samedi 17 mars 2007

Le roman chinois en hausse

Lu dans le blog de Pierre Assouline (La République des Livres), dans un billet intitulé "L’anglais règne en librairie", ce relevé de chiffres publiés par la revue Livres Hebdo (n° 681, vendredi 16 mars 2007) :
En 2006, 41,4 % des romans publiés en France ont été traduit d’une langue étrangère .../... L’anglais arrive naturellement premier avec 2503 titres [soit] 75,5 % des titres ! Juste après, on trouve l’allemand et l’espagnol avec 134 titres (soit 4 %) suivis par l’italien (108 titres soit 3,3 %). Morne plaine… Le russe (qui recule) et les langues de l’est se tiennent au coude à coude (44 titres traduits dans l’année), puis les langues scandinaves, le japonais… Seule percée notable : le roman chinois avec 37 titres traduits.
Je ne peux malheureusement pas compléter cette présentation rapide de l'analyse intitulée "Les traductions 2006 : My translator is rich" (p. 70 à 72), car je ne suis pas abonné à cette revue qui s'adresse avant tout aux professionnels de l'édition, mais le site de l'hebdo propose la consultation de sa une qui titre sur la "Légère baisse des traductions en 2006" et de son édito/sommaire qui ne fait qu'effleurer le sujet qui nous intéresse :
Le seul secteur où le nombre de traductions augmente est le roman. En 2006, plus de quatre romans sur dix provenaient de l’étranger, soit 5 % de plus qu’en 2005. Les romans de langue anglaise, déjà largement dominants (trois traductions sur quatre) progressent encore un peu. Mais d’autres littératures et d’autres langues, et c’est là une bonne nouvelle, gagnent aussi des points. C’est le cas de l’allemand, de l’italien, de l’espagnol, des langues d’Europe de l’Est et… du chinois, parti de bien bas, il est vrai.
Il est à parier que l'Inde va rattraper son retard en cette année 2007, si ce n'est déjà fait à l'occasion du Salon du Livre. (PK)

vendredi 16 mars 2007

Abha Dawesar

Le Centre National du Livre (CNL) se met aussi à l'heure indienne. Outre le détail des manifestations du Salon du livre, il fournit une utile et brève présentation des littératures indiennes, ainsi que des "Biobibliographies" des 31 auteurs indiens présents à Paris pour cette manifestation.

Parmi eux, Abha Dawesar. "Née en 1974 à Delhi, [elle] est partie étudier à New York à dix-sept ans et s’y est établie. Diplômée de Harvard en philosophie politique, elle a d’abord travaillé dans le secteur bancaire, abandonné il y a quelques années pour mieux voir la vie et le monde à travers l’écriture (en anglais)." En plus de Babyji (Anchor Books, 2005) qui a reçu l'American Library Association’s Stonewall Award, elle a déjà publié Miniplanner (Cleis Press, 2000) et That summer in Paris (Doubleday Publishing, 2006)

Son Babyji, traduit par Isabelle Reinharez, sort cette semaine chez Héloïse d’Ormesson (collection "De l'attraction des corps") qui en assure la promotion sur son blog :
"À 33 ans, elle est l'auteur indien qui dérange. Avec Babyji, [son] premier roman traduit en français, Abha Dawesar met en scène l'homosexualité féminine et la frénésie de séduction." [A la question :] "Votre héroïne est une lycéenne qui séduit une femme divorcée, puis la servante de sa maison, et initie enfin à ses jeux la plus jolie fille de sa classe. Comment ce roman a-t-il été accueilli en inde, que l'Occident imagine très puritaine?"[, Abha Dawesar répond :] "L'Occident n'a pas forcément une vision très perspicace de l'Inde. Qui d'ailleurs, peut sérieusement prétendre saisir ce pays dans la totalité de ses cultures, de ses langues, de ses populations? L'Inde est traversée d'une quantité de contrastes, à mon avis sans équivalents dans le monde. C'est un pays jeune où plus des deux tiers des habitants ont moins de vingt-cinq ans : cela se répercute évidemment sur les mentalités. La croissance économique, le développement de technologies, l'arrivée des chaînes satellitaires, ont été facteurs de bouleversements importants. Mes personnages et le milieu dans lequel ils évoluent - la moyenne de Delhi - expriment ces changements. L'accueil réservé à Babyji a été triomphal." (Lire la suite ici)
Abha Dawesar est très présente sur l'internet à travers un site personnel et deux blogs : l'un en anglais, et l'autre plus récent en français, mais aussi sur MySpace : et dans le Fig Tree (blog de Tatania de Rosnay) qui en donne un "Portrait".

Elle et son ouvrage le seront aussi au Salon du livre, mais déjà sur France 5. Elle a, en effet, participé au Bateau livre du jeudi 15 mars, 21:35 [rediffusion le dimanche 18 mars, 10:00], et répond pendant 10 minutes aux questions de Frédéric Ferney (à partir de la 30ème minute) : l'émission devrait être disponible pendant une semaine (voir ici).

Pour l'heure, on peut continuer à saliver en lisant la présentation de Babyji que donnait en 2005 son éditeur, Anchor Books :
Anamika's the kind of girl her traditional peers aren't quite sure about: is the sexually precocious heroine of Dawesar's second novel (after Miniplanner) a feminine Didi or a masculine Bhaiyya, a cerebral schoolgirl or a predatory lecher? After studying chaos theory in her high school physics textbook, Anamika feels justified in pursuing three simultaneous same-sex affairs, with her doting servant, her impressionable schoolmate and a beautiful older woman who inspires such complicated feelings that Anamika nicknames her India, after their vast and varied homeland. Anamika uses sex as a means to investigate life's chemistry and her autonomy outside of rigid Brahmin mores. Despite the intensity of her passion, particularly for India, Anamika's comic stiffness is evident in such amorous declarations as "I want to collapse my wave function into you." As issues of caste, meritocracy and self-sacrifice arise, Anamika purifies her intentions by channeling them into helping a troubled male student, Chakra Dev, who's almost as oversexed as she is. If the unusual secondary characters occasionally seem as gratuitous as pornographic movie extras, Anamika's ponderings and emotional reversals are lavished with as much attention as a 16-year-old girl would demand. Despite its meandering path, the novel achieves an impressive balance between moral inquiry and decadent pleasure, pleasing the intellect and the senses - if not necessarily the heart - of the open-minded reader.
Vos réactions à la lecture de ce roman seront les bienvenues. Je vous communiquerai les miennes, si, finalement, je succombe aux charmes de ce sujet et de son auteur. (PK)

lundi 12 mars 2007

Printemps indien



Salon du livre 2007 oblige, l'Inde et sa littérature sont les vedettes du Magazine littéraire qui leur consacre un copieux dossier pour son n° 462, dossier présenté en ces termes :
Ce dossier constituait un défi : comment rendre compte de l’Inde, son immensité, sa complexité, sa richesse, depuis ses fondamentaux (les textes sacrés) jusqu’à sa littérature vivante ? Cinq mille ans d’histoire et de culture, et une évidence qui s’impose : l’Inde sera l’un des géants du millénaire. Le Magazine littéraire a choisi de donner la parole à des spécialistes – linguiste, historien, philosophe – qui éclairent tel ou tel aspect de la civilisation indienne, et son rapport à l’Occident. Et surtout de privilégier ses écrivains : Vikram Seth (avec un extrait inédit de son grand roman en vers), les témoignages et réflexions de Salman Rushdie, Shashi Tharoor, Amit Chaudhuri, Indrajit Hazra, Kiran Desai et bien d’autres. S’en dégage une vision nouvelle de l’Inde, un état des lieux à la fois panoramique et atomisé. Une initiation et une invitation, par le texte et l’image, à la découverte et à la lecture.
En complément à ce dossier, le magazine propose "en exclusivité sur [son] site web : une petite bibliothèque indienne portative" élaborée par Jean-Claude Perrier. On y croise entre autres les noms de Paul Morand, Pierre Loti, Henri Michaux, Alberto Moravia et bien sûr Nicolas Bouvier. Ajoutons à cette liste celui du moine Faxian 法顯 pour son Foguoji 佛國記 (Mémoires sur les royaumes bouddhiques), premier récit de voyage Chine/Inde (337-vers 422) à avoir été conservé dans son entier et dont on attend une nouvelle traduction française avec impatience car celle qu'Abel Rémusat (1788-1832) ne put achever de son vivant, n'est accessible que par bribes dans Les pèlerins bouddhistes de la Chine aux Indes présentés par André Lévy chez J.-C. Lattès en 1995 (pp. 83-119).

De son côté, Transfuge, la revue bimestrielle de littérature étrangère qui avait établi un "Etat des lieux de la littérature chinoise contemporaine" dans son premier numéro paru en janvier 2004, consacre également un dossier à la littérature indienne contemporaine. On peut en consulter le sommaire ici.

Quant au BIEF (Bureau international de l'édition française), il publie sur son site le programme des Rencontres professionnelles entre éditeurs indiens et français en avant-première du Salon du Livre de Paris :
Le séminaire portera principalement sur le droit d’auteur et les échanges de droits et offrira également une présentation des secteurs éditoriaux porteurs en Inde. Une occasion pour les éditeurs français d’approfondir un échange avec leurs homologues indiens, à deux jours du Salon du livre.
En complément de cette opération, Le BIEF publiera un dossier spécial de La Lettre consacré à l’édition indienne, aux principales problématiques qui se présentent à elle, aux perspectives d’échanges de droits et de coopération entre les professionnels du subcontinent et de la France. Il comprendra un encart réunissant les portraits des éditeurs indiens présents et la description de leurs maisons.
Affaire à suivre donc. (PK)

Yan Lianke

A lire le portrait de l'écrivain Yan Lianke 閻連科, l'auteur du Rêve du village des Ding (Picquier), paru dans le quotidien Libération du jeudi 8 mars 2007 : "Encré dans le Parti".

L'auteur, Pascale Nivelle, a rendu visite à cet écrivain dont le livre sur un village du Henan ravagé par le sida a été interdit. Il dénonce l'autocensure que pratiquent, selon lui, nombre d'écrivains en Chine. Cet article complète bien la vidéo sur cet écrivain, déjà référencée sur notre blog. (N.D.)

Dans le numéro de février du Magazine littéraire, Pierre Haski revient sur le Rêve du village des Ding 《丁莊夢》qu'il a déjà signalé dans son blog.

jeudi 8 mars 2007

Annual Meeting of the AAS


Après Chicago en 2001, Washington en 2002, New York en 2003, Chicago à nouveau en 2005 et San Francisco en 2006, c'est Boston (Mass.) qui accueille le congrès annuel de l'Association for Asian Studies [Ann Arbor, Michigan (USA)]. L'événement - le 59ème du genre -, est un moment important pour la communauté scientifique internationale dévouée à l'étude de l'Asie. Il est "devoted to planned programs of scholarly papers, roundtable discussions and panel sessions on a wide range of problems in research and teaching, and on Asian affairs in general."

En tout, ce seront quelque 228 micro-colloques de deux heures réunissant sous la houlette d'un(e) président(e) de séance et d'un ou plusieurs "discussants", qui vont se tenir entre le 22 mars et le 25 mars. Le programme détaillé est un document de 41 pages au format pdf, accessible à partir du site de l'AAS. Voici un aperçu des (rares) sessions consacrées à la littérature chinoise :
SESSION 38. Citation, Allusion and Intertexuality in Medieval Chinese Literature
Chaired by Pauline Yu, American Council of Learned Societies. Tao Yuanming’s Citations of the Zhuangzi in Context, Wendy Swartz, Columbia University ; Authority and Performance: The Qin Cao Tradition. Do You See What I See? Intertextual Landscape and the Formation of the Tang Lyric Subject, Paula Varsano, University of California, Berkeley. Discussant: David C. Schaberg, University of California, Los Angeles

SESSION 59. Animal and the Human Other in Contemporary Asian Media and Literature
Chaired by Steven L. Riep, Brigham Young University. Bugs from the Nether World: Animals in Three Contemporary Chinese Stories, Hua Li, University of British Columbia ; Woman-Animal Trope in Contemporary Fiction and Film across the Taiwan Strait, Chia-ju Chang, Trinity University ; Ecovisions: Documenting Animals in Recent Ethnographic Film, Anat Pick, University of East London ; Farmwife, Paper-cut, and Wolf: An Ecofeminist Reading of Jia Pingwa’s Ku Mairong, Qingqi Wei, University of Nevada, Reno. Discussant: Steven L. Riep, Brigham Young University


SESSION 82. The Dao That Ban Be Spoken Of: Rereading the Laozi
Chaired by Edward G. Slingerland, University of British Columbia. Linguistic Assimilation and Conceptual Focusing: Textual Transformation of the Laozi in Two Millennia, Xiaogan Liu, Chinese University of Hong Kong ; Anaphors or Cataphors? A Discussion of the Two Qi’ Graphs, Gil Raz, Dartmouth College ; Laozi as A Military Strategy Book: An Alternative Tradition, Ping Zhang, Tel Aviv University ; Is the Laozi a Daoist Text? Exploring the Notion of School Affiliation through Qing Period Commentaries, Ori Sela, Princeton University. Discussant: Edward G. Slingerland, University of British Columbia


SESSION 224. Across Invisible Divides in Chinese Fiction Studies
Chaired by Ming Dong Gu, Rhodes College. The Chinese Fictional Canon Reconsidered: The View from European Book Acquisitions, 1720-1860, Patricia A. Sieber, Ohio State University ; Placing the “Popular” Novel in the Qing, Margaret Baptist Wan, University of Utah ; Lu Xun’s Old Tales Retold: Modernist Experiments with Border Crossing, Ming Dong Gu, Rhodes College. Discussant: Rania Huntington, University of Illinois, Urbana-Champaign

SESSION 226. Localizing the World: A Question of Change in the Late Qing and Early Republican Chinese Fiction. Chaired by Feng-ying Ming, California State University, Long Beach. The Society Will Not be Made Better by Novels?: Bao Tainxiao’s Novels, Connoisseurship, and Contradictions, Feng-ying Ming, California State University, Long Beach ; Excessive Feelings and Making of Sentimental Power in Lin Shu’s Translation of Novel of Sentiment, Li Li, University of California, Los Angeles ; Inscription and Reinscription of Heroic Subjectivity in Su Manshu’s Fiction, Makiko Mori, University of California, Los Angeles ; Gender and Politics in Utopian Narrative from the Late Qing to the Early Republic, Lianfen Yang, Beijing University. Discussant: Grace S. Fong, McGill University.
Même si la littérature n'est pas une de ses priorités, gageons que cette édition sera aussi réussie et enrichissante que les précédentes dont on peut se faire une idée en parcourant - à partir d'ici - les résumés des interventions données depuis 1995.

Le lieu de réception est - n'en doutons pas - à la hauteur de l'importance de l'événement. Il est suffisamment spacieux pour accueillir un bon millier de congressistes et plus d'une centaines d'exposants : centre de recherche, institutions universitaires et maisons d'éditions. Ce sera l'occasion de présenter une masse assez impressionnante d'ouvrages qu'on découvrira en France dans les mois à venir.

Pour conclure cette présentation très sommaire de cette manifestation monumentale présidée par Anand Yang, j'encourage ceux pour qui tout ce qui touche à l'Asie est précieux, à visiter le site de l'AAS, lequel s'apprête à faire peau neuve (voir l'illustration ci-dessus), et je rappelle que l'AAS édite le Journal of Asian Studies dont le volume 66:1 (Février 2007) "will be the first to be published under the Cambridge University Press imprint—and the first to be published simultaneously in an online format offering full-text PDF and HTML articles". (PK)

vendredi 2 mars 2007

Mo Yan au top du Top 200

Une nouvelle qui devrait faire plaisir à Liliane & Noël Dutrait, autant qu'à Mo Yan : Beaux seins, belles fesses (Le Seuil, 2004) trône - en ce 2 mars 2007- en deuxième position du "top des 200 livres les plus consultés par les lecteurs d'Evene, un classement réalisé en direct et qui révèle la tendance Evene Livres du moment", et ceci juste derrière le Da Vinci Code ! Evene.fr est un portail commercial qui affiche bien fort son ambition d'offrir à ses visiteurs "toute la culture". Il s'adresse ainsi au plus grand nombre. Il est donc satisfaisant de trouver un roman chinois dans cette liste, même si c'est le seul des 200 qui la constituent.

Le moteur de recherche interne du site réserve également quelques plaisantes surprises. Restons-en à la rubrique "Livres", sans passer par la case "Mon roman". Si on lui soumet le mot "chinois", on obtient (du moins en ce début mars) une liste de 182 livres dont le dernier est Le cabinet chinois de Francis de Miomandre (1880-1959) paru en 1936 et depuis longtemps indisponible. Le premier de cette cordée hasardeuse est Nouilles chinoises, le roman de Ma Jian (1953-), traduit de l’anglais par Constance de Saint-Mont (Flammarion, 2006, 240 p.), dont est donnée (en pâture) la première phrase : « Le bureau donne sur la fenêtre d'une cuisine de l'immeuble d'en face. » On peut, comme pour chaque ouvrage traité, consulter un relevé de jugements critiques - tirés de la presse ou sortis de l'esprit d'internautes en mal de tribune- ainsi qu'une biographie de l'auteur. Pour Mo Yan, pour lequel figurent trois ouvrages en plus de Beaux seins, belles fesses, c'est ici ; pour Ma Jian, c'est . On a même droit à une citation (non référencée) de ce dernier : « La Chine est comme une vieille boîte, prête à éclater de tous les côtés. »

Pour conclure : l'interrogation avec "Beaux seins, belles fesses" conduit à une page fournissant outre un lien vers l'ouvrage en question et un autre vers son auteur, une liste de "termes connexes" que chacun pourra explorer selon sa fantaisie et selon son appétit. La voici :
derrière, cul, postérieur, croupe, fondement, pétard, cuisse, derche, hanche, joufflu, lune, meule, miche, mouille, noix, panier, prose, séant, joli, admirable, magnifique, superbe, délicieux, gracieux, harmonieux, merveilleux, parfait, splendide, clair, limpide, radieux, serein
En glissant de lien en lien, on peut tomber sur la liste complémentaire suivante :
poitrine, sein, nichons, poitrine, robert, téton, mamelle, entrailles, ventre, coeur, intérieur, milieu, centre, ....
Certains termes (à vous de trouver lesquels) renvoient à notre point de départ - Mo Yan dont une nouvelle traduction - La joie - est annoncée aux Editions Philippe Picquier. Affaire à suivre donc. Vive les convulsions de l'hypertexte et les titres porteurs. (PK)

Les intellectuels au XXIe siècle


Co-organisé par la Maison franco-japonaise, la Société japonaise de didactique du français et le comité pour la commémoration du 9e Congrès mondial de la FIPF, sous le haut patronage de l'ambassade de France au Japon, avec le concours du Journal Asahi, des Editions Fujiwara-shoten, Hakusuisha et Sichosha, le

Deuxième colloque international sur
la France et l’Asie de l’Est

se tiendra du mercredi 21 au vendredi 23 mars 2007
Auditorium de la Maison franco-japonaise,
3-9-25, Ebisu, Shibuya-ku, Tôkyô (Voir la carte ci-dessus)


Il a pour thème
Les intellectuels au XXIe siècle
La France, l’Asie de l’Est et le monde

21世紀の知識人 — フランス,東アジア,そして世界
Face à notre monde chaque jour un peu plus chaotique, l'esprit critique peut-il survivre ? Quelle stratégie appelle l'époque des nouveaux médias ? Venant de Chine, de Corée, de France, du Maroc et d'Haïti, artistes, écrivains ou universitaires débattront de façon plurielle de l'Asie de l'Est, de la France et du monde.
Ce colloque accueillera les 23 intervenants suivants
* Mercredi 21 mars (10 h – 18 h 15)
o Jacques JULLIARD, EHESS
o MIURA Masashi, critique littéraire
o DONG Qiang, Université de Pékin
o CHO Byun-Joon, Université Inha
o WATANABE Kazutami, Université Rikkyô
o Noël DUTRAIT, Université de Provence
o CHEN Danqing, peintre
o KO Un, poète

* Jeudi 22 mars (10 h 30 – 18 h 15)
o Abdelkébir KHATIBI, écrivain
o Jean-Claude FIGNOLÉ, écrivain
o Daniel MAXIMIN, écrivain
o Christophe PROCHASSON, EHESS
o Gisèle SAPIRO, CNRS
o ARITA Hideya, Université Seijô
o GU Zheng, Université Fudan
o MINATO Chihiro, photographe
o KOBAYASHI Kolin, artiste

* Vendredi 23 mars (10 h 30 – 17 h 30)
o SHIRAISHI Yoshiharu, Université Sophia
o YABU Shiro, Anti-Capitalism Action
o CHOI Won-shik, critique littéraire
o Pierre LÉVY, Université d'Ottawa
o Serge HALIMI, Le Monde Diplomatique
o UENO Toshiya, Université Wakô
Noël Dutrait [ノエル・デュトレ (プロヴァンス大学) ] y parlera de "Gao Xingjian, un intellectuel à la marge".

IIAS Newsletter


Le site de l'IIAS a récemment fait peau neuve. Il est encore plus facile que par le passé de s'orienter dans la masse d'informations mises à la disposition des chercheurs par cet Institut International d'Etudes Asiatiques, lequel se définit ainsi :
The International Institute for Asian Studies (IIAS) is a postdoctoral research centre based in Leiden and Amsterdam, the Netherlands. Our main objective is to encourage the interdisciplinary and comparative study of Asia and to promote national and international cooperation in the field. The institute focuses on the human and social sciences and on their interaction with other sciences. (Lire la suite ici)
L'IIAS édite une Newsletter dont la 43° édition vient de paraître (Leiden, Spring 2007, 40 pages). Son contenu - comme celui des 13 numéros précédents - a été mis en ligne, mais si vous éprouvez encore un certain plaisir à feuilleter une revue savante au format journal, n'hésitez plus à vous y abonner ; c'est gratuit et fort simple à partir d'ici.

Je vous recommande tout particulièrement dans la dernière livraison, intitulée "Comparative Intellectual Histories of Early Modern Asia", l'article de Benjamin A. Elman (Department of East Asian Studies and History, Princeton University), "Early Modern Classicism and Late Imperial China" (pp. 5-6), ainsi que le n° 40 dont le thème était : "The Art of Seduction" (PK)

dimanche 25 février 2007

The Case for Literature


Voici, à la veille de la sortie de l'ouvrage aux Etats-Unis (26/02/07), la notice diffusée par Yale University Press pour annoncer la publication de The Case for Literature de Gao Xingjian :
When Gao Xingjian was crowned Nobel Laureate in 2000, it was the first time in the hundred-year history of the Nobel Prize that this honor had been awarded to an author for a body of work written in Chinese. The same year, American readers embraced Mabel Lee’s translation of Gao’s lyrical and autobiographical novel Soul Mountain, making it a national bestseller. Gao’s plays, novels, and short fiction have won the Chinese expatriate an international following and a place among the world’s greatest living writers.

The bold and extraordinary essays in this volume—all beautifully translated by sinologist Mabel Lee—include Gao's Nobel Lecture (“The Case for Literature”), “Literature as Testimony: The Search for Truth,” “Cold Literature", “Literature and Metaphysics: About Soul Mountain,” and “The Necessity of Loneliness”, as well as other essays. These essays embody an argument for literature as a universal human endeavor rather than one defined and limited by national boundaries. Gao believes in the need for the writer to stand apart from collective movements, regardless of whether these are engineered by political parties or driven by economic or other forces not related to literature. This collection presents Gao's innovative ideas on aesthetics, and it constitutes the very kernel of his thinking on literary creation.
Le lecteur français peut déjà se faire une bonne idée du contenu de cet ouvrage grâce au Témoignage de la littérature (Traduit du chinois par Noël et Liliane Dutrait) paru en 2004 aux Editions du Seuil (159 pages) :
"Préface de l'auteur" (pp. 7-17).
"Ne pas avoir de -isme" (pp. 19-38)
"La littérature froide" (pp. 39-44)
"Littérature et "étude du mystère" : à propos de La Montagne de l'Âme" (pp. 45-78)
"Le chinois moderne et l'écriture littéraire" (pp. 79-108)
"La raison d'être de la littérature" (pp. 109-134)
"Le témoignage de la littérature - la recherche du réel" (pp. 135-158)

Nous aurons naturellement l'occasion de parler, ici, du travail de Mabel Lee et de The Case for Literature. Pour l'heure, je souhaite, à titre personnel et à ceux qui ont la chance de pouvoir en prendre, d'excellentes vacances, et vous donne rendez-vous début mars. (PK)

mercredi 21 février 2007

De la Chine

Sur La Télé de l'Obs - comprendre le versant audiovisuel du site internet du Nouvel Observateur -, on peut voir en ce moment (sans que l'on puisse savoir pendant combien de temps encore) un document audiovisuel de 14 minutes & 11 secondes intitulé "Deux passe-Muraille pour percer la Chine" (Rubrique 'Monde', mis en ligne le 20/02/07).

Il s'agit d'une interview croisée de Pierre Haski et de Frédéric Bobin. Tous deux répondent aux questions d'Ursula Gauthier et parlent de la Chine qu'ils ont connue et des livres qu'ils ont tirés de leur expérience. Pour l'ancien journaliste de Libération, Pierre Haski, il s'agit de Cinq ans en Chine (Editions Les Arènes, coll. "Documents", 2006, 573 pages abondamment illustrées), pour le journaliste du Monde, Frédéric Bobin, c'est Voyage au centre de la Chine (Editions Philippe Picquier, coll. "Reportages", 2007, 288 p.)

Reste maintenant en suspens un problème de taille : par quel ouvrage commencer ?

Pour ceux qui ne pourraient trancher, je conseille la consultation du Pékin, théâtre du peuple, dans lequel Ambroise Tézenas offre 73 clichés pris entre octobre 2001 et novembre 2005 d'une vieille capitale qui se prépare à accueillir les Jeux olympiques. Le beau volume publié chez Actes Sud s'est vu décerner le Prix de l'édition européenne de photographie 2006. (PK)

Réseau Asie


Créé en 2001, le Réseau Asie est (apprend-on ici) :
"né d'une initiative prise par des chercheurs et soutenue par le Ministère de l'Education Nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (MENESR), le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH), la Fondation Nationale des Sciences Politiques (FNSP), et l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Il réunit et relie les enseignants, chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants et experts sur une cinquantaine de pays et d’aires culturelles de l’Asie orientale, centrale et méridionale, insulaire et de l’Océanie. Cette communauté scientifique est estimée à environ 1 500 personnes en France."
Son existence se manifeste sur la toile par un site qui fournit une masse considérable d'informations facilement accessibles et très régulièrement mises à jour. Certes, la littérature n'est pas la préoccupation principale du réseau, mais le spécialiste et l'étudiant y trouveront néanmoins beaucoup d'éléments dont il pourra tirer profit, notamment à partir d'un Agenda qui recense les colloques, les séminaires, les manifestations culturelles en rapport avec l'Asie. Ils pourront également suivre l'actualité de l'édition (Voir la rubrique Ouvrages) et se tenir au courant des parutions de revues dont certaines offrent leur contenu, soit entièrement, soit partiellement, en ligne (Voir la rubrique Revues). La rubrique Actualités permet aussi de connaître les rendez-vous à ne pas manquer. En voici deux d'importance :
L'appel à contribution pour la journée 'jeunes chercheurs' consacrée à la Chine organisée par l'Association Française d’Etudes Chinoises (AFEC). Cet appel, également proposé sur le site de l'AFEC, s'adresse aux doctorants en fin de thèse et jeunes docteurs travaillant sur la Chine qui seront invités à présenter leurs travaux lors d’interventions de 15 ou 20 minutes. La date limite pour proposer sa participation est le 10 avril 2007 et non le 15 . (Voir ici ou )
• Le lancement de la campagne 2007-2008 du programme 'Boursiers français à l'étranger' (BFE) du Ministère des Affaires étrangères. (Voir ici ou là)
Mais, on ne peut quitter le site du Réseau Asie sans jeter un coup d'œil aux dossiers consacrés aux différentes pays de l'Asie (7 actuellement disponibles), à la médiathèque et à la page de liens : plus de 250 liens accessibles par aires géographiques ou catégories [Institutions, enseignement, recherche (118 liens) ; bibliothèques, centre de documentation (24) ; éditeurs, librairies (18) ; organismes de représentation et d'information (83) ; associations, fondations, ONG (21)].

On suivra avec attention la mise en place du Congrès 2007 du Réseau Asie - IMASIE, dont les dates provisoires sont les 26, 27 et 28 septembre 2007. Il est malheureusement trop tard pour faire des propositions d'atelier ou de participation. Elles étaient à faire avant le 6 décembre 2006. Par contre, il est apparemment encore temps pour le suivant. Voir ici. (PK)

mardi 20 février 2007

Traduction et philosophie du langage

Il n'est pas trop tard pour envisager de se rendre à Strasbourg, les 9 et 10 mars prochains pour assister au colloque organisé par la Société d'Etudes des Théories et Pratiques en Traduction (SETPET) : Traduction et Philosophie du Langage

Cet événement qui va réunir une vingtaine de spécialistes internationaux autour plusieurs thèmes s'ouvre sous la présidence de Jean-René LADMIRAL (ISIT, Paris et Université de Genève) par une communication de l'auteur de Poétique du traduire (Verdier, 1999), Henri MESCHONNIC (Université de Paris VIII) : L'enjeu du traduire pour la théorie du langage.

L'après-midi du samedi 10 mars sera consacrée au thème Traduction et philosophie du langage en Orient, avec trois communications :
Laurence WONG (The Chinese University of Hong Kong) : "The Myriad Voices of The Divine Comedy : Its Chinese and European Translations."

Véronique ALEXANDRE JOURNEAU (Chercheur associé Réseau Asie-IMASIE) : "Poète versus linguiste : entre la part de rêve de l’un et le désir de réalité de l’autre, quelle voie pour la traduction ?"

Julie BROCK (Université Kôgeisen-i de Kyôto) : "La liberté du traducteur et la fidélité au texte poétique : quelques visées philosophiques sur la traduction des poésies de langues asiatiques."
A 15 h 30, seront données des lectures d'un extrait de la Divine Comédie de Dante et de ses traductions par entre autres Laurence WONG Kwok-Pun 黃國彬 qui a livré en 2003 sa traduction en trois volumes de la Divine comédie de Dante - 神曲 (Chinese terza rima translation of Dante's Divina Commedia) - qui vient d'être rééditée (à Taipei, Chiuko Press, 2006, 1754 pp.)

Pour avoir de plus amples informations, on peut consulter Fabula.org et SEPTET. (PK)

dimanche 18 février 2007

Bonne année du cochon

L’année du cochon vient de commencer. Sera-t-elle faste, comme tout le monde l'espère, ou bien aussi chaotique que certains l’annoncent ? Personne ne le sait encore, même si j’ai mon idée. Ne dit-on pas que dans le cochon tout est bon ? Quoi qu’il en soit, je vous la souhaite, au nom de toute l’Equipe Littérature chinoise et traduction, heureuse et pleine de découvertes, remplie de lectures aussi enthousiasmantes que stimulantes. (PK)

vendredi 16 février 2007

Blog d'écrivain


Il est mal aisé de juger de la qualité "littéraire" des blogs (boke 博客) qu'entretient un nombre grandissant d'écrivains chinois et sans doute bien trop tôt pour évaluer l'impact que ce nouveau mode d'expression aura sur la littérature chinoise de ce début de siècle. Suivre l'évolution de cette tendance n'est guère aisé tant est considérable la masse de documents de toutes sortes et de toutes natures à prendre en compte. On doit néanmoins tenter de rester en alerte et s'efforcer d'accompagner autant que possible ce mouvement qui semble prendre de l'ampleur. Ce blog s'efforcera de signaler ces excroissances, ou ces à-côtés, de l'œuvre écrite des auteurs les plus actifs dans ce domaine. N'hésitez pas à signaler et présenter ceux qui vous semblent le plus dignes d'intérêt.

Dans ce nouvel espace de communication, d'autres talents - artistes graphiques, musiciens, acteurs, journalistes, ... - sont déjà connus et appréciés par un large public d'internautes. Un des bloggueurs les plus remarquables du moment est sans nul doute le journaliste Wang Xiaofeng 王小峰 (1960-), rédacteur au magazine San Lian Life Week. Sa notoriété déjà renforcée par l'interdiction momentanée par les autorités d'un premier blog - Massage Milk 按摩乳 -, a été décuplée par la parution du Time magazine du 25 décembre 2006, qui avait retenu pour personne de l'année la communauté des internautes et fait de Wang "the most respected blogger in China". Voici le texte que lui consacra Lev Grossman à cette occasion :
"Chinese people don't do irony like Israelis and the English," says Wang Xiaofeng. "They don't have that making-fun-of-yourself gene." In China the blogosphere is dominated by the dronings of millions of earnest diarists, and there are still many things that can't be said in the mainstream media. Wang, however, enjoys making fun of art, culture, politics—everything that Chinese people are supposed to hold dear. Serious critiques of social problems or political leaders can still be dangerous in China, but serious isn't Wang's style. He might be the most respected blogger in China, precisely because he respects almost nothing.

Wang's site gets about 12,000 visitors a day. It's plastered with pictures of the Simpsons—Wang is a fan of the show, and he likes to think he looks like Bart—but there's also a bit of Borat in him too. He has posted fabricated interviews and deliberately misleading surveys. Some people call him a cynic or a liberal; some people call him names that are shocking even by online standards of incivility.

But labels don't really fit Wang. He doesn't like isms and movements and refuses to join groups or parties. He doesn't have some big, catchall solution. "There's nothing that can be done about a lot of things in China," he says. "Most of what people do on the Internet is complain. At least we have a place to blow off some steam."
Wang Xiaofeng y répondit par une pirouette pleine d'humour [Traduite ici par Raymond Zhou 周黎明]

L'engouement pour son style percutant et sans contrainte n'est pas retombé. On peut s'en faire une idée en se rendant directement sur le blog de Wang dont une partie est déjà sortie en librairie sous le titre Buxu lianxiang : yige wuliaoren he tade wuliao boke 不许联想:一个无聊人和他的无聊博客 (Shanghai renmin, 2006).

Tout récemment, Danwei lui a consacré une interview qu'on peut regarder sur son site ou sur Danwei.TV ou encore sur Youtube. Attention, oreilles délicates s'abstenir. (PK)

Salon du Livre 2007


Après la Chine (2004), la Russie (2005), les "Francoffonies" (2006), c'est au tour de l'Inde d'être l'invité d'honneur du Salon du Livre qui va se tenir à la Porte de Versailles (Paris) du 23 au 27 mars 2007.

Trente auteurs indiens sont attendus. En voici la liste :
U.R ANANTAMURTHY • Rupa BAJWA • Sarnath BANERJEE • Shyam BHAJJU • Urvashi BUTALIA • Upamanyu CHATTERJEE • Amit CHAUDHURI • Abha DAWESAR • Shashi DESHPANDE • Gita HARIHARAN • Mushirul HASAN • Ruchir JOSHI • Sudhir KAKAR • Sunil KHILNANI • Gopi Chang NARANG • Anita RAU BADAMI • Lavanya SANKARAN • Alka SARAOGI • K. SATCHIDANANDAN • Irwin Allan SEALY • Vikram SETH • Ravi SHANKAR ETTETH • Kalpana SWAMINATHAN • Tarun TEJPAL • Shashi THAROOR • Altaf TYREWALA • Krishna Baldev VAID • Udaian VAJPEYI • Pavan K. VARMA • M.T. VASUDERAN NAIR
Pour s'y préparer un concours est organisé : il invite à découvrir "une sélection de 15 titres témoins de la grande diversité de la littérature indienne". (PK)

mercredi 14 février 2007

Miscellanées (001)

Notre bibliothèque s'enrichit régulièrement d'ouvrages qui peuvent être consultés dans le bureau que nous occupons à l'Université de Provence (B067) de même que les magazines et revues auxquels nous sommes abonnés. Nous venons justement de recevoir deux titres qui méritent chacun un peu d'attention :

1. Pour répondre à M. Kubin (voir ici), le Yazhou zhoukan 亞洲週刊, dans son numéro du 28 janvier 2007, publie la liste des 10 grands romans de 2006 (voir ici). Les noms de Mo Yan 莫言, Su Weizhen 蘇偉貞, Yu Hua 余華, Su Tong 蘇童, Zhang Dachun 張大春 ne nous sont pas inconnus ! Traducteurs à vos claviers !
Attention, le roman de Mo Yan [《生死疲勞》] est déjà en cours de traduction...


2. Le n° 32 de TransLittérature (Hiver 2007), revue de l'ATLF (Association des traducteurs littéraires de France) et d'ATLAS (Assises de la Traduction Littéraire en Arles), avec à son sommaire, le journal de bord de traduction de Corinne Atlan au sujet de la traduction du roman de Murakami Haruki 村上春樹 (1949-), Kafka sur le rivage 海辺のカフカ(Paris : Belfond, "Littérature étrangère", 2006, 618 p.), qui est en tous points passionant.
A lire avant de se lancer dans la traduction d'un roman asiatique...
Sans perdre de temps, on peut aussi lire les réflexions de Corinne Atlan, traductrice non seulement de Murakami Haruki, mais aussi de Murakami Ryû 村上龍 (1952-), de Tsuji Hitonari 辻仁成 (1959-) et de bien d'autres, auteur également de Entre deux mondes : Traduire la littérature japonaise en français (Inventaire, "Jet Stream, 2005, 38 pages) sur l'intéressant site Inventaire/Invention. Pôle [multimédia] de création littéraire qui édite en ligne une revue intitulée Jet Stream. Territoire - Littérature - Arts plastiques : le premier numéro s'intitule "Le Japon contemporain vu par ..."

Les curieux prendront plaisir à découvrir le site Shunkin.net qui se consacre à la littérature japonaise à travers ses écrivains traduits en français. A noter le dossier consacré à Tanizaki Jun'ichirô 谷崎潤一郎 (1886-1965) et l'impressionnante base de données qui comporte actuellement 367 auteurs et 1243 titres. (ND/PK)

mardi 13 février 2007

L'appel du 13ème billet.

Ce blog est né voici 87 jours et totalise plus de 300 visites depuis la pause récente d’un compteur. Ce succès - somme toute fort relatif ! - montre que son audience dépasse le cadre restreint des membres de la Jeune Equipe Littérature chinoise et traduction, des collègues de l’Université de Provence et même - on peut le supposer -, de ceux qui travaillent directement sur la littérature chinoise.

Si c’est effectivement le cas, c’est sans doute grâce au coup de pouce donné, voici une semaine, par Pierre Haski sur son blog “Cinq ans en Chine” lequel est appelé à connaître le même succès que “Mon journal de Chine” dont, cela dit en passant, les meilleurs billets sont édités aux Editions Arènes, sous le titre Cinq ans en Chine. Chronique d’une Chine en ébullition (2006, 573 p.)

Ce billet est le 13ème d’une série inaugurale qui ne demande qu’à s’allonger et à se diversifier. Il a pour but de lancer un appel aux bonnes volontés, savoir ceux qui en ont reçu l’invitation et qui ont bien voulu s’inscrire ou envisagent de le faire dans un avenir proche. N’hésitez plus ! Poster vos billets pour que ce blog devienne rapidement une référence sur la littérature chinoise, voire sur les littératures d’Asie. Ce serait, à ma connaissance, le premier à relever ce défi. A lire les commentaires laissés par les amateurs des littératures d’Asie sur la toile, on comprend la nécessité - voire l’urgence - qu’il y a de leur fournir des outils pour leur permettre de s’orienter dans la forêt déjà bien fournie des traductions. Ce blog pourrait également devenir un point de repère pour les spécialistes du domaine à l’affût d’informations sélectionnées et mise en valeur, touchant à leur sujet de prédilection, au monde de l’édition, à la vie littéraire en général, etc..

Ce pourrait être tout cela, encore faudrait-il que ce but soit partagé comme les efforts pour s’en approcher. Le succès d’un blog dépend plus de sa réactivité par rapport à son objet et à la fréquence de publication de ses billets, qu’à toutes les autres de ses qualités : fluidité de la présentation, richesse et pertinence des liens et des renvois, lisibilité de l’interface, etc. Certes, l’originalité, le génie, la notoriété ne gâchent rien, mais chaque billet ne doit pas avoir pour ambition de rivaliser avec les grands prosateurs du moment ou du passé. Quant à ceux qui éprouvent des difficultés d’ordre purement technique, ils peuvent m’envoyer leur billet par courrier ; je me charge de les mettre en ligne dans les meilleurs délais. A bientôt donc, au plaisir de vous lire et de partager - par billet interposé - la même passion pour les littératures d’Asie.

jeudi 8 février 2007

Le retour de Wang Shuo


On connaît Wang Shuo 王朔 (1958-) en France grâce à trois traductions parues entre 1992 et 1999 : Feu et glace 一半是火? 一半是海水 (Picquier, 1992), Je suis ton papa 我是你的爸爸 (Flammarion, 1997) et Vous êtes formidables 你不是一个俗 (L’âge d’Homme, 1999). Depuis rien. Il faut dire que le maître de ce que certains ont appelé la “littérature de voyous” avait délaissé l’écriture - pour les séries TV à succès -, et ce depuis 1999 après la publication d’un douzième opus très autobiogra- phique [看上去很美].

Mais, Wang Shuo est de retour sur la scène littéraire chinoise !

Son retour tapageur a, semble-t-il, été savamment orchestré par ce pékinois gouailleur (un pléonasme ?) qui ne peut laisser indifférent. Il est la cause de quelques remous dans les médias chinois depuis plusieurs semaines.

Les attentifs observateurs de la vie médiatique chinoise de Danwei n’ont pas manqué d’en faire état avec - comme d’habitude -, des synthèses pertinemment ponctuées de traductions d’articles, d’interviews et les liens ad hoc :

- d’abord dans un billet du 23 janvier 2007, signalant la sortie du 418ème numéro (22/1/2007) du San Lian Life Week 三联生活周刊 qui faisait sa couverture avec la vedette du moment à laquelle était consacré un dossier intitulé 王朔的思想武器.

- puis, plus récemment (le 5/2/07), avec un long article qui fait notamment état du mirobolant contrat que Wang Shuo vient de signer et qui lui vaudra de toucher 3 Dollars US par caractère ! Un des douze liens fournis en annexe de cette utile contribution conduit vers un article de John Kennedy sur Global Voices Online, “Return of the Wang”, dont le texte est bardé de renvois dont certains méritent le détour. L’un d’eux ouvre une page de 6Rooms - un des deux douzaines de concurrents chinois de YouTube dont Danwei a fort judicieusement établi une liste [ici]. Cette page invite à visionner des vidéos du “roi des médias” dans ses entreprises de séduction.

Mais, les inconditionnels brûleront les étapes et se rendront directement sur le blog que Wang Shuo tient sur Sina. Celui-ci leur réserve quelques surprises. (PK)

mardi 6 février 2007

Gao Xingjian online (suite)

« En considérant mon expérience de l’écriture, je peux dire que le fondement de la littérature, c’est la reconnaissance de sa propre valeur par l’homme, le moment de l’écriture étant déjà celui de l’affirmation de l’homme. »
(La raison d’être de la littérature.
Discours prononcé devant l’Académie suédoise le 7 décembre 2000.

Traduit du chinois par Noël et Lilianne Dutrait.
Editions de l’Aube, 2000, p. 11
)
On peut entendre ces mots tirés du discours prononcé par Gao Xingjian lors de la remise du Prix Nobel de Littérature, le 7 décembre 2000, dans leur version originale chinoise à partir de la page consacrée à l’écrivain sur le site du Nobel (ici).

Le site de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel), quant à lui, garde également la trace de cet événement en offrant deux extraits des journeaux télévisés d’A2 (de respectivement 17 secondes et 2 minutes 10 s.). On y trouve aussi un document plus ancien, de plus de trois minutes, diffusé au JT d’A2 du soir le 01/06/1988. Ces documents sont gratuits, tout comme l’extrait du Midi 2 du 27/04/1979 qui permet de revoir Pa Kin (Bajin) pendant 5 minutes et 57 secondes. [Aller dans la rubrique 'Archives pour tous']

Gao Xingjian est encore la vedette de deux documents audiovisuels réalisés lors de son séjour récent à Pise où il était l’invité de la Scuola Normale Superiore di Pisa (voir ici). On peut non seulement assister à la conférence qu’il donna le 22 décembre (ici), mais aussi voir le reportage que lui a consacré RAInews24 (ici).

L’absence de compteur sur les sites précédents interdit de se faire une idée de l’impact que ces documents peuvent avoir. Par contre, depuis sa mise en ligne le 14 janvier, la vidéo de Gao Xingjian signalée dans un précédent billet a été consultée plus de 130 000 fois ! (PK)

lundi 5 février 2007

Vu sur Fabula

Un appel à contribution pour un colloque sur :

L’Extrême-Orient
dans la culture des XVII° et XVIII° siècles



Ce colloque organisé par le Centre de recherches sur l’Europe classique (XVII° et XVIII° siècles) se tiendra à Bordeaux (Université Michel de Montaigne-Bordeaux III), en mai 2008.

Les communications, qui se feront en français, s’organiseront autour de trois questions:
1) Par qui et comment l’Europe des XVIIe et XVIIIe siècles prend-elle connaissance de l’Extrême-Orient ? Récits de missionnaires, relations de voyage ? Ou encore estampes, objets, manuscrits ?

2) Comment ce qui vient d’Extrême-Orient est-il mis en circulation dans la culture européenne des XVIIe et XVIIIe siècles ? Quelles utilisations, quelles interprétations, quelles adaptations fait-on des objets, images et discours venus d’Extrême-Orient ?

3) L’Extrême-Orient incarne-t-il l’Autre, l’étranger lointain, pour les Européens des XVIIe et XVIIIe siècles ? Dans quelle mesure le regard que l’Europe porte alors sur l’Asie orientale est-il aussi un regard d’introspection ?
Les projets de communication (titre et résumé d’une dizaine de lignes) pourront être adressés au plus tard le 15 février 2007 à Charles Mazouer [charles.mazouer@wanadoo.fr].

Pour avoir plus d’informations sur ce colloque, il faut se rendre [ici] sur Fabula.org, site très riche de l’association du même nom qui réunit des chercheurs "s'intéressant à la théorie littéraire en général et à la question de la fiction en particulier, ayant choisi de fonctionner grâce à un site Internet et d'expérimenter les possibilités offertes par ce média. A cette mission de recherche s'ajoute une mission de diffusion d'information, le site Fabula étant mis à la disposition de tous les chercheurs de langue française, quel que soit leur champ de recherche."

La sortie de l’ouvrage de Ming Dong Gu [Gu Mingdong 顧明棟 ], Chinese Theories of Fiction : A Non-Western Narrative System (New York : State University of New York Press, 2006, 286 p.) dont vient de se doter le Département d’Etudes chinoises (UP) y a été annoncée dès le 20 août 2006. Voir ici. (PK)