mercredi 3 mars 2010

Les traits chinois et les lignes francophones

Les 19 et 20 février 2010, l'université Queen's de Belfast a organisé un colloque international sur les artistes et écrivains francophones d'origine chinoise. Inspiré par le travail pluridisciplinaire de Gao Xingjian, ce séminaire, intitulé « Les traits chinois et les lignes francophones », a examiné les dimensions variées de la créativité sino-française tout au long du XXe siècle.

Cet événement a drainé de nombreux spécialistes, tant européens, qu’américains, ainsi que des membres des centres de recherche comme l’Espace de Recherche et de Documentation Gao Xingjian de l’université de Provence, ou l’Institut des Etudes Transtextuelles et Transculturelles de l’université Jean Moulin de Lyon.


Dans la première séance « Entre deux culturels », le dynamisme de la littérature transculturelle franco-chinoise est amplement étudié chez des auteurs d’origine chinoise comme François Cheng, Gao Xingjian, Dai Sijie, Shan Sa. La « transidentité » de leur création est analysée dans une perspective sociologique et sociolinguistique. Grâce à une intégration institutionnelle rapide, cette littérature émergente offre un nouveau champ d’investigations. Le dernier exposé de cette séance a abordé la francophonie chinoise dans divers contextes géographiques chinois, français, africains.

La deuxième séance était centrée sur l’aspect pluridisciplinaire. A travers une diversité de pratiques comme la peinture de Gao Xingjian, le cinéma de Dai Sijie et celui du cinéaste taïwanais Hou Xiaoxian, une cartographie de l’art contemporain francophone d’origine chinoise est élaborée, ainsi que les réflexions, théories et recherches qui leur sont attachées. La notion du récit de voyage est abordée en comparaison avec son écho dans le monde anglophone.

Les deux séances suivantes étaient consacrées aux écrivaines. D’abord, c’est l’écrivaine sino-québécoise Ying Chen qui a attiré particulièrement l’attention. C’est sur la problématique de la création littéraire dans un autre pays, une autre culture et une autre langue que cette romancière d'origine chinoise nous invite à réfléchir en filigrane de ses récits. Son œuvre originale, avec une écriture intériorisée, constitue un des meilleurs exemples d’écriture postmoderne au Québec.

Ensuite l’écriture féminine chinoise est évoquée avec Su Xuelin et Tan Xuemei. Par la médiation du roman, cette écriture porte une réflexion de recherche d’identité du soi marquée par l'expérience de l'exil, intérieur et extérieur, face à une double culture. Les intervenants étaient exclusivement des conférencières.

Le colloque a été honoré de la participation de Gao Xingjian, prix Nobel de littérature 2000, de Zhang Yinde, professeur de littérature comparée à la Sorbonne Nouvelle et de Gibert F. Fong, professeur de l’école de commerce Hang Seng à Hong Kong.

La présence de Gao a favorisé la constitution d’un pôle de contributions autour de son œuvre. L’intervention pertinente du professeur Fong sur le théâtre de Gao témoigne de la création singulière d’un artiste total au-delà de la dichotomie Chine/Occident. L’extrait du film inclassable La Silhouette sinon l’ombre a été suivi d’un dialogue entre Gao Xingjian et le public très réactif sur le processus de la création artistique. La lecture à haute voix du roman La Montagne de l’Âme par les étudiants de l’université de Queen’s en six langues différentes, a fait vivre aux participants une expérience exceptionnelle.

Enfin un bilan de la francophonie chinoise est esquissé par Zhang Yinde, dans un espace linguistique et culturel mondialisé, selon un axe chronologique et générique. Cette production se développe dans la diversification et dans la recherche identitaire avec un profond respect de la langue française. Zhang a souligné que des publications récentes ont en effet tendance à chercher leur voie propre, à la faveur de l’émergence de nouvelles thématiques.

Deux journées de travail interdisciplinaire, une véritable rencontre de la francophonie chinoise, ont permis aux participants de partager des points de vue et d’apporter un éclairage sur l’émergence d’effets de la francophonie chinoise à ce jour encore peu étudiée.

Guo Yingzhou

dimanche 28 février 2010

Suivez le guide


Très prochainement - ce devrait être le 22 avril -, Un guide de l’art contemporain à Pékin de Anny Lazarus et Laurent Septier devrait voir le jour aux Editions Images en Manœuvre (Marseille). Ce sera, n'en doutons pas, un excellent moyen pour les curieux et les amateurs de la création artistique chinoise actuelle « pour aller à la rencontre des œuvres ». Il sort dans un contexte de crispation qui pourrait bien chambouler un peu les 11 parcours finement élaborés par deux connaisseurs particulièrement avertis.

De cela et de bien d'autres choses encore il sera question lors des prochaines «
Rencontres du jeudi » qui se tiendront salle des Professeurs de notre université à partir de 16h, le jeudi 4 mars.


En compagnie d'Anny Lazarus qui parlera de « La critique d’art en Chine après 1979 », de Laurent Septier, artiste et enseignant à l’École nationale supérieure d’art de Nice, Villa Arson, qui interviendra sur « Des objets du monde, un travail photographique en Chine, 1986-2006 », on aura grand intérêt à écouter : Pascal Navarro, maître de conférences au Département Arts plastiques et Sciences de l’art (Université de Provence) sur « Lire l’Acme Novelty Library » et Arnaud Vasseux, artiste et enseignant à l’École supérieure d’art de Nîmes sur « De l’atelier à l’exposition : allers et retours ». (P.K.)

dimanche 21 février 2010

Le numéro 4 de la revue Keulmadang est paru


Le numéro 4 de la revue de littérature coréenne KEULMADANG vient de paraître. Dans ce numéro, vous trouverez un dossier consacré à l’auteur Yi In-seong. Le dossier comporte une interview de l’auteur réalisée par Kim Hye-gyeong et Jean-Claude de Crescenzo, une analyse de Saisons d’exil, le premier roman de Yi In-seong paru en France, par Jean-Bellemin-Noël, professeur émérite de littérature et co-traducteur de Yi In-seong, et des extraits de Saisons d’exil. Auteur réputé difficile, en rupture d’écriture académique, Yi In-seong est considéré comme un chef de file par beaucoup de jeunes auteurs coréens.

Egalement dans ce numéro 4, une nouvelle inédite de Yi Tae-jeun Clair de lune, une lecture « freudologique » par Jean-Bellemin-Noël, de Byeon Gansoe célèbre pansori dont le texte vient d’être publié chez Zulma, dans une traduction de Choi Mikyung et Jean-Noël Juttet, la suite du voyage du photographe Choi Sang woon, Uljin, le village sur une mer de pins, des nouvelles du festival cinématographique de Pusan, édition 2009, et comme toujours, des notes de lectures.

Le tout, lisible à l’adresse suivante : www.keulmadang.com (J.-C. D. C.)

dimanche 14 février 2010

Bonne année du tigre

虎虎生威 春節快樂

Au nom de toute l'équipe Littératures d'Extrême-Orient, textes et traduction, je vous souhaite une brillante autant qu'heureuse année du tigre.

Cette année qui commence ce jour pour s'achever le 2 février 2011 devrait voir la sortie d'au moins deux nouveaux numéros de notre toute jeune revue en ligne Impressions d'Extrême-Orient, et se tenir, à la fin du mois d'avril, une journée d'étude sur la traduction de l'humour.

Nous tenterons tout au long des douze prochaines lunes de vous faire, non seulement, suivre nos activités et partager nos lectures, mais aussi de vous communiquer nos enthousiasmes touchant à ces littératures que nous nous efforçons de défendre et de mieux faire connaître et apprécier. Bonne année.

lundi 8 février 2010

Mise à flot d’IDEO (suite)


L’annonce de la mise en ligne de notre revue Impressions d’Extrême-Orient a été entendue – le billet qui la diffusait a enregistré un record de visites : c’est dire l’intérêt que vous portez à nos travaux et l’intensité de l’attente provoquée par la sortie longtemps différée de notre nouvelle excroissance. Je remercie donc au nom de l’équipe tous ceux qui ont lu son premier numéro consacré au thème du voyage, et tout particulièrement ceux qui ont pris la peine de déposer, soit dans les commentaires du billet précédent, soit dans ma boîte e-mail personnelle, ou encore sur Twitter, des messages de satisfaction et d’encouragements à continuer (l’image ci-dessous en propose une synthèse).

Ces témoignages amicaux nous invitent à redoubler d’efforts pour donner à IDEO un rythme de publication soutenu et un contenu encore plus riche. L’adresse restera la même : http://ideo.revues.org/ ; ne manquez pas de l’inscrire dans vos favoris. (P.K.)

mercredi 3 février 2010

Invitation au voyage…


Annoncée depuis des lustres (la première fois, c’était le 28 septembre 2007) sur ce blog, la sortie, toujours imminente et à chaque fois différée, de notre revue en ligne est enfin arrivée.

Depuis aujourd’hui, 3 février 2010 à 10h08, Impressions d’Extrême-Orient, la revue de l’équipe de recherche « Littératures d’Extrême-Orient, textes et traduction » est accessible à l’adresse http://ideo.revues.org/

Entre le moment où s’est manifestée pour la première fois notre volonté d’éditer une revue entièrement dédiée aux littératures des aires culturelles que nous couvrons et la concrétisation de ce vœu avec la mise en ligne sur le portail d’édition Revues.org, ce sont donc plus de deux années qui se sont écoulées.

Pour ne pas revenir sur toutes les étapes de cette longue gestation, je vais me contenter de remercier chaleureusement ceux qui ont, à un moment ou à un autre, contribué à faire avancer le projet : Laure Denoix, Christine Challulau, Liliane Dutrait, l’ensemble des membres de l’équipe au premier chef desquels Louise Pichard-Bertaux avec qui j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une formation à Lodel sous la houlette de la dynamique et sympathique équipe du Centre de l’Edition Electronique Ouverte (Cléo) et de Revues.org qui nous a fait l’honneur de nous accueillir et nous a patiemment guidé. Mes plus vifs remerciements vont bien naturellement à Lisa George qui a conçu la maquette et a assuré le suivi éditorial d’IDEO : sa patience et sa réactivité ont été d’un grand secours.

Malgré l’attention et l’investissement mis en œuvre surtout pendant ces dernières semaines, la revue que je vous propose de découvrir reste sans aucun doute perfectible. Nous continuerons d’y travailler avec le même enthousiasme et la même volonté de toucher le plus grand nombre.


Alors que le numéro 1 d'Impressions d’Extrême-Orient vient tout juste de voir le jour, notre équipe est déjà en train de travailler aux deux prochains numéros qui proposeront, non pas des traductions comme dans ce numéro inaugural, mais des articles.

C’est ainsi que vous pourrez bientôt lire dans le n° 2 certaines des communications données lors du colloque « Littératures d’Asie : traduction et réception » organisé par l’équipe « Littératures d’Extrême-Orient, textes et traductions » les 13 et 14 mars 2009 : sa mise en ligne devrait intervenir au printemps de cette année.

Le n° 3 sera, quant à lui, consacré au colloque « Le roman en Asie et ses traductions » qui s’est tenu les 15 et 16 octobre 2009. Nous collectons encore les communications. Sa mise en ligne est prévue pour l’automne.

Nous pensons aussi au n° 4 qui sera organisé autour du thème de l’humour et devrait proposer des traductions, ainsi qu’un choix de communications données lors du colloque sur le thème « Traduire l’humour » qui se tiendra les 23 et 24 avril 2010.

Mais trêve de propos oiseux, il est grand temps pour vous de partir explorer les contrées attirantes et surprenantes de la littérature d’Extrême-Orient avec ce numéro d'Impressions d’Extrême-Orient consacré au voyage, premier numéro d’une série que je souhaite longue. (P.K.)

jeudi 28 janvier 2010

L'arbre à palabres version chinoise...

Il a plus de deux ans, dans un précédent billet, nous annoncions la sortie du cinquième tome de l'Inventaire analytique et critique du conte chinois en langue vulgaire, publié en 2006 par le Collège de France et l'Institut des Hautes Etudes Chinoises (ici). Ce tome analysait pas moins de 85 contes tirés de cinq recueils différents, au rang desquels figurait le Doupeng xianhua 豆棚閒話, ou Propos oisifs sous la tonnelle aux haricots (1681 ?).


Attribué à un certain Aina Jushi 艾衲居士, l'ouvrage contient douze histoires plus ou moins extraordinaires qui traitent des thèmes de l'honnêteté, de la reconnaissance, des courants de pensée bouddiste et confucianiste, ou encore des légendes antiques. Seul le premier récit, intitulé « Le Gué de la femme jalouse », était alors disponible en traduction ( par Yenna Wu dans le n° 44 de la revue Renditions sous le titre « Jie Zhitui Traps His Jealous Wife In An Inferno »).


Nous sommes heureux d'annoncer aujourd'hui la publication dans la Collection « Connaissance de l'Orient » (chez Gallimard) de la traduction française intégrale du recueil par Claire Lebeaupin. La préface même de Aina Jushi invite aux conversations faussement oisives et très sûrement rafraîchissantes (trad. p. 36) :

Oisif et libre au couchant, dans une chaumière...

Mais où trouver la fraîcheur, sous un ciel brûlant ?

Quand vient le sixième mois, mon étang s'assèche

Et mes arbres de trois ans ne sont pas bien grands.

J'ai planté des haricots pour me faire une ombre

Qui vaut tous les pavillons... Et comme elle sent !

Dans le vent du soir, un vieux riverain du Sud

Répond aux cigales : ils parlent du jour finissant.

Libre en effet au lecteur d'appréhender les histoires à sa guise, soit en les considérant comme des pièces divertissantes dans la pure tradition des conteurs traditionnels des siècles passés, soit en les interprétant de différentes manières pour voir derrière la simple narration des motivations plus profondes :

Un été près de Hangzhou... Un homme seul, cloîtré dans sa retraite campagnarde, assis à sa fenêtre nord, se livre à une activité rafraîchissante : il écrit. Pas un traité philosophique, non ; pas de la poésie ; pas davantage un Mémoire pour servir la chronique du règne achevé en cataclysme un quart de siècle plus tôt : il y risquerait sa tête, dans ces années 1660 où la censure de la nouvelle dynastie mandchoue veille de près à l'ordre moral et scripturaire. II travaille donc à détourner la forme si populaire, si peu considérée, du recueil de contes pour s'en faire une parfaite couverture.

Il invente une tonnelle où grimpent des haricots et sous laquelle les villageois viennent se retrouver l'après-midi au frais, après leur journée de travail. Jeunes et vieux s'y installent sur une natte posée à même le sol ou sur de petits bancs, l'éventail à la main, pour écouter, raconter, donner leur avis à tour de rôle. Le cercle des causeurs met les ressources de chacun à contribution : les récits font assaut d'originalité, les points de vue s'affrontent. Les cadavres de la mémoire collective se faufilent hors du placard pour entamer dans l'ombre verte de la tonnelle une danse carnavalesque tour à tour féroce, légère et poignante. Les clichés marchent sur la tête, les icônes bien-pensantes sont retournées comme des gants. La circulation des idées fait lever un vent qui court d'un bout à l'autre du texte et passe en bruissant à travers le tressage des mots pour parvenir jusqu'à nous. Dans l'espace poétique qu'il s'invente, lieu rêvé d'une liberté précaire qui est d'abord une liberté de parole, ce petit livre met en scène des interrogations sur le sens de l'Histoire, sur la fonction des idéologies, sur l'impossible et nécessaire transmission des valeurs auxquelles il ne semble pas que nous ayons, depuis ou ailleurs, trouvé de réponses. Le « Dodécaméron chinois » comme l'a surnommé André Lévy, est un livre hanté. Et un bien curieux trésor, qui n'a pas fini de surprendre. (quatrième de couverture)

Que le lecteur se laisse donc « surprendre » par ces propos oisifs, en souhaitant que paraissent par la suite en français d'autres recueils de contes chinois en langue vulgaire, qui raviront tous les amateurs du genre, et qui viendront grossir les rangs des traductions déjà disponibles. Il reste encore beaucoup à faire, mais après tout : « C'est haricot par haricot que se remplit le sac ! » (S.C.)

mercredi 27 janvier 2010

Gao au Musée Würth


Cela se passera le mardi 2 février à 20 h : « le Musée Würth France Erstein accueille l’artiste peintre, écrivain, cinéaste Gao Xingjian et son ami Noël Dutrait, universitaire, spécialiste de littérature chinoise et traducteur français de ses romans pour une soirée de rencontre autour de l'œuvre littéraire de l’artiste ». Une séance de dédicaces se tiendra à l'issue de la rencontre.


« Le Musée Würth France Erstein a ouvert ses portes en janvier 2008 à côté du siège social de l’entreprise Würth France, dans la zone industrielle ouest à Erstein en Alsace. Il est destiné à la diffusion en France de la collection Würth, l’une des plus importantes collections d’entreprise d’art moderne et contemporain en Europe » .

vendredi 22 janvier 2010

La voix d'une génération silencieuse

Il y a deux ans, c'était le 10 janvier 2008, Xinran était déjà l'hôte de la Librairie le Phénix (72 boulevard de Sébastopol, Paris 3e). Elle y était invitée à l'occasion de la sortie aux Editions Philippe Picquier de la traduction française de Miss Chopsticks sous le titre Baguettes chinoises.


Cette fois, soit le vendredi 29 janvier à 18h, la journaliste-écrivain [Xue ] Xinran 欣然 (1958-), retrouvera la même tribune pour présenter son dernier ouvrage publié chez le même éditeur : Mémoire de Chine (Traduit du chinois par Prune Cornet, 656 p.). L'ouvrage, qui existe déjà en anglais sous le titre de China Witness. Voices from a Silent Generation a été chaleureusement salué par la critique anglo-saxonne (voir notamment l'article du New York Times de Joshua Hammer, « Mobilized by Mao » (5/03/09).




Permettez-moi de me contenter de reproduire, après correction, la présentation de l'éditeur, d'un livre que je n'ai pas eu l'occasion de feuilleter au delà de la 19ème page grâce à un document pdf délivré gracieusement à partir du catalogue en ligne de l'éditeur -- pourrais-je faire autrement, surtout sans avoir pu confronter ce début au texte original ? :

« A l'issue de vingt ans d'interviews et d'enquêtes en tant que journaliste, j'ai peur que la vérité sur l'histoire moderne de la Chine - ainsi que notre quête de dignité nationale - ne disparaisse avec la génération de mes parents ».

Mémoire de Chine est la confession d'une génération dont l'histoire n'a jamais été racontée. Grands-parents et arrière-grands-parents décrivent avec leurs propres mots - pour la première et peut-être la dernière fois - les transformations qui ont définitivement changé la Chine au cours du siècle passé. Ce livre, à travers la quinzaine d'entretiens qu'il rassemble, est à la fois un voyage à travers le temps et l'espace, et un mémorial dressé à ceux qui ont vécu guerres, insurrections, persécution, invasions, révolutions, famines, modernisation, occidentalisation, et qui ont survécu pour entrer dans le XXIe siècle.

Xinran a parcouru toute la Chine, des métropoles aux provinces les plus reculées. Elle a rencontré une génération chez qui l'idée de culpabilité collective est très profondément ancrée, et pour qui la liberté d'expression est un étrange et dangereux concept. Ils ont parlé de leurs vies, leurs espoirs, leurs peurs et leurs luttes, de ce qu'ils ont vu et ressenti à propos de tous les événements auxquels ils ont assisté. En donnant voix à une génération oubliée, ce livre révèle l'histoire de la Chine et de son peuple. Comme le dit Xinran, il a pour but « d'aider notre futur à comprendre notre passé ».

Une dernière chose avant de vous rendre à la Librairie Le Phénix pour la troisième fois depuis le début de l’année ! : n'hésitez pas à consulter le blog et le site en anglais de celle qui fait entendre la voix d'une génération silencieuse. (P.K.)


Le 23/01/10, 11:00 : on trouvera une critique en chinois du livre de Xinran dont le titre original est Jianzheng Zhongguo 見證中國 sur le site chinois de la BBC : 見證中國:歷史是什麼?.

mercredi 20 janvier 2010

De l'informatisation de langues d'Asie

Je suis heureux de vous informer que la spécialité Technologies du Langage du Master Sciences du Langage de l'Université de Provence vous invite à la communication que donnera Vincent Berment, ingénieur chez Communication et Systèmes et chargé de cours à Langues d'O, le mardi 26 janvier, à partir de 13h30 (Centre Schuman, Salle des Professeurs, A220) sur le sujet : « Quelques expériences d'informatisation de langues d'Asie : lao, bengali, birman, khmer, thaï et tham » :

« Dans les siècles précédents, affirmer ou défendre une langue passait par le recueil des traditions orales, par la fixation d'une orthographe ou encore par la construction de dictionnaires. Aujourd'hui, le développement des ordinateurs personnels et celui des réseaux font de l'informatique un instrument pour écrire et communiquer. Traitements de texte et courriers électroniques sont devenus des outils de langue largement répandus. L'informatisation occupe ainsi une place essentielle dans cette vaste mobilisation culturelle et linguistique. Cependant, les langues ne sont pas égales devant les processus d'informatisation.

Dans cette communication, Vincent BERMENT viendra présenter son expérience dans le domaine de l'informatisation de langues peu dotées informatiquement. Concrètement, il parlera des difficultés et des méthodes mises en place pour le développement d'outils destinés au grand public : pour le lao (www.laosoftware.com), pour d'autres langues et systèmes d'écriture (www.gmsware.org), pour la traduction automatique français – langues d'Asie du Sud-Est. »

Ceux qui s'intéressent à l'Extrême-Orient, ses langues et ses littératures, ne sauraient manquer ce rendez-vous. Pour s'y préparer, on pourra télécharger la thèse de Vincent Berment, « Méthodes pour informatiser des langues et des groupes de langues 'peu dotées' » , dont on peut lire un résumé sur une page du site du Réseau-Asie. En voici, en guise de teasing, le début : « En 2004, moins de 1 % des 6809 langues du monde bénéficie d'un niveau d'informatisation élevé, incluant un éventail large de services allant du traitement de textes à la traduction automatique. Cette thèse, qui s'intéresse aux autres langues - les langues-pi - s'attache à proposer des solutions pour remédier à leur sous-développement informatique. ...» (P.K.)

mardi 19 janvier 2010

Du baseball taiwanais, entre autres sujets ...


L'Institut de Recherche sur le Sud-Est Asiatique (IRSEA), créé (comme l'indique son site internet) « en mai 1993 à Aix-en-Provence, s'est installé à Marseille sur le campus St Charles de l'Université de Provence, en janvier 1999, pour constituer aux côtés du Centre de Recherche et de Documentation sur l'Océanie (CREDO, UMR 6574), et d'une unité mixte de service (UMS 1885) la Maison Asie Pacifique » avec « trois missions principales :
 - la recherche fondamentale avec une équipe de chercheurs et d'enseignants chercheurs en permanence au contact des réalités de leurs terrains de recherche,
- la production scientifique : outre la publication d'ouvrages et la coordination de la Revue Moussons, revue bilingue couvrant l'Asie du Sud-Est pour les sciences humaines et sociales, l'IRSEA développe trois programmes scientifiques. - la transmission des connaissances et des méthodes et la diffusion du savoir par le biais de l'enseignement, de séminaires et de colloques. »

L'IRSEA offre régulièrement à ses jeunes doctorants l'occasion de présenter leurs travaux. La prochaine « Journée des doctorants » se tiendra le vendredi 22 janvier à la Maison Asie Pacifique (Université de Provence. 3 place Victor Hugo, Marseille 3°). Neuf orateurs se succèderont salle LSH 205 entre 9h30 et 17h30 :

Nathalie Claude-Sollier, « Pratiques alimentaires et rapport au corps : enquête sociologique sur la nouvelle bourgeoisie shanghaienne » • Valérie Mespoulet, « Femmes taiwanaises et espace social : un état de la question »
 • François Molliet, « Quelle adaptation pour les lieux de culte chrétien à Taiwan ? » • Céline Coderey, « 
Les thérapeutes et leurs pratiques de soin en Arakan (Birmanie) » • Luc Benaiche, « Penser le système d’enfermement khmer rouge en regard du Goulag et du laogai » • Julie Humeau, « Cas des donateurs occidentaux pour les Tibétains en exil » • Jérôme Soldani, « Baseball « bleu » et baseball « vert ». Des différents horizons de la « passion nationale » taiwanaise » • Damien Onillon, « Représentations et enjeux de l’écotourisme à Taiwan : dimension socio-culturelle, développement durable et identité » • Frédérique Guyader, « Terrain et genre de l'anthropologue : exemple de contraintes dans les relations enquêtrice-enquêtés chez les Naxi (Chine) ».

Nous leur souhaitons d'avoir un public aussi attentif que fourni. (P.K.)