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dimanche 23 mai 2010

La Montagne à la bibliothèque

Je vous rappelle, comme l’a fait Blog’Up le 18 mai, que :
« Gao Xingjian [sera] à la bibliothèque des Lettres & Sciences humaines d’Aix le jeudi 27 mai 2010 à 17h45.
Le SCD est partenaire de la première édition de la manifestation nationale « A vous de lire ! », organisée du 25 au 29 mai 2010.
La déclinaison aixoise de cette manifestation met à l’honneur l’écrivain Gao Xingjian et s’intitule : « Pérégrination autour du roman La Montagne de l’Ame de Gao Xingjian, prix Nobel de littérature 2000 ».
Cette pérégrination de 5 jours fera étape à la bibliothèque des Lettres et Sciences humaines d’Aix : Jeudi 27 mai 2010 à 17h45.
Au programme, au cœur de la bibliothèque, en présence de Gao Xingjian : un spectacle dansé, des lectures d’un extrait de la Montagne de l’Ame en français et en langues étrangères ainsi qu’en langues des signes, et, bien sûr, une rencontre et un échange avec Gao Xingjian. Entrée libre et gratuite.
J’en profite pour vous signaler qu’à l’autre bout de la France, à Saint-Malo, se tient, depuis hier 22 jusqu’à demain 24 mai, la 21e édition du festival Etonnants Voyageurs avec pour invité d’honneur la Russie. Vous trouverez le détail des nombreuses manifestations de ce festival prestigieux sur Rue89, partenaire de l’événement, mais aussi sur un site riche en informations sur cette édition et les précédentes.

On y trouve notamment une impressionnante collection de biographies d’auteurs qui s’y sont rendus et, je tiens à le noter car c’est caractéristique du peu de cas que l’on fait trop souvent des traducteurs, des bibliographies qui ne mentionnent pas ceux qui font passer les littératures d’Extrême-Orient de leur langue d’origine dans la nôtre. On ne peut dès lors plus distinguer ce qui dans l’œuvre d’un auteur comme Gao Xingjian a été écrit en français de ce qui l’a d’abord été en chinois. N'est-ce pas un peu dommage ? (P.K.)

jeudi 28 mai 2009

La XXe bordée des Etonnants voyageurs


Duong Thu Huong
est née en 1947 au Vietnam, Anna Moï, à Saïgon en 1955, Thanh-Van Tran-Nhut à Huê en 1962 : toutes trois vont se retrouver à Saint-Malo pour participer à la XXe édition des Etonnants Voyageurs. On avait vu que l'édition 2007 avait largement ouvert ses portes aux littératures d'Extrême-Orient et notamment de Chine. Cette année est marquée par un retour à la fiction comme l'explique Michel Le Bris, président de l’association organisatrice de ce Festival international du livre et du film, événement culturel et littéraire d'importance qui propose une multitude de manifestations entre le 30 mai et le 1er juin.

Un coup d'œil sur son site s'impose : soit pour préparer dans les meilleures conditions son déplacement - il faudra faire des choix tant les rencontres sont nombreuses -, soit pour se consoler de ne pas le faire ; des notices parfois fort riches et instructives sur les auteurs et intervenants y sont mises à notre disposition – on y accède notamment à partir de la page d'accueil (voir notre illustration).

Voyez donc celles d'Anna Moï, de Thanh-Van Tran-Nhut et de Duong Thu Huong qu'on pourra avantageusement réactualiser avec les billets à elle consacrés sur ce blog en attendant de découvrir la « revue en ligne, du même nom que le festival, accompagnée d'un magazine papier qui devrait naître début 2010, sur un rythme bimestriel. » Voilà qui nous ramène à un certain numéro inaugural d'une revue en ligne - IDEO -, justement consacrée à l'exploration extrême-orientale du thème du « Voyage ». C'est pour bientôt, aussi, ou juste après ! (P.K.)

lundi 12 mai 2008

Derniers paragraphes (002)

Beijing coma, le prochain livre de Ma Jian 马建 à sortir chez Flammarion - qui a publié, rappelez-vous, ses Nouilles chinoises (traduit de l'anglais par Constance de Saint-Mont, 2006) - est déjà sorti sous le même titre (Chatto & Windus, 586 p.) en Grande-Bretagne où vit l'auteur. Jonathan Fernby l'a déjà lu pour The Times online (9/05/08)

Sa recension commence par ces mots :
« Ma Jian’s epic novel is the first major work of fiction on the student protests in Tiananmen Square in 1989, and the events that ended with the Communist leadership sending in the army on June 4 in a defining moment of China's modern history. As such, the book is a huge achievement, mixing imagination and fact as it charts in compelling close-up the complex and heady nature of the Beijing Spring, which was joined by hundreds of thousands of inhabitants of the capital. »
Et s'achève par ceux-ci :
« Finely written and translated, with beautifully controlled interaction between the actors, the book's account of life and love in the square in 1989 brings out the complexity of the movement that reached well beyond the traditional description of it as a pro-democracy revolt. Above all, the Beijing Spring provided the participants with “a warm space with a beating heart” and reasons for soaring hope - but was also shot through with inevitable differences, rivalries and bickering. The characters, some of them real people appearing in roman à clef roles, take on depth and meaning as the story moves towards tragedy, on both a personal and a wider level. Nineteen years on, June 4 is still off limits for discussion in China, yet another of the episodes on which the leaders of the People's Republic prefer to impose a coma of orthodoxy while hoping that economic growth will provide them with the legitimacy denied by the protestors. Sadly, the richness and humanity of Ma Jian's book shows why this remains the case. »
On peut toujours lire l'interview réalisée par Didier Jacob pour Le Nouvel Observateur (31/08/06) pendant laquelle le « peintre, photographe, écrivain, Ma Jian, [...] auteur de plusieurs livres, dont Chienne de vie et La Mendiante de Shigatze (Actes Sud), et Chemins de poussière rouge (l'Aube) [et] qui vit à Londres avec sa femme et ses deux jeunes enfants » disait : « Il est actuellement impossible de publier en Chine un livre qui ait un quelconque contenu intellectuel. »

Pour ce nouvel opus - Beijing Coma - traduit du chinois par Flora Drew, on peut également - en attendant d'autres critiques - se reporter à la notice que lui consacre son éditeur.

On reparlera certainement de ce livre au moment de sa sortie française, mais il ne faut plus attendre pour lire l'instructif article que Bertrand Mialaret vient de consacrer sur Rue89.com dans le cadre du festival Etonnants voyageurs, au « Monde changeant de l'édition chinoise à l'heure capitaliste » et dont le dernier paragraphe donne envie de lire ce qui le précède :
« Au total, le livre en Chine connaît une situation paradoxale: un énorme marché qui se développe rapidement, encore archaïque et bureaucratique pour l’édition, parfois déstabilisé par la piraterie, mais qui en même temps est étonnamment moderne du fait de l’influence d’internet sur le comportement des lecteurs, la littérature et l’industrie du livre; on y reviendra. »
Ne vous en privez pas. (P.K.)

mardi 6 mai 2008

Etonnants voyageurs 2008

Le mois mai n'est pas seulement synonyme de beaux jours chômés et de week-ends à rallonge, mais également d'un rendez-vous annuel avec la littéraire dédiée à l'aventure et au voyage et une invitation à faire le plein de ce que nous offrent les écrivains quand ils « redécouvrent le monde », savoir le Festival international du livre et du Film, Etonnants voyageurs.

L'édition 2008 se déroulera, toujours à Saint-Malo, du 10 au 12 mai ; il est donc encore temps de préparer son paquetage et de courir découvrir les activités organisées autour du thème « Migrations », qui nous invite à penser le monde en terme de « flux : flux de populations, comme jamais le monde n’en connut, migrations, volontaires ou subies, flux de capitaux, flux d’images et de sons, immédiateté d’une communication mondialisée. Où l’imaginaire individuel et collectif, paradoxalement, retrouve dans le grand tohu-bohu planétaire une place centrale de puissance de création de communautés imaginaires, fluides, plurielles, en perpétuelles recompositions. » [Lire la suite]

Parmi les quelque 275 écrivains qui feront le déplacement, on peut noter la présence d'auteurs dont il a été question sur ce blog : outre Tran Huy Minh, La princesse et le pêcheur (Actes Sud, 2007), ce sont deux auteurs dont on a déjà évoqué ici l'œuvre : Guo Xiaolu, l'auteur du Petit dictionnaire chinois-anglais pour amants (Buchet Chastel, 2008) et Xinran (Baguettes chinoises, Editions Philippe Picquier, 2008). Pierre Haski sera également du voyage.

Comme annoncé sur le site des Editions Philippe Picquier, plusieurs débats permettront de rencontrer ces auteurs. Un hommage sera rendu à Nicolas Bouvier (1929-1989), disparu voici dix ans déjà. (P.K.)

mercredi 30 mai 2007

Duong Thu Huong

Mon empressement à signaler la tenue du Festival Etonnants voyageurs m'a conduit à oublier de signaler la présence à Saint Malo de Duong Thu Huong (1948-).

Pourtant, Duong Thu Huong méritait d'être évoquée non seulement pour son œuvre, d'abord reconnue dans son pays le Viêtnam avant d'être particulièrement appréciée chez nous, mais aussi parce qu'elle vient d'obtenir [info LivresHebdo] le Grand Prix des lectrices du magazine Elle 2007 pour la Terre des oublis, publié début 2006 par Sabine Wiespiese Editeur et traduit du vietnamien par Phan Huy Duong.

Ce roman (dont on peut lire un extrait ici) figurait déjà dans la dernière sélection du Fémina du roman étranger, prix que Duong Thu Huong avait déjà obtenu à deux reprises pour Les paradis aveugles (Antoinette Fouque, 1991) et Au-delà des illusions (Philippe Picquier, 1996).

Itinéraire d’enfance (Traduit du vietnamien par Phuong Dang Tran), son dernier ouvrage, est, quant à lui, sorti il y à peine une vingtaine de jours à peine également chez Sabine Wespieser Editeur. Le 21 mai dernier, Stéphane Guibourgé (Le Figaro magazine) saluait la publication de ce « conte autobiographique », d'un article intitulé « Duong Thu Huong, la battante » dont voici un extrait :
« Elle vient d’avoir 60 ans. Vit en France depuis la sortie du magnifique Terre des oublis (Sabine Wespieser Editeur), en janvier 2006. « La nostalgie de mon pays me ronge, mais j’ai la liberté... » Elle vient de terminer un long roman. Elle dit que la littérature est son plaisir. « Aujourd’hui, j’ai le droit de goûter quelque chose pour moi-même. » Lent sourire. « Je suis à la fois heureuse et triste quand je songe à mon existence. J’ai beaucoup vécu pour les autres. Maintenant je pense à moi. Je sais que je suis juste en prenant cette décision. Cependant, je ne sais pas encore exactement ce que je veux. Je suis un animal douloureux, condamné à souffrir. C’est la destinée. »
Comme le signalait en 1998, Phan Huy Duong, traducteur de beaucoup d'œuvres de Duong Thu Huong, le public français a encore beaucoup à découvrir de la littérature vietnamienne :
« Moins de cinquante auteurs vietnamiens sont traduits en français. La plupart sont connus par leurs nouvelles. Sur ce total, ceux dont les romans ou recueils de nouvelles sont traduits ne sont plus qu’une quinzaine. Seule l’écrivain Duong Thu Huong a vu son oeuvre intégralement traduite en français. »
Il en profitait pour signaler quelques unes des difficultés de la traduction en français de la littérature vietnamienne :
« La langue vietnamienne est tellement musicale qu’il y a des centaines de mots pour qualifier une chose quand en français le même mot n’a que deux ou trois synonymes. En vietnamien, le mot traduit un son réel ou des sensations charnelles. Il y a dix-huit sortes de A en vietnamien ! Le français est abstrait quand le vietnamien colle au plus près de la réalité charnelle. »
Livres Hebdo en ligne dans sa même édition du 28/05, nous apprend également que « La tempête [a] contrari[é] l’organisation d'Etonnants Voyageurs » :
« Les puissantes rafales de vent qui ont soufflé sur l’Ille-et-Vilaine dans la nuit de dimanche à lundi n’ont pas épargné les structures d’accueil du festival Etonnants Voyageurs de Saint Malo, [qui a été] interrompu toute la matinée de lundi »,
mais ajoute aussitôt que « les prix échappent à la tempête » et que dimanche, le prix des Gens de mer, doté de 3 000 euros, a été décerné à Philippe Jaworski pour sa nouvelle traduction du Moby-Dick d’Herman Melville (1819-1891) parue à la « Bibliothèque de la Pléiade » (Œuvres, tome III, Gallimard, 2006).

Voilà une bonne invitation à relire cette œuvre, naguère (1941) traduite par Lucien Jacques (1891-1970), Joan Smith et Jean Giono (1895-1970) qui rendaient les premiers mots du premier chapitre :
Call me Ishmael. Some years ago--never mind how long precisely -- having little or no money in my purse, and nothing particular to interest me on shore, I thought I would sail about a little and see the watery part of the world.
ainsi :
Je m'appelle Ishmaël. Mettons. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n'ayant plus d'argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l'envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l'eau.
Philippe Jaworski les traduit, quant à lui, de cette manière :
Appelez-moi Ismaël. Il y quelques années de cela — peu importe combien exactement — comme j'avais la bourse vide, ou presque, et que rien d'intéressant ne me retenait à terre, l'idée me vint de naviguer un peu et de revoir le monde marin.
L'article consacré au roman sur Wikipedia offre un comparatif plus étendu en confrontant ce passage et ces deux traductions à celles de Armel Guern (Sagittaire, 1954 -Phébus, 2005) et Georges Saint-Marnier (Walter Beckers, Kapellen-Anvers, 1967). Bien entendu, il en faut plus pour décider si « le nouveau » dépasse effectivement « l'ancien »; il n'empêche que la distinction reçue par ce nouveau Moby-Dick donne envie de se replonger dans ce Melville-là, comme à chaque sortie d'une nouvelle traduction de son Bartleby The Scrivener (Leyris, Gallimard, 1986 ; J.-Y. Lacroix, Allia, 2004), à moins que vous « préfériez ne pas ». (P.K.)

mardi 22 mai 2007

Etonnants voyageurs 2007

L'édition 2007 du festival international du livre et du film Etonnants Voyageurs va se tenir à Saint-Malo les 26, 27 et 28 mai. Cette manifestation dont la première édition a eu lieu en 1991 ouvre régulièrement ses portes aux littératures asiatiques et notamment à la littérature chinoise. C'est ainsi qu'en 2006, on pouvait y croiser, entre autres, l'écrivain Mo Yan, et les traducteurs Liliane et Noël Dutrait, ainsi que Jacques Dars.

Cette année, le thème retenu est « À l’heure de la littérature monde », thème qui s'appuie sur un manifeste en faveur d'une « littérature-monde en langue française », dont l'émergence « signe la fin de la “francophonie”, entendue comme l’espace où la France dispenserait ses lumières sur des masses quelque peu enténébrées, pour promouvoir un espace de liberté et d’échanges sur un pied d’égalité ». Ce manifeste, qu'on peut lire ici, a suscité bien des réactions, certaines très mitigées comme celle de Pierre Assouline qui s'achève ainsi : « Nous en dirons donc ce que François Mauriac disait de l’eau de Lourdes : s’il n’est pas certain que cela peut faire du bien, on est sûr au moins que cela ne fera pas de mal. » Ce manifeste a déjà été signé par 45 écrivains dont, l'écrivain d'origine chinoise, auteur à succès de Balzac et la petite tailleuse chinoise, Dai Sijie 戴思杰 (1954-)

Quelque 250 invités sont attendus parmi lesquels des représentants de la nouvelle générations d'auteurs de BD comme la japonaise Keiko Ichiguchi [Née à Osaka, en 1966, auteur de 1945 (Dargaud, 2005), America (Dargaud, 2007) et de Pourquoi les Japonais ont les yeux bridés (Dargaud, 2007)] et le jeune indien, Sarnath Banerjee présenté comme « le premier auteur de bande dessinée de son pays » [Calcutta (Denoël Graphic 2007), Corridor (Denoël Graphic 2006)].

L'Inde qui profite de l'engouement pour sa littérature suscité par le tout récent Salon du Livre de Paris, est également présente avec le journaliste et écrivain Suketu Mehta [Bombay, maximum city (Buchet-Chastel, 2006)], Bulbul Sharma (1952), peintre et écrivain [Mes sacrées tantes (Picquier, 2007), La Colère des aubergines (Picquier,1999)] et Abha Dawesar, dont il a été plusieurs fois question sur ce blog.

Seront également présentes Kim Tran-Nhut (1963) et sa sœur Thanh-Van Tran-Nhut (1962-) dont les œuvres individuelles ou composées à quatre mains semblent avoir trouvé leur public en France (Voir ici, ici ou ici).

Au moment où j'écris ce billet, la liste des invités ne contient pas un seul auteur en provenance de République Populaire de Chine ou de Taiwan, mais deux représentants de poids de la littérature chinoise de langue anglaise.

Tout d'abord, un autre auteur de romans policiers à succès, le Shanghaïen Qiu Xiaolong 裘小龍 qui depuis son installation à Saint Louis (Missouri) où il enseigne à la Washington University, a laissé le chinois pour écrire en anglais. Les amateurs de polars connaissent bien sont œuvre traduite chez Liana Levi [Mort d’une héroïne rouge (2001), Visa pour Shangaï (2003), Encres de Chine (2004), Le très corruptible mandarin (2006), De soie et de sang (2007)].

Preuve de sa notoriété Outre-Atlantique, le 7 avril 2007, il a été choisi par Howard W. French, pour « The Saturday Profile » du New York Times. Voici des extraits de cet article intitulé « For Creator of Inspector Chen, China Is a Tough Case to Crack » :

Shanghai is much more than his hometown. It is his muse, and it has been the one consistent subject of his fiction, the four Inspector Chen detective novels he has written so far, which have sold over 700,000 copies and have been translated into 16 languages, including Chinese. Chinese? Yes, since leaving the country at the age of 35 in 1988 on a Ford Foundation fellowship, Mr. Qiu has written in English instead of his native language. The choice, which today sometimes displeases Chinese authorities, he said, has been forced upon him by circumstances in his own country — from the bloody antidemocracy crackdown at Beijing’s Tiananmen Square in 1989, to the many restrictions on speech, especially anything construed as political speech, that have followed. He was reminded of these restrictions during his current visit home, when he wrote an article in homage of Yang Xianyi, an aging and infirm translator of Chinese classics into English. Mr. Yang became a hero to his generation of intellectuals for his decision to resign from the Communist Party over its handling of the pro-democracy demonstrations at Tiananmen Square. When Mr. Qiu approached Chinese magazines to get it published, they were unfailingly polite but unyielding. “We’re sorry,” he said editors would announce with a smile. “It’s very interesting, but for certain reasons, we’re afraid we can’t publish it.”
Plus loin, concernant son dernier titre When Red is Black, on peut lire :
YEARS later, while visiting his father’s grave, Mr. Qiu received the inspiration for what many readers consider to be his finest work, “When Red Is Black,” which like all his novels is a story about the exploits of Chief Inspector Chen of the Shanghai Police Bureau. In this novel, the detective is looking into the murder of a novelist and former member of the Red Guards. This background enables Mr. Qiu to process his deepest feelings about the fortunes of his family and of his country during the topsy-turvy years of ideological zealotry, as well as what the author considers the abandonment of virtually all values — save for the pursuit of money — that has followed. .../... CENSORS here could be called prescient too, however. They refused to allow the title “When Red Is Black” to be used in the Chinese version of the book, because of its clear ideological connotations. They also would not allow the city in question to be named Shanghai, designating it “City H” instead. If Mr. Qiu’s crime stories all have conclusions, their central character, Inspector Chen, a lover of classical poetry like the author himself, does not. Corruption is a recurrent theme, because “it is everywhere,” Mr. Qiu says. “What is the reason? Is it one-party rule? Is it something deeper in Chinese culture, because a legal culture does not have deep roots? Is it absolute power corrupting absolutely?” “The chief inspector does not have all the answers,” Mr. Qiu says. “Like all Chinese, he is just coming to terms with all that is changing around him.”
Qiu est aussi traducteur. Il a publié des traductions anglaises de poèmes chinois anciens : 100 Poems from Tang and Song Dynasties (Better Link Press, 2006, 231 p.) et Treasury of Chinese Love Poems: In Chinese and English (Hippocrene Books, 2003, 171 p.)

Autre vedette présente à Saint-Malo, l'américaine Tan Amy [Tan Anmei 譚恩美] (1952-), dont la notoriété est encore plus grande que celle de Qiu, si grande, nous dit-on, que l'écrivain a « "figuré" sous sa propre identité dans la série animée Les Simpson ».

On peut découvrir, ou mieux connaître, la vie et l'œuvre de cette fille d'émigrés chinois née aux USA, en visitant les deux sites internet suivants : 1 - il s'agit d'un site créé et entretenu par une admiratrice, Anniina Jokinen & 2 - ce qui pourrait bien être un véritable site personnel [Amy Tan y parle notamment de la maladie dont elle souffre depuis 1999 ], ou en lisant ses ouvrages traduits en français : Le club de la chance (Flammarion, 1992), La femme du dieu du feu (J’ai lu, 1997), L’attrape-fantômes (Robert Laffont, 1999), Les Fantômes de Luling (Robert Laffont, 2003) ou le tout récent Noyade interdite (Buchet-Chastel, 2007).

On peut aussi grâce à FORA.tv : The World is thinking écouter et voir Amy Tan qui parlait tout récemment (14/11/07), et pendant un peu plus d'une heure, de son dernier opus, Saving Fish From Drowning. (Il faut se rendre ici et cliquer sur le bouton "Launch Fora Player").

Le portrait fournit sur le site du festival Etonnants voyageurs nous livre, quant à lui, des informations sur ses activités actuelles :
Actuellement, Amy Tan travaille à un nouveau roman, collabore à l’écriture d’un épisode pilote pour la télévision avec le réalisateur Wayne Wang et le co-scénariste Ron Bass, et écrit avec le compositeur Stewart Wallace le livret de The Bonesetter’s Daughter (Les Fantômes de Luling), qui sera créé en septembre 2008 à l’Opéra de San Francisco. L’autre activité musicale de Amy Tan sur scène se borne au rôle de chanteuse d’appoint, meneuse de rythme dominatrice et second tambourin dans l’orchestre amateur The Rock Bottom Remainders composé d’écrivains, dont Stephen King, Dave Barry et Scott Turow. En dépit de leur talent discutable, leurs concerts annuels ont permis de réunir plus d’un million de dollars pour des programmes d’alphabétisation.
Merci d'avance à tous ceux qui auront la chance de se rendre à Saint-Malo de nous livrer des échos de leurs rencontres et de leurs trouvailles. (P.K.)