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vendredi 22 novembre 2013

mardi 21 avril 2009

Traduire la littérature coréenne

8e concours des jeunes traducteurs
de littérature coréenne



Pour découvrir et encourager de nouveaux traducteurs de littérature coréenne, Le Korean Littérature Translation Institute (KLTI) organise le 8ème concours de traduction de littérature coréenne à destination des nouveaux traducteurs.
  • Les langues admises sont : anglais, français, allemand, espagnol, chinois, russe, et japonais.
  • Le concours est ouvert aux traducteurs coréens et étrangers qui n'ont jamais reçu d’aides institutionnelles pour la traduction et qui n’ont jamais traduit ou édité un livre de littérature coréenne dans une langue étrangère.
  • Les demandeurs devraient choisir seulement une ouvrage à traduire, parmi les suivants:
성석제 작 « 해설자들 »
(제 54회 현대문학상 수상소설집)

김연수 작 « 산책하는 이들의 다섯 가지 즐거움 »

(제 33회 이상문학상 작품집)
  • Prix : Un gagnant du grand prix et un gagnant du prix secondaire seront choisis pour chaque langue. (Au cas où un gagnant du prix grand ne serait pas choisi, deux prix secondaires peuvent être attribués.) - KRW 3.000.000 (environ 1700 euros) pour les gagnants du grand prix et KRW 1.500.000 (environ 850 euros) pour les gagnants du prix secondaire.
  • ✈ Des billets d’avion aller-retour pour assister à la cérémonie de remise des prix seront fournis aux gagnants résidant à l’étranger.
Directives en ligne pour la soumission des textes:
  • Site Web de KLTI Corée (www.klti.or.kr), allez au 번역원사업소개 - > ; 교육연구사업 - > ; 신인상 Remplissez le formulaire de demande de concours (téléchargeable sur le site) et un document Pdf de la traduction, entre les 1er août et 31 août 2009.
  • Il est possible aussi de poster les documents : une copie du formulaire de demande de concours et trois copies de la traduction devront parvenir au plus tard le 31 août 2009, à l’adresse suivante : Korean Literature Translation Contest for New Translators Education & Reseach center, Korea Literature Translation Institute, 108-5 Samsung-dong, Gangnam-gu, Séoul (135-873). Corée du Sud
  • Les résultats de concours seront donnés le 20 octobre 2009 sur le site Web de LTI Corée.
Pour de plus amples informations, contactez Yana Kim
(tel.82- (0) 2-6919-7752, yana@klti.or.kr)
ou consultez la page d'accueil de KLTI Corée : http://www.klti.or.kr.

Kim Hye-Gyeong et Jean-Claude de Crescenzo

jeudi 18 décembre 2008

Résultats du 2e concours de littérature coréenne

A l’initiative du
Korean Litterature Translate Institute (KLTI) de Séoul
et organisé conjointement par la
Jeune équipe de recherche
Littératures d’Extrême-Orient, textes et traduction ,
Les Etudes Coréennes de l’Université de Provence et
l’Association France-Corée d’Aix-en-Provence,
le concours de comptes-rendus du roman de
LEE Chang Dong

Nocheon
vient de se terminer par la remise des prix aux sélectionnés.
La KLTI a souhaité que ce concours international se déroule à Aix-en-Provence et son organisation a été confiée à
Kim Hye-Gyeong, enseignante de coréen à l’Université de Provence.

Ce concours destiné l’an dernier aux étudiants des universités de l’académie et aux adhérents de l’Association France-Corée a été étendu cette année à tout le territoire français. Concours très relevé, avec 80 inscrits et 41 candidats, étudiants, professionnels, gens de plume, enseignants…

Le jury était composé de six enseignants universitaires en littératures orientales et traduction. Ils ont travaillé séparément, sur des copies anonymes et ont rendu des avis dans l’ensemble très homogènes.

Le premier prix - un ordinateur portable Sony Vaio -
a été décerné à l’unanimité à
Damien VALFREY


Damien Valfrey est né le 21 juillet 1971.
Il habite à Rochefort du Gard (30650).
Professeur certifié de français au collège « Le Mourion » de Villeneuve-lez-Avignon, il prépare actuellement un Master 2 « Asie Océanie », Section Inde, après avoir obtenu un Diplôme Universitaire en hindi. Littéraire de formation il a obtenu en 1999 sa Maîtrise de Lettres Modernes en soutenant son mémoire : « La Quarantaine de J.M.G Le Clézio - Un trajet mythologique ».

Les 2 prix suivants – un iPod - ont été attribués à
Alexandra DOURVER et Stéphanie COURTEILLE

Alexandra DOURVER est née le 1985 et habite à Montreuil. Diplômée en Lettres Modernes, en Cinéma et en Français Langue Etrangère, Alexandra est actuellement inscrite en Licence 3 de coréen à Paris 7 et en Master 1 de Cinéma à Paris 3 (Sorbonne Nouvelle), tout en travaillant pour la Mairie de Paris dans le cadre de l'opération Coup de pouce pour aider les enfants de CP en difficulté d'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

Stéphanie COURTEILLE est née en 1975 et vit à Rouen. Après des études à l'université de Limoges, où elle obtient une maîtrise de Lettres en 1997 (elle travaille sur les oeuvres de Michel Tournier) avant de passer l'agrégation. Elle est aujourd’hui professeur de lettres classiques dans un lycée.

Les 3 prix suivants – un appareil photo Pentax – ont été attribués à
Frédéric BARBE
, Laurent BRUGUEROLLE et
Emmanuelle IGNACCHITTI


Laurent BRUGUEROLLE, après Hyphokâgne à Lille, poursuit ses études à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix où il rédige notamment un mémoire sur « La vision du temps et de l'histoire chez Milan Kundera », et obtient ensuite un DESS « Nouvelles technologies de l'information et de la communication » en 1995 à l'Ecole de Journalisme et de Communication de Marseille. Après s’être occupé de la promotion de chercheurs universitaires, il entre à la Caisse Primaire des Bouches-du-Rhône (CPCAM), où il est désormais responsable du service « Emplois & carrières » au sein de la Direction des Ressources Humaines.

Emmanuelle IGNACCHITTI est née en 1987 et habite Aix-en-Provence. Etudiante en Lettres Modernes, en Licence Cinéma et en Etudes Coréennes. Elle est passionnée de cinéma coréen, particulièrement les films du réalisateur BONG Joon-Ho

Frédéric BARBE, est âgé de 43 ans et habite la région nantaise. Géographe à l'université de Nantes, il est aussi auteur d’ouvrages (dont Made in Korea) et de pièces de théâtre. Son dernier livre paru est « Hier, monsieur Lee » aux éditions l'Act-Mem.

Monsieur CHOE Junho, Directeur du Centre Culturel Coréen et Noël DUTRAIT, Directeur de l’Equipe de Recherche Littératures d’Extrême-Orient, Textes et Traduction ont remis les prix aux lauréats le 17 décembre 2008.

En partant de la gauche : Damien Valfrey, Choe Junho, Emmanuelle Ignacchitti,
Kil Hye-Hyoung, Jean-Claude de Crescenzo, Liliane Dutrait, Noël Dutrait,
Kim Hye-Gyeong, Laurent Bruguerolle,
Pierre Kaser, Michel Dolinski.


Nous reproduisons dans le billet ci-dessous l’intégralité
du compte-rendu de Damien Valfrey.

Nokcheon par Damien Valfrey


Sombres destinées sous le 38e parallèle

Un nouveau clivage social prenait vie sous son regard.
Julien Gracq


Nokcheon (1992) est le seul ouvrage traduit en français (Seuil, 2005) de l’écrivain sud-coréen Lee Chang-dong (1), aujourd’hui plus connu pour ses réalisations cinématographiques (2) que pour ses talents littéraires. La première nouvelle, « Nokcheon » (3), évoque les brèves retrouvailles de deux frères après dix ans de séparation. Dans le quartier de Nokcheon, leurs destins divergents s’entrechoquent durant quelques jours. « Un éclat dans le ciel » raconte les déboires d’une jeune femme de vingt-trois ans qui, un mois après avoir quitté Séoul pour « un village minier au fin fond du Kangwon », est subitement embarquée par la police pour subir un interrogatoire. Plus que des convergences thématiques par trop évidentes, c’est assurément l’unité de ton de ces récits qui emporte la sensibilité du lecteur. L’auteur, en effet, esquisse des personnages immergés dans des lieux sombres et hostiles, « comme si ce décor avait été crayonné au fusain ». S’il est vrai que cette comparaison s’applique précisément au village minier, il ressort de l’ensemble du livre un effet d’atmosphère inquiétante qui empreint les personnages d’une obscurité diffuse. Loin d’être prolixe, l’écriture, du moins ce que la traduction nous en restitue, se déploie toute en sobriété, en croquis – les personnages acquièrent ainsi un caractère quelque peu fantomatique –, sans jamais chercher à épuiser le sens par le discours, ce qui lui confère une indéniable profondeur poétique. Tous les écueils de la littérature politique et sociale sont ainsi évités. Pour qui ignore presque tout de son histoire contemporaine d’avant 1987, on comprend que la Corée du Sud a été sous le joug d’un « régime fasciste », qui bafouait le « droit des peuples ». L’oppression, la déliquescence sociale et familiale sont dès lors au cœur de ces récits.

Dans « Nokcheon », le frère de Hong Joonsik, Kang Minwoo, dissident, renvoyé dans sa jeunesse de « l’Université la plus réputée de Corée », semble à la dérive lorsqu’il réapparaît auprès de Joonsik, prétextant « une période difficile après quelques échecs dans les affaires ». Figure même du déclassé, Minwoo révèle, une semaine après l’emménagement dans un « vrai chez-nous », la précarité de l’existence de son frère (« une illusion édifiée sur des déchets »), qui est pourtant la conformité même et consiste à « accepter la réalité ». Ce sont donc des valeurs tout à fait contrastées qu’incarnent les deux personnages.

La seconde nouvelle est plus manifestement politique à travers le personnage de Chung Shinhye, ancienne étudiante militante, exclue elle aussi de l’Université, qui après l’expérience de la vie ouvrière, se retrouve serveuse dans un bar. Son passé ainsi que sa prétendue relation avec un mineur émeutier en 1980 la conduisent à être l’objet de suspicion de la part de la police. Lors de l’interrogatoire, elle aperçoit la photographie du tyran et les slogans ineptes du régime, « plaisanterie absurde ». En outre, la teneur et l’objet de ce terrible interrogatoire confinent à l’abject ; par là même, l’horreur et la perversion de cette dictature sont dénoncées.

Loin de relever au sens strict de la littérature engagée, Nokcheon est surtout centré sur des êtres humains en proie aux miasmes d’une société viciée. Les odeurs, « véritable pestilence », au début et à la fin de « Nokcheon », prennent une valeur allégorique, connotant une société nauséabonde et étouffante. En définitive, tous les rapports humains sont irrémédiablement corrompus par la pesanteur de l’Histoire, « avec sa grande Hache » écrivait Georges Perec qui, en son temps, s’est attaché à écrire sur le totalitarisme. L’existence de ces individus est sous la tenaille d’un régime autocratique, qui nie toute espèce de singularité.

Le récit de la première nouvelle se fonde sur une circularité : elle s’ouvre sur l’arrivée des deux frères à la gare et se clôt dans ce même lieu (4), lorsque Minwoo est « raccompagné ». Entre ces deux moments, nous sommes témoins de cette étrange relation et de son incidence sur le couple. Après six années de vie commune, ce « mariage scellé un peu au gré des circonstances » révèle toute son inconsistance, si bien que l’épouse passe à un aveu d’une crudité sans détours : « Nous avons fait semblant de vivre en conservant les apparences ! Je viens seulement de comprendre que j’avais renié une trop grande part de moi-même… » Comme dans « Un éclat dans le ciel », la condition de la femme traverse l’œuvre en filigrane et ainsi, soulève la question des rapports entre les sexes : femme frustrée, femmes objets dans les bars, femme dégradée au cours de l’interrogatoire, femme mère omniprésente par le souvenir. À cet égard, l’acquisition de « l’aquarium en verre pour des poissons rouges » et ce qu’il en adviendra constituent une authentique métaphore du désir de l’épouse. Enfin, la visite d’un inspecteur de police aura de lamentables conséquences, dont le lecteur curieux découvrira toute l’infamie.

Dans la seconde nouvelle, le passé de Chung Shinhye refait surface à un double niveau. D’une part, pendant l’interrogatoire visant à l’investigation de son supposé passé d’opposante au régime (5) et d’autre part, à travers l’actualisation de certains épisodes de sa vie. Le récit alterné est brillamment mené, sans cheville entre les deux temporalités : la fluidité est telle que le lecteur est parfois pris au dépourvu. Ce régime narratif instaure une continuité absolue, comme si tout le passé de Shinhye était fatalement lié à cet interrogatoire. À ce titre, le premier épisode de l’histoire, véritable Urszene narrative, relate l’entretien de recrutement dans une école privée en présence de sa mère. D’emblée, les instituteurs demandent à l’enfant de sept ans, fille naturelle, le nom de son père. La suite de l’examen achoppe à la question : « Le sel est-il amer ou sucré ? » L’enfant, terrifiée par cette alternative qu’elle sait fausse, reste muette : l’entretien tourne court, véritable avanie pour la jeune fille. La question de l’identité est ici cruciale : « On me soumet encore aujourd’hui à des questions auxquelles je ne trouve pas de réponse. / Vous me demandez maintenant qui je suis. Mais je ne peux rien vous répondre. Je ne sais qu’une chose : vous m’obligez à être autre chose que moi-même. » Qu’il s’agisse du système éducatif ou de la police politique, le mépris de l’identité jusqu’à l’humiliation est constant. Aussi, lors de l’arrivée au village, un crachat sur son visage est perçu par Shinhye « comme le sceau qui l’intronisait membre à part entière de ce village » ; tout est dès lors symptomatique d’une société en désagrégation, dans laquelle les rapports humains semblent presque totalement dénaturés.

Il subsiste de cette lecture une tonalité pathétique, voire tragique, représentative des années noires de la Corée du Sud, qui culmine dans ces ultimes lignes de « Nokcheon », quand Joonsik, errant, atterré, esseulé, se résout à « vivre constamment dans l’humiliation, sans dignité, sans pureté […] après avoir foulé des pieds tous les détritus, la haine et les rêves abandonnés ».

Damien Valfrey

----Notes----

1. On signalera la nouvelle « Les papiers sacrificiels », recueillie dans Anthologie de nouvelles coréennes contemporaines, Picquier, tome 2, 1995.
2. Notamment Milyang (Secret Sunshine), pour lequel le prix d’interprétation féminine a été décerné au Festival de Cannes 2007.
3. Dès lors, on différenciera l’italique pour le titre du recueil et les guillemets pour la première nouvelle.
4. La seconde nouvelle se termine dans la gare du village que Shinhye a décidé de quitter. Les personnages sont donc inéluctablement en partance, sans attaches, comme exilés dans leur propre pays.
5. « […] elle ne connaissait pas la différence exacte entre le communisme et le socialisme » (p. 125).

lundi 15 septembre 2008

Concours de littérature coréenne (2008)

L'équipe de Recherche
« Littérature d’Extrême-Orient, textes et traduction »
est heureuse de s'associer
à l’Institut pour la
Traduction de la Littérature Coréenne
(Séoul)
et au Département d’Etudes Asiatiques
de l'Université de Provence

pour l'édition 2008 de son concours
« A la découverte des grandes œuvres de la littérature coréenne »

L'œuvre retenue pour
cette deuxième édition du concours de compte-rendu de lecture
qui se déroulera du 16 septembre 2008 au 28 novembre 2008
est


Nokcheon

suivi de Un éclat dans le ciel
《녹천에는 똥이 많다》
Traduit par KIM Kyunghee, LEE In-Sook, Stéphane COULON
(Paris : Le Seuil, collection « Nouvelles », 2005, 223 pages)
de
LEE Chang-Dong
이창동 [ 李滄東 ]

Né en 1954 à Daegu, LEE Chang Dong mène une double carrière de cinéaste et d’écrivain. Il obtient son diplôme de Langue et Littérature coréennes en 1980. Son œuvre littéraire et cinématographique est couronnée par plusieurs prix internationaux.

Œuvre littéraire :
1983, The Booty ; 1987, Burning Papers
1992, Nokcheon suivi de Un éclat dans le ciel

Oeuvre cinématographique :
En 1993, il débute dans le cinéma avec Park Kwan-Su (un des fondateurs de la nouvelle vague coréenne) qui lui propose d’écrire le scénario de To the story island. Puis, il réalise en
1996, Green Fish ; 2000, Pepermint Candy ; 2002, Oasis ;
2008, Secret Sunshine (Milyang)

En février 2003, il est nommé Ministre de la Culture en Corée du Sud et démissionnera 1 an plus tard, en désaccord sur la question des quotas de production cinématographique, en Corée du sud.



Les candidats devront rédiger un texte personnel :
compte-rendu, note de lecture, commentaire, critique.

Pour pouvoir participer, il faut :
• s'inscrire avant le 18 octobre avec vos coordonnées par e-mail à jcdc@up.univ-mrs.fr
(Le livre Nokcheon sera offert aux 60 premiers candidats inscrits).
• rédiger un texte de 4 pages maximum (1500 signes par page).
• adresser ce texte par e-mail à jcdc@up.univ-mrs.fr
avant le 29 novembre 2008

Les textes seront examinés par les membres du Jury de l’Equipe de Recherche « Littérature d’Extrême-Orient, textes et traduction » de l’Université de Provence.
Résultats du concours par e-mail le 13/12/2008.
Remise des prix le mercredi 17/XII/2008 (18 h.)
à l’Université de Provence (Salle du Conseil, 2e étage) :

6 candidats seront sélectionnés et gagneront :
1er prix : Un ordinateur portable Samsung (ou valeur)-
2e prix : (Deux gagnants) Un iPod Apple (ou valeur) -
3e prix : (trois gagnants)
Un appareil photo numérique Samsung (ou valeur).

Le 1er prix participera à une sélection mondiale. En cas de victoire à cette sélection, un voyage en Corée lui sera offert à cette occasion.

Responsable du concours :
Hye-Gyeong KIM, enseignante de coréen à l’Université de Provence.
UFR ERLAOS, Université de Provence
29 av. R. Schuman – 13621 Aix-en-Provence cedex 1
Informations en rapport au concours sur le site et
le blog de l’Equipe de Recherche : http://jelct.blogspot.com

mercredi 5 mars 2008

Le chant du sabre

Détail d'une bataille menée par l'amiral
Yi Sun Shin
이순신 [ 李舜臣, (1545-1598)]



Résultats du premier
concours international de littérature coréenne


A l’initiative du
Korean Litterature Translate Institute
(KLTI) de Séoul
et organisé conjointement par la
Jeune équipe de recherche Littérature chinoise & traduction
(future JE Littératures d’Extrême-Orient, textes et traduction) et
l’Association France-Corée d’Aix-en-Provence,
le concours de comptes-rendus du roman de
KIM Hoon
,
Le Chant du Sabre

s’est achevé fin février par la remise des prix aux sélectionnés.
La KLTI a souhaité que ce concours international se déroule à Aix-en-Provence et
son organisation a été confiée à
Kim Hye-Gyeong
, enseignante de coréen à l’Université de Provence.

Ce concours destiné aux étudiants des universités de l’académie et aux adhérents de l’Association France-Corée a tenu toutes ses promesses malgré les difficultés d’accès aux universités pendant les mois d’octobre, novembre et décembre. Les dates de remises des copies ont dû être reportées plusieurs fois. Malgré cela, le nombre d’inscriptions et le nombre de comptes-rendus remis sont excellents.

Le jury était composé de six enseignants universitaires en littératures orientales et traduction. Ils ont travaillé séparément, sur des copies anonymes et ont rendu des avis dans l’ensemble très homogènes.

Le premier prix - un ordinateur portable Sony Vaio -
a été décerné à l’unanimité à
M. Laurent BRUGUEROLLE

Ici en compagnie du Président du jury, Pr. Noël Dutrait
(Directeur de l'UFR ERLAOS, Université de Provence)

Après Hyphokâgne "S" au Lycée Faidherbe à Lille, Laurent poursuit ses études à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix où il rédige notamment un mémoire sur « La vision du temps et de l'histoire chez Milan Kundera », et obtient ensuite un DESS « Nouvelles technologies de l'information et de la communication » en 1995 à l'Ecole de Journalisme et de Communication de Marseille. Après s’être occupé de la promotion de chercheurs universitaires, il entre à la Caisse Primaire des Bouches-du-Rhône (CPCAM), où il est désormais responsable du service « Emplois & carrières » au sein de la Direction des Ressources Humaines.

Les autres candidats sélectionnés :
2e et 3e prix : un iPod 8Go
Amandine BARBIER et
Mathieu LEMAL


4e, 5e et 6e prix : un appareil photo numérique Samsung
Marjolaine PEUZIN,
Jean-Christophe GADRAT
et
Aurore DAUCHY.

Les lauréats ou leur représentant
en compagnie de N. Dutrait, Président du Jury et de

Kim Hye-Gyeong
, organisatrice du concours,
le jour de la remise des prix, le 29 février 2008 à l'Université de Provence.



Nous reproduisons ci-dessous l’intégralité
du compte-rendu de Laurent Bruguerolle :

Le chant du sabre
Auréolé d'un double prestige, la consécration obtenue par l'attribution du prix Dongin - l'équivalent de notre Goncourt - et la publication aux éditions Gallimard, dans la prestigieuse collection « Du monde entier », Le chant du sabre est un roman intimidant.

Fresque historique, exaltation des valeurs d'un militaire dévoué à sa patrie au mépris de sa propre carrière et qui le porteront au rang de héros national, les raisons d'un tel succès ne manquent pas. J'imagine sans peine que l'histoire du Général Yi Sun Shin, destitué par l'empereur pour avoir abandonné les hommes qu'il protégeait pourtant d'un combat sans issue, condamné à mort puis rappelé aux plus hautes fonctions pour conduire le royaume à la victoire face à l'envahisseur japonais, ait pu susciter une immense fierté nationale.

Surtout, la qualité d'écriture de Kim Hoon est à ce point remarquable qu'il semble difficile d'aborder sans préjugés ce condensé de littérature. Trois cent vingt pages et quarante quatre chapitres d'un texte exhalé comme un souffle, court et tendu. Sans fausse note. La traduction fait honneur à la musicalité d'un texte dont les envolées poétiques s'accordent parfaitement à la rigueur et au tranchant du récit.

Et pourtant. Ces distinctions, mille fois méritées, ne sauraient réduire Le chant du sabre à sa seule qualité de roman. Peut-on d'ailleurs encore parler de roman lorsque l'on éprouve avec autant de force la vie et les pensées de Yi Sun Shin, qui ouvrent au lecteur des pistes de réflexion sur sa propre condition ?

Je préfère le considérer comme un diamant qui, selon l'inclinaison de la lumière qui le pénètre, renvoie des éclats chaque fois différents.

Au-delà du chant de guerre, une ode à la nature.

La première de ces facettes, celle qui m'a le plus touché, est sans nul doute la construction en contrepoint d'un texte qui oscille de façon permanente entre la description froide du conflit et une foi permanente en la vie. Yi Sun Shin relate sans émotion apparente cette absurde tradition qui veut que le vainqueur prouve sa valeur au nombre de têtes tranchées qu'il ramènera à l'empereur.

Il n'éprouve pas plus de remords à exécuter tous ceux, ennemis ou traîtres, qui entravent sa marche en avant vers la victoire. La mer elle même est le réceptacle d'innombrables cadavres que plus personne n'est capable d'identifier comme coréen ou japonais. Tout semble n'être que chair en décomposition, décapitations et exécutions publiques.

Pourtant, les atrocités de la guerre que décrit Kim Hoon avec une froide rigueur sont systématiquement contrebalancées par les descriptions d'une nature fougueuse et pleine de vie.
Comme si chaque élément de mort était emprisonné dans la langueur d'une existence qui continue de s'écouler au rythme des saisons.

Le compte-rendu des batailles en est un exemple frappant. La tactique que déploie Yi Sun Shin pour terrasser ses ennemis figure sans nul doute en bonne place dans les manuels de stratégie militaire navale. Limpide et implacable. Mais Kim Hoon n'est pas Sun Tzu et son art du récit confirme cette croyance profonde en la nature. Les métaphores animales sont omniprésentes. Tantôt la reconstruction de la flotte est comparée au poisson dont la qualité des écailles détermine la force qu'il éprouvera ; tantôt les mouvements des navires commandés par le commandant en chef de la marine des trois provinces sont comparés aux tentacules d'une pieuvre, ou aux ailes d'un oiseau qui, chaque fois se déploie pour mieux fondre sur les ennemis.

Je veux retenir que tout est vivant au milieu de l'anéantissement et de la désolation. J'ai pris plaisir à éprouver les bruits et les odeurs de ce récit. J'ai vu avec Yi Sun Shin l'éclat du soleil se lever sur la mer derrière les îles qui masquaient la retraite des ennemis ; j'ai ressenti les douleurs qui, chaque nuit, provoquent des sueurs froides. Avec lui j'ai senti les parfums du marché au poisson comme les odeurs d'une femme sale qui ne se lave pas. J'ai aimé ces impressions mélangées, ces témoignages simples d'humanité.

Au-delà d'une méditation sur les conditions d'un homme d'armes, une réflexion sensible sur le sens de la vie.

Le chant du sabre est le récit d'un militaire qui jamais ne cherchera à se défaire de sa mission, à se départir du rôle que lui a assigné l'empereur, en dépit des épreuves qui lui sont données. Yi Sun Shin est avant tout un homme déchu et réhabilité, que jamais le sentiment d'injustice ne prendra en défaut. Il est un militaire. Un homme droit et impassible comme en témoignent les multiples condamnation à mort prononcées à l'encontre d'ennemis comme de ses propres compatriotes ayant trahis. Un homme fidèle à l'empereur comme l'exige sa fonction, qui n'hésitera pas à s'engager comme simple soldat après avoir été déchu de ses fonctions d'amiral de la marine coréenne, condamné à mort puis absous sans que jamais sa dignité lui ait été rendue. Comment ne pas éprouver de haine pour le Généralissime Gwon Ryul qui l'a fait condamner pour de sombres motifs de politique interne. Celui-là même qui viendra lui donner pour mission de trouver une solution à la défaite totale. Cette absurdité, Yi Sun Shin l'éprouve sans y donner prise, parce qu'elle est contraire à sa condition même d'homme d'armes. Comme il n'éprouvera pas non plus de ressentiments à la suite de ses blessures, de la mort de sa mère, du décès de son fils au combat ou de l'assassinat d'une Kiseng dont il s'était épris, Yeojin. La tristesse passe sur lui comme elle doit passer sur un bon soldat.

Là encore, pourtant, Kim Hoon donne à penser que ce militaire n'obéit pas aveuglément à sa condition. Sa fidélité sans faille n'est pas exempte d'une conscience accrue de l'absurdité de ce conflit, comme des motivations politiques qui peuvent pousser la cour royale à vouloir chercher des coupables ou éliminer des innocents. Bien sûr, Yi Sun Shin se bat pour l'empereur. Mais il combat aussi pour donner du sens, pour « chercher du sens dans ce monde qui n'en a pas ». C'est ici que la métaphore du sabre prend toute sa valeur. L'enseignement premier des écoles militaires réside dans un commandement aussi simple que vital : ton arme est ta vie. Le général n'échappe pas à la règle. Le sabre est sa raison d'être, un prolongement de lui même. Et c'est à lui qu'il va prêter des sentiments qu'il ne peut éprouver en tant que soldat. C'est par le sabre, par ses chants et ses pleurs que se construit sa croyance dans la vie.

Le chant du sabre s'achève comme prend fin la vie de Yi Sun Shin. Une disparition paisible et sereine malgré, ou, sans doute, grâce à l'évidence d'un destin dont la voie était tracée depuis toujours.

Quiétude et colère. Ces sentiments contradictoires m'envahissent en même temps que je referme l'ouvrage. Je préfère retenir une formidable leçon d'espoir, persuadé que, tant que des hommes d'armes entendront, eux aussi, le chant du sabre, ses pleurs et ses craintes, la guerre aura tout à craindre de ses propres serviteurs.

vendredi 26 octobre 2007

Concours de littérature coréenne

L’Equipe de Recherche
« Littérature d’Extrême-Orient, textes et traduction »

s'associe
à l’Institut pour la Traduction de la Littérature Coréenne (Séoul),
et au Département d’Etudes Asiatiques de l'Université de Provence

pour son concours

A la découverte des grandes œuvres de la littérature coréenne

Ce concours de compte-rendu de lecture
est ouvert à tous les étudiants des Universités Aix-Marseille.
Du 5 Novembre 2007 au 4 février 2008 (nouvelle date)

Œuvre choisie :

Kalui norae 칼의 노래
de Kim Hoon 김훈 (金薰, 1948-)
Prix Dongin 2001 (Corée)


KIM Hoon, Le Chant du Sabre.
Traduit par Young-Nan Yang
avec la collaboration de François Théron,
Paris : Gallimard, « Du monde entier », 2006, 336 pages.

Pour participer :
  • vous devez vous inscrire en envoyant vos coordonnées par e-mail à jcdc@up.univ-mrs.fr. Le livre Le Chant du Sabre sera offert aux 60 premiers candidats inscrits.
  • vous devez rédiger un texte de 4 pages maximum (1500 signes par page).
  • Vous adressez ce texte par e-mail à jcdc@up.univ-mrs.fr avant le 4 février 2008.
Les textes seront examinés par les membres du Jury de l’Equipe de Recherche « Littérature d’Extrême-Orient, textes et traduction », de l’Université de Provence. Résultat du concours par e-mail le 19/02/2008. Remise des prix le 22 février 2008 à l’Université de Provence.

Six étudiants seront sélectionnés et gagneront :
  • 1er Prix : un ordinateur portable Samsung
  • 2e prix : (Deux gagnants) un iPod Apple
  • 3e prix : (Trois gagnants) un appareil photo numérique Samsung.
Le lauréat ayant remporté le 1er prix participera à la sélection mondiale qui aura lieu à Séoul.
Un voyage en Corée sera offert au gagnant de cette sélection.

Responsable du concours :
KIM Hye-Gyeong,
enseignante de coréen à l’Université de Provence.
UFR ERLAOS - Université de Provence
29 av. R. Schuman - 13621 Aix-en-Provence cedex 1