textes à la traduction automatique. Cette thèse, qui s'intéresse aux autres langues - les langues-pi - s'attache à proposer des solutions pour remédier à leur sous-développement informatique. ...» (P.K.)

mardi 19 janvier 2010

Du baseball taiwanais, entre autres sujets ...


L'Institut de Recherche sur le Sud-Est Asiatique (IRSEA), créé (comme l'indique son site internet) « en mai 1993 à Aix-en-Provence, s'est installé à Marseille sur le campus St Charles de l'Université de Provence, en janvier 1999, pour constituer aux côtés du Centre de Recherche et de Documentation sur l'Océanie (CREDO, UMR 6574), et d'une unité mixte de service (UMS 1885) la Maison Asie Pacifique » avec « trois missions principales :
 - la recherche fondamentale avec une équipe de chercheurs et d'enseignants chercheurs en permanence au contact des réalités de leurs terrains de recherche,
- la production scientifique : outre la publication d'ouvrages et la coordination de la Revue Moussons, revue bilingue couvrant l'Asie du Sud-Est pour les sciences humaines et sociales, l'IRSEA développe trois programmes scientifiques. - la transmission des connaissances et des méthodes et la diffusion du savoir par le biais de l'enseignement, de séminaires et de colloques. »

L'IRSEA offre régulièrement à ses jeunes doctorants l'occasion de présenter leurs travaux. La prochaine « Journée des doctorants » se tiendra le vendredi 22 janvier à la Maison Asie Pacifique (Université de Provence. 3 place Victor Hugo, Marseille 3°). Neuf orateurs se succèderont salle LSH 205 entre 9h30 et 17h30 :

Nathalie Claude-Sollier, « Pratiques alimentaires et rapport au corps : enquête sociologique sur la nouvelle bourgeoisie shanghaienne » • Valérie Mespoulet, « Femmes taiwanaises et espace social : un état de la question »
 • François Molliet, « Quelle adaptation pour les lieux de culte chrétien à Taiwan ? » • Céline Coderey, « 
Les thérapeutes et leurs pratiques de soin en Arakan (Birmanie) » • Luc Benaiche, « Penser le système d’enfermement khmer rouge en regard du Goulag et du laogai » • Julie Humeau, « Cas des donateurs occidentaux pour les Tibétains en exil » • Jérôme Soldani, « Baseball « bleu » et baseball « vert ». Des différents horizons de la « passion nationale » taiwanaise » • Damien Onillon, « Représentations et enjeux de l’écotourisme à Taiwan : dimension socio-culturelle, développement durable et identité » • Frédérique Guyader, « Terrain et genre de l'anthropologue : exemple de contraintes dans les relations enquêtrice-enquêtés chez les Naxi (Chine) ».

Nous leur souhaitons d'avoir un public aussi attentif que fourni. (P.K.)

Gao'Zar

Si vous avez recours aux alertes Google, peut-être avez-vous déjà remarqué qu'elles délivrent les informations sollicitées selon leur logique et leur rythme propres, parfois même, sans autre justification qu'informatique, et donc souvent avec une coupable distorsion dans le temps. Mais peu importe le retard occasionné, dès lors que les événements signalés ont laissé une trace sur la toile. Ceux provoqués par Europalia sont si nombreux que l'on ne peut en vouloir au moteur de recherche de différer leur annonce. Vous ne m'en voudrez pas plus je l'espère de vous livrer les choses comme que je les ai découvertes sur le site du BOZAR Festival qui est, le temps d'Europalia, consacré à la Chine. Il offre la possibilité de suivre, à distance et en différé, l'ensemble des nombreuses manifestations artistiques qui parfois touchent à la création littéraire. Il y est question notamment de Gao Xingjian, de censure et de Ai Weiwei 艾未未...

Une vidéo de 4 minutes permet, ainsi, de voir Gao Xingjian et de l'entendre répondre en français à des questions sur les différents aspects de sa création, à l'occasion de la présentation de sa pièce « Au bord de la vie ».

Une autre vidéo de 6 minutes est consacrée à un des thèmes abordés à China@Bozar : « Qu’en est-il de la censure du gouvernement chinois, 20 ans après les événements sur la place Tian'anmen ? La sinologue et journaliste Catherine Vuylsteke tente d’apporter une réponse. » C'était le 15 novembre dernier, Journée internationale des écrivains emprisonnés. Ce Day of the Imprisoned Writer « a offert l'occasion au public d'assister à deux discussions menées par Catherine Vuylsteke, avec le dramaturge Sha Yekin et le romancier Ma Jian : le plateau qui accueillait les intervenants de la journée, a été sobrement complété avec une chaise vide, qui illustrait l'absence de Liu Xiaobo, signataire de la Charte 08, enfermé depuis par les autorités chinoises. Cette absence remarquée prouve une nouvelle fois les risques qu'encourent ces écrivains dans leur travail de mémoire et de décryptage. »

L'ensemble des vidéos réalisées est également disponible sur la page Youtube du BOZAR. L'une d'elles est consacrée à Ai Weiwei qui parle de l'exposition « The State of Things » qu'il a conçue pour l'occasion. Sur une autre, on voit le facétieux artiste portant un casque vert pendant l préparation de cette rétrospective croisée de l'art contemporain chinois et belge, laquelle fermait ses portes le 10/01/10. ... (P.K.)

jeudi 14 janvier 2010

Keul Madang

Le numéro 3 de la revue de littérature coréenne KEULMADANG est paru en décembre. Dans ce numéro, vous trouverez un dossier consacré à l’auteur féminin EUN Hee-Kyung dont le deuxième roman un recueil de nouvelles en fait, vient de paraître aux Editions Zulma. Le dossier comporte une interview de l’auteur réalisé par Kim Hye Gyeong et Jean-Claude de Crescenzo, une note de lecture de « Les boites de ma femme », son dernier livre et un extrait de ses nouvelles.

Egalement dans le numéro 3, une nouvelle de KIM Tae yeong, « J’étais un maquereau », un article très complet sur la danse coréenne, « Les Hong de Bulim habitent à Bamgole», un texte poétique du photographe CHOI Sang woon, un clin d’oeil cinématographique de Hervé Péjaudier, en direct de Séoul, ainsi que de nombreuses notes de lectures.

Le tout, lisible à l’adresse suivante : www.keulmadang.com (Jean-Claude de Crescenzo)

mercredi 13 janvier 2010

Gao, artiste universel

A peine de rentré de Londres où il a été fêté par ses amis, Gao Xingjian sera jeudi au Musée du Quai Branly (salle de cours 2) avec son traducteur et ami Noël Dutrait pour une exploration de son œuvre multiforme dans le cadre d'une série de rencontres intitulée : Les figures de l'artiste universel.

Ce séminaire animé par Yolaine Escande, Directeur de recherche au CNRS et Denis Vidal, Chargé de Recherche à l'IRD pose la question suivante : « Comment se trouve redéfinie aujourd’hui la « figure » de l’artiste « universel » dans un contexte toujours plus marqué par la mondialisation ? C’est à cette question cruciale pour un musée qui se donne comme vocation de s’ouvrir à des formes d’art et de créativité contemporaine en provenance du monde entier que nous tenterons d’apporter des réponses, au cours d'une série de séances à vocation interdisciplinaire. Chacune des séances prévues sera plus spécifiquement consacrée à l'étude d'un artiste ou d'un groupe d'artistes qui incarnent, chacun à leur façon, un tel idéal. Plusieurs d'entre elles seront organisées en association avec les artistes eux-mêmes.»

La séance du jeudi 14 janvier 2010 de 15h30 à 17h30 sera donc consacrée à Gao Xingjian.


« Gao Xingjian, artiste universel », c'est aussi le titre donné par Camille Perotti à l'interview de Gao mis en ligne le 19 décembre sur le site de La Libre Belgique. Il y est question de l'art envisagé par Gao comme « un besoin intérieur de l’humanité. Une consolation. L’art est [ajoute-t-il] une sublimation de cette prise de conscience de notre condition » et aussi des différents aspects du travail de l'artiste. On y trouve également des informations sur les manifestations consacrées à Gao Xingjian dans le cadre d'Europalia Chine qui offre depuis le 8 octobre dernier et jusqu'au 14 février 2010 « une immersion dans la vie et la culture chinoise. Au-delà des clichés persistants, europalia.china veut déceler ce qu’il y a de plus authentique et présenter un art de vivre millénaire à l’heure de la globalisation et du progrès technique, soixante ans après la fondation de la République Populaire de Chine. » (P.K.)

mardi 12 janvier 2010

Vive le socialisme ?


L'auteur chinoise Zhang Lijia sera, le vendredi 15 janvier 2010, à 18 h, l'invitée de la Librairie Le Phénix (72, bd Sébastopol, Paris 3e, 01.42.72.70.31) pour présenter l'ouvrage que Bourin Editeur vient de publier sous le titre : Vive le socialisme ! La véritable histoire d'une jeune chinoise qui rêvait de liberté (450 p.)

La page consacrée par l'éditeur à cette publication fournit le lien vers le site personnel de Zhang Lijia dont la visite permettra de faire connaissance avec celle qui se présente en anglais (uniquement) ainsi :
Lijia Zhang. Writer, Journalist, Social Comentator, sans faire jamais mention des caractères chinois de son nom !

La consultation de ce site très riche s'impose pour qui envisage de lire ce livre écrit en anglais et publié sous le titre « Socialism is Great » A Worker's Memoir of New China ( New York, Atlas & Co, 2008). C'est, est-il écrit, « a testament to Zhang’ personal triumphs over the controlled existence that was supposed to be her destiny ». La traduction française par Jean-François Chaix arrive dans la foulée de plusieurs publications en Australie (2008), en Inde (2008), en Hollande (2009), en Italie (2009). Ne manquez pas l'interview de Zhang par Jeremy Goldkorn mis en ligne le 8 septembre 2008 sur Danwei.org : « Zhang Lijia: Socialism is Great! » (8:07) (en anglais) et, pourquoi pas, une des nombreuses versions de la chanson qui a inspiré le titre de ces mémoires personnelles faisant revivre la Chine des années 80 : Shehui zhuyi hao 社会主义好! (P.K.)

dimanche 10 janvier 2010

Les 70 ans de Gao Xingjian

Nous l’avions annoncé, les amis de Gao Xingjian se sont souvenus que celui-ci est né le 4 janvier 1940 à Ganzhou dans la province du Jiangxi. L’écrivain Ma Jian et le poète Yang Lian, qui résident à Londres, ont organisé au Centre of Chinese Studies de la SOAS deux journées autour du premier écrivain de langue chinoise lauréat du prix Nobel, sur le thème « Realms of the Spirit in Gao Xingjian’s Literature and Art ».

Gao Xingjian lui-même avait accepté l’invitation et ces deux journées se sont déroulées dans une capitale britannique glaciale, mais aussi dans une atmosphère de chaude amitié et d’échanges fructueux. Ce fut l’occasion de voir ou de revoir dans le Brunei Gallery Lecture Theatre de la SOAS le film de Gao Xingjian, Après le déluge, puis La Silhouette sinon l’ombre et enfin l’enregistrement vidéo de La Neige en août dans la mise en scène que Gao Xingjian avait dirigée à Taibei en 2002. Enfin, une lecture par trois comédiens dirigés par Stephen Watts a été donnée de l’œuvre la plus récente de Gao dans la traduction anglaise de Claire Conceison, Ballade Nocturne.

Le premier jour, un symposium a réuni cinq intervenants qui ont livré une analyse au sujet des diverses facettes du maître, pour en montrer l’esprit unique qui en émane. Après que la sinologue Mary Massilli eut livré une étude très éclairante sur son théâtre, je me suis attaché à revenir sur l’histoire de la traduction de Lingshan 灵山 en expliquant à quel point l’intérêt que j’ai porté à ce roman dès que j’en ai lu les premières pages m’avait poussé à le traduire avec Liliane Dutrait, malgré les immenses difficultés que nous avions à trouver un éditeur. J’ai essayé, à travers quelques exemples, de montrer que nous avions cherché à rendre la « musique de la langue » si chère à l’auteur. Puis Chen Maiping a montré en quoi l’œuvre de Gao Xingjian devait être appréhendée comme un tout, sans avoir à se demander s’il s’agit d’une œuvre chinoise ou occidentale, d’une œuvre moderne ou post-moderne… Pour Chen Maiping, Gao Xingjian a commencé à emprunter sa propre voie là ou d’autres s’étaient arrêtés. Et il a déploré une nouvelle fois que le nom de Gao Xingjian soit officiellement passé sous silence par les autorités de Chine continentale alors que selon lui, l’anniversaire des 70 ans de l’artiste devrait faire la une des journaux chinois. Enfin, Chen Maiping a bien défini comment Gao Xingjian avait décidé de partir en exil et d’agir en individu isolé quand il avait compris que l’action collective n’aurait aucune utilité pour faire changer le régime qui opprimait sans cesse les intellectuels et les artistes. En agissant seul et en obtenant la récompense suprême que représente le Prix Nobel, Gao Xingjian a montré de manière éclatante à quel point la seule force spirituelle d’un individu pouvait parvenir à gravir les plus hautes montagnes. Enfin, l’écrivain Ma Jian, l’auteur de Chemins de poussière rouge et de Beijing Coma, compagnon de route de Gao Xingjian depuis le début des années 1980, a rappelé l’itinéraire de son ami et a montré à quel point son extraordinaire travail avait signé l’échec de la dictature de Chine continentale dans sa tentative d’étranglement de la pensée artistique.


Enfin, tout au long de ces deux journées qui ont attiré une nombreuse assistance, Gao Xingjian a répondu aux questions du public et a participé aux débats sur son œuvre. Il a rappelé sa position inébranlable d’artiste totalement indépendant, attaché à faire aboutir ses projets artistiques polymorphes, infatigablement.


Bon anniversaire Monsieur Gao !


PS : Bertrand Mialaret de Rue 89 a fait spécialement le déplacement à Londres et devrait rendre compte ces journées prochainement. On peut aussi se rendre sur le site de la BBC pour écouter une très intéressante interview de Gao Xingjian en chinois.


Noël Dutrait.