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jeudi 9 juillet 2009

Keul Madang

L'été : saison des cerises, saison des sites surprises : la série entamée par l'apparition sur la toile de Cerise Press se poursuit avec l'arrivée d'un site sans équivalent connu de moi entièrement consacré dans notre langue à la Corée, sa culture et surtout sa riche littérature. Tout à la fois, site web, blog, revue en ligne, Keul Madang, Littératures et cultures de Corée « se propose de montrer les multiples facettes de la culture coréenne, culture entendue ici au sens large : arts, modes de vies, croyances, mythes, religions, relations sociales... »

Keul Madang est le fruit d'un travail collectif conduit par nos collègues de la section coréenne du Département d'Etudes Asiatiques de notre université, Jean-Claude de Crescenzo et Hye-Gyeong Kim, par ailleurs membres de notre équipe, qui jusqu'à présent nous avaient fait partager leur passion sur ce blog. Ils ont réuni autour d'eux une poignée de spécialistes - enseignants, traducteurs - et d'étudiantes aussi passionnées que leurs mentors, pour créer ce nouvel espace d'information, de réflexion et d'analyse qui arrive à un moment crucial dans la découverte par nos compatriotes de la Corée. Nous ne doutons pas qu'il saura tenir le rôle de guide dont nous avons tous besoin pour prendre toute la mesure de ce que ce pays attirant peut nous apporter dans notre connaissance de l'Extrême-Orient. Pour l'heure, on peut lire, ou relire, quelques critiques d'œuvres traduites dans notre langue, se familiariser avec quelques uns de ses plus fameux créateurs, écrivains et réalisateurs... Mais je n'en dis pas plus, allez vite voir par vous même, vous ne serez pas déçu.

Ah ! Oui, j'oubliais : « Keul () veut dire écrit/texte et Madang (마당), la cour de la maison (traditionnelle) ». M'est avis que nous ne nous priverons pas de visiter souvent cette bâtisse sortie du néant dans la chaleur d'un été torride. (P.K.)

mercredi 8 juillet 2009

Cerises virtuelles

Avec le début de l'été, arrivent les cerises. En voici, d'une nature bien différente et que l'on pourra déguster en toute saison puisqu'il s'agit d'une revue virtuelle nouvellement arrivée sur la toile. L'illustration ci-dessous vous en dévoile la couverture et vous en livre la porte d'accès :

Cerise Press. A Journal of Literature, Arts & Culture est « an online journal based in the United States and France », qui selon ses concepteurs, « builds cross-cultural bridges by featuring artists and writers in English and translations, with an emphasis on French and Francophone works. Co-founded by Fiona Sze-Lorrain, Sally Molini, and Karen Rigby in 2009 ». Cerise Press a pour ambition de servir « as a gathering force where imagination, insight, and conversation express the evolving and shifting forms of human experience. » En conséquence, le journal est « open to submissions in photography, art, and poetry, including translations in French, Chinese, and Spanish. »

La 1ère livraison réunit un nombre important de « contributors » bien de notre siècle, mais quelques célébrités du précédent, comme Guillaume Apollinaire et Boris Pasternak. Elle impressionne également non seulement par l'attention portée à sa présentation avec la mise en scène d'œuvres picturales et photographiques de grande qualité, mais aussi par sa variété. Une bonne place est réservée à la traduction, et la littérature chinoise contemporaine n'est pas oubliée. Elle est présente par l'intermédiaire de deux auteurs que beaucoup découvriront : le poète Hai Zi 海子, né en 1964 et qui se donna la mort en mars 1989 ; et Jie Li, doctorante à Harvard.

Le rythme de publication de Cerise Press sera de trois « issues » par an ! Le numéro deux est déjà en chantier ; il est annoncé pour novembre, ce qui nous laisse le temps de découvrir pleinement celui-ci et de lire en premier « Life as Art as Cinepoem: Gao Xingjian’s Silhouette/Shadow » dans lequel par Barbara Yien parle du premier film du Prix Nobel de Littérature 2000 et du livre qu'il a inspiré ; l'article donne également un lien conduisant vers un site entièrement consacré à cette « œuvre complète » dont nous avons eu la primeur à Aix-en-Provence l'année de sa réalisation et qu'on peut visionner dans l'ERD Gao Xingjian de la Bibliothèque de l'Université de Provence. Mais cela vous le saviez. Quant au reste, bonne découverte en ligne, car Cerise Press est une revue que vous ne pourrez pas emmener à la plage : qui s'en plaindrait ? (P.K.)

vendredi 10 avril 2009

De blog en blog (05)

Vous le savez déjà depuis le 11 février dernier, grâce à un billet intitulé « Les habits neufs de Leo2T », le site de notre équipe a revêtu ses nouveaux atours. Depuis peu, ils sont visibles dès la page d'accueil de notre université, savoir dans le bandeau défilant appelé « Fenêtres sur l'UP » qui permet de prendre la mesure de la richesse des sites et des blogs des diverses formations et équipes de recherche de l'Université de Provence, et, par la même occasion, d'accéder d'un seul clic de souris à ces nombreuses dépendances. Nous y apparaissons de la manière reproduite ci-dessus, en tête de liste, à la sixième position.

Pour nous le changement avait été motivé par la mise en conformité de notre image avec la nouvelle physionomie et le nouveau nom de notre équipe anciennement « Littérature chinoise et traduction » (les nostalgiques peuvent encore se rafraîchir la mémoire avec une vue de notre ancien bandeau). Malheureusement, ces modifications n'ont pas encore produit d'effets notables sur le contenu de notre site : nous allons devoir y travailler d'arrache-pied.


Pour ce qui est du site du Service Commun de la Documentation – Bibliothèques de l'Université, les modifications apportées ne sont pas que de façade. Si elle affirme d'emblée l'appartenance de ce site à la famille des sites de l'Université de Provence, la nouvelle interface facilite grandement l'utilisation à distance de cet outil indispensable autant à l'étudiant, qu'à l'enseignant et au chercheur. La qualité du travail réalisé par les équipes qui ont œuvré sur cette refonte est particulièrement remarquable, vous en rendrez compte très rapidement. De plus, un accès direct au catalogue figure sur la page d'accueil ; un lien permet aussi de s'abonner à une lettre d'information dont les numéros déjà parus sont tous téléchargeables : je vous recommande le bulletin n° 5 dans lequel Jean-Luc Bidaux propose un « Retour sur … Gao Xingjian à la BU d'Aix (2 et 3 avril 2008) ». Autre nouveauté notable, une fenêtre de la colonne de gauche fait défiler les dernières actualités.

L'une d'entre elles mérite toute notre attention car elle concerne la création d'un blog, Blog'UP, dont la vocation est affirmé dans son premier billet publié daté du 3 avril 2009 :
« Ce blog, nous l’espérons, vous permettra d’être plus au courant de ce qui se passe dans nos bibliothèques. Nous voulons construire avec vous un outil réactif, convivial et participatif (puisque nous vous invitons à nous laisser des commentaires !), un outil qui mette en valeur le travail que nous faisons et qui, surtout, vous aide à gagner un temps précieux dans vos recherches. »
Souhaitons le meilleur à cette excellente initiative dont on sait quelle est coûteuse en temps et en énergie. Merci donc à ceux qui sacrifient de leur temps pour nous en faire gagner.


« Faire gagner du temps » à autrui n'est déjà pas une opération très simple, « rattraper le temps perdu » en est une encore plus périlleuse. C'est pourtant ce fol espoir qui m'a poussé à créer les deux blogs dont il va être question maintenant.

Les circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous nous trouvons depuis une dizaine de semaines s'avèrent, in fine, un excellent stimulant pour concrétiser un projet en gestation : je tiens, de ce point de vue, à remercier les services du Pôle TICE et notamment Mlle Lucie Fayolle pour leur implication, leur disponibilité et leur savoir faire. Or donc, voici deux blogs qui vont remplacer, un peu dans l'urgence, mon ancien site internet que je ne suis plus en mesure d'entretenir pour des raisons techniques ; ils vont également me permettre de mieux séparer les deux pans de mon activité, celle de chercheur d'une part, avec un site personnel qui devra s'adapter d'ici le début du mois de juillet à de nouvelles données techniques, et d'autre part, celle d'enseignant du Département d'Etudes Asiatiques d'UP.

C'est ainsi que le premier blog, « Pik UP Licence » (y accéder en cliquant sur le bandeau ci-dessus), s'adresse principalement aux étudiants de niveau licence ainsi qu'à ceux, de plus en plus nombreux, qui s'inscrivent au Diplôme universitaire de chinois, et traitera en priorité des cours de culture chinoise ancienne (histoire, littérature ancienne, système des examens) de première et deuxième années, alors que le second blog, « Pik UP Master » (y accéder en cliquant sur le bandeau ci-dessous), est entièrement dédié aux étudiants de niveau Master : ce versant sera sans doute encore plus propice que le précédent à accueillir des contributions autres que les miennes. Je compte, en effet, sur l'implication de ces apprentis chercheurs qui pourront y présenter les résumés des mémoires qu'ils préparent dans le cadre de ce diplôme, voire plus, s'ils en ont la volonté.

Inévitablement, les billets qu'on y trouvera intègreront des renvois vers mes contributions au blog de l'équipe qui, vous l'avez sans doute noté, s'est considérablement étoffé ces derniers temps avec pas moins de 20 billets pour le seul mois de mars - un grand merci à ceux qui ont ainsi permis de dépasser de deux billets le précédent record des 18 billets du mois de novembre 2007 -, ce qui porte à 275 le nombre de billets publiés depuis son ouverture en novembre 2006, et à quelque 44000 le nombre de visites reçues, la plupart de France ou de pays francophones, mais aussi, dans une proportion de plus en plus grande, des lointaines contrées (Chine, Taiwan, Japon, Vietnam, Corée, Thaïlande, Inde) de cet Asie qui nous réunit.


Avant conclure cette revue des nouveautés printanières, je voudrais vous signaler deux adresses à ne pas négliger tant elles remplissent bien la fonction principale qu'on attend d'un blog de cette nature. Il s'agit d'Electrodoc et des Actualités scientifiques du CECMC.

L'année dernière, je vous avais déjà signalé l'existence d'Electrodoc, blog de l'EHESS tenu par Jacqueline Nivard. Toujours aussi prompt à rendre compte de l'activité de la recherche sinologique, ce blog vient de changer de présentation et a fait évoluer la deuxième partie de son intitulé en « Chine-Occident : veille documentaire ». On le retrouve avec un grand plaisir sous le bandeau ci-dessous.

Un menu copieux vous y attend. Voyez plutôt à titre d'exemple : l'annonce du 24 mars 2009 d'une conférence de Viviane Alleton, directrice d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, sur « L'apparition des idéogrammes », conférence donnée à la Cité de Sciences, le 28 janvier 2009 ; le 3 mars 2009, était annoncé la mise en ligne de plusieurs articles de chercheurs du CECMC sur le site de l’AFEC (Association française d’études chinoises) ; le 24 mars, on apprenait que « La revue Études Mongoles fondée en 1970 par Roberte Hamayon, [était] maintenant disponible sur la base de données Revues.org. » ; le 21 février, on lisait que « Dans le but d’élargir son audience, l’Association of Asian Studies propose le téléchargement gratuit de certains articles de sa revue Journal of Asian Studies sur le site de Cambridge Journals » ; le 29 décembre 2008, on était averti que « Le Centre pour l’édition électronique ouverte va accompagner la mise en ligne de vingt-deux nouvelles revues acceptées par le comité de rédaction depuis la rentrée. Parmi les nouvelles revues, il y a Extrême-Orient Extrême-Occident. Perpectives chinoises et sa version en anglais China perspectives étaient déjà présentes sur le portail. », ... Est-il besoin d'en rajouter pour vous prouver qu'on ne peut se passer d'Electrodoc et qu'il est impératif de s'abonner sans tarder à ses fils RSS.

Le même jugement pourrait être porté sur l'autre blog tenu par Jacqueline Nivard - Actualités scientifiques du CECMC - mais cette fois, je vous laisse tout loisir de le parcourir vous-même après vous avoir dit que CECMC veut dire Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine. Le CECMC a aussi sa page d'actualités et, bien entendu, son site, site dont la responsable n'est autre que Jacqueline Nivard !

Je suis d'autant plus heureux d'insister sur ce point qui n'est pas un détail, que j'ai pour cette webmistress infatigable une très grande reconnaissance pour m'avoir prodigué des encouragements pour ce blog qui, de plus, se trouve en bonne place dans les liens permanents d'Electrodoc, mais aussi une indéfectible admiration pour une des premières à s'être intéressée à l'internet en Chine, et avoir senti l'importance que cet outil prendrait pour la recherche sinologique. Il n'est que de relire son « Chine et internet. Comment constituer une bibliographie ? » paru dans la Revue bibliographique de sinologie en 2002 (pp. 21-42) qui avait été précédé dans le volume de l'année 1997 de la même défunte revue dont l'absence se fait, me semble-t-il terriblement sentir, d'un non moins pertinent « Chine sur Internet. L'apport de l'Internet Guide for China Studies » (pp. 29-33).

On peut aussi relire aujourd'hui avec attention et admiration l'article que Danielle Elisseeff donna au même RBS 2002, « La sinologie et le web. Outils d'aujourd'hui, outils de demain » (pp. 3-20). En voici le dernier paragraphe : « Cependant, sur un plan technique, tout est possible, ou presque ; c'est à l'expert du champ d'étude concerné qu'il appartient de marquer des limites, de définir des projets. En un mot, il faut que chacun garde son métier : sinologues, exprimez vos souhaits ; aujourd'hui ou demain, les mathématiciens-informaticiens les réaliseront pour vous offrir les outils dont vous rêvez, mais qui a jamais prétendu que rêver était simple ? ». Rêvons donc les yeux grands ouverts. (P.K.)

mercredi 8 avril 2009

Le Tao du web

C'est sous ce titre que Rebecca MacKinnon a récemment présenté une conférence au Berkman Center for Internet & Society (Harvard University). Pour être plus précis, le titre de son intervention était « The Tao of the Web: China and the Future of the Internet ».

Si vous êtes intéressé par les développements de l'internet en Chine, je vous conseille vivement de regarder les 53 mm du document vidéo accessible à partir de cette dépendance de l'Université de Harvard. Voici ce dont il y était question ce 3 mars 2009 :
« Most English-language discussions about « the future of the Internet » approach the subject from an Anglo-American and European perspective. But what if you take China - now with the world's largest number of Internet users, fast-growing technology sector, and a strong voice in global Internet governance debates - as your starting point for thinking about where the global Internet is headed? What are the implications for global free expression? Rebecca MacKinnon explores these questions and others in this lunch series. »
L'exposé de Rebecca MacKinnon, abondamment et pertinemment illustré, réactualise avantageusement certaines données et ouvrira de nouvelles perspectives aux plus blasés des surfeurs sinophiles. Il faut dire que nul autre ne semble mieux placer qu'elle pour aborder aussi clairement ce sujet et présenter aussi finement ses implications actuelles et futures. Pour l'heure assistant professor au Journalism and Media Studies Centre de l'University of Hong Kong, Miss MacKinnon, qui a eu jusqu'à présent une vie professionnelle et académique brillante, est également la co-fondatrice avec Ethan Zuckerman du site internet Global Voices.

Depuis 2005, Global Voices a pour vocation d'aider « individuals and media professionals around the world [to] gain access to the diverse voices coming from citizen media. [Global Voices ] base [its] coverage on the words, images, and videos of ordinary people across the globe who use the internet to communicate and broadcast their thoughts, analysis, and observations. » C'est devenu un passage obligé pour qui s'intéresse à ce qui se passe en Asie ou dans le reste du monde online. On peut lire ce qu'y propose une communauté de bénévoles en 17 langues dont le français. On peut même apporter son soutien à cette entreprise devenue indispensable.

Jugez-en par vous-même en consultant le dernier billet en anglais publié sur la Chine. On le doit à Owan Lam : « Psychiatry with Chinese characteristics ». Pour le français, c'est « Le communiqué franco-chinois au G20, une glorieuse défaite ? » qui est la traduction française par Suzanne Lehn (5/04/09), du billet anglais « China-France communiqué and G20, a glorious defeat ? » de Bob Chen (3/04/09). De lui, je vous recommande également un billet très différent publié le 9 mars : « Most wanted fugitive now blogging ? » (9/03/09). Incredible. (P.K.)


jeudi 20 novembre 2008

Deliciouseument vôtre

ou De la mise à disposition d'un fonds évolutif de marque-pages (ou bookmarks, favoris, signets, liens internet privilégiés ... ) en rapport avec la littérature chinoise ancienne, afin d'amorcer un mouvement d’ensemble, pour qu'à terme le visiteur de ce blog soit mieux armé pour aborder les littératures d'Extrême-Orient.

Les plus attentifs d'entre vous avaient sûrement noté la présence dans nos liens internet privilégiés [colonne de gauche de ce blog, rubrique « Bibliothèques/Ressources »], d'un lien hypertexte baptisé « Favoris de P[ierre]. K[aser] ». Celui-ci est toujours présent, mais il a été déplacé dans une nouvelle rubrique appelée « Les Favoris des membres de l'équipe ».

De quoi s'agit-il ? Rien de moins qu'une extension de ce blog, qui depuis deux ans déjà a pour double vocation d'être un organe maniable d'informations sur les activités de notre équipe, et de devenir un outil convivial et réactif pour une meilleure connaissance et appréciation des littératures d'Extrême-Orient.

Cette extension, qui je le souhaite trouvera auprès des membres de l'équipe un écho favorable et un accueil pas moins chaleureux de la part de ceux qui comme vous visitent ce blog à raison d'une moyenne de 100 visites par jour - plus 33500 déjà comptabilisées - , s'imposait. En effet, le nombre de liens méritants d'être signalés à votre attention est déjà très important et ne cesse de grandir.

L'internet est devenu, il faut bien le reconnaître, un outil indispensable pour l'étude des littératures d'Extrême-Orient, surtout si l'on est basé, comme nous, à plusieurs dizaines de milliers de lis des lieux de diffusion et de conservation des matériaux de la recherche. C'est aussi un formidable outil pour les étudiants suivant nos cours et travaillant sous notre direction (Master, Thèse), dont la curiosité et l'acuité ne peuvent se satisfaire des fonds mis à leur disposition à proximité.

Qu'ils n'oublient pas, néanmoins, que la bibliothèque universitaire et son personnel mettent toute leur énergie en œuvre pour leur faciliter l'accès à l'information, directement en alimentant les rayonnages ou via le prêt entre bibliothèques ; des séances de formation et d'information leur sont régulièrement proposées -- un grand merci, au passage, à Jean-Luc Bidaux et ses collègues, pour leur implication auprès des étudiants du Département d'Etudes Asiatiques et, également à Solange Cruveillé pour avoir récemment travaillé avec la diligence et le sérieux dont elle est coutumière sur le fonds chinois. Il y a aussi l'ensemble des ressources informatiques mises en place par la Bibliothèque Universitaire à partir de son site et celles que l’Université offre par l'intermédiaire de l'Environnement Numérique de Travail (ENT). Malgré tous ces efforts, une part des matériaux reste encore hors de portée ou engoncés dans la forêt touffue de l'internet savant.

Plutôt que d'allonger avec l'inconfort que cela représente pour celui qui doit s’y atteler des listes de liens vouées à l'inertie [PiKaWeb n'a pas bougé depuis le 2 juillet 2007] -, j'ai choisi pour accomplir cette noble mission, d'utiliser l'outil le mieux adapté et le plus facile à prendre en main qui est, sans conteste possible, celui proposé par Delicious.com site de « Social bookmarking » (marque-page social) lequel vient justement de faire peau neuve.

Un blog dispensera aux plus hésitants informations et astuces - voir notamment le film du billet « Oh happy day — the new Delicious is here » -, mais c'est à partir du site que l'on peut s'inscrire et sans aucune difficulté se mettre à l'œuvre : en deux ou trois opérations très simples, vous allez vous retrouver à la tête d'une armée de liens en bon ordre de bataille prêt à l'usage et au partage - vous pouvez, en effet, charger vos marque-pages personnels directement depuis votre navigateur et même, si vous le souhaitez, choisir de gérer à plusieurs cet espace ; en plus, vous l'aurez noté, « It's free ! » : que demander de plus ?

Je fais le vœu que rapidement la liste des listes de favoris s'allonge et qu'à côté des « Favoris de Pierre Kaser », on puisse trouver les favoris des autres membres de l'équipe -- lesquels listes pourraient même un jour prochain fusionner. Ne serait-ce pas merveilleux d'avoir ces fenêtres ouvertes sur la littérature chinoise de ce siècle et du précédent grâce à Noël Dutrait, sur les arcanes du taoïsme grâce à Philippe Che, tout sur les renardes subtiles et terrifiantes qu’affectionne Solange Cruveillé, le meilleur de la littérature Coréenne grâce à Julie Kim et Jean-Claude de Crescenzo, etc.... ?

Je vous sens déjà impatient de créer votre espace aussi vais-je être bref. Un dernier mot, néanmoins, sur ma liste de favoris : elle trahit mon intérêt quasi exclusif pour la littérature chinoise ancienne et les matériaux que son étude conduit à explorer et à exploiter ; dans sa physionomie actuelle (un ensemble de 72 liens) elle est, en définitif, plus orientée vers des sujets en rapport avec la littérature narrative chinoise produite entre le Xe siècle et le début du XXe, avec un prédilection pour le roman en langue vulgaire des XVIIe et XVIIIe s.. Les étudiants de Master qui suivent mes cours sur ces sujets y trouveront notamment des pistes pour approfondir les thèmes qu'on envisage trop rapidement pendant l'année. Je m'engage à la perfectionner notamment en unifiant les mots clef en trois langues (français, anglais, chinois) - ce qui aura pour conséquence de modifier considérablement le nuage de mots clefs (« tags cloud ») ci-dessus - et, surtout, à l'alimenter régulièrement. A vous, après, d'en prendre possession : en jouant notamment sur les options de présentation, ou en découvrant, par exemple, les listes de liens de personnes qui partagent les mêmes centres d'intérêt que vous ....

C'est ainsi qu'en cliquant sur le « 7 » figurant à droite du nom de notre blog, j'ai pu découvrir que six autres personnes avait inscrit son adresse dans leur registre. Ainsi, quand vous aurez créé votre compte et commencé à organiser vos liens en fonction de vos exigences et de votre curiosité, n'oubliez pas, s'il vous plait, d'y ajouter notre blog. Merci d'avance. (P.K.)

lundi 19 novembre 2007

Ansi fonds, fonds, fonds

Je sais : le titre de ce billet est un peu tiré par les cheveux, mais il va vous présenter trois fonds bibliographiques qui pourraient rendre de précieux services aux assoiffés de lecture que vous êtes, alors un peu d'indulgence, s'il vous plaît. Ces fonds, les voici dans l'ordre décroissant de leur taille.

Gallica 2

Gallica était jusqu’à présent la seule bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France. Gallica 2 est la nouvelle version de cette bibliothèque. Elle nous arrive dans sa version beta (ici) : dotée d'un nouveau mode de recherche plus performant fournissant des outils de tri très utiles, avec en plus la possibilité de créer son espace personnel avec ses documents et ses étiquettes lesquelles permettent de marquer les pages des documents à l'aide d'un ou plusieurs mots. On trouvera tous les détails sur ces nouveautés ici. Voici, en complément, un avis documenté sous la plume d'Alexandre Laurent pour NetEco, Le rendez-vous des acteurs du e-business : « Bibliothèque numérique : la BNF veut avancer » (14/11/07) :
« Avec environ 90.000 documents en ligne, le projet Gallica ne permettait qu'un maigre aperçu des ressources que recèle la Bibliothèque nationale de France (BNF). La deuxième étape du projet, surnommée Gallica2, devrait cependant considérablement enrichir les fonds disponibles puisqu'il est question de numériser 300.000 ouvrages supplémentaires d'ici 2010. Les premiers, accessibles en mode texte et non sous forme d'images, devraient faire leur apparition sur le site Gallica2 dès le début de l'année prochaine. 26 millions d'euros alimenteront ce projet financé par le gouvernement sur les trois ans à venir. L'objectif n'est pas simplement de donner accès à ces données, livres ou journaux, mais également d'en assurer la conservation. « La BNF est désormais dans une phase de numérisation de masse et la question de la pérennité des données devient cruciale. Nous devons constituer un entrepôt numérique intelligent, un système de conservation qui garantit leur pérennité, y compris en fonction des changements de formats », explique Bruno Racine, président de la BNF. »
On peut parfois regretter la simplicité d’utilisation de l'ancien de Gallica qui est toujours praticable. Dans son état actuel, le fonds des ouvrages numérisé de la BNF est déjà fort riche en matériaux intéressants certains aspects des études sur les littératures d'Asie : chacun y trouvera, j'en suis sûr, de quoi élargir ses horizons.



Le Fonds Asie du Sud-Est de la MAP
(Maison Asie-Pacifique)

Depuis sa création en 1993, ce fonds « n’a cessé de croître et est aujourd’hui l’un des fonds les plus importants en France sur cette région du monde. » Il est accessible en ligne à partir d'ici , la liste des périodiques est consultable ici. A partir de la page de présentation (ici), on trouve également un lien appelé « Liste d'acquisitions » qui permet de connaître les achats réalisés récemment. La responsable du Fonds Asie du Sud-Est, Madame Louise Pichard-Bertaux, spécialiste du Thaï et du Birman est membre de notre équipe. C'est dire combien ce fonds nous est cher.

Ajout du 20/11/07 : Louise Pichard-Bertaux me communique, ce jour, « l'adresse du site de DocAsie, réseau des documentalistes et bibliothécaires travaillant sur l'Asie en France, et ajoute : « Nous avons rassemblé sur une page du site les liens vers les catalogues des bibliothèques et centres de documentation membres du réseau, et cela forme un outil intéressant pour les chercheurs et les étudiants » sur l’Asie.


Last but not least, ce dernier fonds nous est également très précieux, malgré sa modeste dimension : il s'agit des livres et des revues qui constituent la bibliothèque de notre équipe et que Solange Cruveillé a savamment et patiemment répertoriés. Le fichier comprenant quelque 520 entrées est depuis quelque temps déjà accessible à partir d'ici. Cette présentation qui permet de prendre facilement la mesure de nos richesses - et de nos lacunes - en est encore à sa version beta. Les remarques que vous ferez nous aideront à l'améliorer. De même, que nous acceptons avec plaisir les suggestions des utilisateurs – les livres sont conservés dans le bureau de notre équipe [B067, Cente d’Aix] -, nous acceptons les dons de fonds documentaires en rapport avec nos sujets de prédilection, notamment s'ils émanent d'éditeurs soucieux de travailler à la promotion des littératures asiatiques dans le milieu universitaire.

En conclusion, je vous rappelle que les liens vers ces trois fonds figurent dans le bandeau gauche de notre blog à côté de celui qui permet d'accéder au fichier de la Bibliothèque Universitaire de l'Université de Provence, dont les ressources sur l'Asie seront plus nombreuses dans l’avenir, avec le fonds Gao Xingjian, notamment, mais aussi grâce à l'engagement de Jean-Luc Bidaux, un autre membre de notre équipe.

Bonus de dernière minute : je viens de découvrir que le site de vente en ligne Amazon propose en bas de ses pages un accès direct vers son versant chinois Joyo 卓越. Il ressemble beaucoup à son grand frère américain, avec, notons le, une offre beaucoup plus limitée dans les ouvrages et des restrictions dictées par des impératifs qui ne sont pas du tout commerciaux. Une recherche sur Gao Xingjian est, pour l'heure, vouée à l'échec [voir l'illustration ci-dessous].


Enfin, à propos de marionnettes, j'aime beaucoup ce passage des Nouveaux mémoires sur l’état présent de la Chine du Père Louis Lecomte (1655-1728), dont j'ai pu prendre connaissance grâce à Gallica. Le voici dans sa version de 1696 :
« On y represente aussi divers spectacles pour divertir le peuple ; et il y a des gens cachez, qui par le moyen de plusieurs petites machines font joüer des marionnettes de grandeur humaine, dont les actions sont si naturelles, que ceux mesme, qui en sçavent l' artifice, ont de la peine à ne s' y pas méprendre. Pour moy, j' avouë, madame, que je n' y ay point esté trompé, parce que je n' ay jamais assisté à ces spectacles ; ce que je vous en ay dit, est sur le rapport des chinois, et sur la foy de quelques relations, dont les auteurs sont connus, et que je ne voudrois pas condamner. »
Source BNF : Nouveaux mémoires sur l’état présent de la Chine. Paris : J. Anisson, 1696. [pp. 342-343] (ici). NB. Ce livre a été publié sous le titre : Un Jésuite à Pékin, Nouveaux mémoires sur l’état présent de la Chine, 1684-1692. Paris : Phébus, 1990 (Voir p. 213). (P.K.)

mardi 13 novembre 2007

Miscellanées (006)

En découvrant Nonfiction.fr, le [tout nouveau] portail des livres et des idées, je suis tombé sur l’article de Frédéric Martel mis en ligne le 8/11/07, intitulé « Used Books : Google, Amazon, Wikipédia et la Bibliothèque d'Alexandrie ». En fait, il s'agit d'un utile compte-rendu du long article de Anthony Grafton, « Future Reading Digitization and its discontents » paru dans The New Yorker, qui résume comment après « avoir fait l'historique, de Gutenberg à nos jours, de ces projets d'encyclopédie de tous les savoirs, reliant les époques, et reliant les techniques », le professeur d'histoire à Princeton, « décrit le futur des livres à l'âge de Google, Amazon et Wikipédia ». La conclusion est la suivante :
« Universitaire classique, Grafton n'en termine pas moins son intéressant papier par une note paradoxale que l'on trouvera optimiste ou non, selon si on est technophile ou technophobe. Beaucoup de gens, dit-il en substance, continueront malgré tout à lire les livres, à l'ancienne manière (« the old way »). Et les nouvelles technologies, puissantes comme elles le sont, continueront « à illuminer », plutôt qu'à « éliminer », les livres et l'écrit que seules les bibliothèques peuvent offrir. Nous voici rassurés. »
Les nouvelles techniques auront, c'est sûr, un impact sur la lecture et l'édition mais n'en doutons pas aussi sur l'écriture. Certains y réfléchissent déjà comme The Institute of the Future of the Book. Il serait, de ce point de vue, intéressant de suivre de plus près ce qui se passe en Asie et notamment en Chine.

Une nouvelle fois, c'est Danwei qui nous offre des éléments pour conduire cette observation des conduites éditoriales, d'écriture et de lecture dans l’espace culturel qui a inventé le papier et l'imprimerie, et ceci à travers plusieurs billets (anciens et récents) auxquels je vais me contenter de vous renvoyer --- même si les événements récents m'octroient des loisirs forcés, je désespère d'avoir le temps de faire mieux dans les semaines à venir : je n'ai pas oublié pour ma part, que notre équipe entend mener à bien son projet de revue en ligne et que nous avons - et vous avez de la même manière - jusqu'au 15 décembre pour proposer un texte dûment traduit sur le thème du voyage [tous les éléments sont à portée d'un clic, ici ]

I. Or donc, voici le plus surprenant pour commencer, savoir le désir exprimé par un auteur à succès de ne plus publier de livre. Dans « Horror novelist puts down his pen for the sake of the environment », Joël Martinsen écrit :
« Zhou Dedong 周德东 is currently one of the most popular horror writers in China. Li Shaohong's movie The Door, released at the beginning of this year, was based on one of his stories, and he has ranked at or near the top in several national polls of horror readers, including one that sought to name « China's Stephen King ». In a market where online genre writers gain legitimacy by winning contracts with traditional publishers, Zhou is moving in the opposite direction. Last week, he posted a notice on his blog in which he announced that he was saying farewell to the world of print. »
Martinsen fournit la traduction - « No More Books » - de ce billet - « Bu zai chu shu » 不再出书 - qu'on peut lire en chinois ici et dont voici le début :
« As everyone knows, an author is a person who writes books. If an author announces that he will no longer put out books, what will you as readers think? I am that author :) The past few days I have been in talks with Sina's VIP Book Channel. We will sign a contract on 11 November so that henceforth I will no longer put out books in print. I will write exclusively online, giving my readers material on Sina VIP. Qimen Dunjia [奇门遁甲] will be my last print novel. Many readers may be asking themselves: why? The reason is very simple: environmental protection. »
Zhou Dedong, dont la production s'expose ici, conclut ainsi :
« I've always wanted to do new things, so you shouldn't be surprised at this decision not to put out new books. This action will give readers an awareness of social responsibility, and that's even better :) »
Martinsen poursuit :
« Zhou's probably right that his income will take a hit; a recent Wired article [ici] on China's online fiction market noted that author compensation is rising, but even at a royalty rate of just 10% per print volume, Zhou would receive far more on a 150,000 copy print run than he can expect to make on a pay-per-word basis online. On the other hand, if we don't take his « environmental protection » justification at face value, it's not hard to imagine that Sina has made him a more generous offer as part of their campaign to dominate the « eyeball economy ». The question of piracy is a little more cut-and-dry. Sure, publishing exclusively online will make bootleg print copies easier to identify, but that hasn't stopped the pirates from downloading and printing omnibus volumes of popular online novelists. Zhou is unlikely to be an exception. »
Danwei avait justement publié la petite note sur l'édition pirate et son mode de diffusion, « Bootleggers go mobile» (Joel Martinsen, 24/02/2007), que voici :
« Beijing's Mirror evening paper [voir ici l'article en chinois] discovered vendors selling pirated books out of a van loaded with hundred of volumes. Most of the titles were oversized compilations of net-lit or gaming fan-fiction that stretched to 700 pages - this kind of bootleg fiction in recent months has become fairly common to see sold on overpasses or from carts wheeled on sidewalks. The reporter also noticed an omnibus edition of Yu Dan's explications of The Analects [Lunyu 論語], Zhuangzi [Zhuangzi 莊子], and other classic texts. »
N.B. : Yu Dan 于丹, que Danwei a baptisé « The autographe machine », a occupé pendant plusieurs mois le sommet des listes de ventes avec son commentaire du Lunyu [《论语》心得, Zhonghua shuju] ; son ouvrage reste encore très bien placé en cette fin d'année : septième au le classement général, il est quatrième dans la catégorie « essai » [非小说].


II. Dans « Trend-spotting in online fiction » (June 5, 2007), Joel Martinsen rend compte, cette fois, d'un long entretien [voir ici] de Qin Yuchun 秦于淳 du Fazhi wanbao 法制晚报 (Mirror), avec Dan Fei 丹飞, sur les tendances actuelles de l'édition chinoise. Dan Fei est justement un de ceux qui contribuent à les définir :
« In mass-market fiction this year, grave-robbing stories and palace romances are still hot, while fantasy and wuxia fiction are in decline. So says Daniel Dan Fei, the editor behind popular titles. [...] Many of the titles that Dan has shepherded to market originated online. This is nothing new; what is notable is the controversy that several of these books have generated. In March, the online version of Stories from the Ming Dynasty (明朝那些事儿) was the focus of accusations of click-fraud: the book was promoted as a « million-hits-a-month » forum post, which some online detectives decided was an inflated number [voir ici]. When an unfinished online novel is acquired by a publisher, the author might stop updating at the publisher's request (given how widely things are copied on the Chinese web, taking down the original is usually not an option). Readers typically do not do much more than grumble, but earlier this year, one group of fans took action - they launched a boycott of Palace Harem (后宫) following the print publication of the first volume in February. In their opinion, author Liulianzi [流潋紫] was reveling in her fame while ignoring the people who made her famous in the first place. Some fans were particularly incensed that she never gave a firm date for the release of the concluding volumes, resulting in fans compulsively refreshing her web-page and giving her clicks that she didn't deserve. The publisher apologized to readers while simultaneously blaming rampant piracy for their decision to keep the story's conclusion off the Internet. »
In the following interview, Dan Fei acknowledges the positive effect that such a vocal opposition can have on sales. He also discusses the process of creating a bestseller, and offered his predictions of this year's hottest book trends.
L'entretien [trois pages à partir d'ici] s'achève ainsi :
« Mirror : What subject matter will be popular next? Do you have any predictions?
Dan : I really can't predict. In my view, readers and writers, or maybe the marketplace, are qualified to predict trends. If you really want a forced prediction, then I think moving love stories will still be a popular trend among women's books, and solid mixes of fact and fiction will be popular among men's books. For the time being, cross-genre romances are still a relatively large category. In addition, alternate history and grave-robbing will still be hot for a while. It's hard to find superior horror books. To date, Cai Jun 蔡俊 and Guigunü 鬼古女 are in the first wave, while Nalan 纳兰, Tina, Piece of Candy 一枚糖果, and Zhou Dedong 周德东 are in the second wave. Who will join the first and second waves? I'm still looking. Solid reading material for men (男性读物) and the humanities and social sciences (社科人文) may occasionally break out of the pack. Motivational (励志), computer (软件), and business (经管) books are still very profitable. But fantasy (奇幻) and martial arts (武侠) are in decline. »
Et Mo Yan dans tout cela ?
III. L'article « Publishing and pulping the ancient classics » également de Joel Martinsen, posté le 31 octobre et les sources chinoises qui ont été mises à contribution [voir l'article de Hao Hongjie 郝洪捷, ici] méritent aussi d'être lus, surtout si vous êtes un passionné de littérature chinoise ancienne.

Il commence par le constat que l'on a tous fait en nous rendant dans la section « littérature classique » d'une librairie chinoise à la recherche d'un des Quatre grands romans 四大名著 [notons qu'il n'est à aucun moment question de Jin Ping Mei 金瓶梅 dont l'édition est toujours problématique en RPC], et écrit :
« your eyes might glaze over as you survey the choices before you. Critical editions, photo-reproductions, illustrated abridgements, and graphic novel versions line the shelves. Recent GAPP [General Administration of Press and Publication 新闻出版总署] data cited in a Mirror article last month revealed that between 1950 and 2005, more than 230 different editions of Dream of the Red Mansions [Hongloumeng 紅樓夢] were published, along with over 210 editions of Romance of the Three Kingdoms [Sanguo yanyi 三國演義] and over 190 versions each of Outlaws of the Marsh [Shuihuzhuan 水湖傳] and Journey to the West [Xiyouji 西游記]. A survey of the current inventory of the Beijing Book Building (北京图书大厦) found 94 separate Red Mansions editions issued by 66 different publishers. Not all of these books are selling, however. GAPP numbers have nearly 50 billion yuan worth of books warehoused every year (based on cover price). The Mirror calculates that since reprinted classics make up around 40% of a given year's titles, they must make up the same percentage of warehoused books, though the paper's figures are used somewhat haphazardly. At any rate, it makes for a stunning headline: « 20 billion yuan worth of reprinted classics get pulped every year.» What attracts publishers to the classics? Money, for one thing. Of those 94 editions, 56 were literary editions and 38 were children's books. The literary editions had an average price of 60 yuan; the Mirror estimates the cost per book at one-third of the cover price, or around 20 yuan. For many resource-poor publishing houses, issuing new editions of classics is a moneymaking shortcut. »
D'un autre côté, à part un nombre assez réduit d'œuvres abondamment publiées, la grande majorité des ouvrages classiques sont difficiles à trouver. Une raison est invoquée ? Ces ouvrages sont difficiles à vendre car ils sont peu demandés :
« However, why is there so little demand for classics? To answer this question, we must get down to the deeper reason why classics do not get reprinted: the public lacks the ability to read, or should I say consume, classics. They are wary of the profundity of classics, or else they think them useless. They would rather spend their time reading Guo Jingming [郭敬明] and Annie Baobei [安妮宝贝]. Hence classics are confined to a minority of scholars and demand is tiny. Classics are spiritual treasures of a people; it is a great loss to let them lie fallow for so long. Therefore, the main task now is to popularize the classics and raise the public's ability to absorb them. The imbalance doesn't have to go on forever. Huang Song 黄松, office director for Leadership Team of the National Plan to Reorganize Ancient Book Publication [全国古籍整理出版规划领导小组办公室主任], says that the wide range of choices will be reduced in the future to a small number of quality editions : We are currently undertaking a general investigation into the nation's ancient books. Following the investigation, we will put forth a standard edition of each work, and that edition will be authoritative.... From now on, unless substantial new material is discovered related to a particular ancient book, publishers will not put out new editions. This means that editors will not need to duplicate their efforts, publishers can save on resources, and readers will have more effective choices. »
Comptez sur moi pour suivre ce dossier. Il n'empêche qu'en attendant ce sursaut, on trouve en ligne de plus en plus de textes numérisés, parfois avec attention, et ceci de chaque côté du détroit. Il n'en reste pas moins que les spécialistes et les amateurs de littérature chinoise ancienne sont en général plus en confiance avec une belle édition, si possible en caractères non simplifiés, truffée de notes et de variantes avec ses appendices critiques, ses jeux d'illustrations ou un beau fac-similé reproduit à l'ancienne. Le contact avec le texte chinois dans son expression initiale semble un élément important sinon essentiel de son appréciation. C’est ce que montre un ouvrage comme le Reading Illustrated Fiction in Late Imperial China, Robert E. Hegel [Stanford, Ca.: Stanford University Press, 1998] qui n'a pas échappé à Google (voir ici)

IV. Pour finir ce survol rapide, voici un lien utile, voire indispensable, pour se faire une idée de l'histoire de l'édition chinoise. Il s'agit de la version intégrale d'une « histoire générale de l'imprimerie chinoise » réalisée en 1998, sous le titre Zhonghua yinshu tongshi 中華印刷通史 est en ligne ici. Mais, désolé pour ceux qui ne pratiquent pas la langue, elle est en chinois. En complément, on trouvera une riche iconographie sur un site voisin, The Glory of Chinese Printing 中華印刷之光, avec des commentaires en chinois, mais aussi en anglais, à qui j'ai emprunté les illustrations de ce billet qui devrait avoir une (des) suite(s). (P.K.)

jeudi 25 octobre 2007

Miscellanées (005)


Journée sur la traduction à l'Université de Provence

Je vous rappelle que c'est demain, 26 octobre 2007, que va se tenir la Journée sur la traduction des langues et des littératures asiatiques, journée organisée par notre équipe et qui se déroulera à partir de 9 heures dans la Salle des Professeurs (2e étage) de l’Université de Provence, Centre d’Aix-en-Provence. Vous êtes, bien entendu, les bienvenus.
Pour le programme, voir ici (site de l'équipe) ou (blog de l'équipe)


2007 Man Asian Literary Prize, suite

Le suspens continue, mais nous sommes un peu mieux fixés sur les chances pour un auteur de langue chinoise de décrocher ce prix. En effet, la 'shortlist' de cinq candidats vient d'être divulguée sur le blog du 2007 Man Asian Literary Prize.


Cette liste, qui comprend 3 femmes et 2 hommes, est la suivante :
  • Jose Dalisay Jr. (1954-) pour Soledad’s Sister (Philippines)
  • Reeti Gadekar, pour Families at Home (Inde)
  • Nu Nu Yi Inwa (1957-), pour Smile As They Bow (Birmanie)
  • Jiang Rong (1946-), pour Wolf Totem (RPC)
  • Xu Xi, pour Habit of a Foreign Sky (Hong Kong)
Exit donc Guo Xiaolu, Egoyan Zheng, et également Mo Yan - qui se consolera avec le Nobel l'année prochaine, ou la suivante -, et poursuite du suspens jusqu'au 10 novembre pour connaître le lauréat de se prix qui pourrait couronner un auteur chinois en la personne de Jiang Rong.

Le blog du MALP publie également un appel à contribution pour le n° 6 de l'Asia Literary Review. ALR (je cite) « is an exciting new literary review launched from Hong Kong. The Review hopes to provide you with short stories, essays, poetry and columns from Asia’s most established writers while giving Asia’s new talent a space to exhibit their literary ideas.»

Le n° 5 vient de paraître [voir illustration ci-dessous], son sommaire est consultable sur le site de la revue, comme ceux des quatre précédents numéros. L'ALR, n'est actuellement disponible qu'à Hong Kong, alors si vous passez par là....



Blog bloqué

L'excellent blog Danwei.org , qui a fêté son quatrième anniversaire le 24/10/07, continue de nous tenir régulièrement au courant de la politique suivie en matière de liberté d'expression des Chinois sur internet et nous avertit des campagnes visant à réguler cet espace. Récemment, ce sont 18401 sites jugés pornographiques ou illégaux qui ont été fermés, ce qu'indique également Lydia Chen dans un article paru dans le ShanghaiDaily.com, « China disconnects 18,400 illegal Websites » :
CHINA blocked access to 18,401 illegal Websites during a nationwide campaign against online pornography that started in April, an industry newspaper reported today. A total of 9,593 unregistered Websites were shut down while 8,808 Websites were closed for disseminating pornographic, illicit or fraudulent pictures and information on the Internet, said Miao Wei, deputy general manager of China Telecom, the country's biggest telecommunication carrier, which was involved in the campaign..../... On August 30, the Ministry of Information Industry also ordered main search engines, including Baidu, Google, Yahoo, Zhongsou, Sina and Sogou, to remove "illegal and unhealthy information" from their search results.
Danwei évoque aussi les difficultés rencontrées par les Chinois pour tenir un blog (voir ici). YouTube a aussi été visé (voir ici, ici). Sur son blog, Marc van der Chijs fournit une explication :
I suspect the real reason might be that YouTube just launched a Chinese version, which would make the site much more accessible for Chinese users. Not a very smart idea to do that in the middle of the National Congress, and I am surprised nobody at mother company Google's China offices rang an alarm bell about this before the launch. A typical example of the mistakes foreign companies make while trying to do business in China.
Plus grave pour nous, Blogspot, site qui héberge notre blog, fait aussi les frais de la même politique restrictive. On lira à ce propos le billet de Jeremy Goldkorn publié, par Danwei, le 23 octobre 2007 dans la rubrique Net Nanny Follies sous le titre « Party Congress ends, Blogspot blocked again » :
Popular Google-owned blog host Blogspot was suddenly accessible in China on October 15 or 16 this year, after a period of being blocked. The 17th Party Congress started on October 15. The 17th Party Congress ended yesterday. Today, Blogspot is once again not accessible in China. Has someone at China's Net Nanny headquarters figured out that a lot of foreign journalists like to blog and get annoyed when they visit China and cannot access Blogspot? And that therefore things would be most harmonious if Blogspot worked when there are big events in China that attract the international media? [Sur le même sujet voir aussi ici].
Rien ne permet de vérifier la validité de l'expertise, mais d'après Greatfirewallofchina.org consulté ce jour, notre blog est effectivement bloqué par la Chine. [voir notre illustration ci-dessous]

Il n'empêche que certains internautes chinois et/ou non chinois mais basés en Chine, ont pu nous consulter ces derniers temps : depuis Shanghai, le 22/10 et ceci pendant 15 minutes & 15 secondes ; depuis Beijing, le 13 septembre, de nouveau le 1 octobre et aussi le 30 septembre depuis la province de Guizhou. Affaire à suivre, donc.

Grâce à vous, où que vous soyez, notre compteur vient de dépasser les 8000 visites : vous êtes entre 35 et 60 à venir quotidiennement, principalement de France, mais aussi d'un peu partout dans le monde, et même d'Iran ! Je souhaite, pour ma part, que chacun trouve ici son compte et un moyen agréable de mieux connaître les littératures asiatiques, et devienne, ainsi, plus familier du travail, parfois ingrat de ceux, qui leur consacrent toute leur énergie.



My Tailor is Chinese

Alors que Blogspot est bloqué en RPC, l'AFP nous apprend que « L'anglais risque d'être détrôné sur la Toile » (Le Monde, 13/10/07) et que
« Les langues asiatiques sont en passe d'être plus utilisées que l'anglais sur Internet. Selon le site Internetworldstats.com, sur les 1,2 milliard de personnes qui utilisent Internet dans le monde, 31 % ont l'anglais comme première langue. Mais le chinois augmente sans cesse : 15,7 % des internautes sont sinophones, nombre qui a quintuplé en sept ans. L'Asie compte le plus grand nombre d'internautes (437 millions) avec un taux de pénétration de seulement 12 % de la population. Les 322 millions d'internautes européens et les 233 millions de Nord-Américains représentent respectivement des taux de pénétration de 40 % et 70 %. Par ailleurs, l'Internet Corporation for Assigned Names et Numbers (Icann), qui gère les adresses Internet mondiales, a annoncé, lundi 8 octobre, que les noms des sites Internet pourront désormais être rédigés dans onze alphabets non occidentaux. Ces adresses pourront être testées sur le site de l'Icann pour vérifier qu'elles fonctionnent. Sept ans auront été nécessaires à cet organisme pour appliquer sa propre décision de rendre les noms de domaines internationaux. »
D'autre part, on apprend que la Chine comptait plus de 172 millions d’utilisateurs d’internet en septembre 2007. Pour plus de détail, on pourra consulter les données du China Internet Network Information Center 中国互联网络信息中心 (ici en anglais ou en chinois).

Il ne faut pas être grand devin pour imaginer que cette inflation ne manquera pas d'avoir une influence sur la création littéraire chinoise. Du reste, ce phénomène est en gestation comme le note déjà Danwei (ici). J'ai déjà eu l'occasion de signaler que nous sommes attentifs à la part que va prendre l'internet dans le monde des lettres chinoises et dans l'espace créatif des auteurs chinois. Nombre d'entre eux possèdent et entretiennent régulièrement des blogs ; ceux-ci diffusent souvent des parties non négligeables de leur création, et les billets qu'ils livrent sont souvent riches en informations sur la genèse de leurs œuvres. On ne peut donc pas passer à côté de ce phénomène, alors préparez-vous à être sollicité pour collaborer à la mise en place d'un observatoire de la création littéraire chinoise sur internet, observatoire qui aura sa fenêtre sur le site de l'équipe. A vos souris. (P.K.)